La grande bifurcation

En finir avec le néolibéralisme


Par Mis en ligne le 08 février 2014

Les éco­no­mies et les socié­tés des États-Unis et de l’Europe sont aujourd’hui au seuil d’une grande bifur­ca­tion. À droite, de nou­velles confi­gu­ra­tions sociales se des­sinent sous nos yeux, pro­lon­geant, en dépit de la crise, les voies néo­li­bé­rales au béné­fice des plus favo­ri­sés. L’urgence est grande du bas­cu­le­ment vers l’autre branche de l’alternative, à gauche cette fois.

Tel est le constat de ce livre, nourri par une enquête sur la dyna­mique his­to­rique du capi­ta­lisme depuis un siècle.
Derrière l’évolution aujourd’hui bien docu­men­tée des inéga­li­tés entre reve­nus du capi­tal et reve­nus du tra­vail, et entre hauts et bas salaires, se cache une struc­ture de classes non pas bipo­laire mais tri­po­laire – com­pre­nant capi­ta­listes, cadres et classes popu­laires -, qui fut tout au long du siècle der­nier le ter­rain de dif­fé­rentes coa­li­tions poli­tiques.

L’alliance sociale et sur­tout poli­tique entre capi­ta­listes et cadres, typique du néo­li­bé­ra­lisme, est le mar­queur de la droite ; celle entre classes popu­laires et cadres, qui a carac­té­risé l’après-Seconde Guerre mon­diale en Occident, fut celui de la gauche.
Dans ce livre docu­menté et engagé, issu de nom­breuses années de recherches, Gérard Duménil et Dominique Lévy défendent dès lors une thèse simple repo­sant sur une idée cen­trale : la réou­ver­ture des voies du pro­grès social passe par la capa­cité poli­tique d’ébranler les grands réseaux finan­ciers de la pro­priété capi­ta­liste et la conni­vence entre pro­prié­taires et hauts ges­tion­naires.

Telle est la condi­tion pour enclen­cher un nou­veau com­pro­mis à gauche entre classes popu­laires et cadres, et ouvrir les voies du dépas­se­ment gra­duel du capi­ta­lisme.

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