ENTREPRISES

Les prix de la honte décernés à Davos

Mis en ligne le 02 février 2010

En marge du Forum éco­no­mique mon­dial qui se réunit tous les ans à Davos en Suisse, les ONG Greenpeace et la Déclaration de Berne orga­nisent un contre-sommet pour remettre des prix aux entre­prises les plus irres­pon­sables au niveau social et éco­lo­gique. Lors de la 11e céré­mo­nie, des « Public Eye Award » ont été décer­nés le 27 jan­vier à, entre autres, la Banque royale du Canada et à l’entreprise phar­ma­ceu­tique Roche.

La Banque royale du Canada, plus grande entre­prise cana­dienne en terme de chiffre d’affaires, est le prin­ci­pal finan­ceur de la pro­duc­tion de pétrole brut à partir des sables bitu­mi­neux, le plus sale du monde, dans la pro­vince de l’Alberta. Cette pro­duc­tion émet trois fois plus de gaz à effet de serre que l’extraction conven­tion­nelle. Effectuée sur une sur­face plus grande que la Suisse et l’Autriche réunies, cette pro­duc­tion consomme en eau autant qu’une ville d’un mil­lion d’habitants. L’eau uti­li­sée, deve­nue toxique, empoi­sonne l’environnement et la popu­la­tion indi­gène, qui connaît une aug­men­ta­tion du nombre de can­cers.

Quant à l’entreprise Roche, éga­le­ment primée, elle teste en Chine un médi­ca­ment visant à pré­ve­nir le rejet après une greffe d’organe. 90% des organes trans­plan­tés en Chine pro­viennent de pri­son­niers condam­nés à mort. Cela ne semble pas devoir per­tur­ber l’activité de cette firme phar­ma­ceu­tique, qui affirme n’avoir aucune infor­ma­tion sur la pro­ve­nance de ces organes.

Un « prix du green­wah­sing » a par ailleurs été décerné au CEO Water Mandate. Initiative lancée dans le cadre du Pacte mon­dial de l’ONU, ce club réunit des chefs d’entreprises qui affirment lutter contre la crise de l’eau. On y retrouve Nestlé, Coca Cola ou Dow Chemical, qui sous cou­vert du logo de l’ONU pour­suivent leurs poli­tiques de pri­va­ti­sa­tion des res­sources d’eau.

Parmi les nomi­nés qui n’ont pas eu la chance, cette année, de rem­por­ter un prix, on trouve le Comité inter­na­tio­nal olym­pique (CIO). Celui-ci n’hésite pas à dépla­cer une partie de la popu­la­tion indi­gène de Vancouver, où auront lieu les Jeux olym­piques d’hiver. Des jeux qui se dérou­le­ront sur des terres indiennes jusqu’ici pré­ser­vées. Le CIO est un habi­tué des pra­tiques anti­so­ciales. Suez GDF arrive en deuxième posi­tion pour le prix du public. Le groupe éner­gé­tique, qui appar­tient à 36 % à l’État fran­çais, joue un rôle essen­tiel dans la construc­tion du bar­rage Jirau sur le Rio Madeira au Brésil. Déplacement de force de plu­sieurs mil­liers d’indigènes, pol­lu­tion au mer­cure, défri­chage de forêt… Suez GDF ne recule devant rien, et n’a pas peur de par­ti­ci­per à un projet désas­treux pour les popu­la­tions et l’environnement, au mépris des lois en vigueur.

Les commentaires sont fermés.