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Écosocialisme, par Michaël Lowy

L'alternative radicale à la catastrophe écologique capitaliste

Par Mis en ligne le 18 septembre 2011

Qu’est-ce que l’écosocialisme ? Il s’agit d’un cou­rant de pensée et d’action éco­lo­gique qui fait siens les acquis fon­da­men­taux du mar­xisme, tout en le débar­ras­sant de ses sco­ries productivistes.

La logique capi­ta­liste du marché et du profit, de même que celle de l’autoritarisme bureau­cra­tique de feu le « socia­lisme réel », est incom­pa­tible avec les exi­gences de sau­ve­garde de l’environnement. Les éco­so­cia­listes cri­tiquent les impasses actuelles de l’écologie poli­tique, qui ne met pas en ques­tion le pou­voir du capital.

Préface : Qu’est-ce que l’écosocialisme ?

L’écosocialisme est un cou­rant poli­tique fondé sur une consta­ta­tion essen­tielle : la sau­ve­garde des équi­libres éco­lo­giques de la pla­nète, la pré­ser­va­tion d’un envi­ron­ne­ment favo­rable aux espèces vivantes – y com­pris la nôtre – est incom­pa­tible avec la logique expan­sive et des­truc­trice du sys­tème capi­ta­liste. La pour­suite de la « crois­sance » sous l’égide du capi­tal nous conduit, à brève échéance – les pro­chaines décen­nies – à une catas­trophe sans pré­cé­dent dans l’histoire de l’humanité : le réchauf­fe­ment global.

James Hansen, le cli­ma­to­logue de la NASA aux États-Unis, un des plus grands spé­cia­listes mon­diaux sur la ques­tion du chan­ge­ment cli­ma­tique – l’administration Bush avait essayé, en vain, de l’empêcher de rendre public ses diag­nos­tics – écrit ceci dans le pre­mier para­graphe de son livre publié en 2009 : « La pla­nète Terre, la créa­tion, le monde dans lequel la civi­li­sa­tion s’est déve­lop­pée, le monde avec les normes cli­ma­tiques que nous connais­sons et avec des plages océa­niques stables, est en immi­nent danger. L’urgence de la situa­tion s’est cris­tal­li­sée seule­ment dans les der­nières années. Nous avons main­te­nant des preuves évi­dentes de la crise […]. La sur­pre­nante conclu­sion c’est que la pour­suite de l’exploitation de tous les com­bus­tibles fos­siles de la Terre menace non seule­ment les mil­lions d’espèces de la pla­nète mais aussi la sur­vi­vance de l’humanité elle-même – et les délais sont plus courts que ce que nous pen­sions. »[1]

Ce constat est lar­ge­ment par­tagé. Dans son livre inci­sif et bien informé Comment les riches détruisent la pla­nète (2007), Hervé Kempf pré­sente, sans euphé­mismes et faux-sem­blants, les scé­na­rios du désastre qui se pré­pare : au-delà d’un cer­tain seuil, qu’on risque d’atteindre bien plus vite que prévu, le sys­tème cli­ma­tique pour­rait s’emballer de façon irré­ver­sible ; on ne peut plus exclure un chan­ge­ment sou­dain et brutal, qui ferait bas­cu­ler la tem­pé­ra­ture de plu­sieurs degrés, attei­gnant des niveaux insup­por­tables. Devant ce constat, confirmé par les scien­ti­fiques, et par­tagé par des mil­lions de citoyens du monde entier conscients du drame, que font les puis­sants, l’oligarchie de mil­liar­daires qui domine l’économie mon­diale ? « Le sys­tème social qui régit actuel­le­ment la société humaine, le capi­ta­lisme, s’arc-boute de manière aveugle contre les chan­ge­ments qu’il est indis­pen­sable d’espérer si l’on veut conser­ver à l’existence humaine sa dignité et sa pro­messe. » Une classe diri­geante pré­da­trice et cupide fait obs­tacle à toute vel­léité de trans­for­ma­tion effec­tive ; presque toutes les sphères de pou­voir et d’influence sont sou­mises à son pseudo-réa­lisme qui pré­tend que toute alter­na­tive est impos­sible et que la seule voie ima­gi­nable est celle de la « crois­sance ». Cette oli­gar­chie, obsé­dée par la com­pé­ti­tion somp­tuaire – comme le mon­trait déjà Thorstein Veblen – est indif­fé­rente à la dégra­da­tion des condi­tions de vie de la majo­rité des êtres humains et aveugle devant la gra­vité de l’empoisonnement de la bio­sphère[2].

Les « déci­deurs » de la pla­nète – mil­liar­daires, mana­gers, ban­quiers, inves­tis­seurs, ministres, par­le­men­taires et autres « experts » – moti­vés par la ratio­na­lité bornée et myope du sys­tème, obsé­dés par les impé­ra­tifs de crois­sance et d’expansion, la lutte pour les parts de marché, la com­pé­ti­ti­vité, les marges de profit et la ren­ta­bi­lité, semblent obéir au prin­cipe pro­clamé par Louis XV : « Après moi le déluge ». Le déluge du XXIe siècle risque de prendre la forme, comme celui de la mytho­lo­gie biblique, d’une montée inexo­rable des eaux, noyant sous les vagues les villes de la civi­li­sa­tion humaine.

Le spec­ta­cu­laire échec des confé­rences inter­na­tio­nales sur le chan­ge­ment cli­ma­tique de Copenhague (2009) et Cancun (2010) illustre cet aveu­gle­ment : les puis­sants de ce monde, à com­men­cer par les USA et la Chine, ont refusé tout enga­ge­ment chif­fré et concret, même mini­mal, de réduc­tion des émis­sions de CO2. Les mesures jusqu’ici prises par les pou­voirs capi­ta­listes les plus « éclai­rés » – accords de Kyoto, paquet action-climat euro­péen, avec leurs « méca­nismes de flexi­bi­lité » et leurs mar­chés de droits à pol­luer – relèvent, comme le montre l’écologiste belge Daniel Tanuro, d’une « poli­tique de Gribouille » inca­pable d’affronter le défi du chan­ge­ment cli­ma­tique ; le même vaut, a for­tiori, pour les solu­tions « tech­no­lo­giques » qui ont la pré­fé­rence du pré­sident Obama et des gou­ver­ne­ments euro­péens : la « voi­ture élec­trique », les agro-car­bu­rants, le « clean carbon » et cette éner­gie mer­veilleuse, propre et sûre : le nucléaire (c’était avant Fukushima)… Comme l’avait prévu Marx dans L’Idéologie alle­mande, les forces pro­duc­tives sont en train de deve­nir des forces des­truc­tives, créant un risque de des­truc­tion phy­sique pour des dizaines de mil­lions d’être humain – un scé­na­rio pire que les « holo­caustes tro­pi­caux » du XIXe siècle, étu­diés par Mike Davis.

Quelle est donc la solu­tion alter­na­tive ? La péni­tence et l’ascèse indi­vi­duelle, comme semblent le pro­po­ser tant d’écologistes ? La réduc­tion dras­tique de la consom­ma­tion ? Daniel Tanuro constate avec luci­dité que la cri­tique cultu­relle du consu­mé­risme pro­po­sée par les objec­teurs de crois­sance est néces­saire, mais pas suf­fi­sante. Il faut s’attaquer au mode de pro­duc­tion lui-même. Seule une prise en charge col­lec­tive démo­cra­tique per­met­trait à la fois de répondre aux besoins sociaux réels, réduire le temps de tra­vail, sup­pri­mer les pro­duc­tions inutiles et nui­sibles, rem­pla­cer les éner­gies fos­siles par le solaire. Ce qui implique des incur­sions pro­fondes dans la pro­priété capi­ta­liste, une exten­sion radi­cale du sec­teur public et de la gra­tuité, bref un plan éco­so­cia­liste cohé­rent.[3]

La pré­misse cen­trale de l’écosocialisme, impli­cite dans le choix même de ce terme, est qu’un socia­lisme non éco­lo­gique est une impasse, et une éco­lo­gie non-socia­liste est inca­pable de confron­ter les enjeux actuels. Son projet d’associer le « rouge » – la cri­tique mar­xiste du capi­tal et le projet d’une société alter­na­tive – et le « vert », la cri­tique éco­lo­gique du pro­duc­ti­visme, n’a rien à voir avec les com­bi­nai­sons gou­ver­ne­men­tales dites « rouges-vertes », entre la social-démo­cra­tie et cer­tains partis verts, autour d’un pro­gramme social-libé­ral de ges­tion du capi­ta­lisme. L’écosocialisme est donc une pro­po­si­tionradi­cale – c’est-à-dire s’attaquant à la racine de la crise éco­lo­gique – qui se dis­tingue aussi bien des variantes pro­duc­ti­vistes du socia­lisme du XXe siècle – que ce soit la social-démo­cra­tie ou le « com­mu­nisme » de fac­ture sta­li­nienne – que des cou­rants éco­lo­giques qui s’accommodent, d’une façon ou de l’autre, du sys­tème capi­ta­liste. Une pro­po­si­tion radi­cale qui vise non seule­ment à une trans­for­ma­tion des rap­ports de pro­duc­tion, de l’appareil pro­duc­tif et des modèles de consom­ma­tion domi­nants, mais aussi à créer un nou­veau para­digme de civi­li­sa­tion, en rup­ture avec les fon­de­ments de la civi­li­sa­tion capitaliste/​industrielle occi­den­tale moderne.

Ce n’est pas le lieu ici de déve­lop­per une his­toire de l’écosocialisme. Rappelons cepen­dant quelques jalons. Il sera ques­tion ici essen­tiel­le­ment du cou­rant éco-mar­xiste, mais on trouve dans l’écologie sociale d’inspiration anar­chiste d’un Murray Bookchin, dans la ver­sion gauche de l’écologie pro­fonde de Arne Naess, et dans cer­tains écrits des « objec­teurs de crois­sance » (Paul Ariès), des ana­lyses radi­ca­le­ment anti-capi­ta­listes et des pro­po­si­tions alter­na­tives qui sont proches de l’écosocialisme.

L’idée d’un socia­lisme éco­lo­gique – ou d’une éco­lo­gie socia­liste – ne com­mence vrai­ment à se déve­lop­per qu’à partir des années 1970, sous des formes très diverses, dans les écrits de cer­tains pion­niers d’une réflexion « rouge et verte » : Manuel Sacristan (Espagne), Raymond Williams (Angleterre), André Gorz (France) et Barry Commoner (USA). Le terme « éco­so­cia­lisme » appa­rem­ment ne com­mence à être uti­lisé qu’à partir des années 1980 quand appa­raît, dans le Parti Vert alle­mand, un cou­rant de gauche qui se désigne comme « éco­so­cia­liste » ; ses prin­ci­paux porte-paroles sont Rainer Trampert et Thomas Ebermann. Vers cette époque appa­raît le livre L’Alternatived’un dis­si­dent socia­liste de l’Allemagne de l’Est, Rudolf Bahro qui déve­loppe une cri­tique radi­cale du modèle sovié­tique et est-alle­mand, au nom d’un socia­lisme éco­lo­gique. Au cours des années 1980, le cher­cheur nord-amé­ri­cain James O’Connor va déve­lop­per ses tra­vaux en vue d’un mar­xisme éco­lo­gique, et fonder la revue Capitalism, Nature and Socialism, tandis que Frieder Otto Wolf, un député euro­péen et diri­geant de la gauche du Parti Vert alle­mand, et Pierre Juquin, un ex-diri­geant com­mu­niste converti aux pers­pec­tives rouges/​vertes, vont rédi­ger ensemble le livre Europe’s Green Alternative,(Black Rose, Montréal, 1992), une sorte de ten­ta­tive de mani­feste éco­so­cia­liste euro­péen. Parallèlement, en Espagne, autour de la revue de Barcelone, Mientras Tanto, des dis­ciples de Manuel Sacristan comme Francisco Fernandez Buey vont eux-aussi déve­lop­per une réflexion éco­lo­gique socia­liste. En 2001, un cou­rant marxiste/​révolutionnaire pré­sent dans des nom­breux pays, la Quatrième Internationale, adopte un docu­ment, Écologie et Révolution socia­liste, d’inspiration clai­re­ment éco­so­cia­liste. En cette même année, Joel Kovel et l’auteur du pré­sent ouvrage publient un Manifeste éco­so­cia­liste, qui ser­vira de réfé­rence pour la fon­da­tion, à Paris en 2007, du Réseau Écosocialiste International – qui dis­tri­buera, lors du Forum Social Mondial de Belem (Brésil) la Déclaration de Belem, un nou­veau mani­feste éco­so­cia­liste au sujet du réchauf­fe­ment global. Ajoutons à cela les tra­vaux de John Bellamy Foster et ses amis de la revue de gauche amé­ri­caine bien connue Monthly Review, qui se réclament d’une révo­lu­tion éco­lo­gique avec un pro­gramme socia­liste ; les écrits des éco­so­cia­listes fémi­nistes Ariel Salleh et Terisa Turner ; la revue Canadian Dimension, animée par les éco­so­cia­listes Ian Angus et Cy Gornik ; les réflexions du révo­lu­tion­naire péru­vien Hugo Blanco sur les rap­ports entre indi­gé­nisme et éco­so­cia­lisme ; les tra­vaux du cher­cheur belge Daniel Tanuro sur le chan­ge­ment cli­ma­tique et les impasses du « capi­ta­lisme vert » ; les recherches d’auteurs fran­çais proches du cou­rant alter­mon­dia­liste comme Jean-Marie Harribey et Jean-Paul Déléage ; les réseaux éco­so­cia­listes du Brésil et de la Turquie ; les confé­rences éco­so­cia­listes qui com­mencent à s’organiser en Chine, etc.

Quelles sont les conver­gences et les désac­cords entre l’écosocialisme et le cou­rant de la décrois­sance, dont l’influence en France n’est pas négli­geable ? Rappelons tout d’abord que ce cou­rant, ins­piré par les cri­tiques de la société de consom­ma­tion – Henri Lefebvre, Guy Debord, Jean Baudrillard – et du « sys­tème tech­ni­cien » (Jacques Ellul) est loin d’être homo­gène ; il s’agit d’une mou­vance plu­rielle, pola­ri­sée par deux pôles assez dis­tants : d’une part des anti-occi­den­ta­listes tentés par le rela­ti­visme cultu­rel (Serge Latouche), d’autre part des éco­lo­gistes républicains/​universalistes (Vincent Cheynet, Paul Ariès).

Serge Latouche est sans doute le plus contro­versé des « décrois­sants ». Certes, une partie de ces argu­ments est légi­time : démys­ti­fi­ca­tion du « déve­lop­pe­ment durable », cri­tique de la reli­gion de la crois­sance et du pro­grès, appel à un chan­ge­ment cultu­rel. Mais son refus en bloc de l’humanisme occi­den­tal, de la pensée des Lumières et de la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive ; son rela­ti­visme cultu­rel et son éloge immo­déré de l’âge de pierre sont très dis­cu­tables. Quant à sa dénon­cia­tion des pro­po­si­tions d’ATTAC (Jean-Marie Harribey) pour les pays du Sud – déve­lop­per les réseaux d’abduction de l’eau, les écoles et les centres de soin – comme « eth­no­cen­triques », « occi­den­ta­listes » et « des­truc­trices des modes de vie locaux », elle est dif­fi­ci­le­ment sup­por­table. Enfin, son argu­ment pour ne pas parler du capi­ta­lisme – c’est enfon­cer une porte ouverte puisque cette cri­tique « a déjà été faite et bien faite par Marx » – n’est pas sérieux : c’est comme si l’on n’avait pas besoin de dénon­cer la des­truc­tion pro­duc­ti­viste de la pla­nète puisque Gorz l’avait déjà faite, « et bien faite »…

Plus inté­res­sant est le cou­rant uni­ver­sa­liste, repré­senté notam­ment par la revue La Décroissance,même si l’on peut cri­ti­quer les illu­sions « répu­bli­caines » de Cheynet et Ariès. Contrairement au pre­mier, ce deuxième pôle a des nom­breux points de conver­gence – malgré les polé­miques – avec les alter­mon­dia­listes d’ATTAC, les éco­so­cia­listes et la gauche de la gauche (PG et NPA) : exten­sion de la gra­tuité, pré­do­mi­nance de la valeur d’usage sur la valeur d’échange, réduc­tion du temps de tra­vail et des inéga­li­tés sociales, élar­gis­se­ment du « non-mar­chand », réor­ga­ni­sa­tion de la pro­duc­tion selon les besoins sociaux et la pro­tec­tion de l’environnement.

Dans un ouvrage récent, Stéphane Lavignotte esquisse un bilan du débat entre les « objec­teurs de crois­sance » et les éco­so­cia­listes. Faut-il pri­vi­lé­gier la cri­tique des rap­ports sociaux de classe et le combat contre les inéga­li­tés, ou la dénon­cia­tion de la crois­sance illi­mi­tée des forces pro­duc­tives ? L’effort doit-il porter sur les ini­tia­tives indi­vi­duelles, les expé­ri­men­ta­tions locales, la sim­pli­cité volon­taire, ou sur le chan­ge­ment de l’appareil pro­duc­tif et de la « méga-machine » capi­ta­liste ? L’auteur refuse de choi­sir, et pro­pose plutôt d’associer ces deux démarches com­plé­men­taires. Le défi, à son avis, c’est de com­bi­ner le combat pour l’intérêt éco­lo­gique de classe de la majo­rité, c’est à dire des non-pro­prié­taires de capi­tal, et la poli­tique des mino­ri­tés actives pour un chan­ge­ment cultu­rel radi­cal. En d’autres termes, réus­sir – sans cacher les diver­gences et les désac­cords inévi­tables – une « com­po­si­tion poli­tique » de tous ceux qui savent qu’une pla­nète et une huma­nité vivables sont contra­dic­toires avec le capi­ta­lisme et le pro­duc­ti­visme, et qui cherchent le chemin pour sortir de ce sys­tème inhu­main[4].

Rappelons, pour conclure cette brève pré­face, que l’écosocialisme est un projet d’avenir, une utopie radi­cale, un hori­zon du pos­sible, mais aussi, et insé­pa­ra­ble­ment, une action hic et hunc, ici et main­te­nant, autour d’objectifs et de pro­po­si­tions concrètes et immé­diates. Le seul espoir pour le futur sont des mobi­li­sa­tions comme celle de Seattle en 1999, qui a vu la conver­gence de éco­lo­gistes et syn­di­ca­listes, ainsi que la nais­sance du mou­ve­ment alter­mon­dia­liste ; les pro­tes­ta­tions de cent mille per­sonnes à Copenhague en 2009, autour du mot d’ordre « Changeons le sys­tème, pas le climat » ; ou la Conférence des Peuples sur le Changement Climatique et la Défense de la Mère Terre, à Cochabamba en avril 2010, ras­sem­blant plus de trente mille délé­gués de mou­ve­ments indi­gènes, pay­sans et éco­lo­gistes du monde.

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Le pré­sent recueil d’articles n’est pas une mise en forme sys­té­ma­tique des idées ou pra­tiques éco­so­cia­listes, mais plus modes­te­ment la ten­ta­tive d’en explo­rer cer­tains aspects, cer­tains ter­rains et cer­taines expé­riences. Il ne repré­sente, bien entendu, que l’opinion de leur auteur, qui ne coïn­cide pas néces­sai­re­ment avec celle d’autres pen­seurs ou réseaux se récla­mant de ce cou­rant. Il ne vise pas à codi­fier une doc­trine nou­velle, ni une quel­conque ortho­doxie. Une des vertus de l’écosocialisme c’est pré­ci­sé­ment sa diver­sité, sa plu­ra­lité, la mul­ti­pli­cité des pers­pec­tives et des approches, sou­vent conver­gents ou com­plé­men­taires – comme le montrent les docu­ments publiés en annexe, qui émanent de dif­fé­rents réseaux éco­so­cia­listes – mais aussi, par­fois, diver­gentes ou même contradictoires.

Paris, avril 2011.

Michael Löwy, Écosocialisme, « Les Petits Libres », Mille et une nuits, 2011.


[1] James Hansen, Storms of my Grandchildren. The Truth about the coming cli­mate catas­trophe and our last chance to save huma­nity, Bloomsbury, New York, 2009, p. IX.

[2] Hervé Kempf, Comment les riches détruisent la pla­nète, Le Seuil, 2007. Voir aussi son autre ouvrage tout aussi inté­res­sant, Pour sauver la pla­nète, sortez du capi­ta­lisme, Le Seuil, 2009.

[3] Daniel Tanuro, L’impossible capi­ta­lisme vert, « Les Empêcheurs de penser en rond », La Découverte, 2010. Cf. le recueil col­lec­tif, orga­nisé par Vincent Gay, Pistes pour un anti­ca­pi­ta­lisme vert,Syllepse, 2010, avec des col­la­bo­ra­tions de Daniel Tanuro, François Chesnais, Laurent Garrouste, et autres. On trouve aussi une cri­tique argu­men­tée et pré­cise du capi­ta­lisme vert dans les tra­vaux des éco-mar­xistes nord-amé­ri­cains : Richard Smith, « Green capi­ta­lism : the god that failed », Real-world Economic Review, n° 56, 2011 et John Bellamy Foster, Brett Clark and Richard York, The Ecological Rift, Monthly Review Press, New York, 2010.

[4] Stéphane Lavignotte, La décrois­sance est-elle sou­hai­table ?, Textuel, 2010.

Michael Löwy
13/09/2011 – 18:43


Michael Löwy est né au Brésil (1938) et vit à Paris depuis 1969. Il est direc­teur de recherche émé­rite au CNRS. Parmi ses ouvrages : La Guerre des dieux, reli­gion et poli­tique en Amérique latine (Éditions du Félin, 2000) et Walter Benjamin. Avertissement d’incendie(PUF, 2001). Il a coécrit Che Guevara, une braise qui brûle encore avec Olivier Besancenot (Mille et une nuits, 2007).

L’Écosocialisme, par Michaël Lowy
Éditions Fayard, Collection : Les Petits Libres
Prix : 8,95$
Code ISBN / EAN : 9782755506174 /
Hachette : 4206587
Format (105 x 150)
Nombre de pages : 240

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