Il faut en faire une lutte sociale!

Le syndicat des travailleurs et des travailleuses du Journal de Montréal a rejeté massivement la proposition odieuse de Monsieur Péladeau. Et c’est tant mieux. Il faut se réjouir de cette décision. Dans la même foulée,  il serait peut-être temps, après 21 mois de conflit, de réfléchir et débattre sur un événement qui dépasse un enjeu spécifiquement syndical. Il faudrait surtout débattre sur les moyens, les outils dont nous disposons pour chercher à rééquilibrer le rapport entre des patrons odieux comme Péladeau et les employé-es syndiqué-es du Journal de Montréal.

Selon le président du syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal, Reynald Leblanc, l’offre récente de Péladeau était moins avantageuse qu’au début du conflit. En plus, cette offre prévoyait des coupures de postes imposantes  (4 postes sur 5, rien de moins!), aucune amélioration des conditions de travail, une clause de non concurrence pour une partie des travailleurs-ses qui auraient du quitter le journal. Le comble du mépris est, sans contredit, cette demande de Péladeau de fermer le Journal alternatif Rue Frontenac, une initiative qui permet aux victimes de lock-out de garder la tête hors de l’eau et de garder la plume agile pendant ces temps dramatiques.

Tout compte fait, ca prenait beaucoup d’imagination pour penser que l’offre patronale aurait pu être acceptée. Mieux vaut une fermeture que d’accepter des reculs aussi graves et de se bâillonner d’une manière quasi-définitive. Et Monsieur Péladeau savait pertinemment qu’il n’y avait pas d’entente possible avec cette offre. S’il le croyait vraiment, il faudrait douter de sa capacité de jugement.  C’est donc dire que cette offre était tout simplement un acte renouvelé dans une perspective de guerre anti syndicale menée depuis le début par Monsieur Péladeau. Dans ce sens, Monsieur Péladeau mérite une riposte sociale et politique beaucoup plus forte que ce à quoi nous assistons depuis près de deux ans. Le temps est venu de transporter le conflit sur la place publique. La conjoncture est claire : Pierre Karl Péladeau cherche à tout prix à faire

disparaître un acteur social important, le syndicat, un irritant au développement économique du Québec. Il le crie sur tous les toits. Le gouvernement libéral le laisse divaguer en paix, tandis que l’opposition péquiste lève la tête et regarde dans tous les coins afin de ne pas se compromettre. Notre ami Amir s’occupe du dossier, intercède auprès des différents interlocuteurs, mais force est de constater, qu’un mouvement sur le terrain, à la base est devenu nécessaire sur le plan politique. Car, depuis les nombreux mois que le conflit perdure, on ne peut pas dire qu’il y a eu élargissement de la lutte. Il faut se demander pourquoi car il y a des tentatives d’élargir la lutte dans les derniers mois.

Par exemple, le 21 février 2010, lors de l’assemblée régionale de Montréal de Québec Solidaire, les délégués ont adoptés une résolution qui visait à appuyer publiquement les membres du syndicat du journal de Montréal dans leur lutte de résistance contre la direction du Journal de Montréal; dénoncer l’attitude de la direction du Journal de Montréal  dans sa lutte, non seulement contre le syndicat de son établissement mais aussi contre la pratique générale du syndicalisme au Québec. L’assemblée régionale a également appuyée la démarche de résistance qui a été entreprise depuis le début du lock-out par la création du journal virtuel appelé Rue Frontenac. Après une série de démarches entreprises par des membres de QS auprès de la CSN, il n’y a pas eu suite à cet appui. Il n’est pas trop tard pour bien faire car Il est impératif de susciter la solidarité ouvrière et citoyenne pour faire du conflit du journal de Montréal la lutte sociale qu’elle mérite.

René Charest

Militant CSN