L’équation du PQ : Abandonner la justice sociale pour créer la richesse

Mis en ligne le 20 mars 2010

par Québec solidaire

Pour Québec soli­daire, l’expulsion du club poli­tique Syndicalistes pour un Québec libre (SPQ-libre) par l’exécutif du Parti qué­bé­cois démontre avec clarté la ligne de faille de plus en plus appa­rente entre cette for­ma­tion et les forces pro­gres­sistes au Québec.

Communiqué du 14 mars 2010

Au moment où les forces de droite lancent une cam­pagne pous­ser le gou­ver­ne­ment à aug­men­ter des taxes et tarifs de ser­vices publics qui vont affec­ter le pou­voir d’achat des classes moyennes et les appau­vrir, le PQ a choisi son camp.

« Le sym­bole est fort : Madame Marois orga­nise un col­loque pour célé­brer les vertus de l’enrichissement per­son­nel et en pro­fite pour expul­ser des syn­di­ca­listes pro­gres­sistes qui ne deman­daient rien de plus que le PQ reste fidèle à des prin­cipes de jus­tice sociale. Québec inc. n’en deman­dait pas tant ! » iro­nise Amir Khadir le député de Québec solidaire.

Le Parti qué­bé­cois se range réso­lu­ment à droite de l’échiquier poli­tique aux côtés du Parti libé­ral et de l’ADQ. Cette posi­tion renie l’orientation que le PQ pro­fes­sait à sa fon­da­tion, mais est très cohé­rente avec ce que Mme Marois et la direc­tion du PQ mettent de l’avant depuis plu­sieurs années.

« Comme les tra­vailleurs et les tra­vailleuses syn­di­qués-es de la fonc­tion publique en négo­cia­tion, les gens à revenu modeste et les classes moyennes constatent que le pré­jugé favo­rable du PQ envers les sala­riés, c’est bel et bien fini, estime Françoise David, pré­si­dente de Québec soli­daire. Mme Marois trouve que les syn­di­qués de la fonc­tion publique en demandent trop et ensuite elle se débar­rasse du SPQ-Libre. Tout cela est très cohé­rent avec l’équation du PQ : la prio­rité à l’enrichissement indi­vi­duel ne peut se faire qu’en tas­sant la jus­tice sociale, ingré­dient pour­tant néces­saire de la pros­pé­rité collective. »

« Prendre un virage à droite, qui rap­pelle celui de Tony Blair avec le parti tra­vailliste, n’a rien d’audacieux, car il sert les inté­rêts de l’élite éco­no­mique et poli­tique du Québec, remarque M. Khadir. Ce virage avait valu aux élites bri­tan­niques un enri­chis­se­ment au détri­ment des plus faibles sala­riés, qui ont vu les écarts de revenu se creuser. »

« Défendre les syn­di­qués du sec­teur public, insis­ter pour qu’on recon­naisse le tra­vail du per­son­nel de la santé et qu’on cesse de les appau­vrir ris­que­rait de déplaire à notre élite éco­no­mique. Le PQ manque cruel­le­ment du cou­rage poli­tique néces­saire pour tenir tête à ces puis­sants inté­rêts », conclut Amir Khadir.

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