Femmes et immigration

Par Mis en ligne le 18 mars 2011

Compte tenu que la migra­tion se fémi­nise, un des enjeux pour le mou­ve­ment fémi­niste est évi­dem­ment d’accueillir ces femmes issues des mino­ri­tés dans leurs groupes, d’adapter leurs ser­vices et les acti­vi­tés offertes. Mais cela va plus loin : il faut aussi consi­dé­rer les apports de cette diver­sité en termes d’analyse, de stra­té­gies, de nou­veaux enjeux.

Il faut aussi dire que, malgré les pré­ju­gés racistes qui peuvent cir­cu­ler, pour plu­sieurs de ces femmes immi­grantes, les luttes fémi­nistes pour l’égalité entre les hommes et les femmes ont sou­vent com­mencé bien avant leur arri­vée au Québec. Plusieurs régions et pays du monde ont de fortes tra­di­tions fémi­nistes et le mou­ve­ment fémi­niste qué­bé­cois peut apprendre de cela. Dans ce sens, les valeurs d’ouverture, de démo­cra­tie, de liberté et d’égalité entre les sexes qui repré­sentent la société qué­bé­coise, sont celles qu’elles défendent et, encore une fois, on est loin des soi disant « conflits de valeurs ». L’autre enjeu que cela sou­lève, c’est bien entendu celui des mul­tiples dis­cri­mi­na­tions.

Plusieurs immi­grantes ou femmes des com­mu­nau­tés cultu­relles nous disent que leur expé­rience liée à la « race », à leur ori­gine, à leur cou­leur ou à leur reli­gion est tout aussi mar­quante que le fait d’être une femme. Cela ques­tionne donc les pra­tiques et les prio­ri­tés des groupes de femmes. Il est essen­tiel de penser la manière dont peut se com­bi­ner le sexisme avec d’autres formes de dis­cri­mi­na­tion comme le racisme.

Alexandra Pierre (Fédération des femmes du Québec)

(Extrait d’un texte paru dans le numéro 5 des NCS, Migrations : Stratégies, acteurs et résis­tances)

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