La guerre culturelle de la Fédération des Québécois de souche et du Council of European Canadians

La guerre culturelle de la Fédération des Québécois de souche et du Council of European Canadians1

Frédéric Boily

Professeur de science politique à l’Université de l’Alberta

Le Canada n’échappe pas à la vague de groupes dits d’extrême droite, même s’il est possible de s’interroger sur la force de ce retour2, d’autant que les groupes disparaissent au gré des scissions internes, comme il semble que ce soit peut-être le cas avec La Meute3. Néanmoins, certains demeurent actifs. Même si leurs membres actifs sont peu nombreux – et il est difficile de savoir combien les lisent ou les suivent –, en revanche, ils parviennent à attirer l’attention. Dans la nébuleuse de groupes d’extrême droite, nous avons choisi d’en examiner deux en particulier, soit la Fédération des Québécois de souche (FQS) et le Council of Europeans Canadians (CEC), et ce, pour les raisons suivantes.

D’une part, les deux groupes ont fait parler d’eux dans l’espace médiatique. Récemment, la FQS a voulu déposer un mémoire en commission parlementaire sur le projet de loi 9 sur l’immigration4 mais il a aussitôt été retiré5. Au Canada anglais, le CEC a fait parler de lui au moment de la course à la direction du Parti conservateur du Canada lorsque la députée Kellie Leitch a été appuyée dans un texte publié sur le site du groupe6.

D’autre part, les deux groupes montrent un degré de recherche intellectuelle allant au-delà de ce qu’on retrouve avec d’autres groupes. En effet, la FQS et le CEC se présentent comme des producteurs d’idées. Ils alimentent régulièrement leur site de publications, la FQS publiant même un magazine, Le Harfang. Leurs sites Internet sont d’ailleurs dotés de moteurs de recherche, ce qui indique une volonté de disséminer leurs thèses, au contraire des groupes préconisant les manifestations7.

Même si les deux groupes veulent éviter d’être classés à l’extrême droite en raison de l’opprobre pesant sur cette étiquette politique8, on y trouve bien une dimension extrémiste. Ainsi que le souligne Barbara Perry, l’extrémisme canadien ne se manifeste pas tant par la violence, comme aux États-Unis ou en Allemagne, que par une radicalité dans le discours de la défense du « nationalisme culturel9 ». Extrémiste aussi parce que leur critique du multiculturalisme, comme nous le verrons, est loin de faire dans la nuance interprétative.

La guerre culturelle

Les deux groupes sont engagés dans ce qu’on peut appeler une guerre culturelle et, pour reprendre les termes du CEC, dans une optique métapolitique : « Le CEC suit une stratégie métapolitique afin d’avancer ses intérêts culturels et ethniques10 ». Le terme de métapolitique aurait été employé pour la première fois, en français, par le contre-révolutionnaire Joseph de Maistre qui affirmait cette nécessité de lutter pour la détermination des idées formant le soubassement intellectuel des sociétés politiques, une idée reprise dans le nationalisme traditionaliste11. Cette approche métapolitique est revenue, dans les années 1970, sur le devant de la scène politique, avec la Nouvelle Droite française et Alain de Benoist.

Notons que la stratégie métapolitique préconisée par le CEC fait référence aux « intérêts culturels et ethniques » et non pas aux intérêts économiques. Voilà qui indique qu’ils se distinguent des groupes de pression ou encore de groupes d’experts (think tanks) qui, comme l’Institut économique de Montréal, tentent d’influencer les orientations économiques des gouvernements au pays. Ce qui intéresse au premier chef le CEC et la FQS, c’est la défense de la nation et de la culture, lesquels constituent, selon eux, le champ de bataille premier. Nous employons à dessein un langage guerrier (métaphoriquement parlant) puisqu’il fait partie de l’argumentaire même de ces groupes. Ainsi, le CEC affirme mener une « guerre de position » contre l’hégémonie de la rectitude politique et du puissant, croit-il, marxisme culturel qui aurait envoûté « la psychologie des Canadiens » rendant impossible tout engagement au sein d’une formation politique12. C’est pourquoi les deux groupes défendent la nécessité d’une réaction intellectuelle contre le politiquement correct.

Ainsi, la figure la plus marquante de la FQS, Rémi Tremblay, qui publie sur les deux sites, explique que les deux groupes tirent dans la même direction. « L’une des raisons mêmes de l’existence de groupes tels que le Council of European Canadians et la Fédération des Québécois de souche est que les peuples issus de l’Europe ont – au cours des dernières décennies – mis sur leur liste de priorités le respect des principes du politiquement correct au-dessus de la défense de leurs propres intérêts13 ». En effet, la même dynamique métapolitique, la « grande course » comme on l’appelle, est aussi présente au sein de la FQS qui espère la naissance d’un « mouvement énergique et intellectuel » pour revigorer la nation et l’Occident :

Nous sommes donc tous impliqués dans cette grande course où vérité et mensonge, national et étranger, individualisme et unité s’affrontent pour l’avenir du Québec, de l’Amérique et de l’Occident tout entier. Notre premier devoir est de semer à nouveau la gerbe de la conscience identitaire. Les valeurs engendrées par celle-ci font les arguments que nous déployons chaque jour dans notre lutte pour la primauté du national. C’est de ce mouvement énergique et intellectuel que naît déjà le nouvel espoir du retour des forces nationalistes aux rênes du pouvoir14.

Cette réaction qui vise à préserver le peuple québécois, selon la FQS, ne devrait pas être assimilée à de l’extrémisme15, mais seulement à une réaction normale de défense contre l’establishment, comme l’ont fait les États-Unis avec l’élection présidentielle de 2016. À cet égard, la victoire de Donald Trump a donné de l’espoir au CEC dans son approche métapolitique. Dans un texte au titre explicite louant la victoire de Trump, et qu’il vaut la peine de citer, Make Canada Great Again, les éditeurs du site, dès le lendemain de l’élection américaine, voient dans cette victoire une confirmation de leur stratégie culturelle :

C’est une forme de politique culturelle qui lutte pour un mouvement contre-culturel contre l’ordre établi, non pas en adoptant une politique de parti standard, en faisant campagne pour une représentation parlementaire ou en faisant pression sur les politiciens pour qu’ils modèrent leurs programmes en faveur de la diversité, mais par le biais de pratiques telles que le journalisme Web, les mini-conférences, la participation à des programmes de radio Web alternatifs ou la production de recherches scientifiques visant à améliorer les blogues. L’objectif était de produire des concepts et des arguments qui donneront aux Eurocanadiens les moyens intellectuels de lutter pour leur droit collectif de protéger et de mettre en valeur leurs intérêts patrimoniaux et ethniques dans le cadre offert par le multiculturalisme canadien16.

Si, pour la majorité des Canadiens et des Canadiennes, les lendemains de la victoire de Trump étaient particulièrement amers, en revanche pour le CEC – et pour la FQS qui se réjouit aussi de cette victoire17 –, celle-ci avait plutôt un goût de miel. On en concluait que la guerre culturelle menée contre l’establishment n’est pas vaine, le président Donald Trump étant la preuve vivante que le changement culturel peut donner des résultats qui permettront de changer la nature des politiques adoptées en matière d’immigration. Il faut donc poursuivre le combat en dénonçant le multiculturalisme.

Contre le multiculturalisme

Pour les deux groupes, l’immigration menace mortellement l’identité historique et ethnique des nations, Canada-Québec compris dans leur appartenance occidentale. De nombreux textes sur le site du CEC développent les différents aspects négatifs de l’immigration, comme le fait leur texte de fondation :

Nous pensons que les stratégies existantes en matière de réforme de l’immigration n’ont pas abouti et doivent être abandonnées. Nous croyons que l’assimilation (des non-Européens dans l’état actuel de l’immigration de masse) serait fatale à notre patrimoine européen et que, si nous voulons améliorer le Canada européen, nous devons nous fier aux principes actuels du multiculturalisme18.

La FQS ne fait nul mystère de son opposition à l’immigration. À ses yeux, la situation est critique, notamment en raison, encore là, des fausses idées du marxisme culturel qui auraient contaminé l’espace politique. C’est pourquoi le Québec vit une grave « crise identitaire », l’immigration représentant une « menace » :

Dans la situation actuelle, l’immigration représente une réelle menace à l’identité culturelle et ethnique de notre population qui voit aussi bafoué son système de valeur. Elle amoindrit la force de la nation, brise l’unité du peuple qui agira de moins en moins d’une seule voix pour son propre bien. Par-dessus le marché, elle est subventionnée avec l’argent des contribuables, se justifiant toujours par la même tromperie19.

La FQS, tout comme le CEC, ne cherche pas à développer une position qui pourrait être qualifiée de modérée. Une telle approche impliquerait un examen où seraient soupesés les apports positifs de l’immigration pour les sociétés d’accueil, sans négliger de souligner les limites d’une politique migratoire pour résoudre certains problèmes, comme le voudrait un débat politique sain en la matière. Or, pour la FQS, la dynamique migratoire actuelle est malsaine presque par nature et c’est dans ce contexte que le groupe « demande une fin de l’immigration massive depuis sa fondation en 2007 et dénonce la mise en minorité graduelle des Québécois de souche au profit d’une tiers-mondialisation de la province20 ». Les deux groupes croient donc que l’immigration dite massive, comme ils le prétendent, dénaturerait le Canada d’aujourd’hui.

À cet égard, la critique du multiculturalisme de la part du CEC est de nature plus intellectuelle mais pas moins radicale, c’est-à-dire ancrée dans la philosophie politique alors que celle que l’on retrouve sur le site de la FQS surfe davantage sur l’actualité. Cela est dû au fait que le professeur de sociologie Ricardo Duchesne, figure controversée dans le passé au Nouveau-Brunswick, en est le principal artisan et qu’il présente une production écrite abondante. Or, ce dernier, carrière académique oblige, connaît bien les débats et les auteurs associés à la problématique du multiculturalisme ainsi que l’histoire politique canadienne. Cependant, il prône une vision que l’on peut qualifier d’homogénéisante du phénomène. En effet, s’il semble admettre que le problème ne découle pas, en soi, du multiculturalisme, c’est pour aussitôt ajouter que le multiculturalisme ne peut fonctionner qu’entre groupes apparentés. Ce faisant, il prône une vision homogène d’un phénomène décrit comme étant « massif » :

Au CEC, nous estimons que le multiculturalisme n’est pas en soi le problème. L’immigration de masse de personnes de cultures non européennes est le problème. D’autre part, nous souscrivons à l’argument multiculturel selon lequel l’identité raciale et culturelle est importante pour le bien-être psychologique des individus et qu’il est naturel de manifester sa préférence pour son groupe ethnique. Les immigrants en grand nombre formeront des groupes ethniques, que le gouvernement approuve ou non le multiculturalisme. Aux États-Unis, les Mexicains, les Noirs et les Autochtones sont toujours séparés par leurs quartiers résidentiels, leurs habitudes de vote et leurs résultats scolaires, même en l’absence d’un multiculturalisme officiel. L’assimilation n’a fonctionné qu’avec les immigrants européens21.

En fait, pour le CEC, la menace semble provenir des Sino-Canadiens22, ainsi que le montre le nombre élevé d’articles sur le sujet et sur la controverse qui a opposé Ricardo Duchesne à un conseiller municipal de Vancouver. Quant à la FQS, elle aussi veut revenir à ce « Québec de souche », et on pourrait dire aux racines canadiennes-françaises, notamment à la figure de Lionel Groulx. En somme, les deux groupes convergent dans la défense de l’identité canadienne et québécoise mise en péril par une immigration ethniquement et culturellement trop différente pour songer même à l’assimiler. On songe ici à la thèse du « grand remplacement » selon laquelle une politique délibérée de remplacement d’un groupe par un autre est en train de se dérouler. Voilà un message qu’on retrouve facilement accessible en quelques clics sur la Toile.

Le facteur Internet

En effet, les groupuscules de quelques personnes peuvent maintenant atteindre des auditoires plus vastes via Internet et les médias sociaux. Certes, l’influence virtuelle ne doit pas être exagérée, les groupes extrémistes de droite comme de gauche n’ayant pas attendu les médias sociaux pour se rencontrer. Cependant, depuis un moment déjà, l’extrémisme de droite s’est déplacé dans l’univers virtuel. Maintenant, « un individu isolé peut produire une page Web de très grande qualité, contenant textes, sons et images, et donner l’impression d’être le porte-parole d’une organisation très structurée23 ».

Si on a pu penser un temps, qui semble lointain maintenant, qu’Internet annoncerait un nouvel âge démocratique fait de débats sereins, il faut se rendre à l’évidence que la libération de la parole sur Internet engendre des effets négatifs imprévus dont la prolifération de discours extrémistes. C’est d’autant plus vrai que l’on sent un courant grandissant au sein de l’électorat pour s’informer en dehors des canaux médiatiques traditionnels, ce qui produit ainsi une offre de sites alternatifs de toute nature, que de tels groupes s’empressent de combler. C’est dans ce contexte que les « agitateurs de la Toile » prolifèrent24 et c’est pourquoi le politologue Jean-François Bayart a justement écrit que « [l]a guerre identitaire est désormais numérique25 ».

1 La version longue de ce texte a fait l’objet d’une présentation, « Au temps du libre-échange intellectuel : La Fédération des Québécois de souche et le Council of European Canadians à la défense de l’Occident », lors d’un atelier intitulé La mondialisation de la droite: les réseaux conservateurs dans les Amériques, Institut d’études canadiennes, Campus Saint-Jean, 3 novembre 2017.

2 En entrevue, Barbara Perry souligne les difficultés de répondre avec certitude à cette question d’une montée de l’extrême droite : Cy Goncik et Andrea Levy, « Barbara Perry on the far right in Canada », Canadian Dimension, vol. 51, n° 4, hiver 2017.

3 Gabriel Béland, « La Meute est en train de mourir, croit son cofondateur, », La Presse.ca, 18 juin 2019.

4 Le projet de loi fut adopté en juin 2019 sous le nom de Loi visant à accroître la prospérité socio-économique du Québec et à répondre adéquatement aux besoins du marché du travail par une intégration réussie des personnes immigrantes. NdR

5 Le mémoire a été rendu disponible sur le site Web de la FQS : <http://quebecoisdesouche.info/projet-de-loi-9-sur-limmigration-la-fqs-analyse/>.

6 Laura Stone, « Canadian values test could equally apply to white supremacists : Leitch », The Globe and Mail, 31 janvier 2017.

7 Manuela Caiani et Patricia Kröll, « The transnationalization of the extreme right and the use of Internet », International Journal of Comparative and Applied Criminal Justice, vol. 39, n° 4, 2015, p. 331-351.

8 Nicolas Guillet et Nadia Afiouni, « Genèse et portée d’une problématique », dans Guillet et Afiouni (dir.), Les tentatives de banalisation de l’extrême droite en Europe, Bruxelles, Éditions de l’Université de Bruxelles, 2016, p. 7-15.

9 Goncik et Levy, op. cit.

10 Council of European Canadians, Metapolitical Strategy, <www.eurocanadian.ca/p/metapolitical-strategy.html>.

11 Frédéric Boily, La pensée nationaliste de Lionel Groulx, Québec, Septentrion, 2003, p. 104-106.

12 CEC, Metapolitical Strategy, op.cit.

13 Rémi Tremblay, What the election of Jean-François Lisée as leader of Parti québécois tell us?, Council of European Canadians, 19 octobre 2016, <www.eurocanadian.ca/2016/10/what-election-of-lisee-tells-us.html>. Traduction de la rédaction.

Texte anglais : « One of the very reasons why groups like the Council of Euro-Canadians and the Fédération de souche exist is that European-derived peoples have ̶ over the last few decades ̶ put compliance to political correctness over the defense of their own interests in their list of priorities ».

14 Fédération des Québécois de souche, Ce dont nous ne voulons pas, 1er octobre 2010, <http://quebecoisdesouche.info/ce-dont-nous-ne-voulons-pas/>.

15 Fédération des Québécois de souche, La voix de la majorité silencieuse, 1er janvier 2010, <http://quebecoisdesouche.info/fqs-la-voix-de-la-majorite-silencieuse/>.

16 The Editors, Make Canada Great Again!, Council of European Canadians, 10 novembre 2016, <www.eurocanadian.ca/2016/11/make-canada-great-again.html>. Traduction de la rédaction.

Le texte anglais: « This is a form of cultural politics that strives for a counter-cultural movement against the established order, not by engaging in standard party politics, campaigning for parliamentary representation or pressuring politicians to moderate their pro-diversity agendas, BUT by conducting active forms of thinking through such practices as web-journalism, mini-conferences, participation in alternative web radio programs or production of scholarly research to enhance blogging. The aim has been to produce concepts and arguments that will arm Eurocanadians with the intellectual means to fight for their collective right to protect and enhance their heritage and ethnic interests within the framework afforded by Canadian multiculturalism ».

17 Fédération des Québécois de souche, Trump contre l’establishment, jour 1!, 25 janvier 2017, <http://quebecoisdesouche.info/trump-contre-establishment/>.

18 The Editors, Our beliefs and goals, Council of European Canadians, 20 mai 2014, <www.eurocanadian.ca/2014/05/our-beliefs-and-goals.html>. Traduction de la rédaction.

Texte anglais: « We believe that existing strategies for immigration reform have not been successful and must be abandoned. We believe that assimilation (of non-Europeans in the current state of mass immigration) would be fatal to our European heritage, and that if we aim to enhance European Canada we must rely upon the current principles afforded by multiculturalism. »

19 Fédération des Québécois de souche, La fin du peuple québécois, 1er janvier 2010, <http://quebecoisdesouche.info/la-fin-du-peuple-quebecois/>.

20 FQS, La voix de la majorité silencieuse, op. cit.

21 Ricardo Duchesne, Mass Immigration from Non-European Countries is the Problem, Not Multiculturalism, Council of European Canadians, 10 mars 2017, <www.eurocanadian.ca/2017/03/mass-immigration-from-non-european-countries-is-the-problem-not-multiculturalism.html>. Traduction de la rédaction.

Texte anglais : « We at CEC believe that multiculturalism in itself is not the problem. Mass immigration from non-European cultures is the problem. On the other hand, we agree with the multicultural argument that racial and cultural identity are important to the psychological well being of individuals and that showing preference for one’s ethnic group is natural. Immigrants in large numbers will form ethnic groups regardless of whether the government endorses multiculturalism or not. Mexicans, Blacks, and Aboriginals in the United States are still separated in residential locations, voting patterns, and educational attainments even though there is no official multiculturalism. Assimilation only worked with European immigrants. »

22 Le discours anti-asiatique serait d’ailleurs en recrudescence depuis trois ou quatre décennies. Loyd Wong et Shibao Guo, « Canadian ethnic studies in the changing context of immigration : looking back, looking forward », Canadian Ethnic Studies, vol. 50, n° 1, 2018, p. 5.

23 Patrick Moreau, « L’extrême droite et Internet », Pouvoirs, n° 87, 1998, p. 144.

24 Elsa Gimenez et Olivier Voirol, « Les agitateurs de la Toile. L’Internet des droites extrêmes. Présentation du numéro », Réseaux, vol. 2, n° 202-203, 2017, p. 12.

25 Jean-François Bayart, Les fondamentalistes de l’identité. Laïcisme versus djihadisme, Paris, Karthala, 2016, p. 86.