Attaque à la liberté d’expression

Écosociété est l’objet de deux SLAPP*

Appuyez Écosociété dans son combat pour le droit à l'information

Mis en ligne le 13 juin 2011

Les socié­tés minières cana­diennes Barrick Gold et Banro pour­suivent les Éditions Écosociété ainsi que les trois auteurs de Noir Canada. Pillage, cor­rup­tion et cri­mi­na­lité en Afrique pour dif­fa­ma­tion. Montant total exigé : 11 mil­lions de $ cana­diens.

Écosociété demande toutes les formes d’appui pos­sible pour mener ce combat de David contre Goliath.

Pour nous aider à pour­suivre notre lutte, vous pouvez :

Les deux mul­ti­na­tio­nales reprochent à l’éditeur et aux auteurs de Noir Canada – Alain Deneault, Delphine Abadie et William Sacher – d’avoir cité et ana­lysé des docu­ments pour­tant répu­tés cré­dibles et déjà dis­po­nibles dans la sphère publique. Ces pour­suites-bâillons, ou SLAPP*, sont une lourde menace pour le droit à l’information, pour la liberté d’expression et donc pour la démo­cra­tie. Nous refu­sons de nous faire muse­ler et enten­dons pour­suivre notre tra­vail d’éditeur engagé.

L’Afrique s’enlise dans la pau­vreté tandis que socié­tés minières, pétro­lières et autres indus­tries cana­diennes s’y enri­chissent infi­ni­ment. Des docu­ments fouillés pro­ve­nant de sources d’information inter­na­tio­nales fiables et cré­dibles font état de dévas­ta­tion envi­ron­ne­men­tale, de pillage sys­té­mique, de cor­rup­tion, de col­lu­sion avec des poten­tats locaux, sei­gneurs de guerre ou dic­ta­teurs… Noir Canada. Pillage, cor­rup­tion et cri­mi­na­lité en Afrique est la syn­thèse et l’analyse de ces tra­vaux. Il porte aussi sur le sou­tien dont béné­fi­cient par­fois ces socié­tés de la part du gou­ver­ne­ment cana­dien. Le débat que ce livre veut rendre public est d’autant plus légi­time que les actifs des Canadiens (fonds de retraite, REER, fonds publics) sont sou­vent indi­rec­te­ment inves­tis dans ces socié­tés via la Bourse de Toronto.

En réponse à la publi­ca­tion de Noir Canada, Barrick Gold, plus grosse com­pa­gnie auri­fère au monde, réclame 5 mil­lions $ pour dom­mages moraux com­pen­sa­toires, ainsi qu’un mil­lion à titre de dom­mages puni­tifs. Cela repré­sente 25 fois le chiffre d’affaires annuel d’Écosociété.

Face à la Banro, qui réclame pour sa part 5 mil­lions de $, les auteurs et l’éditeur de Noir Canada devront à pré­sent se défendre devant les tri­bu­naux onta­riens, selon les pro­cé­dures d’un autre code de loi et dans une langue qui n’est pas la leur.

Nous consi­dé­rons que ces pour­suites abu­sives font en sorte d’empêcher le débat public, et qu’elles sont donc une nui­sance pour la démocratie.

*Acronyme anglais de Strategic law­suit against public participation

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