La lutte contre la tarification et la privatisation des services publics

Par Mis en ligne le 18 septembre 2010

Les ser­vices publics font l’objet d’attaques inces­santes de la part des dif­fé­rents gou­ver­ne­ments depuis de nom­breuses années. Marie-Ève Rancourt, porte-parole de la coa­li­tion oppo­sée à la tari­fi­ca­tion et la pri­va­ti­sa­tion des ser­vices publics, nous a dressé un por­trait de la situa­tion lors des débats tenus à l’université d’été des Nouveaux Cahiers du Socialisme ainsi qu’aux jour­nées d’Alternatives et nous a fait part des pers­pec­tives qu’elle envi­sa­geait pour la construc­tion d’un mou­ve­ment unitaire.

La crise des finances publiques four­nit le pré­texte rêvé pour atta­quer de front les prin­cipes fon­da­men­taux sur les­quels sont bâtis les ser­vices publics : l’égalité d’accès, l’universalité et la qua­lité. C’est même le carac­tère public de ces ser­vices qu’on tente de plus en plus d’éliminer. Devant l’inacceptable et l’injuste, une conver­gence des luttes s’est rapi­de­ment construite autour de la Coalition oppo­sée à la tari­fi­ca­tion et à la pri­va­ti­sa­tion des ser­vices publics. Il importe de sou­li­gner la néces­sité, l’urgence et la per­ti­nence des luttes qui sont por­tées par cette coa­li­tion. En effet, que ce soit l’instauration d’un ticket modé­ra­teur en santé, l’augmentation des frais de sco­la­rité et de l’ensemble des tarifs, l’imposition du prin­cipe « uti­li­sa­teur-payeur » ou les cou­pures dans les ser­vices publics, toutes ces mesures, sans excep­tions, ne font que pous­ser plus loin le modèle mar­chand prôné par les tenants d’un capi­ta­lisme débridé. Rappelons éga­le­ment que les femmes repré­sentent la grande majo­rité des tra­vailleuses (santé et édu­ca­tion) et des usa­gères (santé mater­nelle, aidantes natu­relles) des ser­vices publics, fai­sant de l’égalité homme-femme un enjeu cen­tral de cette lutte !

Rappelons les objec­tifs de la coalition :

A) Lutter contre :

– Tarifications (et prin­cipe utilisateur-payeur)

– Privatisations

– Coupures dans les ser­vices publics

– Coupures dans les pro­grammes sociaux

B) Proposer des pistes d’alternatives de finan­ce­ment de l’État pour des ser­vices publics, acces­sible et de qualité

Pour aug­men­ter notre rap­port de force, il faut conti­nuer de conso­li­der, ren­for­cer et déve­lop­per la Coalition (ou les coa­li­tions) afin de mener une lutte qui nous mènera à des victoires.

1. Il faut créer une plus grande unité entre les mou­ve­ments, de façon à déve­lop­per un front élargi de lutte sur des reven­di­ca­tions communes

À ce titre, rap­pe­lons quelques exemples de conver­gences des luttes qui ont permis un plus grand rap­port de force :

– L’expérience de la Marche mon­diale des femmes (2000) qui a réussi à coa­li­ser les dif­fé­rentes ten­dances dans le mou­ve­ment fémi­niste dans le cadre d’une lutte basée sur des reven­di­ca­tions communes

– La créa­tion du Front commun intersyndical

– Le réseau vigi­lance (Campagne on n’a jamais voté pour ça)

2. Le front commun inter­syn­di­cal et la Lutte contre la tari­fi­ca­tion et la pri­va­ti­sa­tion des ser­vices publics : Un seul et même combat

– La créa­tion du Front commun dans le cadre des der­nières négo­cia­tions créait un rap­port de force non négli­geable en faveur des tra­vailleurs et tra­vailleuses du sec­teur public

– Malheureusement, le Front commun a pré­féré mener sa lutte prio­ri­tai­re­ment sur les négo, en igno­rant la conjonc­ture pro­pice à une large mobi­li­sa­tion popu­laire en faveur de ser­vices publics, gra­tuits, acces­sibles et de qualité.

– Les syn­di­cats doivent rapi­de­ment joindre la Coalition et y inves­tir les res­sources néces­saires afin de par­ti­ci­per à la construc­tion d’un front social uni dans le res­pect de la diver­sité de ses membres

3. Développer une lutte décen­tra­li­sée avec des Coalitions régio­nales dans les dif­fé­rentes régions

– Existence de « poteaux régio­naux » dans l’ensemble des régions

– Les orga­ni­sa­tions régio­nales et locales (syn­di­cats, asso étu­diantes, groupe popu­laires, com­mu­nau­taires etc. y com­pris les groupes plus radi­caux) doivent se gref­fer aux poteaux régio­naux exis­tant dans cha­cune des régions afin de créer des Coalition régionales

– Certaines existent déjà (ex : Estrie)

– Ces Coalitions peuvent mener leurs propres actions

– La mise en place de Coalitions régio­nales per­met­trait aux syn­di­cats locaux et régio­naux de se coa­li­ser direc­te­ment avec d’autres orga­ni­sa­tions. Ceci évite que les « régions » soient tri­bu­taires du National et cette décen­tra­li­sa­tion permet notam­ment une plus grande démo­cra­ti­sa­tion de la Coalition et se rap­proche ainsi des bases militantes.

4. Il faut se réap­pro­prier les droits éco­no­miques et sociaux comme base de nos luttes

Les défis pour la Coalition

– Il faut faire des­cendre les cam­pagnes et les outils à la base. (La mise en place de Coalitions régio­nales favo­ri­se­rait cet objectif)

– À cet égard une vaste cam­pagne d’éducation popu­laire (avec une trousse de for­ma­tion) sera pro­duite par la Coalition. L’objectif est de lancer une large cam­pagne sur les enjeux de la tari­fi­ca­tion et de la pri­va­ti­sa­tion et d’utiliser cette cam­pagne comme vec­teur de mobilisation.

Les Perspectives 2010-2011

Quelques élé­ments de conjoncture :

– À moins d’une grande sur­prise, les syn­di­qués du Front commun (à l’exception de la FIQ) et la FAE devraient enté­ri­ner l’entente de principe.

– La FIQ entre­pren­dra des moyens de pres­sion à l’automne dont la bataille pre­mière est l’abolition des agences (du privé) dans le réseau de la santé

– Une consul­ta­tion aura lieu à l’automne sur la hausse des frais de sco­la­rité (moment de mobilisation)

– Marche mon­diale des femmes en octobre

– Sommet d’Échec à la guerre début novembre

– Action de per­tur­ba­tion menée par la Coalition à la fin de l’automne

2011 :

– Entrée en vigueur d’une partie de la poli­tique de finan­ce­ment des ser­vices public pré­senté lors du der­nier budget : Indexation et ajus­te­ment des tarifs des organismes.

– contri­bu­tion santé qui passe de 50$ par an à 100$ par an

– Hausse de la TVQ qui passe de 7,5 à 8,5%

– Augmentation de 1 cent de la taxe sur l’essence

Grève sociale ???

Mars 2011 : Budget Automne 2011- Hiver 2012 : Pré-cam­pagne ou cam­pagne élec­to­rale 2012 : Hausse des frais de scolarité

Piste de plan d’action

Deux thèmes prin­ci­paux sur les­quels mener la lutte à court terme. Le choix de ces thèmes est jus­ti­fié par leur impor­tance, leur urgence et parce que ce sont des luttes ras­sem­bleuses : 1) L’éducation 2) La santé

Éducation

– Mobilisation dans le cadre du forum sur l’éducation (tarifs)

– Lutte contre toute aug­men­ta­tion des frais de sco­la­rité et des frais afférents

Santé

– Lutte contre l’introduction d’un ticket modé­ra­teur en santé (tarifs)

– Retrait de la contri­bu­tion en santé (tarifs)

– Retrait des agences privé en santé, lutte qui se mène­rait notam­ment par le biais d’un appui de masse aux reven­di­ca­tions et aux actions de la FIQ, en soli­da­rité avec les tra­vailleuses du réseau de la santé qui exer­ce­ront fort pro­ba­ble­ment des moyens de pres­sion dans le cadre de leurs négo­cia­tions qui se pour­sui­vront à l’automne (pri­va­ti­sa­tion)

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