G20 : pas de plans de rigueur prévus pour la finance

Par Mis en ligne le 25 juin 2010

Les gou­ver­ne­ments des pays les plus riches et les plus puis­sants du monde se retrouvent ce week-end au sommet du G20 à Toronto. Mais bien qu’ils portent une res­pon­sa­bi­lité écra­sante dans la dérive du sys­tème éco­no­mique inter­na­tio­nal et dans la déré­gu­la­tion des mar­chés finan­ciers qui en est à l’origine, ce G20 s’annonce comme une nou­velle mascarade.

Les der­niers G20 ont abouti à des plans de relance et des aides mas­sives aux sys­tèmes finan­cier et ban­caire, sans qu’en contre­par­tie ceux-ci soient soumis à de nou­velles régu­la­tions. La réces­sion et les plans de relance ont causé d’importants défi­cits publics, pré­textes à de vastes plans de rigueur sociale qui impu­te­ront la note aux sala­riés, retrai­tés et chômeurs.

Le G20 est divisé sur l’efficacité de ces plans : les États-Unis sou­lignent à juste titre leurs consé­quences néfastes sur l’activité éco­no­mique. Mais ils refusent en même temps toute pro­po­si­tion consé­quente de taxa­tion de la finance. Le sachant, les Européens pro­posent pour la gale­rie de mettre à l’étude une taxe mon­diale sur les tran­sac­tions finan­cières, deman­dée par de nom­breuses orga­ni­sa­tions de la société civile. Mais si les Européens veulent vrai­ment le faire, pour­quoi ne pas le déci­der au niveau euro­péen ? Même la taxe sur les banques, mesure pour­tant inepte en terme de régu­la­tion finan­cière, ne semble pas faire consen­sus puisque le Canada, pays hôte, le Japon et les pays émer­gents rejettent cette idée. Pour sauver la face, le com­mu­ni­qué final du G20 indique, dans sa ver­sion pré­li­mi­naire qui a fuité, que le G20 veut com­battre les causes de la crise finan­cière… mais ne pro­pose que la créa­tion d’un groupe d’experts sur la cor­rup­tion finan­cière. Même les para­dis fis­caux et judi­ciaires semblent avoir dis­paru des discussions.

Pire, les pays s’engagent à ouvrir encore davan­tage les mar­chés de biens et de ser­vices (dont les ser­vices finan­ciers !) et à conti­nuer d’éliminer les der­niers ins­tru­ments de pro­tec­tion dont dis­posent les gou­ver­ne­ments ou les régions vis-à-vis du tout marché. C’est même le seul para­graphe consis­tant du com­mu­ni­qué pro­vi­soire. Les gou­ver­ne­ments du G20 réaf­firment leur foi dans le libre marché, pour­tant au fon­de­ment de cette pro­fonde crise struc­tu­relle. Comme des fidèles qui ne croient plus, ils psal­mo­dient de vagues pro­messes de « reprise verte » et de « crois­sance mon­diale durable » et réaf­firment leur déter­mi­na­tion à atteindre les Objectifs de déve­lop­pe­ment du mil­lé­naire, alors même qu’ils s’en éloignent année après année.

Pour Attac, c’est le désar­me­ment de la finance qui consti­tue l’urgence. Il pas­sera notam­ment par les mesures suivantes :

la mise en place immé­diate d’une taxe sur les tran­sac­tions finan­cières au plan mon­dial, à un taux suf­fi­sant pour avoir un effet régu­la­teur sur les mar­chés finan­ciers et déga­ger les fonds néces­saires pour la lutte contre le réchauf­fe­ment cli­ma­tique et la pauvreté ;

la sup­pres­sion des para­dis fiscaux ;

des poli­tiques de relance pas­sant par le sou­tien des ser­vices publics et la recon­ver­sion éco­lo­gique de l’économie, plutôt que par l’austérité et l’érosion des salaires et retraites.

Le réseau mon­dial des Attac est pré­sent à Toronto et par­ti­cipe aux mani­fes­ta­tions de la société civile cana­dienne contre ce sommet des puissants.

Attac France,

Montreuil, le 25 juin 2010

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