LA DROITE : QUELLES DROITES ?

La guerre culturelle de la Fédération des Québécois de souche et du Council of European Canadians[1]

Enjeux nationaux et internationaux

Par Mis en ligne le 09 septembre 2020

Le Canada n’échappe pas à la vague de groupes dits d’extrême droite, même s’il est pos­sible de s’interroger sur la force de ce retour[2], d’autant que les groupes dis­pa­raissent au gré des scis­sions internes, comme il semble que ce soit peut-être le cas avec La Meute[3]. Néanmoins, cer­tains demeurent actifs. Même si leurs membres actifs sont peu nom­breux – et il est dif­fi­cile de savoir com­bien les lisent ou les suivent –, en revanche, ils par­viennent à atti­rer l’attention. Dans la nébu­leuse de groupes d’extrême droite, nous avons choisi d’en exa­mi­ner deux en par­ti­cu­lier, soit la Fédération des Québécois de souche (FQS) et le Council of Europeans Canadians (CEC), et ce, pour les rai­sons sui­vantes.

D’une part, les deux groupes ont fait parler d’eux dans l’espace média­tique. Récemment, la FQS a voulu dépo­ser un mémoire en com­mis­sion par­le­men­taire sur le projet de loi 9 sur l’immigration[4] mais il a aus­si­tôt été retiré[5]. Au Canada anglais, le CEC a fait parler de lui au moment de la course à la direc­tion du Parti conser­va­teur du Canada lorsque la dépu­tée Kellie Leitch a été appuyée dans un texte publié sur le site du groupe[6].

D’autre part, les deux groupes montrent un degré de recherche intel­lec­tuelle allant au-delà de ce qu’on retrouve avec d’autres groupes. En effet, la FQS et le CEC se pré­sentent comme des pro­duc­teurs d’idées. Ils ali­mentent régu­liè­re­ment leur site de publi­ca­tions, la FQS publiant même un maga­zine, Le Harfang. Leurs sites Internet sont d’ailleurs dotés de moteurs de recherche, ce qui indique une volonté de dis­sé­mi­ner leurs thèses, au contraire des groupes pré­co­ni­sant les mani­fes­ta­tions[7].

Même si les deux groupes veulent éviter d’être clas­sés à l’extrême droite en raison de l’opprobre pesant sur cette éti­quette poli­tique[8], on y trouve bien une dimen­sion extré­miste. Ainsi que le sou­ligne Barbara Perry, l’extrémisme cana­dien ne se mani­feste pas tant par la vio­lence, comme aux États-Unis ou en Allemagne, que par une radi­ca­lité dans le dis­cours de la défense du « natio­na­lisme cultu­rel[9] ». Extrémiste aussi parce que leur cri­tique du mul­ti­cul­tu­ra­lisme, comme nous le ver­rons, est loin de faire dans la nuance inter­pré­ta­tive.

La guerre culturelle

Les deux groupes sont enga­gés dans ce qu’on peut appe­ler une guerre cultu­relle et, pour reprendre les termes du CEC, dans une optique méta­po­li­tique : « Le CEC suit une stra­té­gie méta­po­li­tique afin d’avancer ses inté­rêts cultu­rels et eth­niques[10] ». Le terme de méta­po­li­tique aurait été employé pour la pre­mière fois, en fran­çais, par le contre-révo­lu­tion­naire Joseph de Maistre qui affir­mait cette néces­sité de lutter pour la déter­mi­na­tion des idées for­mant le sou­bas­se­ment intel­lec­tuel des socié­tés poli­tiques, une idée reprise dans le natio­na­lisme tra­di­tio­na­liste[11]. Cette approche méta­po­li­tique est reve­nue, dans les années 1970, sur le devant de la scène poli­tique, avec la Nouvelle Droite fran­çaise et Alain de Benoist.

Notons que la stra­té­gie méta­po­li­tique pré­co­ni­sée par le CEC fait réfé­rence aux « inté­rêts cultu­rels et eth­niques » et non pas aux inté­rêts éco­no­miques. Voilà qui indique qu’ils se dis­tinguent des groupes de pres­sion ou encore de groupes d’experts (think tanks) qui, comme l’Institut éco­no­mique de Montréal, tentent d’influencer les orien­ta­tions éco­no­miques des gou­ver­ne­ments au pays. Ce qui inté­resse au pre­mier chef le CEC et la FQS, c’est la défense de la nation et de la culture, les­quels consti­tuent, selon eux, le champ de bataille pre­mier. Nous employons à des­sein un lan­gage guer­rier (méta­pho­ri­que­ment par­lant) puisqu’il fait partie de l’argumentaire même de ces groupes. Ainsi, le CEC affirme mener une « guerre de posi­tion » contre l’hégémonie de la rec­ti­tude poli­tique et du puis­sant, croit-il, mar­xisme cultu­rel qui aurait envoûté « la psy­cho­lo­gie des Canadiens » ren­dant impos­sible tout enga­ge­ment au sein d’une for­ma­tion poli­tique[12]. C’est pour­quoi les deux groupes défendent la néces­sité d’une réac­tion intel­lec­tuelle contre le poli­ti­que­ment cor­rect.

Ainsi, la figure la plus mar­quante de la FQS, Rémi Tremblay, qui publie sur les deux sites, explique que les deux groupes tirent dans la même direc­tion. « L’une des rai­sons mêmes de l’existence de groupes tels que le Council of European Canadians et la Fédération des Québécois de souche est que les peuples issus de l’Europe ont – au cours des der­nières décen­nies – mis sur leur liste de prio­ri­tés le res­pect des prin­cipes du poli­ti­que­ment cor­rect au-dessus de la défense de leurs propres inté­rêts[13] ». En effet, la même dyna­mique méta­po­li­tique, la « grande course » comme on l’appelle, est aussi pré­sente au sein de la FQS qui espère la nais­sance d’un « mou­ve­ment éner­gique et intel­lec­tuel » pour revi­go­rer la nation et l’Occident :

Nous sommes donc tous impli­qués dans cette grande course où vérité et men­songe, natio­nal et étran­ger, indi­vi­dua­lisme et unité s’affrontent pour l’avenir du Québec, de l’Amérique et de l’Occident tout entier. Notre pre­mier devoir est de semer à nou­veau la gerbe de la conscience iden­ti­taire. Les valeurs engen­drées par celle-ci font les argu­ments que nous déployons chaque jour dans notre lutte pour la pri­mauté du natio­nal. C’est de ce mou­ve­ment éner­gique et intel­lec­tuel que naît déjà le nouvel espoir du retour des forces natio­na­listes aux rênes du pou­voir[14].

Cette réac­tion qui vise à pré­ser­ver le peuple qué­bé­cois, selon la FQS, ne devrait pas être assi­mi­lée à de l’extrémisme[15], mais seule­ment à une réac­tion nor­male de défense contre l’establishment, comme l’ont fait les États-Unis avec l’élection pré­si­den­tielle de 2016. À cet égard, la vic­toire de Donald Trump a donné de l’espoir au CEC dans son approche méta­po­li­tique. Dans un texte au titre expli­cite louant la vic­toire de Trump, et qu’il vaut la peine de citer, Make Canada Great Again, les édi­teurs du site, dès le len­de­main de l’élection amé­ri­caine, voient dans cette vic­toire une confir­ma­tion de leur stra­té­gie cultu­relle :

C’est une forme de poli­tique cultu­relle qui lutte pour un mou­ve­ment contre-cultu­rel contre l’ordre établi, non pas en adop­tant une poli­tique de parti stan­dard, en fai­sant cam­pagne pour une repré­sen­ta­tion par­le­men­taire ou en fai­sant pres­sion sur les poli­ti­ciens pour qu’ils modèrent leurs pro­grammes en faveur de la diver­sité, mais par le biais de pra­tiques telles que le jour­na­lisme Web, les mini-confé­rences, la par­ti­ci­pa­tion à des pro­grammes de radio Web alter­na­tifs ou la pro­duc­tion de recherches scien­ti­fiques visant à amé­lio­rer les blogues. L’objectif était de pro­duire des concepts et des argu­ments qui don­ne­ront aux Eurocanadiens les moyens intel­lec­tuels de lutter pour leur droit col­lec­tif de pro­té­ger et de mettre en valeur leurs inté­rêts patri­mo­niaux et eth­niques dans le cadre offert par le mul­ti­cul­tu­ra­lisme cana­dien[16].

Si, pour la majo­rité des Canadiens et des Canadiennes, les len­de­mains de la vic­toire de Trump étaient par­ti­cu­liè­re­ment amers, en revanche pour le CEC – et pour la FQS qui se réjouit aussi de cette vic­toire[17] –, celle-ci avait plutôt un goût de miel. On en concluait que la guerre cultu­relle menée contre l’esta­blish­ment n’est pas vaine, le pré­sident Donald Trump étant la preuve vivante que le chan­ge­ment cultu­rel peut donner des résul­tats qui per­met­tront de chan­ger la nature des poli­tiques adop­tées en matière d’immigration. Il faut donc pour­suivre le combat en dénon­çant le mul­ti­cul­tu­ra­lisme.

Contre le multiculturalisme

Pour les deux groupes, l’immigration menace mor­tel­le­ment l’identité his­to­rique et eth­nique des nations, Canada-Québec com­pris dans leur appar­te­nance occi­den­tale. De nom­breux textes sur le site du CEC déve­loppent les dif­fé­rents aspects néga­tifs de l’immigration, comme le fait leur texte de fon­da­tion :

Nous pen­sons que les stra­té­gies exis­tantes en matière de réforme de l’immigration n’ont pas abouti et doivent être aban­don­nées. Nous croyons que l’assimilation (des non-Européens dans l’état actuel de l’immigration de masse) serait fatale à notre patri­moine euro­péen et que, si nous vou­lons amé­lio­rer le Canada euro­péen, nous devons nous fier aux prin­cipes actuels du mul­ti­cul­tu­ra­lisme[18].

La FQS ne fait nul mys­tère de son oppo­si­tion à l’immigration. À ses yeux, la situa­tion est cri­tique, notam­ment en raison, encore là, des fausses idées du mar­xisme cultu­rel qui auraient conta­miné l’espace poli­tique. C’est pour­quoi le Québec vit une grave « crise iden­ti­taire », l’immigration repré­sen­tant une « menace » :

Dans la situa­tion actuelle, l’immigration repré­sente une réelle menace à l’identité cultu­relle et eth­nique de notre popu­la­tion qui voit aussi bafoué son sys­tème de valeur. Elle amoin­drit la force de la nation, brise l’unité du peuple qui agira de moins en moins d’une seule voix pour son propre bien. Par-dessus le marché, elle est sub­ven­tion­née avec l’argent des contri­buables, se jus­ti­fiant tou­jours par la même trom­pe­rie[19].

La FQS, tout comme le CEC, ne cherche pas à déve­lop­per une posi­tion qui pour­rait être qua­li­fiée de modé­rée. Une telle approche impli­que­rait un examen où seraient sou­pe­sés les apports posi­tifs de l’immigration pour les socié­tés d’accueil, sans négli­ger de sou­li­gner les limites d’une poli­tique migra­toire pour résoudre cer­tains pro­blèmes, comme le vou­drait un débat poli­tique sain en la matière. Or, pour la FQS, la dyna­mique migra­toire actuelle est mal­saine presque par nature et c’est dans ce contexte que le groupe « demande une fin de l’immigration mas­sive depuis sa fon­da­tion en 2007 et dénonce la mise en mino­rité gra­duelle des Québécois de souche au profit d’une tiers-mon­dia­li­sa­tion de la pro­vince[20] ». Les deux groupes croient donc que l’immigration dite mas­sive, comme ils le pré­tendent, déna­tu­re­rait le Canada d’aujourd’hui.

À cet égard, la cri­tique du mul­ti­cul­tu­ra­lisme de la part du CEC est de nature plus intel­lec­tuelle mais pas moins radi­cale, c’est-à-dire ancrée dans la phi­lo­so­phie poli­tique alors que celle que l’on retrouve sur le site de la FQS surfe davan­tage sur l’actualité. Cela est dû au fait que le pro­fes­seur de socio­lo­gie Ricardo Duchesne, figure contro­ver­sée dans le passé au Nouveau-Brunswick, en est le prin­ci­pal arti­san et qu’il pré­sente une pro­duc­tion écrite abon­dante. Or, ce der­nier, car­rière aca­dé­mique oblige, connaît bien les débats et les auteurs asso­ciés à la pro­blé­ma­tique du mul­ti­cul­tu­ra­lisme ainsi que l’histoire poli­tique cana­dienne. Cependant, il prône une vision que l’on peut qua­li­fier d’homogénéisante du phé­no­mène. En effet, s’il semble admettre que le pro­blème ne découle pas, en soi, du mul­ti­cul­tu­ra­lisme, c’est pour aus­si­tôt ajou­ter que le mul­ti­cul­tu­ra­lisme ne peut fonc­tion­ner qu’entre groupes appa­ren­tés. Ce fai­sant, il prône une vision homo­gène d’un phé­no­mène décrit comme étant « massif » :

Au CEC, nous esti­mons que le mul­ti­cul­tu­ra­lisme n’est pas en soi le pro­blème. L’immigration de masse de per­sonnes de cultures non euro­péennes est le pro­blème. D’autre part, nous sous­cri­vons à l’argument mul­ti­cul­tu­rel selon lequel l’identité raciale et cultu­relle est impor­tante pour le bien-être psy­cho­lo­gique des indi­vi­dus et qu’il est natu­rel de mani­fes­ter sa pré­fé­rence pour son groupe eth­nique. Les immi­grants en grand nombre for­me­ront des groupes eth­niques, que le gou­ver­ne­ment approuve ou non le mul­ti­cul­tu­ra­lisme. Aux États-Unis, les Mexicains, les Noirs et les Autochtones sont tou­jours sépa­rés par leurs quar­tiers rési­den­tiels, leurs habi­tudes de vote et leurs résul­tats sco­laires, même en l’absence d’un mul­ti­cul­tu­ra­lisme offi­ciel. L’assimilation n’a fonc­tionné qu’avec les immi­grants euro­péens[21].

En fait, pour le CEC, la menace semble pro­ve­nir des Sino-Canadiens[22], ainsi que le montre le nombre élevé d’articles sur le sujet et sur la contro­verse qui a opposé Ricardo Duchesne à un conseiller muni­ci­pal de Vancouver. Quant à la FQS, elle aussi veut reve­nir à ce « Québec de souche », et on pour­rait dire aux racines cana­diennes-fran­çaises, notam­ment à la figure de Lionel Groulx. En somme, les deux groupes convergent dans la défense de l’identité cana­dienne et qué­bé­coise mise en péril par une immi­gra­tion eth­ni­que­ment et cultu­rel­le­ment trop dif­fé­rente pour songer même à l’assimiler. On songe ici à la thèse du « grand rem­pla­ce­ment » selon laquelle une poli­tique déli­bé­rée de rem­pla­ce­ment d’un groupe par un autre est en train de se dérou­ler. Voilà un mes­sage qu’on retrouve faci­le­ment acces­sible en quelques clics sur la Toile.

Le facteur Internet

En effet, les grou­pus­cules de quelques per­sonnes peuvent main­te­nant atteindre des audi­toires plus vastes via Internet et les médias sociaux. Certes, l’influence vir­tuelle ne doit pas être exa­gé­rée, les groupes extré­mistes de droite comme de gauche n’ayant pas attendu les médias sociaux pour se ren­con­trer. Cependant, depuis un moment déjà, l’extrémisme de droite s’est déplacé dans l’univers vir­tuel. Maintenant, « un indi­vidu isolé peut pro­duire une page Web de très grande qua­lité, conte­nant textes, sons et images, et donner l’impression d’être le porte-parole d’une orga­ni­sa­tion très struc­tu­rée[23] ».

Si on a pu penser un temps, qui semble loin­tain main­te­nant, qu’Internet annon­ce­rait un nouvel âge démo­cra­tique fait de débats sereins, il faut se rendre à l’évidence que la libé­ra­tion de la parole sur Internet engendre des effets néga­tifs impré­vus dont la pro­li­fé­ra­tion de dis­cours extré­mistes. C’est d’autant plus vrai que l’on sent un cou­rant gran­dis­sant au sein de l’électorat pour s’informer en dehors des canaux média­tiques tra­di­tion­nels, ce qui pro­duit ainsi une offre de sites alter­na­tifs de toute nature, que de tels groupes s’empressent de com­bler. C’est dans ce contexte que les « agi­ta­teurs de la Toile » pro­li­fèrent[24] et c’est pour­quoi le poli­to­logue Jean-François Bayart a jus­te­ment écrit que « [l]a guerre iden­ti­taire est désor­mais numé­rique[25] ».

Frédéric Boily est pro­fes­seur de science poli­tique à l’Université de l’Alberta


  1. La ver­sion longue de ce texte a fait l’objet d’une pré­sen­ta­tion, « Au temps du libre-échange intel­lec­tuel : La Fédération des Québécois de souche et le Council of European Canadians à la défense de l’Occident », lors d’un ate­lier inti­tulé La mon­dia­li­sa­tion de la droite : les réseaux conser­va­teurs dans les Amériques, Institut d’études cana­diennes, Campus Saint-Jean, 3 novembre 2017.
  2. En entre­vue, Barbara Perry sou­ligne les dif­fi­cul­tés de répondre avec cer­ti­tude à cette ques­tion d’une montée de l’extrême droite : Cy Goncik et Andrea Levy, « Barbara Perry on the far right in Canada », Canadian Dimension, vol. 51, n° 4, hiver 2017.
  3. Gabriel Béland, « La Meute est en train de mourir, croit son cofon­da­teur, », La Presse​.ca, 18 juin 2019.
  4. Le projet de loi fut adopté en juin 2019 sous le nom de Loi visant à accroître la pros­pé­rité socio-éco­no­mique du Québec et à répondre adé­qua­te­ment aux besoins du marché du tra­vail par une inté­gra­tion réus­sie des per­sonnes immi­grantes. NdR
  5. Le mémoire a été rendu dis­po­nible sur le site Web de la FQS : <http://​que​be​cois​de​souche​.info/​p​r​o​j​e​t​-​d​e​-​l​o​i​-​9​-​s​u​r​-​l​i​m​m​i​g​r​a​t​i​o​n​-​l​a​-​f​q​s​-​a​n​a​lyse/>.
  6. Laura Stone, « Canadian values test could equally apply to white supre­ma­cists : Leitch », The Globe and Mail, 31 jan­vier 2017.
  7. Manuela Caiani et Patricia Kröll, « The trans­na­tio­na­li­za­tion of the extreme right and the use of Internet », International Journal of Comparative and Applied Criminal Justice, vol. 39, n° 4, 2015, p. 331-351.
  8. Nicolas Guillet et Nadia Afiouni, « Genèse et portée d’une pro­blé­ma­tique », dans Guillet et Afiouni (dir.), Les ten­ta­tives de bana­li­sa­tion de l’extrême droite en Europe, Bruxelles, Éditions de l’Université de Bruxelles, 2016, p. 7-15.
  9. Goncik et Levy, op. cit.
  10. Council of European Canadians, Metapolitical Strategy, <www​.euro​ca​na​dian​.ca/​p​/​m​e​t​a​p​o​l​i​t​i​c​a​l​-​s​t​r​a​t​e​g​y​.html>.
  11. Frédéric Boily, La pensée natio­na­liste de Lionel Groulx, Québec, Septentrion, 2003, p. 104-106.
  12. CEC, Metapolitical Strategy, op.cit.
  13. Rémi Tremblay, What the elec­tion of Jean-François Lisée as leader of Parti qué­bé­cois tell us ?, Council of European Canadians, 19 octobre 2016, <www​.euro​ca​na​dian​.ca/​2​0​1​6​/​1​0​/​w​h​a​t​-​e​l​e​c​t​i​o​n​-​o​f​-​l​i​s​e​e​-​t​e​l​l​s​-​u​s​.html>. Traduction de la rédaction.Texte anglais : « One of the very rea­sons why groups like the Council of Euro-Canadians and the Fédération de souche exist is that European-deri­ved peoples have ̶ over the last few decades ̶ put com­pliance to poli­ti­cal cor­rect­ness over the defense of their own inter­ests in their list of prio­ri­ties ».
  14. Fédération des Québécois de souche, Ce dont nous ne vou­lons pas, 1er octobre 2010, <http://​que​be​cois​de​souche​.info/​c​e​-​d​o​n​t​-​n​o​u​s​-​n​e​-​v​o​u​l​o​n​s​-pas/>.
  15. Fédération des Québécois de souche, La voix de la majo­rité silen­cieuse, 1er jan­vier 2010, <http://​que​be​cois​de​souche​.info/​f​q​s​-​l​a​-​v​o​i​x​-​d​e​-​l​a​-​m​a​j​o​r​i​t​e​-​s​i​l​e​n​c​i​euse/>.
  16. The Editors, Make Canada Great Again!, Council of European Canadians, 10 novembre 2016, <www​.euro​ca​na​dian​.ca/​2​0​1​6​/​1​1​/​m​a​k​e​-​c​a​n​a​d​a​-​g​r​e​a​t​-​a​g​a​i​n​.html>. Traduction de la rédaction.Le texte anglais : « This is a form of cultu­ral poli­tics that strives for a coun­ter-cultu­ral move­ment against the esta­bli­shed order, not by enga­ging in stan­dard party poli­tics, cam­pai­gning for par­lia­men­tary repre­sen­ta­tion or pres­su­ring poli­ti­cians to mode­rate their pro-diver­sity agen­das, BUT by conduc­ting active forms of thin­king through such prac­tices as web-jour­na­lism, mini-confe­rences, par­ti­ci­pa­tion in alter­na­tive web radio pro­grams or pro­duc­tion of scho­larly research to enhance blog­ging. The aim has been to pro­duce concepts and argu­ments that will arm Eurocanadians with the intel­lec­tual means to fight for their col­lec­tive right to pro­tect and enhance their heri­tage and ethnic inter­ests within the fra­me­work affor­ded by Canadian mul­ti­cul­tu­ra­lism ».
  17. Fédération des Québécois de souche, Trump contre l’establishment, jour 1!, 25 jan­vier 2017, <http://​que​be​cois​de​souche​.info/​t​r​u​m​p​-​c​o​n​t​r​e​-​e​s​t​a​b​l​i​s​h​ment/>.
  18. The Editors, Our beliefs and goals, Council of European Canadians, 20 mai 2014, <www​.euro​ca​na​dian​.ca/​2​0​1​4​/​0​5​/​o​u​r​-​b​e​l​i​e​f​s​-​a​n​d​-​g​o​a​l​s​.html>. Traduction de la rédaction.Texte anglais : « We believe that exis­ting stra­te­gies for immi­gra­tion reform have not been suc­cess­ful and must be aban­do­ned. We believe that assi­mi­la­tion (of non-Europeans in the cur­rent state of mass immi­gra­tion) would be fatal to our European heri­tage, and that if we aim to enhance European Canada we must rely upon the cur­rent prin­ciples affor­ded by mul­ti­cul­tu­ra­lism. »
  19. Fédération des Québécois de souche, La fin du peuple qué­bé­cois, 1er jan­vier 2010, <http://​que​be​cois​de​souche​.info/​l​a​-​f​i​n​-​d​u​-​p​e​u​p​l​e​-​q​u​e​b​e​cois/>.
  20. FQS, La voix de la majo­rité silen­cieuse, op. cit.
  21. Ricardo Duchesne, Mass Immigration from Non-European Countries is the Problem, Not Multiculturalism, Council of European Canadians, 10 mars 2017, <www​.euro​ca​na​dian​.ca/​2​0​1​7​/​0​3​/​m​a​s​s​-​i​m​m​i​g​r​a​t​i​o​n​-​f​r​o​m​-​n​o​n​-​e​u​r​o​p​e​a​n​-​c​o​u​n​t​r​i​e​s​-​i​s​-​t​h​e​-​p​r​o​b​l​e​m​-​n​o​t​-​m​u​l​t​i​c​u​l​t​u​r​a​l​i​s​m​.html>. Traduction de la rédaction.Texte anglais : « We at CEC believe that mul­ti­cul­tu­ra­lism in itself is not the pro­blem. Mass immi­gra­tion from non-European cultures is the pro­blem. On the other hand, we agree with the mul­ti­cul­tu­ral argu­ment that racial and cultu­ral iden­tity are impor­tant to the psy­cho­lo­gi­cal well being of indi­vi­duals and that sho­wing pre­fe­rence for one’s ethnic group is natu­ral. Immigrants in large num­bers will form ethnic groups regard­less of whe­ther the govern­ment endorses mul­ti­cul­tu­ra­lism or not. Mexicans, Blacks, and Aboriginals in the United States are still sepa­ra­ted in resi­den­tial loca­tions, voting pat­terns, and edu­ca­tio­nal attain­ments even though there is no offi­cial mul­ti­cul­tu­ra­lism. Assimilation only worked with European immi­grants. »
  22. Le dis­cours anti-asia­tique serait d’ailleurs en recru­des­cence depuis trois ou quatre décen­nies. Loyd Wong et Shibao Guo, « Canadian ethnic stu­dies in the chan­ging context of immi­gra­tion : loo­king back, loo­king for­ward », Canadian Ethnic Studies, vol. 50, n° 1, 2018, p. 5.
  23. Patrick Moreau, « L’extrême droite et Internet », Pouvoirs, n° 87, 1998, p. 144.
  24. Elsa Gimenez et Olivier Voirol, « Les agi­ta­teurs de la Toile. L’Internet des droites extrêmes. Présentation du numéro », Réseaux, vol. 2, n° 202-203, 2017, p. 12.
  25. Jean-François Bayart, Les fon­da­men­ta­listes de l’identité. Laïcisme versus dji­ha­disme, Paris, Karthala, 2016, p. 86.

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