Engagée pour les droits fondamentaux des travailleurs

Quentin Dufranne, Métro, 22 octobre 2021

Sohnia Karamat Ali est une fervente défenseuse des droits fondamentaux. Depuis le Pakistan, d’où elle vient, jusqu’au bureau du Comité d’action de Parc-Extension (CAPE), elle n’a jamais cessé de défendre les droits fondamentaux des minorités.

C’est de son père que Sohnia Karamat Ali tient ce désir de défendre et représenter les personnes dans le besoin.

Avec un père syndicaliste et engagé pour la classe ouvrière au Pakistan, Sohnia a grandi dans cet univers de mobilisation. «Ça a fait de moi une personne qui croit vraiment en la solidarité entre les gens», explique-t-elle.

Lors de ses études en sciences naturelles, elle s’engage progressivement comme son père et devient éducatrice militante. Par des ateliers d’éducation populaire, Sohnia informait les ouvriers de leurs droits au Pakistan, mais aussi de leurs droits internationaux.

Elle rejoint ensuite l’Institut pakistanais de l’éducation ouvrière et de recherche où elle commence à travailler avec des mouvements ouvriers dans l’optique de «rendre l’Asie du Sud meilleure».

Une vie au Canada qui n’était pas prévue

Le mari de Sohnia est originaire de l’Inde. Mais les Pakistanais souhaitant s’y installer sont confrontés à des difficultés. Alors, c’est au Canada que le couple se retrouve en 2007. «On espérait qu’avec un passeport canadien, il serait plus facile d’avoir un visa pour l’Inde», explique-t-elle.

Au moment où elle obtient son passeport, l’Inde qu’elle connaissait avait changé. L’Inde plus laïque et ouverte n’était plus et ne représentait désormais plus une option pour le couple. Sa première tâche fut donc d’apprendre le français pour pouvoir «s’intégrer à la population générale».

Elle suivit alors des cours de français au Cégep Marie-Victorin. Et la naissance de sa fille au Québec rendit l’apprentissage du français encore plus important pour elle. «Je suis venue [au Canada] avec cette idée de défendre les droits fondamentaux, mais je n’avais pas de plans», dit Sohnia.

Une nouvelle vie d’activiste au Québec

Son mari étant déjà au Canada, et lui-même engagé dans des organismes de solidarité aux niveaux pancanadien et international, il l’informe de la réalité au Québec.

Elle s’engage rapidement pour le Centre des travailleurs et travailleuses immigrants. Sohnia y effectue des actions semblables à celles qu’elle faisait déjà au Pakistan. La défenseuse vient en aide aux travailleurs dont les droits ne sont pas respectés, et les informe sur leurs droits existants.

Elle devient par la suite bénévole à Solidarité sans frontières. Et c’est en assistant aux réunions qu’elle prend conscience de l’importance de la problématique du logement au Québec.

Un combat pour les locataires et locatrices

Son engagement pour les locataires et locatrices s’agrandit lorsqu’elle rejoint la Fédération des locataires d’habitations à loyer modique. C’est en 2015 qu’elle se joint au Comité d’action de Parc-Extension (CAPE).

Fondé en 1986, le CAPE vise à améliorer les conditions des plus démunis en matière d’habitation, dans le quartier Parc-Extension.

Désormais, Sohnia Karamat Ali y travaille en tant qu’agente d’accueil et de la mobilisation. Elle informe les individus sur les droits fondamentaux des locataires. En tant qu’interprète, elle les accompagne aussi à l’hôpital, et dans leurs recours administratifs.

Sohnia Karamat Ali reconnaît le travail du CAPE comme le fruit d’un travail d’équipe. Pour elle, sa plus grande force est de travailler avec deux autres femmes, Célia Dehouche et Amy Darwish.

«Un jour, nous pourrons avoir une vraie justice sociale non seulement avec une grande solidarité, mais avec un vrai esprit féministe», ajoute-t-elle.