La lutte contre la tarification et la privatisation des services publics

Les services publics font l’objet d’attaques incessantes de la part des différents gouvernements depuis de nombreuses années. Marie-Ève Rancourt, porte-parole de la coalition opposée à la tarification et la privatisation des services publics, nous a dressé un portrait de la situation lors des débats tenus à l’université d’été des Nouveaux Cahiers du Socialisme ainsi qu’aux journées d’Alternatives et nous a fait part des perspectives qu’elle envisageait pour la construction d’un mouvement unitaire.

La crise des finances publiques fournit le prétexte rêvé pour attaquer de front les principes fondamentaux sur lesquels sont bâtis les services publics : l’égalité d’accès, l’universalité et la qualité. C’est même le caractère public de ces services qu’on tente de plus en plus d’éliminer. Devant l’inacceptable et l’injuste, une convergence des luttes s’est rapidement construite autour de la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics. Il importe de souligner la nécessité, l’urgence et la pertinence des luttes qui sont portées par cette coalition. En effet, que ce soit l’instauration d’un ticket modérateur en santé, l’augmentation des frais de scolarité et de l’ensemble des tarifs, l’imposition du principe « utilisateur-payeur » ou les coupures dans les services publics, toutes ces mesures, sans exceptions, ne font que pousser plus loin le modèle marchand prôné par les tenants d’un capitalisme débridé. Rappelons également que les femmes représentent la grande majorité des travailleuses (santé et éducation) et des usagères (santé maternelle, aidantes naturelles) des services publics, faisant de l’égalité homme-femme un enjeu central de cette lutte !

Rappelons les objectifs de la coalition :

A) Lutter contre :

–  Tarifications (et principe utilisateur-payeur)

–  Privatisations

–  Coupures dans les services publics

–  Coupures dans les programmes sociaux

B) Proposer des pistes d’alternatives de financement de l’État pour des services publics, accessible et de qualité

Pour augmenter notre rapport de force, il faut continuer de consolider, renforcer et développer la Coalition (ou les coalitions) afin de mener une lutte qui nous mènera à des victoires.

1. Il faut créer une plus grande unité entre les mouvements, de façon à développer un front élargi de lutte sur des revendications communes

À ce titre, rappelons quelques exemples de convergences des luttes qui ont permis un plus grand rapport de force :

–  L’expérience de la Marche mondiale des femmes (2000) qui a réussi à coaliser les différentes tendances dans le mouvement féministe dans le cadre d’une lutte basée sur des revendications communes

–  La création du Front commun intersyndical

–  Le réseau vigilance (Campagne on n’a jamais voté pour ça)

2. Le front commun intersyndical et la Lutte contre la tarification et la privatisation des services publics : Un seul et même combat

–  La création du Front commun dans le cadre des dernières négociations créait un rapport de force non négligeable en faveur des travailleurs et travailleuses du secteur public

–  Malheureusement, le Front commun a préféré mener sa lutte prioritairement sur les négo, en ignorant la conjoncture propice à une large mobilisation populaire en faveur de services publics, gratuits, accessibles et de qualité.

–  Les syndicats doivent rapidement joindre la Coalition et y investir les ressources nécessaires afin de participer à la construction d’un front social uni dans le respect de la diversité de ses membres

3. Développer une lutte décentralisée avec des Coalitions régionales dans les différentes régions

–  Existence de « poteaux régionaux » dans l’ensemble des régions

–  Les organisations régionales et locales (syndicats, asso étudiantes, groupe populaires, communautaires etc. y compris les groupes plus radicaux) doivent se greffer aux poteaux régionaux existant dans chacune des régions afin de créer des Coalition régionales

–  Certaines existent déjà (ex : Estrie)

–  Ces Coalitions peuvent mener leurs propres actions

–  La mise en place de Coalitions régionales permettrait aux syndicats locaux et régionaux de se coaliser directement avec d’autres organisations. Ceci évite que les « régions » soient tributaires du National et cette décentralisation permet notamment une plus grande démocratisation de la Coalition et se rapproche ainsi des bases militantes.

4. Il faut se réapproprier les droits économiques et sociaux comme base de nos luttes

Les défis pour la Coalition

–  Il faut faire descendre les campagnes et les outils à la base. (La mise en place de Coalitions régionales favoriserait cet objectif)

–  À cet égard une vaste campagne d’éducation populaire (avec une trousse de formation) sera produite par la Coalition. L’objectif est de lancer une large campagne sur les enjeux de la tarification et de la privatisation et d’utiliser cette campagne comme vecteur de mobilisation.

Les Perspectives 2010-2011

Quelques éléments de conjoncture :

–  À moins d’une grande surprise, les syndiqués du Front commun (à l’exception de la FIQ) et la FAE devraient entériner l’entente de principe.

–  La FIQ entreprendra des moyens de pression à l’automne dont la bataille première est l’abolition des agences (du privé) dans le réseau de la santé

–  Une consultation aura lieu à l’automne sur la hausse des frais de scolarité (moment de mobilisation)

–  Marche mondiale des femmes en octobre

–  Sommet d’Échec à la guerre début novembre

–  Action de perturbation menée par la Coalition à la fin de l’automne

2011 :

–  Entrée en vigueur d’une partie de la politique de financement des services public présenté lors du dernier budget : Indexation et ajustement des tarifs des organismes.

–  contribution santé qui passe de 50$ par an à 100$ par an

–  Hausse de la TVQ qui passe de 7,5 à 8,5%

–  Augmentation de 1 cent de la taxe sur l’essence

Grève sociale ???

Mars 2011 : Budget Automne 2011- Hiver 2012 : Pré-campagne ou campagne électorale 2012 : Hausse des frais de scolarité

Piste de plan d’action

Deux thèmes principaux sur lesquels mener la lutte à court terme. Le choix de ces thèmes est justifié par leur importance, leur urgence et parce que ce sont des luttes rassembleuses : 1) L’éducation 2) La santé

Éducation

–  Mobilisation dans le cadre du forum sur l’éducation (tarifs)

–  Lutte contre toute augmentation des frais de scolarité et des frais afférents

Santé

–  Lutte contre l’introduction d’un ticket modérateur en santé (tarifs)

–  Retrait de la contribution en santé (tarifs)

–  Retrait des agences privé en santé, lutte qui se mènerait notamment par le biais d’un appui de masse aux revendications et aux actions de la FIQ, en solidarité avec les travailleuses du réseau de la santé qui exerceront fort probablement des moyens de pression dans le cadre de leurs négociations qui se poursuivront à l’automne (privatisation)