La crise et nous : Impacts et écueils

La crise actuelle est le résultat des défaillances internes propres au système capitaliste mondialisé.
Par Mis en ligne le 13 octobre 2009

Une année marquée au fer rouge

La der­nière année lais­sera pour plu­sieurs per­sonnes un goût for­te­ment amer. En effet, ce qui a d’abord débuté par une crise finan­cière causée par un mélange com­plexe d’abus finan­ciers, de déré­gle­men­ta­tion et de pro­fits abu­sifs s’est rapi­de­ment trans­posé dans l’économie réelle. Pourtant loin d’être la consé­quence d’abus de quelques indi­vi­dus, la crise actuelle est au contraire le résul­tat des défaillances internes propres au sys­tème capi­ta­liste mon­dia­lisé. Ce sont effec­ti­ve­ment les règles de ce der­nier qui ont permis une concen­tra­tion sans pré­cé­dent de la richesse. Ce sont ces mêmes règles qui ont mené à la créa­tion d’oligopoles qui dominent aujourd’hui non seule­ment le sys­tème éco­no­mique et finan­cier, mais qui ont une influence consi­dé­rable sur le sys­tème poli­tique et même judi­ciaire. Ce pou­voir d’influence est uti­lisé à une seule fin : aug­men­ter conti­nuel­le­ment les pro­fits de ces oli­go­poles et pro­té­ger les inté­rêts des grands déten­teurs de capi­taux. Il n’est donc pas sur­pre­nant de voir ces hommes de pou­voir (car évi­dem­ment il y a très peu de femmes) faire pres­sion pour la sau­ve­garde prio­ri­taire du sys­tème finan­cier qui est le socle du sys­tème capi­ta­liste actuel.

Au cours des der­niers mois, les popu­la­tions de tous les conti­nents ont été stu­pé­faites d’assister aux faillites des plus grandes banques amé­ri­caines. Devant la catas­trophe annon­cée par cet effet domino, les États sont accou­rus à la res­cousse de ces ins­ti­tu­tions multi-mil­liar­daires aujourd’hui accu­lées à la faillite par la cupi­dité et l’avarice de dif­fé­rents acteurs. Combien de Bernard Maddox le sys­tème tolère-t-il ? Combien de mil­liards de dol­lars iront en fara­mi­neux bonis aux pré­si­dents de ces banques aujourd’hui en ban­que­route ?

Bien qu’il soit tout à fait légi­time de condam­ner fer­me­ment ces abus, il importe de garder en tête que c’est le sys­tème éco­no­mique actuel qui a causé la crise pla­né­taire à laquelle nous sommes aujourd’hui confrontéEs. Il est donc pri­mor­dial de trou­ver les causes pro­fondes de cette débâcle et de remettre en ques­tion les pré­misses dusys­tème actuel, soit : la (sur)consommation, l’exploitation de la force de tra­vail etl’individualisme. C’est à ce défi que nous devons nous atta­quer, non seule­ment en tant que citoyenNE, mais éga­le­ment en tant que société.

Le plus grand danger de cette crise : le maintien du système capitaliste

Après les dif­fi­cul­tés ren­con­trées par les ins­ti­tu­tions finan­cières, la popu­la­tion mon­diale a vu la crois­sance éco­no­mique ralen­tir, les faillites surgir, les mises à pieds monter en flèche et la crainte des pertes d’emploi gagner de plus en plus de ménages. C’est éga­le­ment impuis­santes que les popu­la­tions ont assisté à des plans de sau­ve­tage où les bouées étaient prin­ci­pa­le­ment des­ti­nées aux ins­ti­tu­tions finan­cières, celles-là mêmes qui nous ont conduitEs au nau­frage actuel. Le gou­ver­ne­ment fai­sait ainsi le pari que les citoyens et citoyennes devraient tenter de rester à flot par leurs propres moyens.

En effet, les dif­fé­rents plans de sau­ve­tage pro­po­sés n’ont qu’un seul objec­tif : sauver le sys­tème finan­cier capi­ta­liste de l’abîme. Ainsi, c’est à coups de cen­taines de mil­liards de dol­lars dis­tri­bués aux mul­ti­na­tio­nales, banques et autres entre­prises que l’on espère empê­cher le navire de som­brer. L’objectif de nos poli­ti­ciens est clair : réta­blir au plus vite le cirque de la mon­dia­li­sa­tion néo­li­bé­rale car « the show must go on ! »

Or, le réta­blis­se­ment du sys­tème, même avec quelques chan­ge­ments comme le pro­pose l’administration Obama ou le G-20, mènera inévi­ta­ble­ment à une nou­velle crise, encore plus pro­fonde. Comme nous l’a ensei­gné la crise de 1929, même si des mesures impor­tantes sont mises en place pour éviter les abus, les tra­fics d’influence et les fraudes, elles s’effritent au fil des ans et finissent par être abo­lies sous la pres­sion du pou­voir d’influence déme­suré que détiennent les grands oli­go­poles. La nature même du sys­tème capi­ta­liste implique la déré­gle­men­ta­tion maxi­male d’un marché qui pré­tend s’autoréguler.

Or, les pre­miers béné­fi­ciaires d’un tel sys­tème sont évi­dem­ment les­grandes entre­prises et les mul­ti­na­tio­nales, celles-là mêmes qui détiennent un pou­voir d’influence poli­tique consi­dé­rable et qui contrôlent en partie le marché. Il est donc dans la nature et dans les inté­rêts de ces entre­prises d’utiliser leur pou­voir d’influence pour abolir ces lois qui restreignent leurs pro­fits. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé, aux États-Unis, avec le Glass Steagall Act. Cette loi fut impo­sée au len­de­main du krach de 1929 afin d’encadrer les pra­tiques ban­caires et finan­cières des entre­prises amé­ri­caines. Or, au fil des ans, cette loi a été affai­blie et par la suite régu­liè­re­ment bafouée au cours des années ’90 (avec l’autorisation du congrès), pour fina­le­ment être offi­ciel­le­ment abolie en 1999. Tant qu’on ne s’attaquera pas à la cause struc­tu­relle qui génère les inéga­li­tés socioé­co­no­miques, on ne pourra pré­ve­nir ou empê­cher la pro­chaine crise.

À la lumière des impor­tants et pas­sion­nants défis et remises en ques­tion que sus­ci­te­cette crise éco­no­mique, nous vous pro­po­sons une réflexion qui aura comme axe trans­ver­sal la crise que nous tra­ver­sons. Nous ten­te­rons de faire res­sor­tir les liens – passés, pré­sents et futurs – entre celle-ci, le sys­tème capi­ta­liste et les dif­fé­rents maux socioé­co­no­miques qui touchent notre société. Pour ce faire, nous abor­de­rons trois grands thèmes inter-reliés qui regrou­pentdes enjeux majeurs de notre société soit : la pau­vreté, la démo­cra­tie et l’environnement.

La pauvreté chez nous

Malgré une crois­sance éco­no­mique signi­fi­ca­tive au cours des 30 der­nières années, force est de consta­ter que cette crois­sance ne béné­fi­cie pas de la même façon à toutes et tous. Le der­nier recen­se­ment effec­tué par Statistique Canada a mis au jour une situa­tion depuis long­temps décriée dans le monde : les riches s’enrichissent, les pauvres s’appauvrissent et le fossé les sépa­rant se creuse sans cesse. Par exemple, dans les années soixante-dix, les patrons gagnaient, en moyenne, 30 fois le salaire d’un employé. Aujourd’hui, ces patrons gagnent 300 fois celui des salariéEs. Il n’est donc pas sur­pre­nant de consta­ter qu’au cours des 25 der­nières années, les reve­nus des 20 % des Canadiens les plus riches ont aug­menté de 16 %, tandis que ceux des 20 % les plus pauvres dimi­nuaient de 21 % et ceux de la classe moyenne stag­naient .

Ces chiffres sont le reflet du monde du tra­vail tel qu’il a évolué au sein du sys­tè­me­ca­pi­ta­liste. On constate une stag­na­tion ou une dimi­nu­tion des reve­nus des ménages sala­riés qui se conjugue et s’explique par une dimi­nu­tion du taux de syn­di­ca­li­sa­tion (le Québec étant – jusqu’ici – l’exception), une aug­men­ta­tion du tra­vail aty­pique et à temps par­tiel, une dimi­nu­tion du pou­voir d’achat des per­sonnes tra­vaillan­tau salaire mini­mum ou sur l’aide sociale, une dimi­nu­tion de l’accès à l’assurancechômage (assu­rance-emploi), etc. Pourtant, la richesse mon­diale a aug­menté, nous disent una­ni­me­ment les éco­no­mistes. Où donc est-elle alors allée ? Puisque la richesse est nor­ma­le­ment le pro­duit du labeur des tra­vailleurs et tra­vailleuses, ceux et celles-ci auraient dû voir croître leurs reve­nus… et pour­tant, tel ne fut pas le cas !

Cette situa­tion témoigne de la réa­lité du sys­tème capi­ta­liste où la plus-value créée par les tra­vailleurs et tra­vailleuses est en grande partie détour­née au profit des diri­geants plutôt que redis­tri­buée parmi les salariéEs. Parallèlement à cette créa­tion de richesse sous forme de biens et ser­vices se déve­loppe, dans le monde finan­cier, une richesse vir­tuelle fondée sur la spé­cu­la­tion et qui ne béné­fi­cie prin­ci­pa­le­ment qu’à une poi­gnée d’individus : tra­vailleurs du sec­teur finan­cier, action­naires, diri­geants d’entreprises. Pensons par exemple à Couche Tard : alors que ses employéEs sont payéEs au salaire mini­mum, le PDG de cette chaîne de dépan­neurs « gagnait », en 2004, 11,7 mil­lions de dol­lars. Pensons éga­le­ment à l’empire de Québécor qui, après avoir imposé un lock out de 16 mois à ses employés du Journal de Québec, s’attaque main­te­nant à ceux du Journal de Montréal. Pensons enfin à ces mil­lions d’épargnants qué­bé­cois qui ont vu leurs épargnes fondre suite aux dérives spé­cu­la­tives des admi­nis­tra­teurs de la Caisse de dépôt et de pla­ce­ment du Québec qui eux sont, rap­pe­lons-le, gras­se­ment payés.

Or, la crois­sance éco­no­mique du sys­tème capi­ta­liste étant prin­ci­pa­le­ment basée sur la consom­ma­tion des ménages, l’élite éco­no­mique, afin de main­te­nir et accroître sa domi­na­tion, devait assu­rer cette crois­sance malgré l’appauvrissement des ménages. C’est ainsi qu’au cours des 30 der­nières années, paral­lè­le­ment à la dis­tri­bu­tion inégale de la richesse, appa­rais­saient dif­fé­rentes méthodes visant à pal­lier cette perte du pou­voir d’achat des ménages afin de main­te­nir, voire de conti­nuer d’accroître, leur consom­ma­tion : accès faci­lité au crédit et aux prêts, poli­tique com­mer­ciale « ache­tez main­te­nant, payez plus tard », valo­ri­sa­tion sociale de la consom­ma­tion maté­rielle, créa­tion de nou­veaux besoins (mai­sons et véhi­cules dis­pro­por­tion­nés par rap­port aux besoins, appa­reils éner­gi­vores, culte de la beauté et de la jeu­nesse, etc.). Il n’est donc pas sur­pre­nant, à la lumière de ces deux situa­tions com­bi­nées, que le niveau d’endettement des ménages cana­diens soit passé de 70 % à 124 % entre 1985 et 2005 . Ceci signi­fie que pour chaque dollar de revenu annuel après impôts, les Canadiens et Canadiennes ont 1,24$ de dette. Qui plus est, le taux d’épargne des Canadiens et Canadiennes est à son plus bas niveau en 20 ans . Or, puisque la classe moyenne ne s’est guère enri­chie au cours de ces années et que les plus pauvres se sont appau­vris, cet endet­te­ment n’a pas servi à entre­te­nir un train de vie déme­su­ré­ment luxueux, mais sim­ple­ment à com­pen­ser la perte réelle de revenu des classes moyennes et défa­vo­ri­sées.

Ce trans­fert de richesse des poches des gens les plus pauvres vers celles des plus riches a éga­le­ment été permis par l’augmentation des tarifs des ser­vices publics et par la cure min­ceur qu’a subie le filet social qué­bé­cois. Cette orien­ta­tion a été direc­te­ment influen­cée par la théo­rie de Milton Friedman selon laquelle l’État doit inter­ve­nir le moins pos­sible et lais­ser plutôt le marché défi­nir la valeur de chaque bien et ser­vice, du sys­tème de santé à l’éducation en pas­sant par l’électricité et l’eau.

Ces choix poli­tiques néo­li­bé­raux devait servir à allé­ger le far­deau fiscal des contri­buables, à com­men­cer par les plus for­tu­nés. Ainsi, en qua­rante ans, le sys­tème fiscal qué­bé­cois est passé d’un sys­tème à 10 paliers d’imposition (allant jusqu’à 34 % des reve­nus) à un sys­tème à trois paliers d’imposition (allant jusqu’à 24 % du revenu). Parallèlement à cette perte de revenu, l’imposition des entre­prises a chuté, deve­nant l’une des plus faibles dans toute l’Amérique du Nord et per­met­tant ainsi aux riches d’accumuler encore davan­tage de richesses. Pour pal­lier ce manque à gagner, les gou­ver­ne­ments qué­bé­cois qui se sont suc­cé­dés ont réduit les dépenses reliées aux ser­vices sociaux et aug­menté les tarifs qui devaient doré­na­vant cor­res­pondre davan­tage à la valeur que leur donne le marché. Au fil des ans, plu­sieurs assis­tés sociaux et assis­tées sociales ont dû se conten­ter que de demi-indexa­tions, l’accessibilité à l’assurance-emploi a été consi­dé­ra­ble­ment res­treinte malgré des sur­plus de coti­sa­tions accu­mu­lés de plu­sieurs dizaines de mil­liards de dol­lars, l’accessibilité à l’aide juri­dique a été consi­dé­ra­ble­ment réduite, etc. Pendant ce temps, les Québécois et Québécoises ont simul­ta­né­ment vu les tarifs d’électricité, de trans­port en commun et de frais de sco­la­rité grim­per rapi­de­ment. En rétros­pec­tive, ce sont l’ensemble de ces mesures et de ces choix qui sont partie inté­grante de l’idéologie néo­li­bé­rale et qui ont causé l’appauvrissement du plus grand nombre d’entre nous.

Devant ces inéga­li­tés, plu­sieurs tra­vailleurs et tra­vailleuses ont cepen­dant dénoncé les abus patro­naux. Par exemple, de nom­breux employéEs, que ce soit du sec­teur de l’hôtellerie, de la poste ou du sec­teur de l’alimentation, sont entréEs en grève pour exiger de meilleures condi­tions de tra­vail. D’autres, comme au Journal de Québec, forcéEs au lock-out, ont décidé de se réap­pro­prier leur force de tra­vail en pro­dui­sant leur propre jour­nal. Rappelons que ce jour­nal, dis­tri­bué gra­tui­te­ment, entrait en concur­rence directe avec le Journal de Québec, doré­na­vant pro­duit par des cadres et des bri­seurs de grève, comme le conclura une déci­sion de la Commission des rela­tions de tra­vail . Les employéEs du Journal de Montréal, lorsqu’à leur tour forcéEs au lock-out par le même employeur, ont, quant à eux et elles, mis sur pied un quo­ti­dien en ligne inti­tulé « Rue Frontenac ». Ainsi, si les exemples d’abus foi­sonnent, par­ti­cu­liè­re­ment en cette période de crise éco­no­mique, force est de consta­ter que cer­tains exemples de soli­da­rité sociale nous pro­posent d’autres modèles d’organisation du tra­vail qui méritent qu’on s’y attarde si nous vou­lons repen­ser le modèle éco­no­mique actuel.

Pauvreté : Le monde et nous

Les répar­ti­tions inégales de la richesse que nous avons évo­quées plus tôt se retrouvent – de façon encore plus exa­cer­bée – à l’échelle pla­né­taire. Il n’est pas sur­pre­nant qu’un capi­ta­lisme mon­dial ait, au cours des trente der­nières années, aggravé la pro­blé­ma­tique de la répar­ti­tion inégale de la richesse notam­ment entre les pays du Nord et ceux du Sud. Or, les pro­blèmes sociaux et éco­no­miques résul­tant de l’appauvrissement d’un nombre gran­dis­sant de per­sonnes sont de plus en plus graves et se font doré­na­vant sentir dans les pays occi­den­taux. Par exemple, les migra­tions cau­sées par les guerres, les famines ou l’absence d’un avenir décent dans de nom­breux pays poussent les gou­ver­ne­ments néo­li­bé­raux à inves­tir des sommes colos­sales dans la sur­veillance des fron­tières et la sécu­rité inté­rieure. Évidemment, ces sommes ne sont ensuite plus dis­po­nibles pour s’attaquer aux pro­blé­ma­tiques sociales comme l’intégration des nou­veaux arri­vants, les conflits inter eth­niques, l’intolérance, les pré­ju­gés, la vio­lence, etc. Ces pro­blé­ma­tiques ont pour­tant des coûts – éco­no­miques et sociaux – à la fois pour les popu­la­tions du Nord, mais sur­tout pour celles du Sud. En effet, les pays du Sud vivent actuel­le­ment un exode des cer­veaux qui réduit consi­dé­ra­ble­ment leur capa­cité à s’organiser et à se déve­lop­per col­lec­ti­ve­ment. Ce cercle vicieux est donc un com­plexe mélange de choix poli­tiques et éco­no­miques qui sont faits à dif­fé­rents paliers – régio­naux, pro­vin­ciaux, natio­naux et inter­na­tio­naux, et ce dans l’ensemble des pays de la pla­nète. Or, lorsque cette dyna­mique migra­toire va en gran­dis­sant, tant les pays du Nord que ceux du Sud sont per­dants.

En 2008, la répar­ti­tion inégale de la richesse et l’appauvrissement des moins nantiEs a donné lieu à des révoltes popu­laires dans de nom­breux pays. En Amérique latine et en Afrique, les émeutes pro­vo­quées par la hausse spec­ta­cu­laire du prix de den­rées de base comme le blé, le maïs ou le riz ont para­lysé les pays durant plu­sieurs semaines. Ces famines sont le résul­tat des poli­tiques des pays du Nord qui ont permis la spé­cu­la­tion sur ces res­sources vitales et encou­ragé, par des sub­ven­tions géné­reuses, le détour­ne­ment massif de grandes quan­ti­tés de céréales vers des usages éner­gé­tiques (étha­nol). Au Canada, une récente étude de Statistique Canada démon­trait que malgré la crise, les prix des ali­ments avaient aug­menté de 7,9 %, ceux des céréales de 11 %, ceux des fruits de 19 % et ceux des légumes de 26 % au cours des 12 der­niers mois. Dans un marché inter­na­tio­nal où le libre-échange et la spé­cu­la­tion dictent les règles, les fluc­tua­tions des prix inter­na­tio­naux des matières pre­mières sont por­tées à être rela­ti­ve­ment impré­vi­sibles et de grande ampleur. Ce marché inter­na­tio­nal libre-échan­giste res­tera le théâtre de rap­ports de force qui désa­van­ta­ge­ront en pre­mier lieu les per­sonnes les plus pauvres, tant dans les pays du Sud que du Nord.

Au Nord, les accords de libre-échange (ALE) ont entraîné une perte de pou­voir des tra­vailleurs et tra­vailleuses dans leur rap­port de force avec l’employeur. Ceci a eu pour consé­quence de réduire leur chance d’améliorer leurs pro­tec­tions sociales et éco­no­miques, ce qui a permis le détour­ne­ment de la richesse créée au profit de leurs employeurs. Au Sud, ce libre-échange a anéanti de nom­breux com­mer­çants, arti­sans et agri­cul­teurs locaux et permis le pillage des res­sources de ces pays par des mul­ti­na­tio­nales occi­den­tales. Comme c’est le cas de la minière cana­dienne Barrick Gold, ces mul­ti­na­tio­nales, en plus de s’enrichir en appau­vris­sant les pays afri­cains et sud-amé­ri­cains, ont des pra­tiques sou­vent contraires aux droits fon­da­men­taux de la per­sonne et à la pro­tec­tion de l’environnement. Que ce soit en ce qui a trait aux droits du tra­vail ou à l’ingérence poli­tique de ces mul­ti­na­tio­nales, un seul objec­tif est visé, celui de faire le plus de profit pos­sible, et ce au détri­ment des popu­la­tions locales.

Comme nous le ver­rons ci-après, ces inéga­li­tés ne se limitent pas uni­que­ment à la sphère éco­no­mique, mais touchent l’ensemble des droits d’un indi­vidu et viennent mena­cer les fon­de­ments de nos socié­tés dites démo­cra­tiques.


Document pro­duit par Mouvement d’éducation popu­laire et d’action com­mu­nau­taire du Québec [août 2009]

Voir le docu­ment com­plet du MÉPACQ : La crise et nous : Impacts et écueils [PDF – 9 pages]

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