La gratuité scolaire tout en faisant sa juste part

Par Mis en ligne le 27 avril 2012

L’enlisement du débat sur les droits de sco­la­rité nous a récem­ment poussé à réflé­chir sur les modes de finan­ce­ment du sys­tème d’éducation uni­ver­si­taire qué­bé­cois. Interpelés par une situa­tion sem­blant vrai­sem­bla­ble­ment se diri­ger vers un cul-de-sac, nous nous sommes posés la ques­tion sui­vante : serait-il pos­sible de mettre en place un sys­tème qui per­met­trait d’améliorer l’accessibilité uni­ver­si­taire tout en conser­vant à un niveau adé­quat le finan­ce­ment des uni­ver­si­tés et ce sans deman­der aux contri­buables qué­bé­cois de payer davan­tage ?

Nous croyons qu’un tel sys­tème est pos­sible.

Pour le rendre effec­tif, nous pro­po­sons trois modi­fi­ca­tions majeures au sys­tème actuel :

  1. L’octroi de 30 cré­dits uni­ver­si­taires gra­tuits à tous rési­dents du Québec ;
  2. Le paie­ment des droits de sco­la­rité excé­dant les 30 pre­miers cré­dits n’est plus fait durant les études à l’université mais une fois que les étu­diants sont sur le marché du tra­vail ;
  3. Le sys­tème de prêts aux étu­diants uni­ver­si­taires est aboli et tous les prêts seront conver­tis en bourses.

Ces trois pro­po­si­tions viennent répondre à deux pro­blèmes pré­sents dans le sys­tème actuel et iden­ti­fiés comme impor­tants par la lit­té­ra­ture éco­no­mique et les acteurs du milieu de l’éducation.

Il y a d’abord les pro­blèmes reliés au manque d’information qui peut exis­ter lorsqu’un étu­diant au secon­daire ou au CÉGEP doit déci­der de son avenir sco­laire. En effet, n’ayant pas connais­sance de tout l’éventail des pro­grammes uni­ver­si­taires exis­tants ni de la qua­lité de l’éducation uni­ver­si­taire, un étu­diant pourra déci­der de ne pas aller à l’université alors qu’il serait au contraire opti­mal pour lui et la société de s’y rendre. Un deuxième pro­blème que nous visons à régler avec ces pro­po­si­tions est les contraintes impo­sées par le tra­vail durant les études qui peuvent affec­ter la per­sé­vé­rance des étu­diants uni­ver­si­taires.

Pour réduire le manque à gagner créé par les trois pro­po­si­tions, nous pro­po­sons les deux modi­fi­ca­tions sui­vantes :

  1. L’abolition du crédit d’impôt pour frais de sco­la­rité et d’examen ;
  2. Une contri­bu­tion spé­ciale exigée des anciens étu­diants lorsqu’ils rem­bour­se­ront leurs droits de sco­la­rité.

À titre d’exemple, sous l’hypothèse d’un rem­bour­se­ment en 5 ans, notre sys­tème ferait en sorte que les 9 pre­mières cohortes d’étudiants uni­ver­si­taires ter­mi­ne­raient leurs études avec un mon­tant de 8500 $ à rem­bour­ser et les étu­diants à partir de la 10ème cohorte auraient un mon­tant de 4295 $. En com­pa­rai­son, avec le sys­tème actuel un étu­diant sort du bac­ca­lau­réat avec une dette moyenne de 11 295 $.

Les autres auteurs de cette note d’intervention de l’IREC sont Oscar Calderon, Henri Thibaudin, Yves Richelle.

Le détail de nos pro­po­si­tions peut être consulté en ligne en cli­quant ici.

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