La Bolivie dénonce l’adoption sans consensus de l’Accord de Copenhague II

Par Mis en ligne le 21 décembre 2010

L’État Plurinational de Bolivie croit que le texte de Cancún est une vic­toire vide et fausse qui a été impo­sée sans consen­sus, et son coût sera mesu­rable en vies humaines. L’Histoire jugera sévè­re­ment.


Communiqué de presse, 11 décembre 2010, Cancún, México


L’État Plurinational de Bolivie croit que le texte de Cancún est une vic­toire vide et fausse qui a été impo­sée sans consen­sus, et son coût sera mesu­rable en vies humaines. L’Histoire jugera sévè­re­ment.

Il existe une seule façon de mesu­rer le succès d’un accord cli­ma­tique : elle repose, pour pré­ve­nir le chan­ge­ment cli­ma­tique, sur les réduc­tions effec­tives ou non des émis­sions. Ce texte échoue clai­re­ment, car il permet d’élever la tem­pé­ra­ture glo­bale de plus de 4 degrés, à des niveaux désas­treux pour l’humanité. De récents rap­ports scien­ti­fiques montrent que 300.000 per­sonnes meurent déjà chaque année des désastres liés au chan­ge­ment cli­ma­tique. Ce texte menace de porter à un mil­lion le chiffre de mor­ta­lité annuel. C’est une chose que nous n’accepterons jamais.

Tout le monde a reconnu l’année passée que Copenhague a été un échec, tant au niveau du contenu que de la pro­cé­dure. Cette année, une cam­pagne déli­bé­rée pour réduire les attentes et le déses­poir par un quel­conque accord a donné lieu en sub­stance à ce qu’est le Copenhague II.

La pré­ten­due « vic­toire » du mul­ti­la­té­ra­lisme est en fait une vic­toire des nations riches qui ont inti­midé et forcé d’autres nations à accep­ter un accord selon leurs termes. Les nations les plus riches n’ont rien offert de nou­veau en matière de finan­ce­ment ou de réduc­tion d’émissions. Au lieu de cela, elles ont cher­ché à faire marche arrière quant aux accord exis­tants et à inclure toutes les échap­pa­toires pos­sibles pour dimi­nuer leur obli­ga­tion d’action.

Alors que les pays en voie de déve­lop­pe­ment – ceux qui font face aux pires consé­quences du chan­ge­ment cli­ma­tique – ont plaidé l’ambition, on nous a offert à la place le “réa­lisme” de gestes creux. Des pro­po­si­tions de pays puis­sants, tels les Etats-Unis, ont été trai­tées comme sacro-saintes, tandis que les nôtres étaient bonnes à jeter. Les accords ont tou­jours été conclus aux dépens des vic­times, et non des cou­pables du chan­ge­ment cli­ma­tique. Lorsque la Bolivie a mani­festé son désac­cord avec le texte des der­nières négo­cia­tions, son objec­tion a été reje­tée. Un accord où seuls les puis­sants obtiennent la vic­toire, ce n’est pas négo­cier. C’est impo­ser.

La Bolivie est arri­vée à Cancun avec des pro­po­si­tions concrètes, por­teuses d’espoir pour le futur. Ces pro­po­si­tions ont été conve­nues par 35.000 per­sonnes dans une his­to­rique Conférence Mondiale des Peuples de Cochabamba, en avril 2010. Celles-là cherchent des solu­tions justes à la crise cli­ma­tique et abordent ses causes pro­fondes. Durant l’année écou­lée depuis Copenhague, ces pro­po­si­tions ont été inté­grées dans le texte de négo­cia­tion des par­ties -et pour­tant le texte de Cancún exclut sys­té­ma­ti­que­ment ces voix. Il ne sied pas à la Bolivie d’abandonner ses prin­cipes ou ceux des peuples qu’elle repré­sente. Nous allons conti­nuer à lutter ensemble avec les com­mu­nau­tés affec­tées, dans le monde entier, jusqu’à l’obtention d’une jus­tice cli­ma­tique.

La Bolivie a par­ti­cipé de bonne foi à ces négo­cia­tions, avec l’espoir d’arriver effec­ti­ve­ment à un accord cli­ma­tique. Nous étions dis­po­sés à céder sur beau­coup de choses, sauf sur la vie de notre peuple. Malheureusement, c’est ce que les nations les plus riches du monde attendent que nous fas­sions. Les pays peuvent essayer de nous isoler dans notre posi­tion, mais nous sommes venus ici en repré­sen­ta­tion des peuples et des mou­ve­ments sociaux deman­deurs d’une action réelle et effi­cace pour pro­té­ger le futur de l’humanité et de la Terre-Mère. Nous res­sen­tons leur appui comme notre guide.

L’Histoire jugera ce qui s’est passé à Cancún.



Merci à Conferencia Mundial de los Pueblos sobre el Cambio Climático y los Derechos de la Madre Tierra
Source : http://​cmpcc​.org/​2​0​1​0​/​1​2​/​1​1​/​b​o​l​i​v​i​a​-​c​o​n​d​e​n​a​-​l​a​-​a​d​o​p​c​i​o​n​-​d​e​l​-​a​c​u​e​r​d​o​-​d​e​-​c​o​p​e​n​h​a​g​e​-​i​i​/​#​m​o​r​e​-2517
Date de paru­tion de l’article ori­gi­nal : 11/12/2010
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