La FIQ campe devant l’Assemblée nationale

Des syndiqué(e)s de la FIQ ont campé devant l’Assemblée nationale la semaine dernière pour signifier aux élu(e)s leur détermination à obtenir satisfaction pour les revendications qui peuvent contribuer à revaloriser la profession d’infirmières dans le réseau public de la santé tout en stoppant l’intrusion du sectuer privé dans le réseau public. La FIQ trace un bilan positif de cet exercice de sensibilisation mais demeure mobilisée devant la volonté du gouvernement Charest de camper sur ses positions.

« Pour nous, l’objectif a été atteint : nous avons rencontré des représentant(e)s des partis représentés à l’Assemblée nationale, sauf l’ADQ. On se rend compte qu’on se bute encore à l’édéologie néolibérale. Nous avons sensibilisé la population à l’importance de bloquer l’infiltration du secteur privé dans le système de santé public. Le vendredi, nous étions épuisées mais encouragées par toute l’énergie positive et le dynamisme des personnes qui se sont impliquées dans le campement d’une semaine », explique Régine Laurent, présidente de la FIQ. « Il y a eu une véritable communion entre les personnes qui ont participé à cette mobilisation ».

Toutefois, le gouvernement Charest qui s’était engagé à accélérer les négociations a de nouveau fait preuve d’hypocrisie. Les offres de Monique Gagnon-Tremblay ne comprenaient aucune nouveautés. « Les représentants du gouvernement n’ont pas proposé de mesures structurantes ayant des impacts immédiats. Nous avons proposé différentes solutions, différentes hypothèses qui toutes pouvaient générer des allégements à la tâches que tous reconnaissent comme insupportables par un nouvel aménagement du temps de travail. Le gouvernement admet le problème mais refuse les solutions. Pourtant, il y urgence : 17 000 infirmières sont à 2-3 années de la retraite. Nous devrons remplacer ces personnes mais dans les conditions actuelles, nous sommes convaincus que ce sera impossibles. De plus, nous devons nous donner du temps pour accomplir ce virage car le réseau scolaire ne peut former tant d’infirmières en si peu de temps. Bref, le gouvernement Charest maintient le statut quo car ça favorise l’exode des infirmières vers le privé ».

« La FIQ propose des mesures qui feront que la tâche sera moins contraignante et que les inconvénients se verront compensés. On souhaite de meilleures conditions pour celles et ceux qui travaillent les soirs et les fin de semaines. On propose un horaire de 4 jours ; rien de mur à mur, on pourrait s’entendre sur deux ou trois modèles d’horaire au national et les établissements pourraient choisir celui qui convient le mieux à la réalité locale.Actuellement, il y 40% des infirmières et 60% des infirmières auxilliaires qui sont à temps partiel. On veut 90% des postes qui sont à 3 ou 4 jours/semaine. Mais dans les établissements, des contrats avec le privé ont été signés et ça vient en contradiction avec les effectifs du public. Malgré tout, nous sommes à 30 minute par jour par personne d’une entente ».

Les propos de madame Laurent montre que l’opération ‘la santé au privé’ est depuis longtemps en branle, qu’elle est planifiée en catimini et que les gouvernements successifs, péquistes comme libéraux se sont payé la tête des salarié(e)s des services publics et de la population qui, sondages après sondages, continue à appuyer majoritairement un secteur de la santé public et gratuit… et le combat des infirmières qui est sans aucun doute le groupe de syndiqué(e)s qui profite du plus d’appui.

Questionnée à propos des derniers efforts des négociateurs gouvernementaux et des représentants du gouvernement Charest sur les tentatives de diviser le Front commun des syndicats du secteur public, madame Laurent a été claire : « Le Front commun est bien solide. Au national, c’est clair que les négociation sur les salaires et les retraites se feront jusqu’à la satisafaction de tous. Le sectoriel est autonome sur les réalités particulières et on a pas tous les même priorités, qu’on soit dans l’éducation, la santé ou la fonction publique. Mais la FIQ ne sera pas laissée à elle seule. De plus, nous sommes conscients que la défense des services publics est appuyée par la population. On embarquera pas dans le jeu du gouvernement. Le dialogue est constant entre les syndicats du Front commun ».

Pour la suite des choses, madame Laurent n’a pas ouvert son jeu outre mesure mais a bien identifié l’orientation générale de la FIQ pour les prochains mois. « Le médiateur déposera son rapport à la mi-juillet. Nous n’avons pas d’attente quant à ce dépôt. Il serait surprenant que le rapport nous donne raison. Nous allons plutôt profiter de l’été pour réfléchir sur les moyens de développer la mobilisation. À une échelle locale, nous allons tester certaines de nos solutions dans quelques établissements et faire la preuve du réalisme de ces nouvelles façons de procéder. Et nous devons trouver des façons de permettre à la population de manifester l’appui qu’elle nous accorde ».

« Par ailleurs,je me rappelle avoir vu à la manifestation du 1er mai dernier une pancarte avec l’inscription ‘À quand la grève sociale ?’. Ça m’a amené à penser qu’avec toutes les mobilisations qui sont à l’agenda cet automne, il est clair que plusieurs acteurs sociaux veulent lutter. La Marche mondiale des femmes est un événement incontournable et dans lequel nous sommes impliquées. La lutte à la pauvreté sera importante. La pauvreté est un déterminant de la santé alors ça nous touche directement. Ça fait partie de notre réflexion pour notre plan d’action pour l’automne. La coalition contre la tarification et la privatisation des services publics sera aussi centrale dans nos préoccupations ».

Un automne chaud vous dîtes ?