Etats-Unis : l’économie des surnuméraires et des désaffiliés

Par Mis en ligne le 17 septembre 2011

La plaie du chô­mage qui a pris le dessus durant cette Grande Récession (ini­tiée en 2008) ne s’éloigne pas. La crise de l’emploi aux Etats-Unis ren­voie à des réa­li­tés incon­nues depuis la dépres­sion des années trente. LeNew York Times du 13 sep­tembre 2011 por­tait à la connais­sance de ses lec­teurs les résul­tats de la der­nière étude (publiée le 12 sep­tembre) du Census Bureau. En 2010, le nombre de per­sonnes qui avaient rejoint l’«armée des pauvres » avait aug­menté de 2,6 mil­lions. Ainsi, 46,2 mil­lions d’Américains vivaient sous la ligne de pau­vreté, fin 2010. Le « chiffre » le plus élevé depuis 52 ans, soit depuis le début de la période durant laquelle le Census Bureau pro­duit cette sta­tis­tique. Le revenu médian des ménages, en termes réels (infla­tion déduite), se situe au niveau de 1996, ce qui indique un tas­se­ment des reve­nus des « classes moyennes ». Le seuil de pau­vreté est fixé pour un ménage de quatre per­sonnes à 22’314 dol­lars par année.

Si la crois­sance conti­nue au rythme atone actuel, sans même prendre en compte une nou­velle réces­sion, la Brookings Institution estime que le nombre de pauvres – une donnée étroi­te­ment liée au volume du chô­mage de longue durée, à « l’expulsion » de l’emploi, au nombre d’heures tra­vaillées annuel­le­ment, au déclin des salaires – aug­men­tera de 10 mil­lions jusqu’en 2015. Mais la « Corporate America » ne se pré­oc­cupe pas du tout de cela. Alan Maas exa­mine donc, ici, les don­nées chif­frées mais aussi des his­toires de vie qui se cachent der­rières les sta­tis­tiques. Pour appré­hen­der la dimen­sion et les méca­nismes de la crise sociale aux Etats-Unis, les lec­teurs et lec­trices peuvent se rap­por­ter à l’ouvrage de Catherine Sauviat et Laurence Lizé, La crise du modèle social amé­ri­cain, Presses Universitaires de Rennes, avril 2010. (Rédaction)

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Existe-t-il une voie de sortie ? C’est la ques­tion qui com­mence à hanter des gens comme Carol.

Carol (prénom fictif) est sans emploi depuis plus d’une année et c’est une lutte pour elle et pour son mari de par­ve­nir à joindre les deux bouts, sur la côte nord-ouest du Pacifique, là où le coût de la vie est de près de 25% plus élevé que la moyenne natio­nale.

Elle avait un bon tra­vail aupa­ra­vant : direc­trice de la branche locale d’une entre­prise mul­ti­na­tio­nale. Mais l’entreprise a fait faillite lorsque la crise a frappé. Travaillant pour un sous-trai­tant, Carol a aidé à orga­ni­ser la fer­me­ture de son bureau et, au pas­sage, elle a perdu elle-même son job.

C’était il y a plus d’une année. Et c’est pour elle une année de tra­ver­sée du désert du tra­vail. Carol a pos­tulé pour d’innombrables jobs. Elle a pris conseil auprès d’«experts » et a même assisté à des cours de « reclas­se­ment ». Mais en tant que femme de presque cin­quante ans pos­sé­dant une grande expé­rience pro­fes­sion­nelle, Carol n’est pas vrai­ment le genre d’employée que la plu­part des entre­prises recherchent – pour peu d’ailleurs que celles-ci cherchent à embau­cher. Son âge et son expé­rience jus­ti­fie­raient un salaire supé­rieur. Pourquoi donc une entre­prise enga­ge­rait-elle Carol si elle peut embau­cher un jeune pou­vant faire le tra­vail pour un salaire moindre ?

Le stress d’un chô­mage de longue durée est acca­blant et Carol en a fait l’amère expé­rience. Elle a fait une dépres­sion ner­veuse, effec­tué des allers-retours entre son domi­cile et l’hôpital le mois passé et a dû éga­le­ment prendre divers médi­ca­ments. Les méde­cins l’ont diag­nos­ti­quée comme étant bipo­laire depuis tou­jours, bien que ses amis disent n’avoir vu aucun signe de cela jusqu’à l’apparition du chô­mage.

N’y a-t-il vrai­ment aucun espoir à l’horizon ? Le mari de Carol tra­vaille encore, mais leurs fac­tures s’empilent. Le couple s’est déclaré en faillite per­son­nelle et craint main­te­nant de perdre sa maison. Ils payaient 600 dol­lars par mois pour leur assu­rance-mala­die, mais ont dû modi­fier leur contrat et leur prime, qui est passée main­te­nant à 300 dol­lars. Ce qui ne per­met­tra sans doute pas de cou­vrir le coût des récentes hos­pi­ta­li­sa­tions de Carol. Tout cela sans parler du fait que les allo­ca­tions chô­mage de Carol pren­dront fin le mois pro­chain.

Carol n’est bien sûr pas la seule. Elle est l’une des 6,2 mil­lions de per­sonnes que le gou­ver­ne­ment fédé­ral défi­nit comme étant chô­meur de longue durée, sans tra­vail depuis six mois ou plus. Ces per­sonnes consti­tuent 44,4% des gens offi­ciel­le­ment consi­dé­rés comme chô­meurs par le gou­ver­ne­ment. Cela cor­res­pond à peu près au niveau record de l’année passée, à savoir 45,2 % au mois de mai 2010.

Heidi Shierholz, éco­no­miste à l’Economic Policy Institute [EPI, basé Washington, ins­ti­tut de ten­dance démo­crate pro­gres­siste], suit ces sta­tis­tiques chaque jour et la des­crip­tion qu’elle fait de la situa­tion à laquelle des gens comme Carol doivent faire face est pour le moins concise : « Un désastre absolu. Tout au long de la recherche d’un emploi, c’est juste un cau­che­mar. »

Vous enten­drez peut-être des lea­ders poli­tiques expri­mer leur pré­oc­cu­pa­tion au sujet de ce « désastre absolu ». Mais quand il s’agit de faire quelque chose de concret, Washington prend une direc­tion oppo­sée. L’obsession des Républicains et des Démocrates est de couper dans le défi­cit et non de réduire le taux de chô­mage.

Shierholz dit qu’elle en est « aba­sour­die » et qu’« il existe juste une décon­nexion mas­sive entre ce que fait Washington et ce qu’il fau­drait faire pour retrou­ver la santé éco­no­mique dans ce pays ».

Chômeurs et sous-employés : 25 mil­lions 

Selon des mesures offi­cielles, la Grande Récession s’est ter­mi­née il y a plus de deux ans. Mais le nombre total d’emplois sala­riés aux Etats-Unis est aujourd’hui de 6,8 mil­lions infé­rieur au pic atteint avant la crise, selon les sta­tis­tiques du gou­ver­ne­ment fédé­ral. De plus, pour répondre à l’augmentation du nombre de per­sonnes en âge d’entrer sur le marché du tra­vail depuis ce pic, il aurait fallu créer 4,3 mil­lions d’emplois sup­plé­men­taires. Cela signi­fie que le défi­cit d’emplois nou­veaux créés, pour se situer au niveau de décembre 2007, se chiffre à 11,1 mil­lions.

Alors com­bien de jobs ledit « réta­blis­se­ment » de l’économie amé­ri­caine a-t-il créés au mois de juillet 2011 ? Le Labor Departement [Département du tra­vail] annonce le nombre de 117’000, ce qui est juste assez pour faire face à un mois d’augmentation de la popu­la­tion, ce qui est une paille par rap­port au 11 mil­lions pré­ci­tés. Des ana­lystes pré­disent que les sta­tis­tiques de l’emploi du mois d’août ne seront pas meilleures, peut-être même pires, selon ce qu’ils ont annoncé au début de sep­tembre.

Le taux de chô­mage offi­ciel conti­nue à se situer à plus de 9%. C’est au-des­sous du sommet de 10,2% atteint il y a deux ans. La raison de ce léger recul ne réside pas dans le fait que les chô­meurs auraient trouvé un emploi, mais que beau­coup y ont tout sim­ple­ment renoncé. [Une étude de EPI, datant du 7 sep­tembre 2011, indique que durant les 25 mois qui ont fait suite à la relance molle – après la fin de réces­sion du début des années 2000 – les nou­veaux emplois créés de décembre 2001 à décembre 2003 s’élevaient à 85,5 mil­lions. Actuellement, de juillet 2009 à juillet 2011 – donc 25 mois après la fin for­melle de la réces­sion – le nombre total d’emplois créés se situe à hau­teur de 68,4 mil­lions, soit 20% de moins. Réd.]

En plus des 13,9 mil­lions de per­sonnes comp­tées comme chô­meurs-chô­meuses, le Labor Department classe 2,8 mil­lions de per­sonnes comme étant « mar­gi­na­le­ment atta­chées » à la force de tra­vail, ce qui signi­fie qu’une fois ou l’autre au cours de l’année écou­lée ces per­sonnes ont voulu tra­vailler et ont essayé de trou­ver un emploi, mais qu’elles n’ont pas fait de recherches durant les quatre semaines pré­cé­dant l’enquête la plus récente.

En réa­lité, le nombre de « tra­vailleurs décou­ra­gés » est bien plus élevé encore et, selon dif­fé­rentes esti­ma­tions, ils seraient plu­sieurs mil­lions à cor­res­pondre à la défi­ni­tion donnée ci-dessus. Mais même comme cela, si le calcul de EPI ne pre­nait en consi­dé­ra­tion que les­dits « mar­gi­na­le­ment atta­chés», le taux de chô­mage offi­ciel se situe­rait à 10,7% et non à 9,1.

Puis il y a les per­sonnes « sous-employées», des per­sonnes qui vou­draient tra­vailler à plein-temps mais qui ont été contraintes d’accepter un tra­vail à temps par­tiel. Cette situa­tion concerne 8,4 mil­lions de per­sonnes en juillet 2011, selon le gou­ver­ne­ment.

L’indicateur incluant chô­mage ou sous-emploi, cal­culé par le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain, se situait à hau­teur de 16% en juillet, ce qui signi­fie qu’environ une per­sonne sur six consi­dé­rée comme fai­sant partie de la force de tra­vail entrait dans cette caté­go­rie plus inclu­sive, soit plus de 25 mil­lions de per­sonnes.

Et même cet indi­ca­teur-là peut-être déce­vant, selon Heidi Shierholz. En effet, les sta­tis­tiques du Labor Department sai­sissent un ins­tan­tané du chô­mage pour chaque période de quatre semaines, man­quant ainsi « beau­coup de gens qui ne sont peut-être pas sans emploi main­te­nant, mais qui l’étaient le mois passé et pour­raient le deve­nir le mois pro­chainSi vous comp­tez toutes les per­sonnes qui sont sans emploi à un moment ou à un autre de l’année, le taux est alors encore plus élevé que cela. Et si vous incluez les per­sonnes qui ont eu un membre de leur famille touché par le chô­mage, alors cela com­mence à faire vrai­ment beau­coup.»

A quoi tout cela s’élève-t-il ? Heidi Shierholz affirme que l’enquête menée par l’institut Democracy Corps Political Strategy démontre que plus de 40% des gens vivant aux Etats-Unis ont été eux-mêmes au chô­mage ou ont un membre de leur famille qui l’a été.

Il existe toute une indus­trie consa­crée à aider les gens sans-emploi à trou­ver des jobs, qui dis­pense des conseils sur tout, allant de la façon de s’habiller à celle de bavar­der, de se vendre, de se pré­sen­ter. Mais quel conseil peut-il être offert sur le pro­blème le plus basique que doivent affron­ter aujourd’hui les chô­meurs et chô­meuse, à savoir le fait qu’il n’y a juste pas de boulot ?

L’assurance… d’avoir des soucis quo­ti­diens

Kate quant à elle a obtenu son diplôme en 2009 dans une uni­ver­sité de l’Etat de New York. « J’ai fait des offres pour 25 à 30 jobs sur une période de quatre semaines et je n’ai même pas obtenu un entre­tien», dit-elle. « La réponse habi­tuelle que j’ai reçue, c’est que s’ils ne me deman­daient pas un entre­tien, c’est qu’ils avaient trouvé des can­di­dats ayant plus d’années d’expérience et qu’ils ne vou­laient pas enga­ger quelqu’un sor­tant de l’université.»

Des mil­lions de chô­meurs font cette expé­rience de recherche d’emploi sans fin. Et ce n’est pas éton­nant puisque selon le Labor Department, il y a 4 à 5 chô­meurs pour chaque emploi offert dans l’économie amé­ri­caine en géné­ral. Le ratio a été au-dessus de 4 à 1 pour les der­nières deux années et demie. En com­pa­rai­son, le ratio le plus élevé de deman­deurs d’emploi était de 2,8 à 1 lors de la réces­sion du début des années 2000.

C’est pour cela que des gens comme Carol conti­nuent à cher­cher et à cher­cher encore un emploi et ne trouvent rien. En fait, les sta­tis­tiques du gou­ver­ne­ment montrent que les annonces de licen­cie­ment ont ralenti et qu’elles se trouvent au niveau d’avant la réces­sion. Ainsi, si vous avez actuel­le­ment un emploi, vous n’avez pas plus de risques de le perdre qu’avant la réces­sion. Mais qu’en sera-t-il si l’économie conti­nue à s’enfoncer ?

Heidi Shierholz montre que cela n’est qu’une « petite conso­la­tion pour les gens sans emploiCe dont ces gens ont besoin, c’est de la mise sur le marché d’emplois nou­veaux à saisir. »

Mais tout le monde ne pense pas que des per­sonnes comme Carol passent par un très mau­vais moment. Ainsi, Tom Corbett, le gou­ver­neur répu­bli­cain de Pennsylvanie, vous dira que les chô­meurs « ne veulent pas retour­ner au tra­vail tant qu’ils touchent du chô­mage», comme il l’a dit l’année passée. Quant à l’Arizonien Jon Kyl, séna­teur répu­bli­cain de deuxième zone, il a déclaré que « le fait de conti­nuer à payer des indem­ni­tés de chô­mage aux gens les dis­sua­daient de cher­cher un nou­veau tra­vail ».

Dommage que Kyl n’ait pas eu à cher­cher der­niè­re­ment un nou­veau tra­vail – il aurait alors appris dans la dou­leur que la plus grande « dis­sua­sion » pour le chô­meur est le fait qu’il y a quatre à cinq fois plus de gens comme lui que de boulot.

Les maigres allo­ca­tions que les chô­meurs reçoivent par le pro­gramme d’assurance-chômage ne semblent pas être un frein à la recherche d’emploi, comme cela est sou­vent affirmé. Tout le monde qui a dû une fois faire la queue au chô­mage le sait, le chèque heb­do­ma­daire consti­tue une frac­tion seule­ment du salaire d’un emploi à temps plein. L’indemnité maxi­male varie d’un Etat à l’autre, mais selon des sta­tis­tiques fédé­rales de l’année passée, une per­sonne au chô­mage rece­vait en moyenne 295 dol­lars par semaine, alors que le salaire heb­do­ma­daire moyen (pour un temps com­plet) était pour la même période de 865 dol­lars.

Pour Shane, la perte de son salaire a été le moindre mal. Quand il vivait à Cincinnati, il était membre du syn­di­cat International Brotherhood of Electrical Workers Local 212, donc avec un salaire lié à une conven­tion. Il tra­vaillait comme élec­tri­cien, jusqu’à ce qu’il soit licen­cié en sep­tembre 2009 au moment où crise de l’emploi a atteint son sommet. « Lorsque je rece­vais les indem­ni­tés de chô­mage, mon revenu était de 40% infé­rieur à mon salaire pré­cé­dent», dit-il.

Mais rem­pla­cer les assu­rances (santé et retraite) qu’assure un emploi conven­tionné était un défi beau­coup plus grand. « J’ai un enfant en dif­fi­culté pour lequel les fac­tures médi­cales atteignent en moyenne 1500 dol­lars par mois», dit Shane. « L’élément le plus pénible de mon licen­cie­ment a été le fait de devoir payer moi-même ma cou­ver­ture d’assurance-maladie. Non seule­ment celle-ci était tout à coup de 600 dol­lars par mois, mais après 10 mois, la com­pa­gnie d’assurance nous a lâchés. Un plan de famille COBRA [Consolidated Omnibus Budget Reconciliation Act : ce plan permet à un tra­vailleur qui l’a perdue, suite à un licen­cie­ment, de garder la cou­ver­ture du réseau santé dans lequel il était inséré, en pre­nant la tota­lité des primes en charge et cela durant une période d’un an, en géné­ral] s’élevait à 810 dol­lars par mois, et cela repré­sen­tait au mieux une cou­ver­ture mini­male.»

Nancy a été confron­tée au même dilemme. Elle est de la Caroline du Sud et a été sans emploi pen­dant plus de deux ans. Elle raconte com­ment elle a reçu des offres de la part d’assurances dans le cadre du pro­gramme gou­ver­ne­men­tal COBRA qui permet à des tra­vailleurs licen­ciés de conser­ver une cou­ver­ture de santé, mais à un coût extrê­me­ment élevé. « Vous êtes forcé ou de vous endet­ter encore plus pour la payer, ou à renon­cer à tout», dit-elle. « Les deux fois où j’ai perdu mon emploi, je n’ai pas pu m’offrir COBRA et pour cela je suis restée sans cou­ver­ture mala­die.»

En plus de cela, il y a toute la pape­ras­se­rie que le chô­meur doit négo­cier, que ce soit s’il veut garder son assu­rance-mala­die avec COBRA ou juste faire les démarches pour rece­voir des indem­ni­tés, ce qui consti­tue un job en soi.

Shane dit que toute cette pape­ras­se­rie ajoute l’insulte à l’injure. « Après chaque chan­ge­ment d’Etat ou de cou­ver­ture [assu­rances], vous devez redé­po­ser une demande. Il y a alors une période d’attente, d’environ deux semaines. Durant cette période, vous n’avez pas de revenu, et quand votre demande abou­tit enfin, vous ne rece­vez les indem­ni­tés que d’une semaine. En plus du fait de ne rece­voir que 60% de votre salaire et de perdre quatre à cinq semaines de salaire par année, c’est une lutte pour payer quoi que ce soit. »

Vous voulez parier sur le fait de savoir si Tom Corbett ou Jon Kyl touchent, eux, tous leurs salaires ? La réelle « dis­sua­sion » est contre le chô­meur qui fait les démarches pour tou­cher des allo­ca­tions chô­mage, puis pour réus­sir à y rester. Plutôt qu’une forme d’«assurance», comme leur nom l’indique, les indem­ni­tés de chô­mage sont une cause sup­plé­men­taire d’anxiété dans une vie rem­plie de soucis sur ce qui va adve­nir.

Nancy dit que c’est même dif­fi­cile de penser à faire quelque chose de dis­trayant avec des amis depuis qu’elle n’a plus de tra­vail. « Pour beau­coup de gens, le revenu est déjà dépensé [à crédit] quand il arriveDonc même si vous rece­vez un petit extra, vous avez mau­vaise conscience de le dépen­ser.»

Bien sûr, comme Nancy tient à le dire, c’est la même chose pour des mil­lions et des mil­lions d’autres gens – ceux qui ont des bou­lots dans l’économie des sur­nu­mé­raires et des désaf­fi­liés. (Traduction A l’Encontre,article publié le 2 sep­tembre sur le site de l’International Socialist Organization des Etats-Unis)

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