La colère monte avec l’arrivée des pluies

par Karenine Francesca Théosmy

12 fevrier 2010

Alors que le gouvernement se donne environ 90 jours pour mettre la population dans de meilleures conditions d’existence, comme première phase d’un plan stratégique de relogement, des manifestations ont lieu dans la capitale ce jeudi 11 février 2010 pour réclamer des abris, observe l’agence en ligne AlterPresse.

Une forte averse s’est abattue sur Port-au-Prince dans la matinée du 11 février, provoquant la colère des habitantes et habitants, dans certains centres d’hébergement, qui ont gagné les rues.

Le plan élaboré par le gouvernement pour doter chaque famille d’un abri provisoire contre la pluie s’étend jusqu’au 1er mai 2010, selon ce qu’a fait savoir le responsable de la sous-commission des abris provisoires, Charles Clermont.

Durant cette période, il s’agit de distribuer des tentes et des bâches à la population afin de lui assurer un abri pendant la saison des pluies qui vient de débuter.

Environ 22 000 tentes ont été distribuées, d’après les chiffres fournis par les organismes humanitaires qui prévoient de fournir encore près de 50 000 tentes, dont 15 000 sont sur place en Haïti.

400 000 bâches (au total) seront livrées d’ici au samedi 20 février, souligne Clermont.

Depuis le début des opérations d’aide humanitaire, la distribution s’avère un défi majeur.

Il existe 310 sites d’hébergement spontanés, parmi eux 17 identifiés comme prioritaires, estiment les institutions internationales.

Pendant que certains centres d’hébergement plus petits, situés dans les quartiers, n’ont pas encore été touchés, des opérations de distribution d’aide, assez ponctuelles, notamment des distributions de nourriture, sont réalisées dans plusieurs de ces sites.

Le défi actuel est d’assurer une distribution équitable des tentes, nourriture et eau potable promises, de manière à atteindre réellement toute la population concernée.

Par ailleurs, les travaux de démolition ont conduit à l’obstruction des canaux. Avec l’arrivée des pluies, des risques d’inondations sont à prévoir, s’inquiète Charles Clermont.

A son avis, la démolition des édifices endommagés constitue le problème le plus important et les travaux de nettoyage des canaux devraient être bouclés dans les 60 jours à venir.

Le moyen terme… des abris de transition

Actuellement, est à l’étude une seconde phase du plan stratégique, qui consiste au relogement, dans des « abris de transition », des centaines de milliers de personnes déplacées, éparpillées dans les sites d’hébergement à Port-au-Prince et dans les villes de province, dans la perspective de la saison cyclonique.

Il s’agira de « constructions en armature légère, pouvant résister à la fois aux cyclones et aux tremblements de terre ». assure Clermont, sans se montrer précis sur le type de matériaux qui pourrait être utilisés pour ces abris de transition.

Les personnes déplacées sont estimées à 100 000 personnes, mais 1,1 million au total sont concernées par la question du relogement.

Le plan stratégique de relogement du gouvernement prévoit la construction de 50 000 abris de transition, qui accueilleraient uniquement les personnes ayant perdu complètement leurs maisons.

La commission, mise en place par le gouvernement, réfléchit sur une proposition qui consisterait à donner un support financier à celles et ceux qui comptent réparer ou rebâtir leurs logements endommagés.

Le délai d’exécution de cette phase de relogement est encore assez vague. La sous-commission des abris dit souhaiter la boucler en moins de 4 à 5 mois.

Dans l’intervalle, la ruée vers les espaces libres s’intensifie, au même rythme que la construction d‘abris de fortune en bois et en tôles.

Tandis qu’il faut établir des cartes géologiques, identifier et informer mieux sur les espaces à risques, des ventes de terres et des parcellisations de terrain sont en grande extension.

Source: AlterPresse www.alterpresse.org