Communiqué

La deuxième université des NCS

Par Mis en ligne le 04 septembre 2011

Elle s’est donc déroulée tel que prévu du 25 au 27 août à l’UQÀM.

L’ouverture des débats par Susan George a attiré envi­ron 250 per­sonnes, plus même si on consi­dère le grand nombre de per­sonnes qui n’ont pu péné­trer dans la salle AM050 ! Susan comme tou­jours a été déca­pante, sans pitié contre les pleutres et les sans-cou­rage qui n’osent pas, même aujourd’hui, appe­ler un chat un chat et dénon­cer le néo­li­bé­ra­lisme. Elle s’en est prise effec­ti­ve­ment aux ater­moie­ments d’une cer­taine « gauche » asso­ciée à des forces qui s’intitulent encore « sociale-démo­crates », mais qui aspirent sur­tout à « gérer » le sys­tème dis­lo­qué qui pré­ci­pite le monde de crise en crise. Le Devoir d’ailleurs a fait un excellent résumé de sa pré­sen­ta­tion, ce qui a permis à quelques mil­liers de per­sonnes d’apprendre la (grande) nou­velle que les NCS existent !

Les deux jours pleins de tra­vaux qui ont suivi, et où se sont ins­crits 155 per­sonnes ont été stu­dieux et atten­tifs. L’analyse du capi­ta­lisme « réel­le­ment exis­tant », à la base du néo­li­bé­ra­lisme, a permis de com­prendre davan­tage le « code géné­tique » du sys­tème domi­nant, en plus de ses arti­cu­la­tions prin­ci­pales dans l’économie, la poli­tique, l’État. Un autre module s’est penché sur l’histoire trop peu connue des mou­ve­ments sociaux au Québec, ainsi que sur la rup­ture de 1917 en Union sovié­tique. Aujourd’hui, cette his­toire (les autres his­toires aussi) n’est plus enseignée.

Dans les uni­ver­si­tés, la domi­na­tion quasi-totale des études dites « post­mo­der­nistes » et cultu­relles dans les sciences sociales occultent non seule­ment les ana­lyses struc­tu­relles mais aussi l’histoire des résis­tances. Dans l’optique qui pré­vaut actuel­le­ment, ce sont des micro iden­ti­tés, voire des indi­vi­dus qui deviennent le noyau dur de la réa­lité sociale. Il faut dire à leur décharge que les uni­ver­si­taires, dans leur majo­rité, sont main­te­nant soumis à un régime quasi des­po­tique où les car­rières sont déter­mi­nés par des cri­tères impo­sés qui les dirige, plus qu’avant en tout cas, à servir les inté­rêts des domi­nants. Il y a bien sûr des excep­tions, y com­pris parmi ceux et celles qui ont contri­bué aux tra­vaux des NCS. Il faut ajou­ter cepen­dant que la plu­part des pres­ta­tions ne sont pas venues d’universitaires, mais d’intellectuels issus des mou­ve­ments sociaux.

Les par­ti­ci­pan-tes à l’université des NCS ont éga­le­ment beau­coup plan­ché sur les défis actuels du mou­ve­ment popu­laire, en par­ti­cu­lier de la néces­saire lutte pour l’autonomie, non seule­ment contre l’État capi­ta­liste, mais éga­le­ment dans le sens d’une refon­da­tion du poli­tique conçu comme une lutte de masse. À tra­vers l’écosocialisme et l’internationalisme, ce sont les masses qui font « irrup­tion dans l’histoire », dans leur élan d’émancipation auto-orga­nisé. Lors de la table-ronde à la fin à laquelle ont par­ti­cipé des mili­tantEs de partis et de mou­ve­ments, cette cen­tra­lité de la lutte et du mou­ve­ment social a été réaffirmée.

Plusieurs des textes ayant servi de sup­port aux inter­ven­tions sont déjà sur le site des NCS, de même que les inter­ven­tions comme telles, repré­sen­tant les efforts col­lec­tifs et indi­vi­duels de près de 50 per­sonnes. En effet, l’université des NCS devient un intense pro­ces­sus de pro­duc­tion, avant, pen­dant et après la pres­ta­tion comme telle. Une dis­cus­sion aura bien­tôt lieu au sein du col­lec­tif sur les suites à donner, notam­ment en regard aux attentes et demandes venant de plu­sieurs mou­ve­ments sociaux.

Pierre Beaudet
Pour le comité d’organisation de l’Université d’été des NCS 2011

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