Il existe une alternative

Mis en ligne le 07 mars 2010

par Özlem Onaran

La manière dont les gou­ver­ne­ments, en par­ti­cu­lier les gou­ver­ne­ments sociaux-démo­crates, ont réagi à la crise en socia­li­sant ses coûts, a pro­vo­qué un grand mécon­ten­te­ment populaire1 [1]. Comble d’ironie, cela affai­blit la légi­ti­mité de toute poli­tique alter­na­tive com­pre­nant des méca­nismes « col­lec­tifs » de gou­ver­nance ou de natio­na­li­sa­tion. Pourtant, pour la pre­mière fois depuis la chut du Mur de Berlin, il y a une fenêtre d’opportunité pour faire valoir à une large échelle que le capi­ta­lisme est éco­no­mi­que­ment, éco­lo­gi­que­ment et poli­ti­que­ment instable et insou­te­nable. Passer du mécon­ten­te­ment popu­laire à un modèle éco­no­mique alter­na­tif — socia­liste, sou­te­nable, éga­li­taire, démo­cra­tique, par­ti­ci­pa­tif et pla­ni­fié — n’a rien d’évident en raison des bar­rières idéo­lo­giques construites au cours des der­nières décen­nies. Mais nous avons aussi des atouts : il est main­te­nant tout à fait clair que plus de pro­fits ne signi­fie ni plus d’investissements ni plus d’emploi, que la crois­sance n’implique pas une réduc­tion des inéga­li­tés et que l’économie capi­ta­liste du marché est sujette à des crises sys­té­miques. Bon nombre des solu­tions vont ainsi poin­ter des chan­ge­ments qui ne sont pas com­pa­tibles avec l’économie capi­ta­liste et la recherche du profit privé.

Avant de pro­po­ser des alter­na­tives poli­tiques à la crise, il faut rap­pe­ler ses racines : ce n’est pas seule­ment une crise des mar­chés insuf­fi­sam­ment régle­men­tés, c’est une crise d’une répar­ti­tion très inéga­li­taires des reve­nus dont ont ne voit pas pour­quoi ce serait aux tra­vailleurs d’en payer le coût. Un plan de relance éco­no­mique ne doit en aucun cas rame­ner au statu quo ante­rieur en termes tant éco­no­miques qu’écologiques. Une crise majeure appelle une restruc­tu­ra­tion poli­tique majeure et, dans la construc­tion d’une véri­table alter­na­tive, notre point de départ ce sont les pro­blèmes pres­sants d’emploi, de dis­tri­bu­tion du revenu et de la sou­te­na­bi­lité éco­lo­gique :

Une poli­tique bud­gé­taire au ser­vice de l’emploi, de la jus­tice sociale et des inves­tis­se­ments socia­le­ment utiles et éco­lo­gi­que­ment sou­te­nables

La poli­tique bud­gé­taire doit être cen­trée autour d’un pro­gramme d’emploi public et d’une poli­tique de redis­tri­bu­tion afin d’annuler les effets néga­tifs de la crise. Les dépenses publiques doivent être orien­tées vers les ser­vices à forte inten­sité de main-d’œuvre comme l’éducation, les gar­de­ries, les mai­sons de repos, la santé, les ser­vices sociaux et com­mu­nau­taires ainsi que dans les infra­struc­tures publiques et les inves­tis­se­ments envi­ron­ne­men­taux. Ce sont éga­le­ment ces sec­teurs qui per­mettent de réorien­ter l’économie vers un déve­lop­pe­ment soli­daire et sou­te­nable.

Les besoins en ser­vices sociaux ne sont actuel­le­ment pas satis­faits et, lorsqu’ils existent ou bien ils sont très mal rému­né­rés (pour garan­tir un taux de ren­de­ment appro­prié), ou bien ils sont un luxe réservé aux classes supé­rieures, ou bien encore ils sont assu­rés par le tra­vail invi­sible et non payé des femmes dans la répar­ti­tion des tâches par genre au sein de la sphère privée. Pour com­bler ce manque, ces ser­vices peuvent être four­nis par l’État ou par des orga­nismes sans but lucra­tif. La dimen­sion de genre dans de tels pro­grammes d’emplois public doit être soi­gneu­se­ment conçue afin d’éviter les désa­van­tages pour les femmes mais aussi d’augmenter la part de l’emploi fémi­nin.

La sou­te­na­bi­lité éco­lo­gique impose de modi­fier la struc­ture de la demande agré­gée en faveur des inves­tis­se­ments envi­ron­ne­men­taux à long terme. Ceci ne peut être réa­lisé sans l’organisation de nou­velles tâches stra­té­giques que néces­site une poli­tique active d’investissements publics.

En ce qui concerne l’emploi dans le sec­teur privé, il est impor­tant d’éviter la « socia­li­sa­tion des coûts », c’est-à-dire empê­cher que les tra­vailleurs et les chô­meurs paient les frais du com­por­te­ment irres­pon­sable du capi­tal mon­dial. Certaines firmes se servent ainsi de la crise pour mettre en appli­ca­tion leurs stra­té­gies à long terme de réduc­tion d’effectifs. Les dis­po­si­tifs de chô­mage par­tiel ont été uti­li­sés dans de nom­breux pays euro­péens afin de limi­ter la hausse du chô­mage, mais cela revient à faire jouer la soli­da­rité des tra­vailleurs en sub­ven­tion­nant par­tiel­le­ment les pertes de salaires de ceux qui devaient tra­vailler moins long­temps. Une alter­na­tive consis­te­rait à faire payer les coûts aux employeurs en gelant les licen­cie­ments et impo­sant des plan­chers sala­riaux par des mesures légales. Dans les entre­prises qui sont en mesure de dis­tri­buer des divi­dendes et de payer de hauts salaires aux diri­geants, il serait logique d’interdire les licen­cie­ments.

Si le gel des licen­cie­ments conduit cer­taines firmes à la faillite, elles peuvent être reprises et revi­ta­li­sées sous le contrôle des tra­vailleurs, avec le sou­tien de cré­dits publics. De tels exemples se sont mul­ti­pliés en Argentine à la suite de la crise de 2001, il s’agit d’une stra­té­gie de survie des tra­vailleurs à la suite de la mise en liqui­da­tion de leurs entre­prises, sou­vent sans que les arrié­rés de salaires ne soient versés sans parler des indem­ni­tés de licen­cie­ment. En 2007, dix mille per­sonnes étaient encore employées dans les entre­prises auto­gé­rées en Argentine.

Dans le cas de sec­teurs sous la menace de licen­cie­ments mas­sifs, comme dans l’industrie auto­mo­bile, la socia­li­sa­tion et la restruc­tu­ra­tion de ces entre­prises deve­nues publiques devrait être envi­sa­gées dans le cadre d’un plan à moyen terme. En ce qui concerne l’industrie auto­mo­bile cela per­met­trait, par exemple, une réorien­ta­tion de la pro­duc­tion vers des véhi­cules de trans­port en commun et un trans­fert pro­gres­sif de la main-d’œuvre vers de nou­veaux sec­teurs inno­vants.

Ces plans de relance de l’économie, de l’emploi et de restruc­tu­ra­tion envi­ron­ne­men­tale devraient être finan­cés grâce à des impôts sur le revenu for­te­ment pro­gres­sifs et des impôts sur la for­tune, la hausse des taxes sur les socié­tés, les droits de suc­ces­sion et une taxa­tion des tran­sac­tions finan­cières. C’est la seule manière de faire payer les coûts de la crise par ceux qui en sont les res­pon­sables. C’est aussi l’unique moyen d’éviter les com­pres­sions bud­gé­taires des dépenses sociales, de l’éducation, de la santé, des soins pour les enfants et les per­sonnes âgées.

Les exemp­tions fis­cales et les allo­ca­tions pour les groupes à faible revenu ainsi que l’extension des allo­ca­tions de chô­mage aux tra­vailleurs n’y ayant pas accès sont les solu­tions clas­siques à court terme. Ce n’est cepen­dant pas un sub­sti­tut à des mesures néces­saires pour cor­ri­ger la dété­rio­ra­tion géné­rale de la part des reve­nus sala­riaux. Il ne s’agit là pas seule­ment d’une exi­gence éga­li­taire, mais aussi macroé­co­no­mique. La modé­ra­tion sala­riale, qui est la recette habi­tuelle des poli­tiques macroé­co­no­miques euro­péennes, peut seule­ment aggra­ver l’insuffisance de la demande que l’on constate aujourd’hui. Le risque c’est la per­sis­tance de salaires trop faibles dans un cer­tain nombre de pays comme l’Allemagne. Pour résoudre les pro­blèmes fon­da­men­taux que révèle cette crise éco­no­mique, la poli­tique se doit de régler la crise de la répar­ti­tion. Cela implique éga­le­ment une réduc­tion sub­stan­tielle du temps de tra­vail (paral­lè­le­ment au taux de crois­sance de la pro­duc­ti­vité du tra­vail) cumu­lée avec la cor­rec­tion à la hausse des salaires.

Les hauts pro­fits du passé sont res­pon­sables de la crise, il est donc temps qu’ils payent main­te­nant son coût. Ce n’est pas seule­ment une réponse déci­sive au pro­blème du chô­mage d’après crise. C’est aussi une réponse à la crise éco­lo­gique : le déve­lop­pe­ment sou­te­nable implique une crois­sance nulle ou faible dans les pays déve­lop­pés (c’est-à-dire égale à la crois­sance de la pro­duc­ti­vité de l’environnement), ce qui signi­fie que le plein emploi ne peut être obtenu que par une réduc­tion du temps du tra­vail et non par une crois­sance insou­te­nable. Les pertes du revenu des masses labo­rieuses peuvent être évi­tées par une redis­tri­bu­tion sub­stan­tielle. En outre, si nous vou­lons davan­tage de démo­cra­tie et d’implication popu­laire dans les prises des déci­sions, cela exige du temps et donc une réduc­tion du temps du tra­vail.

Refonte et socia­li­sa­tion de la finance

Une refonte du sec­teur finan­cier est urgente. Mais une régle­men­ta­tion, si elle est impor­tante, ne suf­fira pas : les ins­ti­tu­tions finan­cières ont fait la preuve de leur extra­or­di­naire capa­cité d’innovation pour contour­ner les règle­ments. La finance est un sec­teur essen­tiel qui ne peut être laissé aux pré­oc­cu­pa­tions à court terme du profit privé. De fait, ce sec­teur a déjà été très lar­ge­ment natio­na­lisé, mais de manière absurde, en étouf­fant toute voix publique, et les prises de par­ti­ci­pa­tion publiques vont être pri­va­ti­sées à nou­veau dès qu’il y aura des repre­neurs. La crise a démon­tré que les grandes banques pri­vées usent et abusent de l’avantage que leur pro­cure le fait d’être « trop grands pour faire faillite » (too big to fail).

Pourtant, finan­cer les nou­veaux inves­tis­se­ments socia­le­ment utiles, par exemple dans le sec­teur de l’énergie est un défi majeur. Cela implique de bâtir un sec­teur finan­cier public, ce qui ne peut se limi­ter à la pro­priété éta­tique, mais passe par une pro­priété col­lec­tive avec la par­ti­ci­pa­tion des tra­vailleurs et des autres acteurs concer­nés par les déci­sions. Un tel sec­teur finan­cier socia­lisé doit garan­tir la trans­pa­rence des comptes. C’est seule­ment en se fon­dant sur une telle struc­ture que les régle­men­ta­tions finan­cières pour­ront abou­tir à des résul­tats socia­le­ment sou­hai­tables : un contrôle effec­tif de toutes les ins­ti­tu­tions finan­cières, la res­pon­sa­bi­lité réelle de ceux qui prennent les déci­sions, des capi­taux pour les besoins anti­cy­cliques et l’élimination des opé­ra­tions hors bilan, comme le sug­gère par exemple ATTAC2 [2].

Soustraire les sec­teurs d’intérêt géné­ral aux moti­va­tions du profit privé

La néces­sité de l’appropriation publique du sec­teur finan­cier ouvre des ques­tions nou­velles en ce qui concerne les autres sec­teurs cri­tiques du point de vue de la société, dans les­quels le droit de pro­priété ne peut être laissé au sec­teur privé et ne peut être soumis à la ren­ta­bi­lité privée. La crise a montré que les finances et le loge­ment sont à l’évidence can­di­dats pour l’appropriation publique. La crise éner­gé­tique indique que ce sec­teur et les inves­tis­se­ments éner­gé­tiques alter­na­tifs exigent éga­le­ment la pro­priété publique. Les pro­blèmes créés par les fonds de pen­sion privés ainsi que par l’appropriation privée de l’éducation, de la santé et des infra­struc­tures indiquent éga­le­ment que les ser­vices sociaux sont trop impor­tants pour être gérés en fonc­tion des moti­va­tions du profit privé. Un débat public créa­tif et par­ti­ci­pa­tif per­met­tra de dis­cu­ter dans quels autres sec­teurs la pro­priété publique pro­dui­rait des résul­tats plus éga­li­taires et plus effi­cients du point de vue social.

Il ne s’agit pas ici de faire un éloge du sec­teur public en soi, mais de faire appel à la par­ti­ci­pa­tion et au contrôle de ceux qui sont concer­nés (les tra­vailleurs, les consom­ma­teurs, les repré­sen­tants régio­naux, etc.) dans les méca­nismes déci­sion­nels au sein d’un modèle éco­no­mique trans­pa­rent et public. Un tel chan­ge­ment du pro­ces­sus de prise des déci­sions faci­li­tera éga­le­ment la coor­di­na­tion de l’ensemble de l’économie en vue d’un déve­lop­pe­ment sou­te­nable et pla­ni­fié fondé sur la soli­da­rité. Une telle tran­si­tion majeure exige un bou­le­ver­se­ment du cadre ins­ti­tu­tion­nel actuel, qui est adapté à des éco­no­mies peu règle­men­tées et orien­tées vers le profit maxi­mum, au sein duquel les tra­vailleurs et les com­mu­nau­tés ne sont pas enten­dus.

Une inté­gra­tion euro­péenne et inter­na­tio­nale soli­daire

Au sein de l’Union euro­péenne, la manière dont l’Ouest aidera ou non l’Est à tra­ver­ser le crise mon­diale sera essen­tielle pour l’avenir de la coopé­ra­tion régio­nale et fon­da­men­tal pour la cré­di­bi­lité poli­tique de l’Union. Une aide véri­table doit aller au-delà d’un sou­tien finan­cier visant à main­te­nir les taux de change. Cela implique des pro­grammes d’investissements publics met­tant l’accent sur le déve­lop­pe­ment de la région. Des inves­tis­se­ments publics euro­péens, finan­cés par des impôts pro­gres­sifs euro­péens, devraient y jouer un rôle actif.

Un autre fait impor­tant, devenu plus clair avec la crise mon­diale, c’est que l’ouverture des comptes de capi­taux crée des tur­bu­lences et des pro­blèmes struc­tu­rels, en par­ti­cu­lier dans les éco­no­mies émer­gentes. Le risque dévas­ta­teur d’une dépréciation/​dévaluation des mon­naies locales ne peut être sur­monté que par un contrôle du flux des capi­taux, une déva­lua­tion maî­tri­sée par un contrôle des prix et des inves­tis­se­ments publics au niveau euro­péen pour résoudre les pro­blèmes de gou­lets d’étranglements des diverses éco­no­mies.

La crise a des impli­ca­tions addi­tion­nelles impor­tante au niveau global. Les tra­vailleurs au Nord et au Sud (ainsi qu’à l’Ouest et à l’Est) ont des inté­rêts com­muns qui doivent être mis en avant. Ainsi la redé­fi­ni­tion des règles du jeu de manière à coor­don­ner les arran­ge­ments ins­ti­tu­tion­nels au niveau global est la seule manière de créer des condi­tions plus juste pour le tra­vail. Néanmoins, créer un consen­sus sur de tels objec­tifs au Nord comme au Sud exige une poli­tique glo­bale de redis­tri­bu­tion et de déve­lop­pe­ment.

Les pierres angu­laires d’une nou­velle éco­no­mie glo­bale guidée par des prin­cipes de soli­da­rité sont des poli­tiques indus­trielles et com­mer­ciales com­pa­tible avec les aspi­ra­tions au déve­lop­pe­ment, un nou­veau régime moné­taire global de changes fixes et le contrôle des flux de capi­taux. Il ne s’agit pas seule­ment de fermer les para­dis fis­caux, mais aussi d’instaurer une taxe sur la tota­lité des tran­sac­tions finan­cières et des contrôle quan­ti­ta­tif sur les flux de capi­taux. Les reve­nus d’une taxa­tion des tran­sac­tions finan­cières peuvent servir à ali­men­ter un fond global pour faci­li­ter la conver­gence. Une source tout à fait appro­priée de finan­ce­ment du déve­lop­pe­ment est l’annulation de la dette étran­gère des pays en déve­lop­pe­ment. Il est aussi impor­tant d’adopter des poli­tiques éco­no­miques récon­ci­liant les limites éco­lo­giques du déve­lop­pe­ment et l’exigence de jus­tice glo­bale. Pour garan­tir des résul­tats équi­tables, une redis­tri­bu­tion sub­stan­tielle entre pays riches et pays pauvres doit être mise en oeuvre. Les causes his­to­riques du sous-déve­lop­pe­ment ne peuvent sup­pri­mées que par un trans­fert massif de revenu, de connais­sance et de tech­no­lo­gies.

1 [3]Ce texte est la partie conclu­sive d’un long article « Global crisis and the policy reac­tion in Western and Eastern EU : Can policy save capi­ta­lism from itself ? » dont la ver­sion ori­gi­nale est dis­po­nible ici [4]. Une ver­sion fran­çaise a été publiée dans Inprecor [5], n° 556/557, décembre 2009 – jan­vier 2010. La tra­duc­tion a été réa­li­sée par Jan Malewski et, pour le pas­sage publié ici, révi­sée par Cédric Durand.

2 [6]« Le temps est venu : Sortons l’économie du casino ! », Déclaration com­mune des ATTAC d’Europe sur la crise finan­cière et les alter­na­tives démo­cra­tiques, 15 octobre 2008, http://​www​.europe​-soli​daire​.org/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​l​e​12002

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