L’eau : Bien commun de l’humanité ?

Par Mis en ligne le 22 septembre 2010

L’eau : Bien commun de l’humanité, je me sou­viens d’un écrit de Riccardo Petrella dans lequel il cher­chait la meilleure for­mu­la­tion pour ce qui nous appar­tient tous : l’Eau.

La for­mule de Bien commun est restée sem­blant la plus signi­fi­ca­tive pour défi­nir l‘un des patri­moines de l’homme, ce dont nous sommes tous pro­prié­taires, loca­taires ou usa­gers, peu importe, l’eau étant à per­sonne et à tous en même temps.

Sans doute que la défi­ni­tion ne doit pas être bonne puisque S2C Global sys­tème Inc., société éta­su­nienne vient de mettre en place un sys­tème de convoyage d’eau douce pro­ve­nant d’un lac d’Alaska en direc­tion de l’Inde. Pas une baga­telle, puisque le pre­mier voyage par super tanker devrait être de 156 000m3. Ceci étant lié à de nou­velles infra­struc­tures por­tuaires situées sur la côte ouest de l’Inde per­met­tant d’alimenter et dis­tri­buer l’eau dans les régions proches ou pays demandeurs.

De prime abord tout lais­se­rait à penser qu’il s’agit d’une opé­ra­tion huma­ni­taire, d’ailleurs la com­mu­ni­ca­tion est suf­fi­sam­ment insi­dieuse pour le sug­gé­rer, que nenni, il s’agit bel et bien d’une opé­ra­tion com­mer­ciale, du vul­gaire busi­ness, en somme.

Donc, une société privée de San Antonio au Texas va pomper de l’eau des mon­tagnes d’Alaska pour la vendre aux Irakiens puisque les ins­tal­la­tions por­tuaires des­ti­nées de la côte ouest de l’Inde pour­ront des­ser­vir les pays du Golfe. Déjà cette opé­ra­tion s’appelle du vol étant donné que ladite société com­mer­cia­lise quelque chose qui ne lui appar­tient pas. Alors pour se donner bonne conscience, un des argu­ments uti­li­sés est que l’on fac­ture sur­tout le condi­tion­ne­ment, le trans­port, les frais d’exploitation, du pom­page qui se fait à Sitka en Alaska. Il n’empêche, et quoi qu’on dise, que l’on met sur le marché un pro­duit à l’origine gratuit.

La seconde consta­ta­tion est qu’à l’époque où l’on parle de plus en plus de relo­ca­li­sa­tion on uti­lise un trans­port loin­tain et super pol­luant pour véhi­cu­ler de l’eau. Coûts impor­tants, pol­lu­tions qui pour­raient être évités en sub­ven­tion­nant des recherches en eau locale. Mais dans ce cas là on n’entre plus dans un sys­tème com­mer­cial, mais dans un ser­vice rendu aux popu­la­tions, ce qui est en réa­lité le cadet des soucis des capitalistes.

D’autant qu’on oublie aussi sou­vent que dans les pays déve­lop­pés un gas­pillage monstre de l’eau se fait au jour le jour. Lave-vais­selles, W-C mal uti­li­sés, bai­gnoires, lavages répé­tés des véhi­cules, pis­cines per­son­nelles, arro­sages de pelouse, golfs, etc. la suite est longue sur laquelle nous avons à réflé­chir. Il existe d’ailleurs une solu­tion qui serait impar­faite dans la mesure où il n’y a pas de pla­fon­ne­ment des reve­nus, mais qui néan­moins méri­te­rait d’être essayer, c’est, à tra­vers la reprise en main de la ges­tion de l’eau par la col­lec­ti­vité, aller vers la gra­tuité de la partie usage de l’eau (ali­men­ta­tions, ablu­tions) et sur­taxer le més­usage comme l’arrosage des pelouses.

Nous devons donc faire bar­rage à la mar­chan­di­sa­tion de l’eau, à l’hégémonie de la mon­dia­li­sa­tion capi­ta­liste, c’est donc au moindre éche­lon que l’on doit gérer l’eau potable ainsi que les eaux rési­duelles ou usées. La com­mune est le lieu idéal et l’avenir sera pro­ba­ble­ment dans des régies muni­ci­pales qui rem­pla­ce­ront la SAUR, Véolia, la Lyonnaise des eaux et consorts. Lors des pro­chaines muni­ci­pales c’est un combat à mener, que l’on peut aussi déjà commencer.

Il a com­mencé d’ailleurs puisqu’en sud Vendée, Charente-Maritime et Deux-Sèvres des actions sont menées -entre autre contre les bas­sines* dont deux vont de nou­veau être mis en chan­tier en sud Vendée. Il s’agit de deux réserves d’eau impor­tantes avec bâches plas­tiques posées en milieu de plaine et rem­plies par l’eau du Marais Poitevin ou forages. Mais la per­ver­sion du sys­tème veut que soient une grande partie les sub­ven­tions publiques qui per­mettent qu’elles existent, qui plus est, pour seule­ment les besoins d’une petite poi­gnée d’agriculteurs (cinq pour une des futures bâches) culti­vant du maïs des­tiné à l’exportation. Avec, en plus, une aide à l’arrosage à tra­vers la PAC, plus des tas de faci­lité, et ceci afin d’alimenter le port de la Rochelle (la Rochelle pou­vant deve­nir essen­tiel­le­ment un port céréa­lier avec la baisse des impor­ta­tions de bois exo­tique) en céréales qui iront en Mauritanie déré­gler le com­merce local par des prix trop bas, ayant pour consé­quence de l’immigration puisqu’il n’y à plus de tra­vail sur place.

La reprise en main de l’eau à l’échelon humain per­met­tra aussi des coûts moins élevés et sans doute que les éco­no­mies ainsi faites per­met­traient la recherche en eau locale et le trai­te­ment des eaux usés dans des pays moins évo­lués ; le tout, natu­rel­le­ment, avec une atten­tion sou­te­nue sur la consom­ma­tion et l’économie de ce bien si pré­cieux qui appar­tient à tous.

Michel Mengneau

Ref : http://​www​.s2c​glo​bal​.com

Voir le film : « Pour quelques Grains d’or » de David Briffaud et fabien Mozzocco.

http://​le​-ragon​din​-furieux​.blog4e​ver​.com

URL de cet article

http://​www​.legrand​soir​.info/​L​-​e​a​u​-​B​i​e​n​-​c​o​m​m​u​n​-​d​e​-​l​-​h​u​m​a​n​i​t​e​.html

Les commentaires sont fermés.