L’« état de droit » ?

Par Mis en ligne le 08 mai 2012

Les élites, les bien-pen­sants et leurs roquets de ser­vice dans les médias-pou­belles de Quebecor nous rabattent les oreilles avec la défense de ce qu’ils appellent l’ « état de droit ». Autrement dit, « la loi, c’est la loi ». Lucien Bouchard le dit plus cru­ment, « il faut réta­blir l’ordre ».

Notre ami François Cyr qui aimait les sub­ti­li­tés de la chose juri­dique nous rap­pe­lait tou­jours que les lois ne sont pas une reli­gion, qu’elles découlent d’une vision poli­tique, et qu’elles struc­turent les rap­ports de force au profit de ceux qui sont au-dessus des autres. Des lois peuvent être justes ou injustes, légi­times ou illé­gi­times, elles ne doivent jamais être prises comme si elles venaient d’une vérité incar­née ou du ciel.

Pendant des années, on s’est battu au Québec contre des lois iniques, dont celle qui cri­mi­na­li­sait les femmes qui vou­laient contrô­ler leurs corps. Les syn­di­qués qui se fai­saient casser les bras par la police ont fini par impo­ser une loi anti-scab qui a amé­lioré leur sort, et que les patrons cherchent à abolir d’ailleurs.

Ni l’« État » ni le « droit » ne sont neutres.

Aujourd’hui par exemple, il est « légal » de foutre à porte des mil­liers de tra­vailleurs d’AVEOS sans pré­avis. La loi des puis­sants n’impose pas aux voyous de la finance de pro­té­ger les pen­sions des tra­vailleurs et des tra­vailleuses, qu’ils ont péni­ble­ment accu­mu­lées pen­dant des années de dur labeur. Il est « légal » de tuer des per­sonnes affec­tées de mala­dies men­tales dans la rue même si d’autres moyens existent pour les « forces de l’ordre » de les « maî­tri­ser ». On peut crever un œil à un étu­diant sans avoir de compte à rendre.

Par contre, ren­ver­ser une pou­belle ou casser une vitrine, alors là, c’est un scan­dale, un affront contre l’ « état de droit » comme le disent Liza Frulla, Richard Martineau et tant des com­men­ta­teurs paten­tés qui mono­po­lisent la parole.

Il s’agit donc de remettre les choses à leur place. Personne n’aime la vio­lence, pas plus celle de quelques cas­seurs que celle, plus invi­sible mais beau­coup plus coû­teuse, de ceux qui exploitent, oppriment et dis­cri­minent. Pour autant, cela n’excuse pas les cas­seurs dont la vio­lence sym­bo­lique et plutôt risible même si par­fois, les black-blocs et autres exci­tés de ser­vice agissent sans penser aux consé­quences de leurs actions sur les mou­ve­ments et les luttes popu­laires.

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