Élections provinciales 2012

Faire l’économie de la pauvreté ?

Par Mis en ligne le 26 août 2012

Québec, le 24 août 2012 – Le Collectif pour un Québec sans pau­vreté trouve incom­pré­hen­sible que les enjeux rela­tifs à la lutte à la pau­vreté aient été igno­rés jusqu’ici dans la cam­pagne élec­to­rale, alors que 750 000 QuébécoiSEs ne couvrent pas leurs besoins de base et que le taux de par­ti­ci­pa­tion aux élec­tions géné­rales qué­bé­coises ne cesse de dimi­nuer.

Au Québec, près d’un mil­lion de per­sonnes vivent en situa­tion de pau­vreté, dont plus de 750 000 qui n’ont même pas un revenu suf­fi­sant pour cou­vrir leurs besoins de base recon­nus. C’est donc plus d’une per­sonne sur dix, majo­ri­tai­re­ment des femmes, qui doit choi­sir entre se soi­gner et se nour­rir. La santé de ces per­sonnes se dété­riore et leur espé­rance de vie est infé­rieure au reste de la popu­la­tion.

« Dans un tel contexte, on serait en droit de s’attendre à ce que tous les partis poli­tiques prennent des enga­ge­ments élec­to­raux pour lutter contre la pau­vreté et pour réduire les inéga­li­tés socioé­co­no­miques. Or, jusqu’ici, un seul d’entre eux a clai­re­ment signi­fié ses inten­tions à ce propos. Pour les autres, c’est le silence radio. La pau­vreté a des consé­quences graves pour les per­sonnes qui la vivent. De plus, elle coûte cher à la société qué­bé­coise. Ne pas parler de la pau­vreté en période élec­to­rale est irres­pon­sable. C’est encou­ra­ger le cynisme des gens ayant un faible revenu visàvis la classe poli­tique », d’affirmer Robin Couture, porteparole du Collectif.

Des études montrent en effet que les per­sonnes dans un ménage dont le revenu est infé­rieur à 20 000 $ exercent leur droit de vote dans une moins grande pro­por­tion que d’autres pans de la popu­la­tion. Comment pour­raitil en être autre­ment, quand presque tous les partis poli­tiques semblent indif­fé­rents à leur sort ? Pour mobi­li­ser les gens, les inté­res­ser aux affaires publiques, il faut leur mon­trer qu’il n’y a pas de fata­lité, que les choses peuvent chan­ger.

« Un faible taux de par­ti­ci­pa­tion aux élec­tions est inter­prété, avec raison, comme un signe de la perte de confiance de la popu­la­tion envers ses ins­ti­tu­tions démo­cra­tiques. Le taux de par­ti­ci­pa­tion élec­to­rale au Québec a chuté de 32 % depuis 1976. Le Directeur géné­ral des élec­tions du Québec aura beau faire des cam­pagnes publi­ci­taires pour encou­ra­ger les gens à aller voter, si les partis poli­tiques laissent déli­bé­ré­ment de côté une impor­tante por­tion de la popu­la­tion, la ten­dance ne risque pas de s’inverser », d’ajouter M. Couture.

Le Collectif presse les partis poli­tiques à pré­sen­ter leurs idées pour lutter contre la pau­vreté et à les tra­duire sous forme d’engagements clairs. « Le Québec doit cesser de faire l’économie de la pau­vreté. Il n’a pas les moyens de se priver de la contri­bu­tion de cen­taines de mil­liers de per­sonnes », atil conclu.

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Renseignements : Martin Michaud, res­pon­sable des com­mu­ni­ca­tions.
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