HAÏTI – Les enjeux cachés de la tragédie : domination versus autodétermination

Mis en ligne le 06 mai 2010

Victor H. Ramos

lundi 1er mars 2010, mis en ligne par Dial

Au-delà de la catas­trophe que repré­sente le trem­ble­ment de terre du 12 jan­vier, il impor­tait de se pen­cher plus lon­gue­ment sur les rai­sons du désastre. C’est à cette ana­lyse que s’attèle l’anthropologue Victor H. Ramos, para­guayen résident actuel­le­ment à Québec, dans ce texte dense et éclai­rant qui pro­longe, par cer­tains côtés, la mise en pers­pec­tive his­to­rique pro­po­sée dans le numéro de DIAL d’avril 2008 [1]

Haïti dévasté, souf­frant et stoïque sert de toile de fond à la repré­sen­ta­tion du théâtre de l’absurde géo­po­li­tique le plus décon­cer­tant, dont la scène est la pla­nète glo­ba­li­sée ! Des images de villes « bom­bar­dées » et de beau­coup trop de morts dus au séisme, mais qui à lui seul n’explique pas la gra­vité de cette tra­gé­die. Catastrophe qui nous fait ter­ri­ble­ment mal, nous indigne, nous inter­pelle. Elle éveille aussi un grand et spon­tané élan de soli­da­rité citoyenne de quatre points car­di­naux de la Terre. À côté de cette noble expres­sion de la « ten­dresse des peuples », un autre mou­ve­ment moins spon­tané et moins noble, prend sa place de plus en plus clai­re­ment : les puis­sances qui jouent du coude pour mieux se posi­tion­ner stra­té­gi­que­ment dans Haïti « tra­gé­dié. » Les médias de masse contrô­lés par les trans­na­tio­nales jouent plus aux dés­in­for­ma­teurs qu’aux infor­ma­teurs. Ils trans­mettent plus de bruit – dans le sens com­mu­ni­ca­tion­nel – que de l’information… comme ils le font régu­liè­re­ment dans presque tous les évé­ne­ments où il est ques­tion d’enjeux géo­po­li­tiques (armes de des­truc­tion mas­sive…). Ils dif­fusent des infor­ma­tions non confir­mées ou car­ré­ment fausses ou bien occultent des faits impor­tants qui ne cadrent pas dans leur « Matrice » qui maquille et déforme la réa­lité. On insiste beau­coup sur la cause « natu­relle » de cette tra­gé­die, la « malé­dic­tion haï­tienne », le « mau­vais sort » qui s’acharne sur Haïti, etc. On parle aussi de la pau­vreté, voire la misère d’Haïti sans qu’une ana­lyse sérieuse donne des expli­ca­tions sur les ori­gines et les causes de cette pau­vreté, ni sur la désar­ti­cu­la­tion de l’État haï­tien, pro­ces­sus d’affaiblissement de longue haleine, aggravé les vingt der­nières années et accé­léré depuis le coup d’État contre le pré­sident Jean-Bertrand Aristide de l’année 2004. Devant ce manque d’objectivité et d’analyse ration­nelle, nous posons quelques ques­tions de base.

Comment se fait-il que l’ancienne « perle des Antilles » des colo­nies fran­çaises, « le joyau de la cou­ronne fran­çaise » se trouve-t-il aujourd’hui parmi les pays les plus pauvres de la pla­nète ? Comment accep­ter qu’un pays auto­suf­fi­sant en ali­ments jusqu’aux années 80 soit aujourd’hui une société qui dépend à plus de 60 % de l’importation pour se nour­rir ? Comment com­prendre que le pre­mier pays indé­pen­dant de l’Amérique latine et « grand frère » soli­daire des gestes de l’indépendance des pays conti­nen­taux (Pétion avait aidé Bolivar, exilé en Haïti, en 1815 et en 1816 en lui four­nis­sant des com­bat­tants expé­ri­men­tés et tout ce dont il avait besoin pour reprendre sa lutte contre les Espagnols) se trouve au XXIe siècle dans la situa­tion d’un pays sous tutelle ayant perdu une bonne partie de son auto­dé­ter­mi­na­tion comme pays ? Comment expli­quer que ce peuple vain­queur de l’armée de Napoléon, ne soit même plus aujourd’hui en condi­tion d’organiser par soi-même sa police ? Sauf les médias alter­na­tifs, les médias de masse se ques­tionnent rare­ment en pro­fon­deur sur ces pro­blèmes et ils ne donnent encore moins une réponse cohé­rente qui puisse aider à com­prendre les causes struc­tu­relles de cette situa­tion et de la main­mise des puis­sances actuelles sur Haïti, avec la com­pli­cité d’une élite haï­tienne affai­riste, cor­rom­pue et colo­ni­sée.

Les veines ouvertes d’Haïti

C’est dans son passé de pre­mière République indé­pen­dante que se trouve une partie des causes struc­tu­relles de la pros­tra­tion éco­no­mique et sociale de ce pays pion­nier des liber­tés qu’est Haïti. La France de Charles X a imposé à Haïti indé­pen­dant et libéré de l’esclavage la tris­te­ment fameuse « dette de l’indépendance » : Haïti a payé (de 1825 à 1915) la somme immense de plus de 21 mil­liards de dol­lars de 2004, afin de la « dédom­ma­ger » pour la perte de sa colo­nie la plus ren­table. Mais cette dette illé­gi­time a été assor­tie d’autres mesures pour pro­lon­ger la main­mise fran­çaise sur Haïti, telles que le contrôle du sys­tème finan­cier haï­tien en obli­geant ce pays à donner en mono­pole toutes les tran­sac­tions et opé­ra­tions ban­caires à une banque fran­çaise, cela jusqu’au début du XXe siècle. À cela, il faut ajou­ter l’accord d’exclusivité pour les pro­duits fran­çais, la sup­pres­sion ou la dimi­nu­tion de droits de douane, le bas prix pour le café et autres biens haï­tiens. Ce paquet de mesures contrai­gnantes et désta­bi­li­sa­trices pour l’économie et pour l’État haï­tien nais­sant, qui res­semble aux néfastes Programmes d’ajustement struc­tu­rel actuels du Fonds moné­taire inter­na­tio­nal (FMI) et de la Banque mon­diale, a dès le départ hypo­thé­qué sa pos­si­bi­lité de capi­ta­li­sa­tion, de créa­tion d’infrastructures, de sco­la­ri­sa­tion et for­ma­tion de sa popu­la­tion, bref, de se déve­lop­per comme un pays indé­pen­dant qui a une éco­no­mie avec une orien­ta­tion propre, un État avec des ins­ti­tu­tions en condi­tion de répondre aux besoins de ses citoyens et une société civile orga­ni­sée. La rouillée et ines­thé­tique chaîne de fer de l’esclavage a été changé pour la nou­velle « chaîne d’argent », plus belle et, sur­tout, plus effi­cace pour extor­quer de l’argent dans les temps du capi­ta­lisme en plein essor au début du XIXe siècle.

Après presque un siècle de mise à sac de la « perle des Antilles » par la France, le gou­ver­ne­ment des États-Unis enva­hit Haïti avec ses Marines en 1915 et ils y res­tent jusqu’à 1934. La poli­tique états-unienne pour conver­tir Haïti en un domaine amé­ri­cain de plan­ta­tion de bananes et de canne à sucre échouera devant la résis­tance du peuple haï­tien qui a été assas­siné par cen­taines et bom­bardé de façon mas­sive, ce qui a causé des mil­liers de vic­times. Pour com­plé­ter cette domi­na­tion bru­tale, la Citibank prend la place de la banque fran­çaise et Haïti passe dans la zone d’influence états-unienne. Satellisation qui pro­meut l’import-export et qui conduit au déve­lop­pe­ment d’une bour­geoi­sie com­pra­dore [2], tuant du même coup dans l’œuf la pos­si­bi­lité de créa­tion de manu­fac­tures et d’industries dotées d’une assise natio­nale et de l’apparition conco­mi­tante d’une bour­geoi­sie natio­nale. Le pion interne clé pour le main­tien d’Haïti et de son éco­no­mie dans la dépen­dance la plus affai­blis­sante qui soit est cette bour­geoi­sie com­pra­dore. Associée en situa­tion de moindre pou­voir avec les com­pa­gnies étran­gères, elle s’identifie de plus en plus avec les inté­rêts exté­rieurs et elle est prête à « vendre son âme » faci­le­ment et sans remords, et à se cor­rompre, pourvu que « les affaires marchent », c’est-à-dire que ses affaires marchent. Cette bour­geoi­sie anti­na­tio­nale était la com­plice des Duvalier et elle est l’alliée des actuels pro­phètes de la glo­ba­li­sa­tion. Voici l’opinion de Jean-Jacques Honorat sur cette bour­geoi­sie, per­son­nage qui ne peut être soup­çonné de gau­chiste :

« Renforcés au cours des 10 der­nières années par l’adjonction d’une aile assem­bleuse et par la péné­tra­tion plus grande du capi­tal tech­nique et finan­cier trans­na­tio­nal, ils sont arri­vés à for­mu­ler sans ambages leur projet anti­na­tio­nal : inter­dire la pro­duc­tion locale de tout ce qu’ils peuvent impor­ter, ren­for­cer la voca­tion caféière du pays, détruire la pro­duc­tion vivrière pour sou­mettre tota­le­ment la demande natio­nale à leur capa­cité d’importation, sur­ex­ploi­ter la main d’œuvre natio­nale au profit des com­pa­gnies mul­ti­na­tio­nales qu’ils repré­sentent. » De la stag­na­tion actuelle de l’histoire, New York, 1982, p. 7. Cité par Leslie Jean-Robert Péan in Haïti : l’ensauvagement macoute et ses consé­quences, p. 446.

Les veines d’Haïti, et de Notre Amérique, ouvertes avec la conquête et la colo­ni­sa­tion sont plus que jamais ouvertes pour et par les nou­veaux conqué­rants du « libre marché. »

Libre-échange et « démo­cra­tie » en Haïti : géo­po­li­tique des puis­sances

En cette époque de glo­ba­li­sa­tion trans­na­tio­nale, le « libre-échange » intègre les pays dans son orbite tout en les désar­ti­cu­lant comme enti­tés sou­ve­raines avec inté­rêts propres. La « démo­cra­tie » a été déna­tu­rée et elle est deve­nue le gou­ver­ne­ment de l’oligarchie, par l’oligarchie et pour l’oligarchie trans­na­tio­nale. Ce « libre-échange » qui asser­vit les peuples et cette « démo­cra­tie » des oli­gar­chies trans­na­tio­nales sans patrie ni foyer placent Haïti, et nous tous, dans « le meilleur des mondes » domi­nés par… le marché mon­dial, seul monde pos­sible selon cette idéo­lo­gie uni­di­men­sion­nelle qui tend vers un tota­li­ta­risme de marché, appuyé sur une armée trans­na­tio­nale à son ser­vice.

En rela­tion directe avec l’ouverture d’Haïti vers le « libre-échange » et son com­plé­ment la « démo­cra­tie » néo­li­bé­rale impo­sée par la force, exa­mi­nons quelques faits des der­niers temps qui per­mettent de com­prendre l’effondrement socio-éco­no­mique et la désar­ti­cu­la­tion de l’État haï­tien, inca­pable d’accomplir ses fonc­tions de base, et encore moins de prendre les mesures néces­saires pour sécu­ri­ser ses infra­struc­tures avant le trem­ble­ment de terre, anti­cipé par les spé­cia­listes, et dont les auto­ri­tés haï­tiennes étaient pré­ve­nues. Après la « sai­gnée his­to­rique » d’Haïti, et avec la suc­ces­sion du dic­ta­teur François Duvalier par son fils Jean-Claude âgé de seule­ment 19 ans, en 1971, sont adop­tées des mesures qui détruisent les bases de l’agriculture et de l’élevage tra­di­tion­nel et qui ins­taurent la dépen­dance ali­men­taire. Par exemple, l’extermination du porc créole haï­tien et son rem­pla­ce­ment par des porcs impor­tés, sous pré­texte d’éviter une immi­nente « peste por­cine » afri­caine qui ne s’est jamais répan­due véri­ta­ble­ment en Haïti. Le cochon noir haï­tien était facile à élever, se conten­tant des restes de l’agriculture de sub­sis­tance des pay­sans pauvres et il était consi­déré comme « la banque » de ces pay­sans ne coû­tant presque rien à élever et se ven­dant très bien. Les pay­sans n’ont jamais été dédom­ma­gés pour leurs ani­maux exter­mi­nés. Les porcs impor­tés néces­sitent des soins par­ti­cu­liers, une nour­ri­ture riche en calo­ries et des médi­ca­ments impor­tés, tous hors de la portée de ces pay­sans avec peu de moyens.

Dans les zones urbaines, une main d’œuvre abon­dante, sans syn­di­cats et le régime de ter­reur du dic­ta­teur Baby Doc – surnom de Jean-Claude Duvalier – per­met­taient de comp­ter sur des salaires extrê­me­ment bas et sur des tra­vailleurs très vul­né­rables. Conditions idéales pour trans­for­mer Haïti des années 1980 en la « Taiwan des Caraïbes » ayant comme objec­tif l’exportation agri­cole et la pro­duc­tion d’usines de mon­tage de pièces élec­tro­niques. Les salaires, déjà très bas, chu­tèrent de 56 % pen­dant ces années. Ces salaires de misère ont, logi­que­ment, fait dimi­nuer un peu le chô­mage, mais ont aug­menté le nombre de tra­vailleurs pauvres… Les pro­fits des entre­prises états-uniennes et haï­tiennes ont été très impor­tants. D’autre part, la pro­duc­tion inten­sive de poulet-viande s’est effon­drée au début des années 1990 à cause prin­ci­pa­le­ment de l’importation de mor­ceaux de pou­lets pro­ve­nant du sur­plus de l’élevage indus­triel des États-Unis. Il faut sou­li­gner que cette pro­duc­tion avi­cole indus­trielle locale est tota­le­ment dépen­dante de l’importation de la nour­ri­ture et des médi­ca­ments, de la fluc­tua­tion de leurs prix, du trans­port, etc. La pro­duc­tion agri­cole locale qui appor­tait tout ce dont avaient besoin les Haïtiens est aujourd’hui en grave crise à cause de la fameuse doc­trine du « libre-échange » qui a laissé la porte ouverte à l’importation de pro­duits sub­ven­tion­nés, prin­ci­pa­le­ment des États-Unis, et a imposé les trois Plans d’ajustements struc­tu­rels qui, parmi d’autres mesures désas­treuses pour Haïti, ont réduits à 3% les droits de douanes ! – pri­vant l’État de res­sources indis­pen­sables. Cette ouver­ture asy­mé­trique du marché inté­rieur haï­tien a détruit le réseau tra­di­tion­nel de pro­duc­tion agri­cole et d’élevage. Les petits pay­sans sans res­sources et dépouillés de leurs moyens de pro­duc­tion viennent gros­sir les chô­meurs à Port-au-Prince et dans les autres villes impor­tantes.

De sur­croît, l’implantation de cultures et de manu­fac­tures cal­quées sur les modèles des pays déve­lop­pés, dont les intrants et les tech­no­lo­gies dépendent des impor­ta­tions et du savoir-faire exo­gène, a enfoncé encore plus l’ensemble de l’économie haï­tienne dans la dépen­dance. L’idéologie néo­li­bé­rale appli­quée en Haïti a été implan­tée prin­ci­pa­le­ment par la Banque mon­diale, le Fonds moné­taire inter­na­tio­nal et l’USAID (United States Agency for International Development, « Agence des États-Unis pour le déve­lop­pe­ment inter­na­tio­nal »), avec la com­pli­cité de l’élite haï­tienne colo­ni­sée et rapace et d’une partie des éco­no­mistes et de spé­cia­listes divers for­ma­tés et pro­gram­més selon les dik­tats des orga­nismes de déve­lop­pe­ment au ser­vice, dans les faits, des cor­po­ra­tions trans­na­tio­nales et des pays riches. Cette « reli­gion » du libre-échange tous azi­muts a com­plété l’œuvre de déstruc­tu­ra­tion de longue haleine de l’économie d’Haïti et conso­lidé la dépen­dance socio-éco­no­mique et ali­men­taire de ce petit pays des Caraïbes. Jetons main­te­nant un œil sur le pro­ces­sus de domi­na­tion poli­tico-idéo­lo­gique d’Haïti, qui va de pair avec sa déstruc­tu­ra­tion socio-éco­no­mique, et sa mise sous tutelle par le biais de la défense de la « démo­cra­tie » par des coups d’État à répé­ti­tion et par son inva­sion actuelle.

Quand les moyens sont les fins

Pour com­prendre l’impact qu’ont les moyens de com­mu­ni­ca­tion modernes sur nos vies, Marshall McLuhan avait lancé dans les années 1960 sa fameuse for­mule « le médium est le mes­sage ». Si nous vou­lons com­prendre la tra­gé­die haï­tienne, qui se situe plus sur le plan géo­po­li­tique que géo­lo­gique, et pou­voir saisir les véri­tables fins des inter­ven­tions étran­gères en Haïti, nous pou­vons dire en para­phra­sant McLuhan que les moyens sont les fins. Sans aller plus loin que quelques cas des vingt der­nières années, les moyens uti­li­sés par les élites affai­ristes et les inté­rêts exté­rieurs pour contrô­ler le gou­ver­ne­ment d’Haïti et la société haï­tienne a été la force sous dif­fé­rentes formes : vio­lence civile, groupes armés, assas­si­nats et coups d’État. Les fins, vous le savez déjà, étaient toutes nobles… et trom­peuses. Cette der­nière phase du contrôle d’Haïti com­mence quand le curé salé­sien Jean-Bertrand Aristide est élu pré­sident en 1990, à l’encontre de tous les pro­nos­tics des spé­cia­listes qui don­naient gagnant Marc Bazin, ancien repré­sen­tant de la Banque mon­diale et l’homme du gou­ver­ne­ment des États-Unis. Le dis­cours de gauche et les mesures du gou­ver­ne­ment d’Aristide pour répondre aux graves pro­blèmes de base de la popu­la­tion, son combat contre la cor­rup­tion, ses efforts pour revi­ta­li­ser les struc­tures de l’État haï­tien et le ren­for­ce­ment des orga­ni­sa­tions popu­laires allaient à l’encontre des inté­rêts de la bour­geoi­sie com­pra­dore locale et ne cadraient pas du tout avec le rôle tra­di­tion­nel que le gou­ver­ne­ment des États-Unis attri­bue aux gou­ver­ne­ments des pays sous son influence. Il est alors ren­versé par un coup d’État dirigé par le géné­ral Raoul Cédras en sep­tembre 1991, action appuyée par la Maison blanche de Bush père. Selon plu­sieurs orga­nismes inter­na­tio­naux, cette dic­ta­ture a tué plus de 4000 per­sonnes, ins­tauré un régime de ter­reur et anéanti les orga­ni­sa­tions popu­laires.

Après la deuxième vic­toire d’Aristide en 2000, la saga d’interventions détour­nées et directes du gou­ver­ne­ment des États-Unis, avec la col­la­bo­ra­tion du gou­ver­ne­ment fran­çais, le kid­nap­ping du pré­sident haï­tien par les forces spé­ciales des États-Unis le 29 février 2004 et la mise sous tutelle d’Haïti avec la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), vient com­plé­ter à plu­sieurs niveaux la déstruc­tu­ra­tion éco­no­mique et sociale du pays : désta­bi­li­sa­tion « démo­cra­tique » par des forces internes dont le plus connu est le Groupe des 184, dirigé par l’homme de G. W. Bush, André Apaid, fils de l’industriel états-unien du même nom, sou­tien du dic­ta­teur Duvalier et farouche oppo­sant d’Aristide. Ce groupe et d’autres entrent en action en com­pli­cité avec des forces externes telles que la National Endowment for Democracy (NED, « Fondation natio­nale pour la démo­cra­tie ») et la Brookings Institution, orga­nismes états-uniens spé­cia­li­sés en opé­ra­tions de ce genre, finan­çant et aidant à créer des groupes d’opposition « démo­cra­tique », dans ce cas-ci en Haïti. En sym­biose avec ce genre d’opposition, les conspi­ra­teurs internes et externes uti­lisent la désta­bi­li­sa­tion mili­taire en orga­ni­sant des groupes armés tels que les rebelles du Front de résis­tance natio­nale (FRN) diri­gés par l’ancien com­mis­saire Guy Philippe, aidé par Louis Jodel Chamblain, ancien chef d’escadron de la mort et du Front pour l’avancement et le pro­grès haï­tiens (FRAPH), une orga­ni­sa­tion para­mi­liaire, ainsi que par le cri­mi­nel Wilfort Ferdinand dit Tiwil, ancien membre de l’Armée can­ni­bale (sic). Ils ont contri­bué à déve­lop­per la sub­ver­sion, créer l’instabilité et à ouvrir les portes aux forces états-uniennes d’intervention des­ti­nées à « pro­té­ger » la popu­la­tion et à réta­blir l’ordre et la démo­cra­tie… en enle­vant le pré­sident Aristide, der­nière étape de l’intervention mili­taire directe du gou­ver­ne­ment de Bush. Il faut sou­li­gner qu’Aristide a faci­lité ces opé­ra­tions de désta­bi­li­sa­tion par manque de clarté sur l’orientation poli­tique de son gou­ver­ne­ment, par ses clau­di­ca­tions devant l’élite haï­tienne, le FMI et la Banque mon­diale, par la confu­sion et le déses­poir créés au sein du peuple par des mesures néo­li­bé­rales anti­po­pu­laires et par la répres­sion.

Maintenant que l’économie haï­tienne a été désar­ti­cu­lée grâce aux recettes du « libre-échange » et aux pri­va­ti­sa­tions tous azi­muts du FMI, de la Banque mon­diale et de la Banque inter­amé­ri­caine de déve­lop­pe­ment (BID), main­te­nant que sa capa­cité d’autosatisfaction ali­men­taire est détruite, que les orga­ni­sa­tions popu­laires sont anéan­ties et l’État déstruc­turé, la mise en tutelle d’Haïti a été par­ache­vée avec l’arrivée de la MINUSTAH en 2004. Ceci a l’avantage de garder les appa­rences d’une action inter­na­tio­nale, tout en étant, dans les faits, une main­mise du gou­ver­ne­ment des États-Unis sur Haïti. C’est dans cette situa­tion d’infraction gra­vis­sime au prin­cipe fon­da­men­tal de l’autodétermination des peuples et des lois inter­na­tio­nales de non-inter­ven­tion dans les affaires internes d’un pays que le séisme du 12 jan­vier a mis au décou­vert non seule­ment les fai­blesses des struc­tures des édi­fices et mai­sons haï­tiennes, mais sur­tout la déstruc­tu­ra­tion d’une société tout entière et la mise sous tutelle d’un État indé­pen­dant, le pre­mier à briser les chaînes de la colo­ni­sa­tion et de l’esclavage en Amérique.

La recons­truc­tion d’Haïti, enjeux d’ingénierie sociale et géo­po­li­tique : para­digmes et stra­té­gies de la domi­na­tion versus para­digmes et stra­té­gies de l’autodétermination

La recons­truc­tion d’Haïti est plus de l’ordre de l’ingénierie sociale et géo­po­li­tique que du génie civil. Pour ce der­nier, il y a des normes recon­nues, claires et pré­cises à suivre qui per­mettent de bâtir d’une façon sûre et adap­tée aux condi­tions spé­ci­fiques des zones à risque sis­mique et qu’un maître d’œuvre fait res­pec­ter. Cependant, pour ce qui est de l’ingénierie sociale et de la géo­po­li­tique, même si les normes et les lois locales et inter­na­tio­nales existent, les prin­cipes de base ont été déna­tu­rés, tra­ves­tis ou car­ré­ment igno­rés par les plus forts et les puis­sances ! Et c’est de cette ingé­nie­rie-là que dépend véri­ta­ble­ment toute la recons­truc­tion maté­rielle et sociale d’Haïti. Aucune recons­truc­tion maté­rielle, sur laquelle les efforts se concentrent aujourd’hui, ne saura résis­ter aux secousses sociales, poli­tiques et éco­no­miques qui se feront sentir assez rapi­de­ment si une ingé­nie­rie sociale et géo­po­li­tique basée sur la sou­ve­rai­neté du peuple haï­tien et sur la jus­tice sociale n’est pas appli­quée. Malheureusement, les forces en pré­sence en Haïti (armée et agences états-uniennes, FMI, Banque mon­diale, BID, USAID, etc.) laissent peu de place à une recons­truc­tion socio-éco­no­mique d’inclusion et de jus­tice sociale, de ren­for­ce­ment de la sou­ve­rai­neté de l’État haï­tien et d’autodétermination du peuple haï­tien et de ses orga­ni­sa­tions. Pire encore, dans la nou­velle pers­pec­tive géo­po­li­tique de la « domi­na­tion du spectre com­plet » du gou­ver­ne­ment des États-Unis rendue publique en 2000 et connue sous le nom de « Joint Vision 2020 », les actions réa­li­sées en Haïti dans la der­nière décen­nie cadrent par­fai­te­ment avec les quatre axes qui arti­culent cette « cos­mo­vi­sion » guer­rière des rela­tions des États-Unis avec le reste du monde, dont l’objectif cen­tral est d’assurer leur hégé­mo­nie sur le plan mili­taire, éco­no­mico-tech­no­lo­gique, poli­tique et cultu­rel-idéo­lo­gique. Hégémonie pour « uni­ver­sa­li­ser », pour impo­ser par tous les moyens néces­saires une unique vision anthro­po­lo­gique, éco­no­mique et poli­tique – non celle du peuple états-unien, mais bien celle de la nou­velle bour­geoi­sie trans­na­tio­nale de plus en plus sans fron­tières et… sans patrie. En d’autres mots, c’est plus une guerre contre les peuples que contre les États, contre les contes­ta­taires, les dis­si­dents de l’ordre trans­na­tio­nal capi­ta­liste et contre les cultures dif­fé­rentes au modèle homo­gène du marché trans­na­tio­nal dans lequel les spé­ci­fi­ci­tés sociales consti­tuent un risque de « grip­page » du sys­tème.

Mais en face de cette redou­table machine de domi­na­tion et de stan­dar­di­sa­tion, il y a les citoyennes, les citoyens d’Haïti et les peuples de tous les pays de la pla­nète, y com­pris celui des États-Unis, qui ont aussi leur « Joint Vision », leur Vision com­mune tota­le­ment dif­fé­rente de celle du sys­tème actuel. Vision et pra­tiques alter­na­tives arti­cu­lées autour des para­digmes de la sou­ve­rai­neté des peuples, de la coopé­ra­tion et de l’unité dans la plu­ra­lité res­pec­tueuse des dif­fé­rences cultu­relles. Cette vision alter­na­tive est depuis long­temps une pra­tique qui, par­tant des petites actions indi­vi­duelles et locales, est en train de s’articuler, de se mettre de plus en plus en réseau local-global ! Vision et pra­tiques qui sont nées et enra­ci­nées dans le monde contem­po­rain du « vil­lage global », de la cyber­né­tique, des syner­gies com­plexes. Cette Vision com­mune est en har­mo­nie avec le contexte de notre pla­nète en inter­dé­pen­dance crois­sante et en inter­re­la­tion struc­tu­rée, situa­tion qui ouvre et élar­git les « pos­sibles » d’un monde divers et plu­ri­di­men­sion­nel, dif­fé­rent du super­mar­ché mon­dial stan­dar­disé, uni­di­men­sion­nel et mili­ta­risé qu’on veut nous impo­ser. En réa­lité, ce qui est en jeu en Haïti est beau­coup plus que la recons­truc­tion maté­rielle et sociale d’un pays. L’enjeu véri­table est l’application réus­sie ou non de la « réin­gé­nie­rie », du « refor­ma­tage » d’Haïti selon la logique d’un pro­gramme de contrôle hégé­mo­nique, mais qui vise le reste du monde, nous tous. Ce pro­gramme est basé sur la vision ancienne, et très par­tiale et par­tielle, du guer­rier, de la domi­na­tion de la nature et des autres êtres humains, de la com­pé­ti­tion à outrance, de la peur de l’autre, de la dif­fé­rence. Cette pers­pec­tive rudi­men­taire et sim­pliste est de plus en plus en contra­dic­tion avec nous en tant que per­sonnes habi­tant leurs loca­li­tés et le vil­lage global de façon crois­sante, riche et simul­ta­née ! Elle est en rup­ture avec nos socié­tés pro­fon­dé­ment reliées les unes aux autres comme membres de la nou­velle col­lec­ti­vité glo­bale, demeure de l’humanité plu­rielle et soli­daire en chan­tier. Elle est à contre­cou­rant des dyna­miques de coopé­ra­tion que les défis éco­lo­giques et socio-éco­no­miques sans fron­tières appellent de façon pres­sante.

C’est dans cette pers­pec­tive d’enracinement dans la réa­lité contem­po­raine d’imbrications riches et com­plexes de nos des­ti­nées par­ti­cu­lières et com­munes que l’autodétermination et non la domi­na­tion, la coopé­ra­tion et non la com­pé­ti­tion, doivent guider les actions concrètes de la recons­truc­tion maté­rielle et socio­po­li­tique d’Haïti. Nous sous­cri­vons entiè­re­ment à la décla­ra­tion des mou­ve­ments sociaux natio­naux et inter­na­tio­naux en rela­tion à la situa­tion d’Haïti qui affirment : « Le moment est venu pour que les gou­ver­ne­ments qui par­ti­cipent à la Mission des Nations unies pour la sta­bi­li­sa­tion en Haïti (MINUSTAH), les Nations unies et en par­ti­cu­lier les États-Unis, le Canada et la France, revoient de fond en comble les poli­tiques erro­nées qu’ils ont appli­quées en Haïti. » […] « La société haï­tienne, ses orga­ni­sa­tions, ses mou­ve­ments sociaux et ses repré­sen­tants au sein de l’État, doivent être les pro­ta­go­nistes de l’effort inter­na­tio­nal de recons­truc­tion de leur pays. Ils doivent être les pre­miers à être écou­tés et enten­dus, et doivent conser­ver la maî­trise finale et sou­ve­raine des déci­sions prises sur leur des­ti­née. » [3]

Cela signi­fie concrè­te­ment :

La mise en branle d’un pro­ces­sus de ren­for­ce­ment de la sou­ve­rai­neté de l’État haï­tien, avec le peuple comme fon­de­ment de cette auto­dé­ter­mi­na­tion, par le récu­pé­ra­tion immé­diate de la direc­tion de la recons­truc­tion maté­rielle, éco­no­mique et sociale et par le raf­fer­mis­se­ment et déve­lop­pe­ment de ses minis­tères, orga­nismes et agences d’État, etc., afin d’être en condi­tion de fonc­tion­ner comme un État sou­ve­rain normal et non sous tutelle. Les armées étran­gères doivent quit­ter Haïti selon un calen­drier établi sur la base de son auto­dé­ter­mi­na­tion inté­grale au sujet de l’économie, la poli­tique, les finances et la sécu­rité du pays.

La par­ti­ci­pa­tion du peuple haï­tien dans la recons­truc­tion maté­rielle et sociale de son pays en tant que por­teur de solu­tions et d’apports riches propres à sa culture et à son envi­ron­ne­ment et non comme simples manœuvres des cor­po­ra­tions trans­na­tio­nales étran­gères qui sont à la recherche de pro­fits impor­tants et faciles.

La recons­truc­tion de l’économie haï­tienne en fonc­tion des inté­rêts et des besoins fon­da­men­taux du peuple haï­tien et non pas de l’élite interne cupide et encore moins selon l’idéologie et les inté­rêts des orga­nismes qui sont à la racine de la déstruc­tu­ra­tion éco­no­mique et sociale d’Haïti tels que la Banque mon­diale, le FMI, la BID, l’USAID et autres.

L’annulation totale de la dette d’Haïti, dont une partie impor­tante a été contrac­tée par la dic­ta­ture des Duvalier. Les prêts octroyés après ce régime de fer ont été faits dans le cadre de la néfaste idéo­lo­gie du « libre-échange », des Plans d’ajustement struc­tu­rel, etc., mesures impo­sées par les orga­nismes nommés pré­cé­dem­ment. Ces prêts ont sur­tout servi à détruire l’économie haï­tienne tra­di­tion­nelle qui, tout en ayant besoin d’être amé­lio­rée, réus­sis­sait à com­bler les besoins de base de la société. Les chants de sirènes de cette idéo­lo­gie néo­li­bé­rale ont convaincu une partie de Haïtiens et ont imposé aux autres son modèle basé sur une éco­no­mie d’exportation-importation, sur l’ouverture totale de son marché inté­rieur, sur les bien­faits des inves­tis­se­ments étran­gers qui « donnent du tra­vail », occul­tant l’autre côté de la médaille que consti­tue l’accroissement de la dépen­dance ali­men­taire, des tech­no­lo­gies et intrants contrô­lés par les cor­po­ra­tions étran­gères, l’appauvrissement des tra­vailleurs à cause de salaires de misère, la dimi­nu­tion des recettes de l’État par les avan­tages de toutes sortes don­nées aux com­pa­gnies natio­nales et de l’extérieur.

L’abolition de l’Accord de par­te­na­riat éco­no­mique (APE) imposé en 2008 par l’Union euro­péenne à Haïti, qui ins­taure la libé­ra­li­sa­tion totale des mou­ve­ments de capi­taux, de mar­chan­dises, de ser­vices et des bre­vets. Avec les Programmes d’ajustements struc­tu­rels et les pri­va­ti­sa­tions du FMI, cet accord léonin livre l’économie et l’État haï­tiens pieds et poings liés en pâture aux cor­po­ra­tions étran­gères et à la bour­geoi­sie anti­na­tio­nale. La mise sous tutelle d’Haïti n’est que le résul­tat de la des­truc­tion éco­no­mique, sociale et poli­tique de ce pays.

Mais soyons réa­listes. Dans l’immédiat et le moyen terme, ce qui sera appli­qué en Haïti sera sur­tout ce qui était déjà pra­ti­qué sur le ter­rain avant le séisme, c’est-à-dire les lignes direc­trices du néo­li­bé­ra­lisme déstruc­tu­rant, de la géo­po­li­tique d’hégémonie du gou­ver­ne­ment des États-Unis. La « Joint Vision » impé­riale, évo­quée ci-dessus, qui fait d’Haïti une pièce stra­té­gique der­rière Cuba et près du Venezuela, centre des alter­na­tives éco­no­miques, finan­cières, éner­gé­tiques et idéo­lo­giques ras­sem­blées dans l’« ALBA » qui met en cause l’hégémonie du néo­li­bé­ra­lisme en Amérique latine et cherche à se libé­rer de l’emprise des États-Unis. Cette pers­pec­tive guer­rière des rela­tions entre les êtres humains et les pays pourra l’emporter pour le moment. Mais le contexte d’approfondissement de l’interdépendance mul­tiple et struc­tu­rée du « vil­lage global » et les défis contem­po­rains qui ne connaissent pas de fron­tières, rend dys­fonc­tion­nel ce genre d’approche pri­mi­tive de la confron­ta­tion et les stra­té­gies hégé­mo­niques qui règnent en Haïti. La pers­pec­tive des puis­sances est tour­née vers le passé et marche dos au futur. La pers­pec­tive alter­na­tive est enra­ci­née dans le pré­sent et avance en ayant devant soi le futur comme une grande fenêtre ouverte à tous les pos­sibles. Les défis que nous avons en Haïti et dans le monde, seront rele­vés par cette der­nière parce qu’elle est plus créa­tive et parce qu’elle est en dia­pa­son avec son envi­ron­ne­ment socio­cul­tu­rel et natu­rel contem­po­rain. Ses para­digmes et ses logiques sont cohé­rents, ration­nels et sont por­teurs des réponses adé­quates aux grands défis spé­ci­fiques et glo­baux de l’heure. Haïti peut encore nous sur­prendre – c’est le pre­mier pays d’Amérique où a com­mencé la libé­ra­tion de l’emprise du vieux para­digme de l’hégémonie et de la domi­na­tion –, comme il l’a fait en 1804 en se libé­rant du colo­nia­lisme et de l’esclavagisme. Les Haïtiens, et avec eux tous les humains et la nature sor­ti­ront gagnants en répon­dant aux défis actuels, non pas par la confron­ta­tion comme le font les puis­sants, mais par la for­mule « gagnant gagnant » de l’autodétermination des peuples, de la jus­tice sociale, du dia­logue et de la coopé­ra­tion. Ces élé­ments consti­tuent les para­digmes du vil­lage global, habi­tat du citoyen et de l’humanité du XXIe siècle, qui a besoin de tous ses membres avec leurs génies spé­ci­fiques pour résoudre, ensemble, les pro­blèmes crois­sants et com­plexes aux­quels nous sommes confron­tés et qui placent notre survie et notre épa­nouis­se­ment per­son­nel et social au cœur de la des­ti­née com­mune de notre espèce. Haïti auto­dé­ter­miné, c’est un pas impor­tant vers l’humanité libé­rée !

Dial – Diffusion d’information sur l’Amérique latine – D 3097.

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Notes

[1] Voir DIAL 2994 – « HAÏTI – Bref retour sur une his­toire mou­ve­men­tée » et 2995 – « HAÏTI – Culture pay­sanne et déve­lop­pe­ment rural ». [2] Selon le Grand Robert, un com­pra­dor, ou com­pra­dore, est un « com­mer­çant (natio­nal ou étran­ger) ser­vant les inté­rêts d’occupants colo­niaux ou néo­co­lo­nia­listes, dans un pays soumis à ces inté­rêts ». [3] Déclaration de Montréal sur la situa­tion en Haïti, http://​www​.papda​.org/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​hp3?i….

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