La colère monte avec l’arrivée des pluies

Mis en ligne le 19 février 2010

par Karenine Francesca Théosmy

12 fevrier 2010

Alors que le gou­ver­ne­ment se donne envi­ron 90 jours pour mettre la popu­la­tion dans de meilleures condi­tions d’existence, comme pre­mière phase d’un plan stra­té­gique de relo­ge­ment, des mani­fes­ta­tions ont lieu dans la capi­tale ce jeudi 11 février 2010 pour récla­mer des abris, observe l’agence en ligne AlterPresse.

Une forte averse s’est abat­tue sur Port-au-Prince dans la mati­née du 11 février, pro­vo­quant la colère des habi­tantes et habi­tants, dans cer­tains centres d’hébergement, qui ont gagné les rues.

Le plan éla­boré par le gou­ver­ne­ment pour doter chaque famille d’un abri pro­vi­soire contre la pluie s’étend jusqu’au 1er mai 2010, selon ce qu’a fait savoir le res­pon­sable de la sous-com­mis­sion des abris pro­vi­soires, Charles Clermont.

Durant cette période, il s’agit de dis­tri­buer des tentes et des bâches à la popu­la­tion afin de lui assu­rer un abri pen­dant la saison des pluies qui vient de débuter.

Environ 22 000 tentes ont été dis­tri­buées, d’après les chiffres four­nis par les orga­nismes huma­ni­taires qui pré­voient de four­nir encore près de 50 000 tentes, dont 15 000 sont sur place en Haïti.

400 000 bâches (au total) seront livrées d’ici au samedi 20 février, sou­ligne Clermont.

Depuis le début des opé­ra­tions d’aide huma­ni­taire, la dis­tri­bu­tion s’avère un défi majeur.

Il existe 310 sites d’hébergement spon­ta­nés, parmi eux 17 iden­ti­fiés comme prio­ri­taires, estiment les ins­ti­tu­tions internationales.

Pendant que cer­tains centres d’hébergement plus petits, situés dans les quar­tiers, n’ont pas encore été tou­chés, des opé­ra­tions de dis­tri­bu­tion d’aide, assez ponc­tuelles, notam­ment des dis­tri­bu­tions de nour­ri­ture, sont réa­li­sées dans plu­sieurs de ces sites.

Le défi actuel est d’assurer une dis­tri­bu­tion équi­table des tentes, nour­ri­ture et eau potable pro­mises, de manière à atteindre réel­le­ment toute la popu­la­tion concernée.

Par ailleurs, les tra­vaux de démo­li­tion ont conduit à l’obstruction des canaux. Avec l’arrivée des pluies, des risques d’inondations sont à pré­voir, s’inquiète Charles Clermont.

A son avis, la démo­li­tion des édi­fices endom­ma­gés consti­tue le pro­blème le plus impor­tant et les tra­vaux de net­toyage des canaux devraient être bou­clés dans les 60 jours à venir.

Le moyen terme… des abris de transition

Actuellement, est à l’étude une seconde phase du plan stra­té­gique, qui consiste au relo­ge­ment, dans des « abris de tran­si­tion », des cen­taines de mil­liers de per­sonnes dépla­cées, épar­pillées dans les sites d’hébergement à Port-au-Prince et dans les villes de pro­vince, dans la pers­pec­tive de la saison cyclonique.

Il s’agira de « construc­tions en arma­ture légère, pou­vant résis­ter à la fois aux cyclones et aux trem­ble­ments de terre ». assure Clermont, sans se mon­trer précis sur le type de maté­riaux qui pour­rait être uti­li­sés pour ces abris de transition.

Les per­sonnes dépla­cées sont esti­mées à 100 000 per­sonnes, mais 1,1 mil­lion au total sont concer­nées par la ques­tion du relogement.

Le plan stra­té­gique de relo­ge­ment du gou­ver­ne­ment pré­voit la construc­tion de 50 000 abris de tran­si­tion, qui accueille­raient uni­que­ment les per­sonnes ayant perdu com­plè­te­ment leurs maisons.

La com­mis­sion, mise en place par le gou­ver­ne­ment, réflé­chit sur une pro­po­si­tion qui consis­te­rait à donner un sup­port finan­cier à celles et ceux qui comptent répa­rer ou rebâ­tir leurs loge­ments endommagés.

Le délai d’exécution de cette phase de relo­ge­ment est encore assez vague. La sous-com­mis­sion des abris dit sou­hai­ter la bou­cler en moins de 4 à 5 mois.

Dans l’intervalle, la ruée vers les espaces libres s’intensifie, au même rythme que la construc­tion d‘abris de for­tune en bois et en tôles.

Tandis qu’il faut éta­blir des cartes géo­lo­giques, iden­ti­fier et infor­mer mieux sur les espaces à risques, des ventes de terres et des par­cel­li­sa­tions de ter­rain sont en grande extension.

Source : AlterPresse www​.alter​presse​.org

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