Etats-Unis

La baisse de la profitabilité des entreprises a précédé la crise financière

Par Mis en ligne le 13 octobre 2009

Le gra­phique ci-des­sous retrace l’évolution com­pa­rée du profit des entre­prises (cor­po­rate pro­fits) et de l’indice S&P500 de Standard and Poor’s. Le profit des entre­prises est rap­porté au PIB, et l’indice bour­sier est déflaté par l’indice de prix du PIB.
Il permet de repé­rer une assez bonne cor­ré­la­tion entre les deux indi­ca­teurs. Autrement dit, il existe un lien entre la capa­cité des entre­prises à pro­duire de la plus-value et leur valo­ri­sa­tion bour­sière.

Ce résul­tat permet de nuan­cer l’idée d’une auto­no­mie totale de la finance par rap­port à l’économie réelle. En effet, le recul du taux de marge des entre­prises (leur profit en % du Pib) conduit, avec un cer­tain déca­lage, à une chute des cours bour­siers. On peut alors racon­ter ainsi l’évolution récente.

  1. Jusqu’en 1997, pro­fits et Bourse aug­mentent paral­lè­le­ment. Cette période est le début de l’envol bour­sier.
  2. A la mi-1997, les deux courbes bifurquent, d’une manière para­doxale. S’ouvre en effet la (courte) période que l’on avait alors bap­tisé « nou­velle éco­no­mie ». Le para­doxe est que le taux de marge baisse dès 1997 alors que les cours de Bourse se mettent à croître de manière accé­lé­rée.
  3. La « bulle Internet » explose et les cours bour­siers s’alignent à nou­veau sur leur « fon­da­men­tal » à savoir le profit des entre­prises.
  4. Le profit des entre­prises redé­marre, entraî­nant avec lui l’indice bour­sier, mais à un rythme moins sou­tenu que durant la « bulle Internet » de 1997-2000.
  5. Le profit se retourne au 2ème semestre 2006 et entraîne, avec un déca­lage d’un an, une baisse des cours bour­siers : c’est l’éclatement de la crise finan­cière.
  6. Sur la période récente, le taux de marge et l’indice bour­sier se retournent à la hausse, même s’ils res­tent à un niveau très bas.

Le résul­tat impor­tant est le sui­vant : les symp­tômes d’une réces­sion sont appa­rus un avant l’éclatement de la crise finan­cière. Malgré la spé­ci­fi­cité de cette crise, elle n’est pas com­plè­te­ment décon­nec­tée de l’évolution des déter­mi­nants « réels », et en par­ti­cu­lier de la ren­ta­bi­lité des entre­prises.

h8probou

Sources : Bureau of Economic Analysis, indice Standard & Poor's


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