Itinérance, solidarité internationale et immigration: qs demande au gouvernement harper de cesser d’ignorer les droits humains

L’Association Québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) et la Table de concertation en soutien aux réfugiés et immigrants(TCRI) se joignent à Québec solidaire pour réclamer un changement de cap majeur dans le prochain budget fédéral en matière de solidarité internationale, d’accueil des réfugiés-es, d’itinérance et de logement.

« Le gouvernement Harper se préoccupe bien davantage de ses projets militaires et du développement des sables bitumineux que de justice sociale et de respect des droits humains. La population québécoise est très attachée à ces valeurs et refuse de voir ainsi foulés aux pieds des principes fondamentaux contenus dans les Chartes» avertit Édith Laperle, candidate de Québec solidaire dans Outremont.

Solidarité internationale : une politique réactionnaire

« Depuis juillet 2010, l’Agence canadienne de développement international (ACDI) a instauré une politique de partenariat avec la société civile qui n’a de partenariat que le nom. Ainsi les « partenariats » entre l’ACDI et les OCI sont désormais considérés à la pièce, sur une base concurrentielle et sans égard à l’historique tracé entre l’Agence et ses partenaires de longue date. La politique de partenariat de l’ACDI est de plus en plus forgée par les impératifs de la politique de défense et commerciale du Canada. L’ACDI délaisse l’engagement du public et le plaidoyer, une composante essentielle du succès de la coopération et de la solidarité internationales. Pour l’AQOCI, il s’agit d’un changement alarmant dans les méthodes d’accorder des subventions, il est évident que cela nuira à l’autonomie et à l’image des organismes ici et à l’étranger. L’AQOCI demande au gouvernement de rebâtir un partenariat réel et équitable avec les organismes de coopération internationale et que cela soit reflété dans le prochain budget fédéral » explique Gervais L’Heureux, directeur de l’AQOCI.

Québec solidaire, pour sa part, propose la mise en place d’une agence de solidarité internationale québécoise fondée sur la solidarité entre les peuples et le respect des droits humains fondamentaux individuels et collectifs.

Réfugiés : une attaque intolérante et xénophobe

L’une des autres politiques les plus choquantes du gouvernement Harper est la médecine de cheval qu’il s’apprête à imposer aux réfugiés-es.

« Le projet de loi C-31 est une honte et il doit être retiré, affirme  Mouloud Idir, représentant de la TCRI. Il ne reflète absolument pas la tradition humanitaire du Canada.  Il permet, entre autres, au ministre de la Citoyenneté et de l’immigration de détenir des demandeurs d’asile, d’empêcher la réunification familiale des réfugiés-es et de leur retirer leur statut légal une fois obtenue la résidence permanente. Actuellement, des centres de détention, par exemple à Laval, emprisonnent des familles entières durant des mois sous prétexte de vérification d’identité. Tout cela est inadmissible. »

Québec solidaire se joint à Amnistie internationale, à l’Association canadienne des libertés civiles et au Conseil canadien pour les réfugiés pour exiger le retrait du projet de loi C 31.

Itinérance et logement: les grands oubliés des politiques fédérales

« Le budget fédéral de la Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance (SPLI) n’a pas été augmenté ou même indexé depuis 10 ans et Québec solidaire déplore cette orientation qui s’est accentuée sous les conservateurs », commente François Saillant, candidat de Québec solidaire dans Rosemont.

« J’aimerais  rappeler qu’à la fin janvier, le nombre d’hommes et de femmes fréquentant les refuges pour sans-abri avait augmenté de 11 % par rapport à l’année précédente. Les Québécois-es sont très préoccupés par une telle détresse sociale. Selon les chiffres du directeur parlementaire du budget, Kevin Page, le budget de construction et d’entretien d’un F-35 correspond à lui seul à l’équivalent de la construction de  6400 logements sociaux. On doit donc s’indigner et réclamer un virage à 180 degrés», conclut François Saillant.

Rappelons que dans sa plate-forme électorale de 2008, Québec solidaire proposait le financement au Québec de 50 000 nouveaux logements sociaux sur cinq ans, donc 10 000 par année.