Internationalisme et socialisme

Les Philippines constituent aujourd’hui une exception dans l’ensemble de l’Asie du Sud-Est car encore aujourd’hui, un mouvement révolutionnaire maoïste et armé tente de renverser le pouvoir et mettre en place un régime socialiste. Bien que cette possibilité est plutôt improbable à court terme et dans la conjoncture mondiale actuelle, il importe de s’interroger sur son importance historique et politique depuis la formation du Parti communiste philippin en 1968.  

Mouvement issue en grande partie de la mouvance étudiantes de la fin des années 60 et de la résistance à la dictature de Ferdinand Marcos, il a su contribué à la formation de plusieurs générations de militants et militantes qui sont aujourd’hui à la tête de nombreuse organisations régionales et mouvements sociaux transnationaux en Asie.

De plus, le Front démocratique national (NDF) a entrepris depuis le début des années 2000 de jouer un rôle important au niveau international en initiant la Ligue internationale de lutte des peuples (International League of People’s Struggles – ILPS) et différentes coalitions transnationales, telles l’Association internationale des migrants, l’Alliance internationale des femmes et récemment le Festival international des luttes et des droits populaires.

Alors que la gauche philippine s’est fractionnée, de manière semblable à beaucoup d’autres, comprendre la dimension transnationale du mouvement populaire aux Philippines dans son ensemble à la fois hétérogène et éclaté offre une perspective originale et riche d’enseignement quant aux possibilités et défis de l’internationalisme et de la solidarité aujourd’hui.