Journal de Montréal

Il faut en faire une lutte sociale !

Par Mis en ligne le 18 octobre 2010

Le syn­di­cat des tra­vailleurs et des tra­vailleuses du Journal de Montréal a rejeté mas­si­ve­ment la pro­po­si­tion odieuse de Monsieur Péladeau. Et c’est tant mieux. Il faut se réjouir de cette déci­sion. Dans la même foulée, il serait peut-être temps, après 21 mois de conflit, de réflé­chir et débattre sur un évé­ne­ment qui dépasse un enjeu spé­ci­fi­que­ment syn­di­cal. Il fau­drait sur­tout débattre sur les moyens, les outils dont nous dis­po­sons pour cher­cher à rééqui­li­brer le rap­port entre des patrons odieux comme Péladeau et les employé-es syn­di­qué-es du Journal de Montréal.

Selon le pré­sident du syn­di­cat des tra­vailleurs de l’information du Journal de Montréal, Reynald Leblanc, l’offre récente de Péladeau était moins avan­ta­geuse qu’au début du conflit. En plus, cette offre pré­voyait des cou­pures de postes impo­santes (4 postes sur 5, rien de moins!), aucune amé­lio­ra­tion des condi­tions de tra­vail, une clause de non concur­rence pour une partie des tra­vailleurs-ses qui auraient du quit­ter le jour­nal. Le comble du mépris est, sans contre­dit, cette demande de Péladeau de fermer le Journal alter­na­tif Rue Frontenac, une ini­tia­tive qui permet aux vic­times de lock-out de garder la tête hors de l’eau et de garder la plume agile pen­dant ces temps dramatiques.

Tout compte fait, ca pre­nait beau­coup d’imagination pour penser que l’offre patro­nale aurait pu être accep­tée. Mieux vaut une fer­me­ture que d’accepter des reculs aussi graves et de se bâillon­ner d’une manière quasi-défi­ni­tive. Et Monsieur Péladeau savait per­ti­nem­ment qu’il n’y avait pas d’entente pos­sible avec cette offre. S’il le croyait vrai­ment, il fau­drait douter de sa capa­cité de juge­ment. C’est donc dire que cette offre était tout sim­ple­ment un acte renou­velé dans une pers­pec­tive de guerre anti syn­di­cale menée depuis le début par Monsieur Péladeau. Dans ce sens, Monsieur Péladeau mérite une riposte sociale et poli­tique beau­coup plus forte que ce à quoi nous assis­tons depuis près de deux ans. Le temps est venu de trans­por­ter le conflit sur la place publique. La conjonc­ture est claire : Pierre Karl Péladeau cherche à tout prix à faire

dis­pa­raître un acteur social impor­tant, le syn­di­cat, un irri­tant au déve­lop­pe­ment éco­no­mique du Québec. Il le crie sur tous les toits. Le gou­ver­ne­ment libé­ral le laisse diva­guer en paix, tandis que l’opposition péquiste lève la tête et regarde dans tous les coins afin de ne pas se com­pro­mettre. Notre ami Amir s’occupe du dos­sier, inter­cède auprès des dif­fé­rents inter­lo­cu­teurs, mais force est de consta­ter, qu’un mou­ve­ment sur le ter­rain, à la base est devenu néces­saire sur le plan poli­tique. Car, depuis les nom­breux mois que le conflit per­dure, on ne peut pas dire qu’il y a eu élar­gis­se­ment de la lutte. Il faut se deman­der pour­quoi car il y a des ten­ta­tives d’élargir la lutte dans les der­niers mois.

Par exemple, le 21 février 2010, lors de l’assemblée régio­nale de Montréal de Québec Solidaire, les délé­gués ont adop­tés une réso­lu­tion qui visait à appuyer publi­que­ment les membres du syn­di­cat du jour­nal de Montréal dans leur lutte de résis­tance contre la direc­tion du Journal de Montréal ; dénon­cer l’attitude de la direc­tion du Journal de Montréal dans sa lutte, non seule­ment contre le syn­di­cat de son éta­blis­se­ment mais aussi contre la pra­tique géné­rale du syn­di­ca­lisme au Québec. L’assemblée régio­nale a éga­le­ment appuyée la démarche de résis­tance qui a été entre­prise depuis le début du lock-out par la créa­tion du jour­nal vir­tuel appelé Rue Frontenac. Après une série de démarches entre­prises par des membres de QS auprès de la CSN, il n’y a pas eu suite à cet appui. Il n’est pas trop tard pour bien faire car Il est impé­ra­tif de sus­ci­ter la soli­da­rité ouvrière et citoyenne pour faire du conflit du jour­nal de Montréal la lutte sociale qu’elle mérite.

René Charest

Militant CSN

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