L’autodestruction du Capitalisme

Mis en ligne le 22 janvier 2010

Après le ren­ver­se­ment des gou­ver­ne­ments com­mu­nistes de l’Europe de l’est, le capi­ta­lisme a été brandi comme l’invincible sys­tème qui apporte pros­pé­rité et démo­cra­tie, le sys­tème qui allait s’imposer jusqu’à la fin des temps.

Cependant, la crise éco­no­mique actuelle a fini par convaincre même quelques émi­nents par­ti­sans du libre marché qu’il y a quelque chose qui cloche sérieu­se­ment. En vérité, le capi­ta­lisme n’a pas encore réglé ses comptes avec plu­sieurs forces his­to­riques qui le gênent en per­ma­nence : la démo­cra­tie, la pros­pé­rité, et le capi­ta­lisme lui-même, cette entité que les diri­geants capi­ta­listes pré­tendent pro­mou­voir.

Ploutocratie contre Démocratie

Commençons par la Démocratie. Aux Etats-Unis on nous dit que capi­ta­lisme et démo­cra­tie sont étroi­te­ment liés, d’où le terme « démo­cra­ties capi­ta­listes ». En fait, tout au long de notre his­toire les rap­ports entre démo­cra­tie et capi­ta­lisme ont été lar­ge­ment anta­go­nistes. Il y a envi­ron 80 ans, le juge de la Cour Suprême Louis Brandeis fai­sait le com­men­taire sui­vant : « Dans ce pays, nous pou­vons avoir soit la démo­cra­tie, soit une grande concen­tra­tion de richesse entre les mains d’une mino­rité, mais pas les deux. » Les inté­rêts d’argent ont été des adver­saires et non des par­ti­sans de la démo­cra­tie.

La Constitution elle-même a été rédi­gée par des hommes de bonne famille influents qui se sont réunis à Philadelphie en 1787 pour répé­ter leurs mises en garde contre les effets néfastes et éga­li­taires de la démo­cra­tie. Le docu­ment qu’ils ont rédigé était lui-même loin d’être démo­cra­tique, rempli de contrôles, vetos et exi­gences requis auprès de majo­ri­tés supé­rieures arti­fi­cielles, un sys­tème des­tiné à étouf­fer la volonté popu­laire.

Au début de la République, les riches et l’élite ont imposé la condi­tion d’être pro­prié­taire pour avoir le droit de vote ou d’être élu. Ils s’opposaient à l’élection directe des can­di­dats (notez que leur sys­tède Collège Electoral est encore en place – (Rappel : le pré­sident US des US est élu par un suf­frage indi­rect – NdT). Et pen­dant des décen­nies, ils ont résisté à l’extension de ces droits aux groupes moins favo­ri­sés tels que les tra­vailleurs sans pro­priété, les immi­grés, les mino­ri­tés raciales et les femmes.

Les forces conser­va­trices d’aujourd’hui conti­nuent de reje­ter des modes de scru­tin plus équi­tables tels que le pro­por­tion­nel, le mode de scru­tin pré­fé­ren­tiel ainsi que le finan­ce­ment public des cam­pagnes élec­to­rales. Ils conti­nuent de dres­ser des bar­rières au vote, soit par des pro­cé­dures d’inscription sur les listes élec­to­rales qui sont exa­gé­ré­ment sévères, par les radia­tions d’électeurs des listes, par des bureaux de vote inadap­tés et des machines à voter élec­tro­niques qui n’arrêtent pas de se « trom­per » en faveur des can­di­dats les plus conser­va­teurs.

Il arrive que les classes diri­geantes cen­surent les publi­ca­tions radi­cales et répriment les mani­fes­ta­tions popu­laires, en recou­rant aux des­centes de police, aux arres­ta­tions, aux empri­son­ne­ments – sévè­re­ment appli­qués récem­ment contres les mani­fes­tants à St Paul, Minnisota, lors de la Convention Nationale Républicaine.

La plou­to­cra­tie conser­va­trice tente aussi de saper les avan­tages sociaux de la démo­cra­tie, tels l’éducation natio­nale, les loge­ments aux loyers modé­rés, le sys­tème de santé, les conven­tions col­lec­tives, les salaires décents, la sécu­rité au tra­vail, un envi­ron­ne­ment sain ; le droit à la vie privée, la sépa­ra­tion de l’église et de l’état, le droit à l’avortement, et le droit de se marier avec tout adulte consen­tant de son choix.

Il y a envi­ron cent ans, le diri­geant syn­di­cal Eugène Victor Debs avait été jeté en prison pen­dant une grève. Depuis sa cel­lule il n’a pas pu s’empêcher d’arriver à la conclu­sion que dans les conflits entre deux sec­teurs privés, le capi­tal et le tra­vail, l’état n’était pas un arbitre neutre.

La force de l’état – avec sa police, ses milices, ses tri­bu­naux et ses lois – était sans équi­voque du côté des patrons. A partir de là, Debs a conclu que le capi­ta­lisme n’était pas seule­ment un sys­tème éco­no­mique mais tout un ordre social qui faus­sait le jeu de la démo­cra­tie pour favo­ri­ser les riches.

Les diri­geants capi­ta­listes se posent en pro­mo­teurs de la démo­cra­tie même lorsqu’ils la sub­ver­tissent, non seule­ment ici mais à tra­vers l’Amérique latine, l’Afrique, l’Asie et le Moyen Orient. Toute nation qui ne pro­pose pas un « cadre favo­rable aux inves­tis­se­ments », qui tente de consa­crer ses terres, sa main d’œuvre, son capi­tal, ses res­sources natu­relles et ses mar­chés à son propre déve­lop­pe­ment, en dehors de la domi­na­tion des mul­ti­na­tio­nales, court le risque de se voir dia­bo­li­sée et ciblée comme « une menace pour la sécu­rité natio­nale des Etats-Unis ».

La Démocratie devient un pro­blème pour l’Amérique des mul­ti­na­tio­nales non pas quand elle échoue mais quand elle fonc­tionne trop bien, per­met­tant à la popu­la­tion d’avancer vers un ordre social plus juste et sup­por­table, en rédui­sant le fossé, même modes­te­ment, entre les super riches et le reste de la popu­la­tion. Alors la démo­cra­tie doit être détour­née et sub­ver­tie, enta­chée de dés­in­for­ma­tion, d’hyper média­ti­sa­tions, (media puf­fery), par des sommes exor­bi­tantes dépen­sées lors des cam­pagnes élec­to­rales ; par des résul­tats de scru­tins tru­qués, un public plus ou moins impuis­sant et par de pseudo vic­toires élec­to­rales attri­buées à des can­di­dats plus ou moins poli­ti­que­ment accep­tables.

Capitalisme contre Prospérité

Les grands capi­ta­listes n’encouragent pas la pros­pé­rité pas plus que la démo­cra­tie. La majo­rité de la pla­nète est capi­ta­liste, et la majo­rité de la pla­nète n’est ni pros­père ni par­ti­cu­liè­re­ment démo­cra­tique. Il suffit de penser au capi­ta­liste Nigeria, capi­ta­liste Indonésie, capi­ta­liste Thaïlande, capi­ta­liste Haïti, capi­ta­liste Colombie, capi­ta­liste Pakistan, capi­ta­liste Afrique du Sud, capi­ta­liste Latvia, et divers membres du Monde Libre ou, plus être plus précis, du Marché libre.

Une popu­la­tion qui serait pros­père, poli­ti­que­ment édu­quée et très exi­geante quant à son niveau de vie, qui défen­drait ses droits et pous­se­rait à l’amélioration des condi­tions sociales n’est pas exac­te­ment l’idée que les mul­ti­na­tio­nales se font d’une main d’œuvre idéale et cor­véable. Les inves­tis­seurs capi­ta­listes pré­fèrent les popu­la­tions pauvres. Plus elles sont pauvres, plus elles tra­vaille­ront dur pour gagner moins. Plus elles sont pauvres, moins elles sont capables de se défendre contre les abus.

Dans le monde du « libre com­merce » des mul­ti­na­tio­nales, le nombre de mil­liar­daires aug­mente à une vitesse jamais connue jusqu’à pré­sent tandis que le nombre de per­sonnes dans la misère aug­mente plus vite que la popu­la­tion mon­diale. La misère se répand lorsque la richesse s’accumule.

Prenons les Etats-Unis. Au cours huit der­nières années seule­ment, tandis que des vastes for­tunes ont surgi à une vitesse record, six mil­lions d’Américains sup­plé­men­taires sont tombés en des­sous du seuil de pau­vreté ; le revenu moyen par foyer a baissé de plus de 2.000 dol­lars ; l’endettement des ménages a plus que doublé ; plus de sept mil­lions d’Américains ont perdu leur assu­rance santé, et plus de quatre mil­lions ont perdu leur retraite ; pen­dant ce temps, le nombre de SDF a aug­menté et les sai­sies de mai­sons pour défaut de paie­ment se sont géné­ra­li­sées.

Il n’y a que dans les pays où le capi­ta­lisme a été quelque peu bridé par une social-démo­cra­tie que la popu­la­tion a pu se garan­tir une cer­taine pros­pé­rité ; les pays du nord de l’Europe comme la Suède, la Norvège, la Finlande, le Danemark viennent à l’esprit. Mais même dans ces social-démo­cra­ties, les avan­cées sociales courent le risque d’une remise en cause.

Attribuer au capi­ta­lisme le génie de la pros­pé­rité éco­no­mique consti­tue une ironie, alors que la plu­part des ten­ta­tives d’améliorer le bien-être maté­riel ont été com­bat­tues avec achar­ne­ment par la classe capi­ta­liste, et par­fois avec vio­lence. L’histoire des luttes sociales nous four­nit d’innombrables exemples.

Si la vie est encore sup­por­table sous l’actuel ordre éco­no­mique US, c’est parce que des mil­lions de gens ont mené d’âpres luttes de classe pour amé­lio­rer les condi­tions de vie et obte­nir leurs droits en tant que citoyens, dis­til­lant ainsi une cer­taine dose d’humanité dans un ordre poli­tico-éco­no­mique par ailleurs insen­sible.

Un monstre qui s’autodétruit.

L’état capi­ta­liste rem­plit deux fonc­tions recon­nues depuis long­temps par les poli­to­logues. Premièrement, comme tout état, il doit four­nir des ser­vices qui ne peuvent être four­nis de manière fiable par le sec­teur privé. Deuxièmement, l’état capi­ta­liste pro­tège les pos­sé­dants contre les dému­nis, garan­tis­sant la pour­suite du pro­ces­sus d’accumulation de capi­tal au profit des inté­rêts finan­ciers tout en étouf­fant les exi­gences de la popu­la­tion, ainsi que Debs l’avait observé dans sa cel­lule.

Il y a une troi­sième fonc­tion dévo­lue à l’état capi­ta­liste qui est rare­ment évo­quée. Elle consiste à empê­cher le sys­tème capi­ta­liste de s’autodétruire. Karl Marx avait sou­li­gné cette contra­dic­tion fon­da­men­tale : la ten­dance à la sur­pro­duc­tion et aux crises des mar­chés. Une éco­no­mie qui va de plus en plus vite, qui réduit de plus en plus les salaires, qui fait tra­vailler plus pour gagner encore moins (tiens, tiens… Ndt), va droit dans un mur. Afin de maxi­mi­ser les pro­fits, les salaires doivent être com­pres­sés. Mais il faut bien que quelqu’un achète les biens et les ser­vices pro­duits. Et pour cela, il fau­drait main­te­nir le niveau des salaires. Il existe une ten­dance chro­nique – comme aujourd’hui – à la sur­pro­duc­tion des biens fabri­qués par le sec­teur privé et une sous-consom­ma­tion des biens de néces­sité par la popu­la­tion sala­riée.

De plus, ce qu’on ignore sou­vent, l’autodestruction du sys­tème est l’oeuvre des capi­ta­listes eux-mêmes. Laissé sans sur­veillance, le sec­teur le plus actif du sys­tème finan­cier s’empresse de dévo­rer les sec­teurs moins orga­ni­sés.

Au lieu de tenter de gagner de l’argent par un tra­vail de pro­duc­tion et de com­mer­cia­li­sa­tion de biens et ser­vices, les marau­deurs se branchent direc­te­ment sur les flux moné­taires de l’économie elle-même. Pendant les années 90, nous avons assisté à l’effondrement total d’une éco­no­mie en Argentine lorsque des capi­ta­liste sans entraves ont dépouillé les entre­prises, empo­ché de vastes sommes d’argent, et quitté le pays en lais­sant der­rière eux une indus­trie en lam­beaux. L’état argen­tin, gavé d’idéologie libé­rale, a failli à son devoir de pro­té­ger le capi­ta­lisme des capi­ta­listes.

Quelques années plus tard, aux Etats-Unis, on a assisté à un pillage mul­ti­mil­liar­daire per­pé­tré par les conspi­ra­teurs de chez Enron, WorldCom, Harkin, Adelphia et des dizaines d’autres com­pa­gnies géantes. Des joueurs comme Ken Lay ont réussi à ruiner des entre­prises jadis flo­ris­santes et rayer les emplois et les éco­no­mies de mil­liers d’employés afin d’empocher quelques mil­liards sup­plé­men­taires.

Ces escrocs ont été jugés et condam­nés. Ne serait-ce pas la démons­tra­tion que le capi­ta­lisme est capable de s’autoréguler ? Pas vrai­ment. Ces procès – qui sont arri­vés trop tard de toute façon – sont à mettre au compte de la démo­cra­tie et non du capi­ta­lisme. Par essence, le marché libre est un sys­tème amoral, sans foi ni loi à part celle de « caveat emptor » (expres­sion latine signi­fiant « que l’acheteur soit vigi­lant »- NdT).

Lors de la crise de 2008-2009, le sur­plus finan­cier a crée un pro­blème pour la classe for­tu­née : il n’y avait plus assez d’opportunités pour inves­tir. Les grands inves­tis­seurs avaient de l’argent à ne plus savoir qu’en faire. Ils ont alors versé d’immenses sommes sur des mar­chés immo­bi­liers fic­tifs et autres aven­tures hasar­deuses, dans les rusés hedge funds, dans des pro­duits déri­vés, dans du leve­ra­ging, que sais-je encore.

Parmi leurs vic­times, on comp­tait d’autres capi­ta­listes, de petits inves­tis­seurs et les nom­breux tra­vailleurs qui ont perdu des mil­liards de dol­lars d’économies et de retraites. Le prince des voleurs était pro­ba­ble­ment Bernard Madoff. Décrit comme « un des plus brillants depuis long­temps dans le domaine de la finance », Madoff avait monté un fonds d’investissement frau­du­leux qui a pré­levé 50 mil­liards de dol­lars chez de riches inves­tis­seurs, qu’il payait avec de « l’argent qui n’existait pas », selon ses propres termes. La plou­to­cra­tie dévore ses propres enfants.

Au sein de la crise, lors d’une audi­tion devant le Congrès (US) en octobre 2008, l’ancien pré­sident de la Réserve Fédérale et adepte du libé­ra­lisme Alan Greenspan a avoué qu’il s’était trompé en pen­sant que le sys­tème – soumis aux énormes ten­sions d’un immense capi­tal accu­mulé qui ne cher­chait qu’à être investi – fini­rait par s’autodiscipliner.

La théo­rie clas­sique du lais­ser-faire est encore plus ridi­cule que ne le lais­se­rait entendre les propos de Greenspan. En fait, cette théo­rie dit que tout le monde devrait agir selon ses propres inté­rêts et sans entraves. Cette com­pé­ti­tion débri­dée est censée géné­rer un maxi­mum de pro­fits pour tous parce que le marché libre est gou­verné par une douce et magique « main invi­sible » qui opti­mi­se­rait le résul­tat col­lec­tif. (« La cupi­dité est une chose posi­tive »)

La crise de 2008-2009 a-t-elle été pro­vo­quée par la ten­dance à la sur­pro­duc­tion et l’hyper accu­mu­la­tion finan­cière, comme aurait dit Marx ? Ou est-elle le résul­tat de la cupi­dité de cer­tains indi­vi­dus tels que Bernard Madoff ? En d’autres termes, s’agit-il d’un pro­blème de sys­tème ou d’individus ? En réa­lité, les deux à la fois. Le capi­ta­lisme génère ses pré­da­teurs et récom­pense ceux qui ont le moins de scru­pules. Les crimes et les crises ne sont pas les déra­pages absurdes d’un sys­tème qui serait ration­nel, mais l’inverse : ce sont les consé­quences logiques d’un sys­tème fon­da­men­ta­le­ment absurde et amoral.

Pire encore, les sau­ve­tages en cours de plu­sieurs mil­liards de dol­lars versés par le gou­ver­ne­ment sont en train d’être à leur tour trans­for­més en oppor­tu­ni­tés pour un nou­veau pillage. Non seule­ment l’état échoue dans son rôle de régu­la­teur, mais il devient lui-même la source du pillage en extir­pant de vastes sommes des caisses de l’état, en sai­gnant au maxi­mum les contri­buables.

Ceux qui cri­tiquent « l’état pro­vi­dence » sont les pre­miers béné­fi­ciaires de la pro­vi­dence de l’état. Les grandes socié­tés amé­ri­caines ont tou­jours béné­fi­cié d’aides, de prêts avan­ta­geux et autres sub­ven­tions d’état et fédé­raux en tous genres. Mais l’opération de « secours » de 2008-2009 a consti­tué un pillage de l’argent public comme on n’en avait jamais connu. Plus de 350 mil­liards de dol­lars ont été dis­tri­bués par un Ministre des finances de droite en fin de mandat aux plus grandes banques et socié­tés finan­cières et sans aucun contrôle – sans parler des 4 mille mil­liards sortis de la Réserve Fédérale. La plu­part des banques, dont LPMorgan Chase et Bank of New York Mellon, ont déclaré qu’elles n’avaient aucune inten­tion de divul­guer la des­ti­na­tion des sommes per­çues.

Ce que l’on sait, c’est que les grandes banques ont uti­lisé une partie des sommes pour rache­ter de plus petites banques et créer des banques à l’étranger. Les PDG et hauts cadres sont en train de dépen­ser l’argent dans de fabu­leuses primes et des séjours luxueux de tha­lasso. Pendant ce temps, les gros béné­fi­ciaires des aides comme Citigroup et Bank of America ont licen­cié des dizaines de mil­liers d’employés, ce qui nous fait poser la ques­tion sui­vante : pour­quoi leur a-t-on versé ces sommes ?

Tandis que ces cen­taines de mil­liards sont en train d’être dis­tri­bués aux auteurs de la catas­trophe, le marché de l’immobilier conti­nue de s’effriter, le crédit de se para­ly­ser, le chô­mage d’augmenter et la consom­ma­tion des ménages de plon­ger vers de nou­velles pro­fon­deurs.

En résumé, le capi­ta­lisme libé­ral est par nature syno­nyme de désastre à venir. Il est dans sa nature pro­fonde que de trans­for­mer la nature vivante en un tas de biens de consom­ma­tion et les biens de consom­ma­tion à leur tour en un tas de capi­tal inerte. Sans contrôle, le capi­ta­lisme déverse ses sur­plus et ses déchets sur le public et l’environnement – et tôt ou tard com­mence à s’autodétruire.

Dans une société capi­ta­liste, les immenses inéga­li­tés en termes de pou­voir éco­no­mique se réper­cutent en immenses inéga­li­tés en termes de pou­voir poli­tique, ce qui rend la mise en place de régu­la­tions de plus en plus dif­fi­cile.

Si les preux che­va­liers du Capitalisme veulent vrai­ment savoir ce qui menace « notre mode vie », c’est leur mode de vie à eux, leur bra­con­nage de leur propre sys­tème, leur des­truc­tion des fon­da­tions sur les­quelles ils reposent, c’est-à-dire la com­mu­nauté sur le dos de qui ils se gavent.

Michael Parenti

www​.michael​pa​renti​.org

ARTICLE ORIGINAL

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Traduction Le Grand Soir

Michael Parenti’s recent books include : Contrary Notions : The Michael Parenti Reader (City Lights) ; Democracy for the Few, 8th ed. (Wadsworth) ; The Assassination of Julius Caesar (New Press), Superpatriotism (City Lights), The Culture Struggle (Seven Stories Press), and God and His Demons (for­th­co­ming). For fur­ther infor­ma­tion, visit his web­site :

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