La crise : nouveaux défis pour le mouvement altermondialiste

Mis en ligne le 21 février 2010

par Chantal Delmas

Ce docu­ment d’Espaces Marx tente de donner quelques élé­ments clés sur les ques­tion­ne­ments et les ana­lyses de l’altermondialisme face à la crise glo­bale actuelle, la res­ti­tu­tion de débats récents (sémi­naires, FSE…), et reprend une série de textes, cer­tains brefs, d’autres appro­fon­dis­sant quelques ques­tions saillantes des débats en cours.

Ce docu­ment d’Espaces Marx tente de donner quelques élé­ments clés sur les ques­tion­ne­ments et les ana­lyses de l’altermondialisme face à la crise glo­bale actuelle, la res­ti­tu­tion de débats récents (sémi­naires, FSE…), et reprend une série de textes, cer­tains brefs, d’autres appro­fon­dis­sant quelques ques­tions saillantes des débats en cours. Voici quelques-unes des ques­tions aux­quelles nous avons tenté de répondre lors d’un sémi­naire dont les tra­vaux sont édités dans cette pla­quette, orga­nisé en jan­vier 2009 avec un grand nombre d’acteurs du mou­ve­ment alter­mon­dia­liste fran­çais :

Quelles conver­gences et quelles diver­gences au sein du mou­ve­ment alter­mon­dia­liste quant à l’analyse de la crise et aux conclu­sions qui en découlent ? Quelle arti­cu­la­tion entre la crise éco­lo­gique, la crise ali­men­taire et la crise finan­cière, éco­no­mique et sociale ? Quels nou­veaux défis pour le mou­ve­ment alter­mon­dia­liste ? Dix ans après Seattle, quel bilan du mou­ve­ment alter­mon­dia­liste, quels pro­grès et quels pro­blèmes non réso­lus ? Quels défis dans cette période nou­velle et quelles nou­velles pistes pour tenter de les rele­ver ?

Comme tous les mou­ve­ments pro­gres­sistes, quelles que soient leurs formes : syn­di­cale, asso­cia­tive, réseau ou par­ti­daire, l’altermondialisme se trouve dans une posi­tion duale : d’un côté il est conforté dans ses ana­lyses dénon­çant le capi­ta­lisme et qui se résument assez bien dans le mot d’ordre désor­mais admis par le plus grand nombre : « le monde n’est pas une mar­chan­dise » ; de l’autre il se retrouve en défaut de pers­pec­tive capable de pro­duire des alter­na­tives à cette crise sys­té­mique. Le point fort de l’altermondialisme c’est son expé­ri­men­ta­tion depuis Seattle il y a 10 ans de nou­velles formes de démo­cra­ties, d’une trans­ver­sa­lité rare­ment égalée, d’une recherche de consen­sus dans la diver­sité des cou­rants de l’altermondialisme, et aussi d’une volonté d’élargissement per­ma­nent, de tra­vail en réseaux. Ces points forts sont aussi les fai­blesses de l’altermondialisme : il y a une réelle dif­fi­culté res­sen­tie par les alter­mon­dia­listes eux-mêmes à géné­rer à partir de ces nou­velles formes de démo­cra­tie, des actions, des alter­na­tives qui soient en capa­cité de réel­le­ment en faire un acteur impor­tant pour l’alternative au capi­ta­lisme.

La crise sys­té­mique du capi­ta­lisme oblige tous les mou­ve­ments et plus par­ti­cu­liè­re­ment l’altermondialisme à se confron­ter avec d’autres modes de pen­sées. C’est pour­quoi nous pro­po­sons aussi dans ce dos­sier des extraits d’un sémi­naire sur mar­xisme et alter­mon­dia­lisme qui s’est tenu au forum social euro­péen de Malmö ainsi qu’une réflexion de Wolfgang-Fritz Haug sur « la dia­lec­tique de l’anticapitalisme ». Ce croi­se­ment de réflexions sur l’altermondialisme, l’anticapitalisme et le mar­xisme ouvre quelques pistes pour penser l’alternative non comme un projet clé en main mais comme une construc­tion dans un rap­port dia­lec­tique devant tenir compte des expé­ri­men­ta­tions mais aussi des dif­fé­rents cou­rants tra­ver­sant le mou­ve­ment pro­gres­siste.

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