Itinérance, solidarité internationale et immigration : qs demande au gouvernement harper de cesser d’ignorer les droits humains

Par Mis en ligne le 27 mars 2012

L’Association Québécoise des orga­nismes de coopé­ra­tion inter­na­tio­nale (AQOCI) et la Table de concer­ta­tion en sou­tien aux réfu­giés et immigrants(TCRI) se joignent à Québec soli­daire pour récla­mer un chan­ge­ment de cap majeur dans le pro­chain budget fédé­ral en matière de soli­da­rité inter­na­tio­nale, d’accueil des réfu­giés-es, d’itinérance et de loge­ment.

« Le gou­ver­ne­ment Harper se pré­oc­cupe bien davan­tage de ses pro­jets mili­taires et du déve­lop­pe­ment des sables bitu­mi­neux que de jus­tice sociale et de res­pect des droits humains. La popu­la­tion qué­bé­coise est très atta­chée à ces valeurs et refuse de voir ainsi foulés aux pieds des prin­cipes fon­da­men­taux conte­nus dans les Chartes » aver­tit Édith Laperle, can­di­date de Québec soli­daire dans Outremont.

Solidarité internationale : une politique réactionnaire

« Depuis juillet 2010, l’Agence cana­dienne de déve­lop­pe­ment inter­na­tio­nal (ACDI) a ins­tauré une poli­tique de par­te­na­riat avec la société civile qui n’a de par­te­na­riat que le nom. Ainsi les « par­te­na­riats » entre l’ACDI et les OCI sont désor­mais consi­dé­rés à la pièce, sur une base concur­ren­tielle et sans égard à l’historique tracé entre l’Agence et ses par­te­naires de longue date. La poli­tique de par­te­na­riat de l’ACDI est de plus en plus forgée par les impé­ra­tifs de la poli­tique de défense et com­mer­ciale du Canada. L’ACDI délaisse l’engagement du public et le plai­doyer, une com­po­sante essen­tielle du succès de la coopé­ra­tion et de la soli­da­rité inter­na­tio­nales. Pour l’AQOCI, il s’agit d’un chan­ge­ment alar­mant dans les méthodes d’accorder des sub­ven­tions, il est évident que cela nuira à l’autonomie et à l’image des orga­nismes ici et à l’étranger. L’AQOCI demande au gou­ver­ne­ment de rebâ­tir un par­te­na­riat réel et équi­table avec les orga­nismes de coopé­ra­tion inter­na­tio­nale et que cela soit reflété dans le pro­chain budget fédé­ral » explique Gervais L’Heureux, direc­teur de l’AQOCI.

Québec soli­daire, pour sa part, pro­pose la mise en place d’une agence de soli­da­rité inter­na­tio­nale qué­bé­coise fondée sur la soli­da­rité entre les peuples et le res­pect des droits humains fon­da­men­taux indi­vi­duels et col­lec­tifs.

Réfugiés : une attaque intolérante et xénophobe

L’une des autres poli­tiques les plus cho­quantes du gou­ver­ne­ment Harper est la méde­cine de cheval qu’il s’apprête à impo­ser aux réfu­giés-es.

« Le projet de loi C-31 est une honte et il doit être retiré, affirme Mouloud Idir, repré­sen­tant de la TCRI. Il ne reflète abso­lu­ment pas la tra­di­tion huma­ni­taire du Canada. Il permet, entre autres, au ministre de la Citoyenneté et de l’immigration de déte­nir des deman­deurs d’asile, d’empêcher la réuni­fi­ca­tion fami­liale des réfu­giés-es et de leur reti­rer leur statut légal une fois obte­nue la rési­dence per­ma­nente. Actuellement, des centres de déten­tion, par exemple à Laval, empri­sonnent des familles entières durant des mois sous pré­texte de véri­fi­ca­tion d’identité. Tout cela est inad­mis­sible. »

Québec soli­daire se joint à Amnistie inter­na­tio­nale, à l’Association cana­dienne des liber­tés civiles et au Conseil cana­dien pour les réfu­giés pour exiger le retrait du projet de loi C 31.

Itinérance et loge­ment : les grands oubliés des poli­tiques fédé­rales

« Le budget fédé­ral de la Stratégie des par­te­na­riats de lutte contre l’itinérance (SPLI) n’a pas été aug­menté ou même indexé depuis 10 ans et Québec soli­daire déplore cette orien­ta­tion qui s’est accen­tuée sous les conser­va­teurs », com­mente François Saillant, can­di­dat de Québec soli­daire dans Rosemont.

« J’aimerais rap­pe­ler qu’à la fin jan­vier, le nombre d’hommes et de femmes fré­quen­tant les refuges pour sans-abri avait aug­menté de 11 % par rap­port à l’année pré­cé­dente. Les Québécois-es sont très pré­oc­cu­pés par une telle détresse sociale. Selon les chiffres du direc­teur par­le­men­taire du budget, Kevin Page, le budget de construc­tion et d’entretien d’un F-35 cor­res­pond à lui seul à l’équivalent de la construc­tion de 6400 loge­ments sociaux. On doit donc s’indigner et récla­mer un virage à 180 degrés», conclut François Saillant.

Rappelons que dans sa plate-forme élec­to­rale de 2008, Québec soli­daire pro­po­sait le finan­ce­ment au Québec de 50 000 nou­veaux loge­ments sociaux sur cinq ans, donc 10 000 par année.

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