L’écologie républicaine, pour tordre le cou au capitalisme « vert »

Mis en ligne le 06 mars 2010


Nous le pres­sen­tions, mais les débats récents sur la taxe car­bone le confirment : nous sommes confron­tés à l’émergence dans la sphère poli­tique d’une vision libé­rale de l’écologie dont nous aurions tort de sous-esti­mer la capa­cité de nui­sance. Dans les mains de l’actuel gou­ver­ne­ment, la crise envi­ron­ne­men­tale devient une nou­velle source de pro­fits, habi­le­ment maquillée sous le terme de « capi­ta­lisme vert », et consti­tue un alibi sup­plé­men­taire pour mettre en oeuvre des mesures anti­so­ciales.

Par Aurélien BERNIER et Corinne MOREL DARLEUX

Comme le rap­pelle Nicolas Sarkozy au congrès de Versailles, pour lui, la seule voie pour sortir de la crise est de « pro­duire plus pour consom­mer plus » (sic). Dès lors, tous les moyens sont bons : des super­bo­nus pour l’achat de voi­tures élec­triques, la relance du nucléaire et des agro­car­bu­rants, la pro­mo­tion d’énergies « décar­bo­nées » déte­nues par Areva, les auto­routes éco­lo­giques de Vinci, le marché du car­bone et ses pro­jets de « déve­lop­pe­ment propre »… De vieilles recettes pro­duc­ti­vistes remises au goût du jour, une couche de finance, et le tour est joué. Rien qui ne vienne per­tur­ber le refrain « crois­sance-pro­duc­tion-consom­ma­tion » rava­lant le citoyen au rang de consom­ma­teur. Pas la moindre mesure qui per­met­trait une redis­tri­bu­tion des richesses, bien au contraire. Pour ceux qui n’avaient pas encore com­pris ce qui se tra­mait lors du Grenelle, les choses s’éclaircissent : grâce à l’alibi éco­lo­gique, le capi­ta­lisme se pré­pare une deuxième jeu­nesse.

Malheureusement, une partie de la gauche de l’échiquier poli­tique reste aphone, empê­trée dans une approche pure­ment envi­ron­ne­men­ta­liste de l’écologie. Ainsi, le dis­cours porté par Europe Écologie durant la cam­pagne des euro­péennes mul­ti­pliait les inco­hé­rences. En se pla­çant au-delà du cli­vage gauche-droite, en accep­tant l’ultra-libéral Traité de Lisbonne qui inter­dit toute poli­tique pro­gres­siste, en lais­sant croire fina­le­ment qu’on peut faire l’économie d’une cri­tique radi­cale du sys­tème, des Verts entrai­nés par Daniel Cohn Bendit ont faci­lité la récu­pé­ra­tion mar­chande et libé­rale de l’écologie.

Certains d’entre eux assument avec de moins en moins de com­plexes la défense d’une éco­lo­gie d’accompagnement et d’une fis­ca­lité « verte » qui péna­lise pour­tant les plus pauvres, la pers­pec­tive d’alliances avec le centre-droit ou encore la col­la­bo­ra­tion avec de grandes mul­ti­na­tio­nales trans­for­mées en pion­niers de l’écologie par la voix de leurs char­gés de com­mu­ni­ca­tion. Pour eux, l’avenir, c’est le capi­ta­lisme plus les éner­gies renou­ve­lables. C’est la crois­sance « verte » au Nord pour com­pen­ser les émis­sions de gaz à effet de serre d’une crois­sance « sale » délo­ca­li­sée dans les pays à bas coûts de main d’œuvre, loin des regards des élec­teurs. C’est la culpa­bi­li­sa­tion indi­vi­duelle et l’écologie anti­so­ciale pour tout projet poli­tique. C’est, enfin, une majo­rité de mili­tants éco­lo­gistes sin­cè­re­ment de gauche pris au piège de ce hold-up réussi grâce à l’appui des médias domi­nants.

Cette situa­tion n’est pas le fruit du hasard, et sans doute l’écologie paie-t-elle au prix fort cer­taines erreurs his­to­riques. Les mou­ve­ments éco­lo­gistes en France se sont prin­ci­pa­le­ment construits dans l’après mai 68 sur la lutte anti-nucléaire et sur un rejet vis­cé­ral de l’État. Le géant public EDF était le diable, et les gou­ver­ne­ments suc­ces­sifs ses sup­pôts. De défauts réels, ils ont alors fait des fata­li­tés. Des intel­lec­tuels, renon­çant à chan­ger la société pour, à la place, chan­ger « la vie », ont conduit le mou­ve­ment à aban­don­ner l’ambition de mettre la puis­sance publique au ser­vice de l’intérêt géné­ral, et à tout miser sur l’union des peuples, dans une vision idyl­lique et mon­dia­liste. Ce fai­sant, l’écologie poli­tique a pris deux risques.

Le pre­mier fut de se replier sur les seules alter­na­tives indi­vi­duelles et les expé­ri­men­ta­tions en petits col­lec­tifs. Ces ini­tia­tives sont certes néces­saires, mais il est néan­moins évident que les AMAP, les SEL ou les « camps climat » ne suf­fi­ront pas à ren­ver­ser les grandes mul­ti­na­tio­nales et à chan­ger radi­ca­le­ment la société. Les bulles locales per­mettent à une mino­rité d’échapper en partie au sys­tème, mais elles laissent intacte une mon­dia­li­sa­tion capi­ta­liste qui peut très bien com­po­ser avec des alter­na­tives mar­gi­nales. Se conten­ter de miser sur les chan­ge­ments de com­por­te­ments, c’est aussi cau­tion­ner une approche libé­rale qui voit dans la liberté indi­vi­duelle la matrice d’une société har­mo­nieuse. C’est oublier que l’émancipation indi­vi­duelle et col­lec­tive néces­site un cadre, un projet de société qui per­mette à tous de vivre bien, soi-même et avec les autres.

La seconde impasse dans laquelle s’est enfer­mée une partie du mou­ve­ment éco­lo­giste est le mon­dia­lisme, qui consiste à condi­tion­ner toute trans­for­ma­tion de la société à des chan­ge­ments mon­diaux. Rien de poli­tique ne pour­rait se faire à une échelle autre que supra­na­tio­nale. Toute pers­pec­tive de sortie du capi­ta­lisme est alors sus­pen­due à une réforme de l’Organisation mon­diale du com­merce (OMC), à la créa­tion d’une Organisation mon­diale de l’environnement, à un accord de l’ensemble des États de la pla­nète ou à une conver­gence uni­ver­selle des luttes sociales. Autant de pro­jets res­pec­tables, mais qui, compte-tenu du contexte, ne peuvent abou­tir que dans un futur loin­tain, dans des délais incom­pa­tibles avec les urgences sociales et envi­ron­ne­men­tales .

Bien sûr, les chan­ge­ments de com­por­te­ments indi­vi­duels, les expé­ri­men­ta­tions col­lec­tives et les uto­pies qui montrent la société vers laquelle nous vou­lons tendre sont impor­tants. Ils favo­risent des prises de conscience, tracent des pistes, ouvrent de nou­veaux hori­zons et il ne s’agit pas de les décrier. Mais ils deviennent contre-pro­duc­tifs lorsqu’ils servent à nier l’importance d’autres leviers. Or, nous avons plus que jamais besoin d’inverser le rap­port de forces, de pro­po­ser des rup­tures immé­diates et de briser ce fata­lisme qui pro­duit l’abstention et le recul du poli­tique. Ces maux sont pré­ci­sé­ment les effets recher­chés par les pou­voirs éco­no­miques, la dis­pa­ri­tion de la chose publique, la res publica, étant une des meilleures garan­ties de main­tien du sys­tème.

Dans ce contexte, dia­bo­li­ser l’État et lui refu­ser toute légi­ti­mité au pré­texte de ses erreurs pas­sées, c’est oublier un peu vite qu’il n’existe à l’heure actuelle aucun autre espace où puisse s’exercer la sou­ve­rai­neté popu­laire. Par quels canaux pour­rait bien émer­ger une démo­cra­tie supra­na­tio­nale ? Par l’Union euro­péenne, qui s’est orga­ni­sée pour mener ses poli­tiques libé­rales à l’abri du regard des peuples ? Par l’Organisation des nations unies, qui permet dès 1997 qu’un marché des droits à pol­luer soit créé dans le dos des citoyens, sans le moindre débat public ? Par l’OMC, cette construc­tion qui vise à sou­mettre les États aux volon­tés des grandes puis­sances finan­cières et qui s’emploie à éli­mi­ner toute régle­men­ta­tion envi­ron­ne­men­tale ou sociale qui « entra­ve­rait le com­merce » ? Non, à l’évidence.

En revanche, un peuple sou­ve­rain est encore en mesure d’élire un gou­ver­ne­ment de gauche radi­cale qui puisse enga­ger la rup­ture avec le capi­ta­lisme et la logique pro­duc­ti­viste. Pour contrer le capi­ta­lisme « vert » et ses alliés objec­tifs, nous devons pro­mou­voir une éco­lo­gie pro­fon­dé­ment répu­bli­caine, et donc sociale, qui s’appuie sur la sou­ve­rai­neté popu­laire. Ceci sup­pose de réha­bi­li­ter l’État, non pas comme hori­zon indé­pas­sable, mais comme espace de réap­pro­pria­tion de la démo­cra­tie. Il ne s’agit évi­dem­ment pas de reve­nir à un cen­tra­lisme éta­tique auto­ri­taire, ni de tout miser uni­que­ment sur lui, mais de remettre la puis­sance publique au ser­vice de l’intérêt géné­ral en menant une pro­fonde réforme ins­ti­tu­tion­nelle et en créant les condi­tions d’une nou­velle impli­ca­tion popu­laire.

Donner à la sou­ve­rai­neté popu­laire toute sa force, c’est d’abord faire preuve de cou­rage poli­tique en s’attaquant à la racine des pro­blèmes, en osant dire clai­re­ment les choses, dans une démarche d’écologie « radi­cale ». La vérité est qu’on ne sor­tira pas de l’impasse éco­lo­gique sans sortir du capi­ta­lisme et du pro­duc­ti­visme, qui pro­voquent la hausse des inéga­li­tés et l’exploitation sociale, qui pillent les res­sources des pays du Sud, qui ne recon­naissent que la loi du profit maxi­mum, qui, en somme, exploitent d’un même mou­ve­ment les indi­vi­dus et les éco­sys­tèmes dans une ver­sion mar­chande de la double peine. Comment croire que le capi­ta­lisme, dont la survie sup­pose de consom­mer tou­jours plus, d’évaluer l’intérêt de chaque acti­vité en termes de pro­fits au mépris des consé­quences sociales et envi­ron­ne­men­tales, pour­rait sou­dain chan­ger de nature sous l’effet du dérè­gle­ment cli­ma­tique ? Comment les groupes de pro­duc­tion d’énergie ouverts à des action­naires privés, qui exigent des divi­dendes tou­jours plus impor­tants, pour­raient-ils inci­ter leurs clients à la sobriété, c’est à dire à ache­ter et consom­mer moins ?

Au contraire, l’écologie répu­bli­caine et sociale sup­pose de remettre au pre­mier plan l’intérêt géné­ral et la notion de bien commun. Elle nous oblige à réflé­chir sur le long terme, ce temps qu’ignorent les inté­rêts capi­ta­listes. Dès lors, l’échelon de l’État reste indis­pen­sable pour pla­ni­fier la rup­ture, orga­ni­ser le débat public, construire un cadre de société éman­ci­pa­teur et garan­tir l’égalité d’accès aux droits fon­da­men­taux pour tous, sur tout le ter­ri­toire. Ceci doit s’accompagner d’un vaste mou­ve­ment de réap­pro­pria­tion sociale, par l’implication des citoyens et des usa­gers, comme le pro­posent les tra­vaux d’Elinor Ostrom sur la ges­tion des biens publics, récem­ment cou­ron­nés par le Prix Nobel d’économie.

Au lieu de puiser ses argu­ments dans une morale dog­ma­tique, de culpa­bi­li­ser les citoyens jusqu’à l’insupportable alors que les grandes entre­prises sont sim­ple­ment invi­tées à s’auto-responsabiliser, l’écologie répu­bli­caine doit se fonder éga­le­ment sur le droit. Autant la loi peut-être injuste lorsqu’elle permet l’instauration d’un bou­clier fiscal pour pré­ser­ver les grandes for­tunes, autant elle peut être source de liberté et d’émancipation dans le cadre d’une poli­tique véri­ta­ble­ment de gauche. Établissons des lois contrai­gnantes pour les grands groupes. Créons un grand pôle public de l’énergie. Développons l’éolien ou le solaire, mais sans les confier à Vivendi, Total ou Areva, qui trans­forment tout ce qu’ils touchent en divi­dendes, y com­pris les tech­no­lo­gies « vertes ». Planifions une recon­ver­sion ambi­tieuse de la pro­duc­tion, avec un triple objec­tif : réduire l’empreinte éco­lo­gique, impo­ser la démo­cra­tie au sein de l’entreprise et per­mettre le plein emploi afin de ren­ver­ser le rap­port de forces entre capi­tal et tra­vail.

Les moyens existent bel et bien. Ainsi, à l’échelle natio­nale, la com­mande publique et les aides publiques aux entre­prises pèsent 300 mil­liards d’euros chaque année. Intégrer des cri­tères sociaux et envi­ron­ne­men­taux dras­tiques impul­se­rait une trans­for­ma­tion pro­fonde des méthodes de pro­duc­tion. La mise en place de taxes sur le capi­tal et d’un Revenu maxi­mal auto­risé (RMA) contri­bue­rait non seule­ment à plus de jus­tice sociale, mais pour­rai servir à finan­cer la réno­va­tion et l’isolation ther­mique des bâti­ments, la reden­si­fi­ca­tion urbaine, la réou­ver­ture de com­merces de proxi­mité, la relo­ca­li­sa­tion et les cir­cuits courts, l’accès aux trans­ports col­lec­tifs… jusqu’à la réin­té­gra­tion totale dans la sphère publique de la pro­duc­tion d’énergie, des ser­vices pos­taux ou des acti­vi­tés fer­ro­viaires.

Au niveau inter­na­tio­nal, com­men­çons par faire payer les coûts des exter­na­li­tés aux firmes qui délo­ca­lisent, en appli­quant des taxes aux fron­tières basées sur des cri­tères envi­ron­ne­men­taux et sociaux. Quel meilleur moyen de négo­cia­tion pou­vons-nous ima­gi­ner pour tirer vers le haut les normes dans les pays émer­gents que de régu­ler et taxer les impor­ta­tions ? Quel meilleur moyen de relo­ca­li­ser l’économie pour déci­der col­lec­ti­ve­ment des choix de pro­duc­tion et des condi­tions dans les­quelles elle doit se faire ? Refuser cette pos­si­bi­lité au nom d’un mon­dia­lisme roman­tique nous condam­ne­rait à l’impuissance poli­tique, et, in fine, à accep­ter la dic­ta­ture du libre-échange et de son corol­laire, le pro­duc­ti­visme. Loin de nous isoler, de telles mesures peuvent au contraire être le point de départ d’une autre ère de négo­cia­tions basées sur des échanges justes, sur la sou­ve­rai­neté ali­men­taire et indus­trielle des peuples. Pour y par­ve­nir, elles doivent s’accompagner d’initiatives mar­quantes en matière de soli­da­rité inter­na­tio­nale : l’annulation incon­di­tion­nelle de la dette des pays du Sud, le rem­bour­se­ment de la dette éco­lo­gique sous forme de pro­jets socia­le­ment res­pon­sables et « propres », l’augmentation de l’aide publique au déve­lop­pe­ment et la créa­tion d’un statut de réfu­gié cli­ma­tique pour les popu­la­tions vic­times des catas­trophes natu­relles. Il s’agit bien d’impulser un nouvel inter­na­tio­na­lisme, fon­da­men­ta­le­ment répu­bli­cain, qui ne verse pas dans un mon­dia­lisme abs­trait mais devienne une véri­table alter­na­tive au capi­ta­lisme néo­li­bé­ral.

Il res­te­rait bien sûr un sérieux pro­blème dans tout ce rai­son­ne­ment si nous ne posions pas la ques­tion des ins­ti­tu­tions. En effet, nous savons tous qu’aucune de ces ini­tia­tives ne fran­chira pai­si­ble­ment les fourches cau­dines de l’Union euro­péenne et de l’Organisation mon­diale du com­merce. Les marges de manœuvre sont étroites. Pour rompre avec les logiques ultra-libé­rales de l’OMC, la ques­tion du droit de retrait prévu pour les accords inter­na­tio­naux doit être posée. En ce qui concerne l’Union euro­péenne, rap­pe­lons que l’unanimité des État membres est néces­saire en matière de fis­ca­lité, et qu’il exis­tera tou­jours un pays sur les vingt-sept pour s’opposer à une fis­ca­lité éco­lo­gique ou à des mesures de taxa­tion aux fron­tières. Souvenons-nous aussi que le Parlement ne dis­pose d’aucune com­pé­tence en matière de com­merce inter­na­tio­nal ou d’accords inter­na­tio­naux, et que la Commission conserve l’exclusivité de l’initiative légis­la­tive. Dans ces condi­tions, la gauche ne peut faire l’économie d’une véri­table réflexion sur la déso­béis­sance euro­péenne. Dans un esprit par­fai­te­ment léga­liste qui ne remet pas en cause la force contrai­gnante de la loi natio­nale, il s’agit de construire un droit juste, éla­boré dans un cadre démo­cra­tique par un peuple sou­ve­rain, en assu­mant le fait qu’il puisse s’opposer aux direc­tives, règle­ments et trai­tés com­mu­nau­taires.

Revendiquer l’écologie répu­bli­caine, c’est avoir une vision sociale de l’écologie. C’est fina­le­ment défendre l’intérêt géné­ral, l’égalité, les soli­da­ri­tés, les biens com­muns… et leur donner un débou­ché poli­tique concret et immé­diat. C’est construire les bases d’un nou­veau modèle d’émancipation com­bi­nant démo­cra­tie, jus­tice sociale et impé­ra­tif éco­lo­gique en refu­sant la culpa­bi­li­sa­tion et le dog­ma­tisme. Ce n’est rien d’autre que la volonté d’appliquer les valeurs de la Gauche dans le monde d’aujourd’hui, pour redon­ner l’espoir du chan­ge­ment.

Aurélien Bernier
secré­taire natio­nal du Mouvement poli­tique d’éducation popu­laire (M’PEP)

et

Corinne Morel Darleux
secré­taire natio­nale du Parti de Gauche en charge du combat éco­lo­gique.

Article paru dans Sarkophage n°15

Le blog de Corinne Morel-Darleux

Le blog d’Aurélien Bernier

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