ESSAI : PARESSE ET RÉVOLUTION, ÉCRITS (1880-1911) PAUL LAFARGUE

Par Mis en ligne le 20 décembre 2009
lundi 7 décembre 2009
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Gilles Candar et Jean-Numa Ducange, spé­cia­listes de l’histoire de la gauche, ont eu la bonne idée de repu­blier Paul Lafargue. Ce der­nier est sur­tout connu pour avoir été le gendre de Karl Marx et pour avoir écrit le Droit à la paresse, pam­phlet au titre encore aujourd’hui pro­vo­ca­teur. Sa per­son­na­lité et ses écrits sont pour­tant loin de se réduire à ces deux faits d’armes.

Les deux his­to­riens rap­pellent qu’il fut en son temps un théo­ri­cien et un mili­tant qui prit une part active dans la dif­fu­sion des idées de Marx en France et dans la créa­tion d’un mou­ve­ment socia­liste fran­çais.

Après une intro­duc­tion dans laquelle ils resi­tuent vie et acti­vi­tés de Lafargue, ils pro­posent des textes regrou­pés en trois cha­pitres. Le pre­mier reprend les célèbres Droit à la paresse (1880-1883) et La reli­gion du capi­tal (1886). Le deuxième ras­semble des textes consa­crés à l’Histoire et à la Littérature, notam­ment une cri­tique cin­glante de la « légende de Victor Hugo ».
Le troi­sième est consti­tué de divers articles écrits pour des jour­naux socia­listes. Candar et Ducange nous donnent à voir un per­son­nage com­plexe à la pensée ori­gi­nale. Farouchement anti­clé­ri­cal, il fut l’un des pre­miers au sein du mou­ve­ment socia­liste à s’intéresser à l’égalité des femmes, consi­dé­rant le mariage comme un asser­vis­se­ment.

Internationaliste fervent à une époque où la gauche a des accents patrio­tiques, il dis­cute avec Jaurès, influence Guesde, fait preuve par­fois d’une cer­taine intran­si­geance, voyant ainsi d’un mau­vais œil l’engagement drey­fu­sard. Il par­ti­cipe à la fon­da­tion de la SFIO mais s’intéresse au syn­di­ca­lisme révo­lu­tion­naire et condamne la nomi­na­tion de ministres socia­listes.

Un livre pas­sion­nant qui éclaire pensée et par­cours d’un homme engagé qui a fait des erreurs tout en res­tant jusqu’au bout un révo­lu­tion­naire sin­cère.
Sylvain Pattieu
Tallandier, Collection texto, 430 pages,10 euros.

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