Les prix de la honte décernés à Davos

En marge du Forum économique mondial qui se réunit tous les ans à Davos en Suisse, les ONG Greenpeace et la Déclaration de Berne organisent un contre-sommet pour remettre des prix aux entreprises les plus irresponsables au niveau social et écologique. Lors de la 11e cérémonie, des « Public Eye Award » ont été décernés le 27 janvier à, entre autres, la Banque royale du Canada et à l’entreprise pharmaceutique Roche.

La Banque royale du Canada, plus grande entreprise canadienne en terme de chiffre d’affaires, est le principal financeur de la production de pétrole brut à partir des sables bitumineux, le plus sale du monde, dans la province de l’Alberta. Cette production émet trois fois plus de gaz à effet de serre que l’extraction conventionnelle. Effectuée sur une surface plus grande que la Suisse et l’Autriche réunies, cette production consomme en eau autant qu’une ville d’un million d’habitants. L’eau utilisée, devenue toxique, empoisonne l’environnement et la population indigène, qui connaît une augmentation du nombre de cancers.

Quant à l’entreprise Roche, également primée, elle teste en Chine un médicament visant à prévenir le rejet après une greffe d’organe. 90% des organes transplantés en Chine proviennent de prisonniers condamnés à mort. Cela ne semble pas devoir perturber l’activité de cette firme pharmaceutique, qui affirme n’avoir aucune information sur la provenance de ces organes.

Un « prix du greenwahsing » a par ailleurs été décerné au CEO Water Mandate. Initiative lancée dans le cadre du Pacte mondial de l’ONU, ce club réunit des chefs d’entreprises qui affirment lutter contre la crise de l’eau. On y retrouve Nestlé, Coca Cola ou Dow Chemical, qui sous couvert du logo de l’ONU poursuivent leurs politiques de privatisation des ressources d’eau.

Parmi les nominés qui n’ont pas eu la chance, cette année, de remporter un prix, on trouve le Comité international olympique (CIO). Celui-ci n’hésite pas à déplacer une partie de la population indigène de Vancouver, où auront lieu les Jeux olympiques d’hiver. Des jeux qui se dérouleront sur des terres indiennes jusqu’ici préservées. Le CIO est un habitué des pratiques antisociales. Suez GDF arrive en deuxième position pour le prix du public. Le groupe énergétique, qui appartient à 36 % à l’État français, joue un rôle essentiel dans la construction du barrage Jirau sur le Rio Madeira au Brésil. Déplacement de force de plusieurs milliers d’indigènes, pollution au mercure, défrichage de forêt… Suez GDF ne recule devant rien, et n’a pas peur de participer à un projet désastreux pour les populations et l’environnement, au mépris des lois en vigueur.