Économie verte : marchandiser la planète pour la sauver ?

Par Mis en ligne le 03 août 2015

Définie par l’ONU comme « une manière éco­lo­gique de faire des affaires », l’économie verte entend récon­ci­lier crois­sance et nature. Le troi­sième pilier du déve­lop­pe­ment durable (le social) mis entre paren­thèses, le temps de reboos­ter le pre­mier (l’économique) en valo­ri­sant le deuxième (l’environnemental) ? A défaut de pro­té­ger les res­sources et de par­ta­ger les richesses, le capi­ta­lisme, désor­mais vert, y sau­ve­rait sa peau. La contro­verse clive les États du Nord et du Sud.

La « Green Economy » fait florès. Elle est de pra­ti­que­ment tous les grands rap­ports inter­na­tio­naux et forums onu­siens depuis 2008. Avec comme prin­ci­pal point culmi­nant à ce jour, le Sommet de la Terre « Rio+20 », tenu en 2012 au Brésil. C’est le nou­veau leit­mo­tiv, la nou­velle pana­cée, le moteur éco­lo­gique d’une crois­sance éco­no­mique à main­te­nir ou à relan­cer. C’est aussi la nou­velle appel­la­tion trendy du déjà ancien « déve­lop­pe­ment durable », pres­crit deux décen­nies plus tôt, en 1992, à Rio éga­le­ment. Ou plutôt le moyen, cette fois, d’y abou­tir, car les enga­ge­ments pris alors par la com­mu­nauté inter­na­tio­nale n’ont été que très par­tiel­le­ment res­pec­tés. Pas de « déve­lop­pe­ment durable » sans « éco­no­mie verte ». C’est la voie « natu­relle » à pri­vi­lé­gier. Le troi­sième pilier du déve­lop­pe­ment durable (« le social ») mis entre paren­thèses, le temps de reboos­ter le pre­mier (« l’économique ») en valo­ri­sant le deuxième (« l’environnemental ») ?

« Une manière éco­lo­gique de faire des affaires »

Le contexte d’émergence du concept d’« éco­no­mie verte » parle de lui-même. La crise éco­lo­gique et, avec elle, la conscience des limites phy­siques d’une exploi­ta­tion irres­pon­sable des res­sources natu­relles ont pris une telle dimen­sion « cli­ma­tique » ces der­nières années que même les acteurs les plus pro­duc­ti­vistes ont fini par com­prendre l’importance cru­ciale – et l’intérêt – des stra­té­gies d’« atté­nua­tion », d’« adap­ta­tion », voire d’« anti­ci­pa­tion » ou de « pré­cau­tion ». Mais si l’urgence du « sau­ve­tage de la pla­nète » s’avère néces­saire pour expli­quer l’engouement supra­na­tio­nal pour un ver­dis­se­ment de l’économie, elle ne suffit pas à épui­ser ses res­sorts. A l’évidence, les récentes crises finan­cières puis éco­no­miques et, au-delà, les aléas struc­tu­rels des taux de crois­sance des grandes puis­sances n’y sont pas étran­gers. Ils fonc­tionnent à plein dans la jus­ti­fi­ca­tion d’une impé­rieuse « tran­si­tion » vers un modèle de déve­lop­pe­ment qui aurait la double vertu de relan­cer la « pro­duc­tion de richesses » tout en allé­geant son « empreinte envi­ron­ne­men­tale », ou à tout le moins, de « décou­pler » les deux termes, l’essor éco­no­mique et la consom­ma­tion des res­sources.

De cette idée, la Banque mon­diale, l’OCDE, le Global Green Growth Institute (GGGI) [1], le G20, le Forum de Davos, l’International Chamber of Commerce (ICC)… jusqu’au géant trans­na­tio­nal de l’audit et de l’« opti­mi­sa­tion fis­cale » PwC [2], parmi bien d’autres encore, s’en sont faits les chantres, en par­lant d’ailleurs plus de « crois­sance verte » que d’« éco­no­mie verte ». De la « Green Growth Strategy » de l’OCDE (2011) à l’ « Inclusive Green Growth » de la Banque mon­diale (2012), en pas­sant par le rap­port « More with Less : Scaling Sustainable Consumption and Resource Efficiency » du Forum éco­no­mique mon­dial (2012) ou la « Green Economy Roadmap » de l’ICC (2012), une même convic­tion : le « décou­plage » de la crois­sance du PIB et de la dégra­da­tion de l’environnement – conco­mi­tant dans le « busi­ness as usual » – est pos­sible ! La « crois­sance verte » rendra com­pa­tible, par l’innovation et l’efficience de ses outils, hausse de la pro­duc­tion et baisse des impacts envi­ron­ne­men­taux.

Avec son rap­port de plus de 600 pages inti­tulé « Towards a Green Economy:Pathways to Sustainable Development and Poverty Eradication », véri­table pièce maî­tresse du pro­ces­sus mon­dial de concep­tua­li­sa­tion de l’économie verte, le Programme des Nations unies pour l’environnement entend lui aussi « démon­trer que l’écologisation de l’économie n’est pas un frein à la crois­sance, mais plutôt un nou­veau moteur de la crois­sance » (PNUE, 2011). Un moteur vert « qui génère de nou­veaux emplois et qui favo­rise l’élimination de la pau­vreté », ajoute le rap­port qui réac­tua­lise de la sorte la dimen­sion « cohé­sion sociale » du « déve­lop­pe­ment durable », tel qu’il avait été objec­tivé dès 1992 à Rio. « Une éco­no­mie verte peut se défi­nir comme une éco­no­mie qui apporte une amé­lio­ra­tion du bien-être et l’équité sociale, tout en rédui­sant consi­dé­ra­ble­ment les risques envi­ron­ne­men­taux et les risques de pénu­ries de res­sources natu­relles » (PNUE, 2011). Et de conclure : « le nou­veau concept pro­pose une manière éco­lo­gique de faire des affaires »…

C’est donc assez natu­rel­le­ment que cou­rant 2012, la Banque mon­diale, l’OCDE, le GGGI et le PNUE se sont retrou­vés, sur la base de la proxi­mité de leur vision, pour éta­blir une nou­velle ini­tia­tive com­mune de pro­mo­tion de l’économie verte : la « Green Growth Knowledge Platform ». A l’agenda de cette pla­te­forme inter­na­tio­nale de poids, comme à celui de bien d’autres ins­ti­tu­tions déjà citées ou non, la dif­fu­sion auprès des États, mais aussi d’acteurs privés, d’un flot impres­sion­nant de recom­man­da­tions, de « feuilles de route », de « bonnes pra­tiques », d’appels à l’action, d’offres de ser­vices, de conseils poli­tiques, d’assistance tech­nique, etc., visant tous, à des degrés et des niveaux d’élaboration divers, à « créer les condi­tions pro­pices aux inves­tis­se­ments éco­lo­giques » et à jeter les bases d’environnements éco­no­miques à moindre émis­sion de car­bone, plus effi­caces, effi­cients et rai­son­nables dans la ges­tion des res­sources natu­relles.

À ce jour, un nombre non négli­geable de pays et d’entreprises ont peu ou prou emboîté le pas, en adop­tant la « crois­sance verte » comme objec­tif poli­tique expli­cite, en s’engageant dans sa sti­mu­la­tion par la créa­tion d’outils, de méca­nismes ou d’incitants « éco », en expé­ri­men­tant de nou­velles tech­no­lo­gies « propres », en pri­vi­lé­giant des tech­niques de pro­duc­tion, de construc­tion, de trans­port, de com­mer­cia­li­sa­tion, de consom­ma­tion « plus res­pec­tueuses de l’environnement »… Simple green­wa­shing oppor­tu­niste, ver­dis­se­ment pro­gres­sif du capi­ta­lisme ou trans­for­ma­tions sys­té­miques plus fon­da­men­tales, la « tran­si­tion » semble amor­cée… même si, en matière d’engagements inter­na­tio­naux, le der­nier « Sommet de la Terre » en date a laissé l’ensemble des par­ti­ci­pants sur leur faim ! L’échec de « Rio+20 » met en réa­lité au grand jour non seule­ment le carac­tère hau­te­ment dis­cu­table du projet d’économie verte (« pana­cée, pis-aller ou pla­cebo ? »), mais aussi les stra­té­gies et inté­rêts diver­gents des pays déve­lop­pés, émer­gents et en déve­lop­pe­ment sur cet enjeu cru­cial (« pays riches versus pays pauvres ? »).

Économie verte : pana­cée, pis-aller ou pla­cebo ?

Bien que proches et à pre­mière vue conver­gents, les dif­fé­rents appels mains­tream à plus d’économie verte ne mobi­lisent pas tous la même argu­men­ta­tion théo­rique pour en jus­ti­fier la néces­sité et ne pres­crivent pas sys­té­ma­ti­que­ment les mêmes poli­tiques. L’influent ana­lyste Michael Jacobs, du Grantham Research Institute on Climate Change and the Environment, dis­tingue deux niveaux de jus­ti­fi­ca­tion. Le pre­mier – « stan­dard » – éta­blit une com­pa­ti­bi­lité entre pro­tec­tion envi­ron­ne­men­tale et pour­suite de la crois­sance éco­no­mique. En cela, il rend d’emblée l’idée du ver­dis­se­ment moins dis­sua­sive au sein de la com­mu­nauté prag­ma­tique des déci­deurs éco­no­miques que ne l’avait réussi le concept de « déve­lop­pe­ment durable », davan­tage porté par le mou­ve­ment envi­ron­ne­men­ta­liste et ins­piré par l’argument idéo­lo­gique des « limites de la crois­sance » (Jacobs, 2013). La thèse est lim­pide : les coûts d’une meilleure pro­tec­tion de l’environnement sont gérables ; ils n’hypothéqueront pas la crois­sance éco­no­mique ; au contraire, ces coûts sont en-deçà de ce qu’ils seront si l’on ne fait rien.

Le second niveau de jus­ti­fi­ca­tion – « fort » – uti­lisé par les pro­mo­teurs mains­tream de l’économie verte pré­tend, plus har­di­ment, que la poli­tique envi­ron­ne­men­tale est non seule­ment com­pa­tible avec la crois­sance, mais qu’elle peut aussi en être le moteur. Trois registres d’arguments éco­no­miques sont revi­si­tés pour convaincre (Ibidem, 2013). Le pre­mier est l’argument key­né­sien d’une « relance verte » de court terme en périodes de réces­sion, par la créa­tion d’une demande en pro­duits envi­ron­ne­men­taux. Pour le deuxième, une révi­sion de la théo­rie clas­sique de la crois­sance suffit à iden­ti­fier la contri­bu­tion béné­fique de l’investissement dans le « capi­tal natu­rel » et les diverses défaillances de marché qu’une poli­tique de l’environnement pourra cor­ri­ger. Pour le troi­sième, l’importance de l’innovation tech­no­lo­gique, en l’occurrence « verte », pour géné­rer de la crois­sance n’est plus à démon­trer ; elle émane des théo­ries des « avan­tages com­pa­ra­tifs » et des mou­ve­ments longs du capi­ta­lisme.

Reste que, tou­jours selon Michael Jacobs, en dépit de l’évidence (plus alar­mante qu’il y a vingt ans) des pro­blèmes causés par la dégra­da­tion de l’environnement d’une part, et de l’intérêt crois­sant d’importants sec­teurs éco­no­miques pour une tran­si­tion verte d’autre part, l’idée est loin de faire l’unanimité. Dans la plu­part des pays – du Nord et du Sud – comme dans l’industrie lourde aux inté­rêts tou­jours très puis­sants, l’opinion domi­nante ne croit pas en la pos­si­bi­lité d’une crois­sance verte. Les poli­tiques envi­ron­ne­men­tales ambi­tieuses conti­nuent à y être per­çues bien davan­tage comme un frein à la crois­sance (hausse des coûts, des res­tric­tions, des régu­la­tions, baisse de la com­pé­ti­ti­vité…) que comme un moteur. Et si elles devaient malgré tout finir par géné­rer de la crois­sance, ce serait néces­sai­re­ment par le biais de telles trans­for­ma­tions dans la struc­ture des éco­no­mies natio­nales que le pro­ces­sus crée­rait des per­dants et des gagnants. Le rap­port entre forces poli­tiques et éco­no­miques actuel laisse à penser que les pre­miers tiennent encore le haut du pavé (Jacobs, 2013).

L’autre oppo­si­tion forte au projet mains­tream d’économie verte tel que promu par le PNUE, la Banque mon­diale, les banques mul­ti­la­té­rales de déve­lop­pe­ment, l’OCDE et bien d’autres, émane de sec­teurs de gauche, d’organisations éco­lo­gistes, de mou­ve­ments sociaux cri­tiques du modèle éco­no­mique domi­nant, d’ONG de déve­lop­pe­ment, de syn­di­cats, d’associations de peuples indi­gènes et de quelques très rares gou­ver­ne­ments, comme celui du pré­sident Evo Morales en Bolivie. C’est, pour l’essentiel, ces mul­tiples acteurs « alter­mon­dia­listes » que l’on a retrou­vés en 2012 au sein du « Sommet des peuples pour la jus­tice sociale et envi­ron­ne­men­tale », en marge de la Conférence offi­cielle « Rio+20 ». Tous sont en réa­lité favo­rables à une « éco­no­mie verte », mais une « éco­no­mie verte » en rup­ture réelle avec l’actuel modèle de pro­duc­tion et de consom­ma­tion à l’origine même de l’aggravation des dés­équi­libres sociaux et envi­ron­ne­men­taux.

Avant même de ques­tion­ner la logique fon­da­men­tale du para­digme mains­tream d’économie verte, un pre­mier niveau de cri­tique épingle deux biais inhé­rents au projet porté par les orga­ni­sa­tions inter­na­tio­nales : la sur­es­ti­ma­tion de l’argument du « tri­ckle-down » et la sous-esti­ma­tion de « l’effet rebond ». En clair : d’un côté, les mou­ve­ments sociaux dénoncent l’ineffectivité de la théo­rie libé­rale éculée du tri­ckle-down (ruis­sel­le­ment), sur laquelle s’appuie une nou­velle fois l’argumentation domi­nante pour jus­ti­fier la prio­rité donnée à la crois­sance « verte » des richesses qui, à terme, par « ruis­sel­le­ment » donc ou redis­tri­bu­tion, sont cen­sées finir par faire recu­ler la pau­vreté et les inéga­li­tés [3]. De l’autre côté, les asso­cia­tions éco­lo­gistes signalent les hausses de consom­ma­tion et de… pol­lu­tion sur les­quelles débouche para­doxa­le­ment sou­vent, par « effet rebond », une éco­no­mie verte qui table essen­tiel­le­ment sur une relance de la crois­sance par l’innovation et l’efficience tech­no­lo­giques [4].

Plus fon­da­men­ta­le­ment, c’est la logique même du projet domi­nant en matière d’économie verte qui pose pro­blème. Une logique qui tend bien davan­tage à conso­li­der le modèle capi­ta­liste réel­le­ment exis­tant, en le ver­dis­sant, qu’à le chan­ger ou même à le réfor­mer. Pour le « Sommet des peuples », le virage « éco­res­pon­sable » de cer­taines agences onu­siennes et entre­prises mul­ti­na­tio­nales ren­voie de facto à une « nou­velle phase de recom­po­si­tion et de déve­lop­pe­ment capi­ta­listes », moti­vée d’abord par « le sau­ve­tage du sys­tème éco­no­mique et finan­cier », et qui a déjà comme prin­ci­pal inci­dence de « ren­for­cer le contrôle du grand capi­tal privé sur les biens com­muns de l’humanité ».

Dans les mesures pré­co­ni­sées en effet, la nou­velle pana­cée verte s’impose réso­lu­ment à rebours de tout ren­ver­se­ment d’orientations. Priorité à la crois­sance, à la pro­duc­ti­vité, à l’innovation, à l’efficience, à la sécu­ri­sa­tion de l’approvisionnement en res­sources natu­relles… par des pro­grammes d’investissements dans des tech­no­lo­gies propres, la confir­ma­tion du libre-échan­gisme et de la finan­cia­ri­sa­tion de l’économie, la mise sur le marché du « capi­tal natu­rel », la « valo­ri­sa­tion » des « ser­vices éco­sys­té­miques », la pri­va­ti­sa­tion des res­sources, le bre­ve­tage du vivant, l’appropriation pri­va­tive des sols, de l’eau, de l’air, des forêts, de la bio­di­ver­sité… et la pré­ten­due « ges­tion effi­cace et res­pon­sable » induite.

« Économie verte : le nouvel ennemi » (IPS, 2012), « cheval de Troie des grand lobbys indus­triels et finan­ciers » (Rigot, 2012), « nou­veau Consensus de Washington » (WSF, 2012), « néo­co­lo­nia­lisme éco­lo­gique » (Gouvernement boli­vien, 2012), « fausses solu­tions » (Sommet des peuples, 2012), « eldo­rado vert pour le capi­tal»(Tanuro,2012),« loup déguisé en agneau»(Lander,2011)…la cri­tique de ce qui aux pre­miers abords avait pu appa­raître aux yeux de l’opinion comme l’expression d’une saine prise de conscience mon­diale, est sans ambages. Démasquée, la Green Economy est ana­ly­sée comme « une offen­sive visant à créer de nou­velles sources de profit et de crois­sance », en éten­dant la portée du capi­tal finan­cier et en inté­grant au marché cette immense part de la nature trop long­temps non « valo­ri­sée ». Et cela, pré­ci­sé­ment, en attri­buant une valeur, un prix – le coût de conser­va­tion – à la bio­masse, à la bio­di­ver­sité, aux rivières, aux forêts, aux fonc­tions des éco­sys­tèmes – sto­ckage du car­bone, pol­li­ni­sa­tion des cultures, fil­trage de l’eau… –, « de façon à conver­tir ces ’ser­vices’ en unités com­mer­cia­li­sables sur les mar­chés finan­ciers » (WSF, 2012).

Le credo est ultra­li­bé­ral : les États sont invi­tés – par le PNUE (2011) notam­ment – à ouvrir la voie à la crois­sance verte (« finan­ce­ment public », « déver­rouiller le poten­tiel de pro­duc­tion… »), à créer les inci­tants et les condi­tions favo­rables à la valo­ri­sa­tion et à la pri­va­ti­sa­tion des res­sources (les sortir de leur « invi­si­bi­lité éco­no­mique », « sous-éva­lua­tion » ou « mau­vaise ges­tion ») et à lais­ser libre cours à un marché mieux à même d’assurer la dura­bi­lité d’un « capi­tal natu­rel » dont dépendent ses taux de profit. « Marché du car­bone » , « méca­nisme REDD [5] » et « rétri­bu­tions pour défo­res­ta­tion évitée » sont ainsi régu­liè­re­ment convo­qués comme exemples d’instruments miracles, déjà par­tiel­le­ment opé­ra­tion­nels. Et pour­tant. Ces der­niers, visant entre autres à com­pen­ser les émis­sions de CO2 d’entreprises ou de régions indus­trielles par le finan­ce­ment – public ou privé – de pro­jets de refo­res­ta­tion ou de « réduc­tion de défo­res­ta­tions »… dans le Sud, nour­rissent des craintes légi­times : fai­sa­bi­lité et fia­bi­lité contes­tées, réduc­tions fic­tives d’émissions, bulles spé­cu­la­tives, conflits de sou­ve­rai­neté et green grab­bing, exo­né­ra­tion des pol­lueurs à bas coûts, concen­tra­tion des béné­fices, etc. (CETRI, 2008 ; Duterme, 2008 ; Karsenty et al., 2012).

Plus loin dans ce volume d’Alternatives Sud, l’ETC Group ana­lyse com­ment les plus grandes entre­prises pri­vées mon­diales – des sec­teurs éner­gé­tique, bio­tech­no­lo­gique, agro­chi­mique… – sont occu­pées à jeter les bases d’un futur post-pétro­chi­mique, en s’appropriant un accès sécu­risé à la bio­masse et aux tech­no­lo­gies asso­ciées, annon­cia­teur d’un nouvel âge de l’exploitation des res­sources natu­relles et de la bio-ingé­nie­rie. Les nou­veaux gise­ments de profit que la Green Economy laisse entre­voir recon­fi­gurent ainsi le jeu d’alliances entre groupes mul­ti­na­tio­naux, les « bio­mass­ters [6] » de demain.

Ce qui fait dire en sub­stance à Edgardo Lander, dans ce même Alternatives Sud, que le projet mains­tream d’économie verte, loin de remettre en ques­tion le capi­ta­lisme indus­triel à l’origine même de l’aggravation des crises éco­lo­giques, tente au contraire de faire croire qu’une solu­tion est pos­sible sans modi­fier la struc­ture du pou­voir ni les méca­nismes du libre marché en vigueur. Le passé récent enseigne pour­tant que cette vision mono­po­lis­tique, tech­ni­ciste et pro­duc­ti­viste du déve­lop­pe­ment est lourde de risques et de décon­ve­nues sociales et envi­ron­ne­men­tales (CETRI, 2010, 2011 et 2012).

Si dans le camp du « Sommet des peuples », on lit donc majo­ri­tai­re­ment le concept d’économie verte porté par le PNUE et consorts comme une démarche de colo­ni­sa­tion de l’écologie par la logique de l’accumulation, reste qu’au sein des ONG et des syn­di­cats des dis­sen­sions existent entre réfor­mistes et radi­caux. « Mieux que rien » pour les uns, « plus du même » pour les autres, le projet onu­sien n’est pas d’emblée rejeté par les pre­miers, qui s’attachent à y valo­ri­ser celles des pro­po­si­tions onu­siennes qui de fait peuvent par­ti­ci­per à une meilleure régu­la­tion sociale et envi­ron­ne­men­tale de l’économie inter­na­tio­nale ou abou­tir effec­ti­ve­ment sur la créa­tion d’emplois « verts et décents » (www​.ituc​-csi​.org ; www​.oxfam​.org​.uk). Tandis que les seconds y voient pour l’essentiel, on l’a dit, une nou­velle étape dans la « mar­chan­di­sa­tion » de la nature au nom de sa sau­ve­garde, à base d’innovations tech­no­lo­giques et de mar­chés effi­cients… là où ils atten­daient une réelle alter­na­tive aux poli­tiques axées sur le marché et au pou­voir déme­suré du capi­tal privé, res­pon­sables des crises éco­no­miques, éco­lo­giques et sociales à sur­mon­ter.

Pays riches versus pays pauvres ?

L’autre contro­verse mise au grand jour par l’échec en 2012 du Sommet « Rio+20 » est celle qui divise les États natio­naux ou groupes de pays entre eux, et pas tou­jours d’ailleurs ou pas exclu­si­ve­ment selon une « simple » ligne de frac­ture Nord-Sud. Les stra­té­gies et inté­rêts diver­gents des « pays déve­lop­pés », « émergés/​émergents » et « en déve­lop­pe­ment » sur cet enjeu cru­cial, ajou­tés au scep­ti­cisme qui conti­nue à pré­va­loir chez la plu­part d’entre eux à l’égard de régu­la­tions vertes qui ne seraient pas syno­nymes de freins à la crois­sance et à la lutte contre la pau­vreté, com­plexi­fient le pano­rama et hypo­thèquent sin­gu­liè­re­ment la dyna­mique nor­ma­tive des Nations unies.

Dans les dis­cours, avec plus ou moins de sin­cé­rité, et par­fois dans les actes, avec plus ou moins de prio­rité, plu­sieurs États et gou­ver­ne­ments n’ont pour­tant pas attendu Rio+20 pour affi­cher leur propres efforts poli­tiques, déjà enclen­chés ou pla­ni­fiés à moyen terme, en matière de « dura­bi­lité ». D’après la Green Economy Coalition, les pion­niers en la matière seraient la Corée du Sud, le Danemark, les Émirats arabes unis, le Mexique et l’Allemagne, pre­miers enga­gés à consa­crer des moyens signi­fi­ca­tifs (un cer­tain pour­cen­tage de leur PNB, des inci­tants fis­caux…) à la crois­sance verte, au déve­lop­pe­ment des éner­gies renou­ve­lables, à la construc­tion d’habitats basse éner­gie, à des réformes agri­coles, à des par­te­na­riats public-privé éco­lo­giques, etc. (Benson et Greenfield, 2012).

L’Union euro­péenne n’est pas en reste, elle qui a défini sa propre stra­té­gie « Europe 2020 » de « crois­sance intel­li­gente, durable et inclu­sive » ; stra­té­gie assor­tie d’actions concrètes qui visent à créer des emplois, à réduire la pau­vreté, à dimi­nuer les émis­sions de gaz à effet de serre, à aug­men­ter la part des éner­gies renou­ve­lables [7] dans la consom­ma­tion, à boos­ter la recherche et le déve­lop­pe­ment, etc. C’est encore le cas des pays d’Europe du Nord, de l’Afrique du Sud, de la Tanzanie, de l’Indonésie, du Brésil, de la Colombie… ou bien sûr de la Chine, leader mon­dial dans la pro­duc­tion de pan­neaux solaires, dont le Plan quin­quen­nal 2011-2015 consacre un cha­pitre entier au « déve­lop­pe­ment vert » et aux éner­gies renou­ve­lables comme moteur de la crois­sance.

Et pour­tant, c’est bien à recu­lons que la plu­part de ces pays et les autres ont par­ti­cipé au der­nier « Sommet de la Terre », et du bout des lèvres qu’ils se sont à peine enga­gés sur un début d’agenda commun mini­ma­liste, sans réel pou­voir contrai­gnant. En cela, l’Union euro­péenne et une grande partie des pays afri­cains ont perdu leur bras de fer engagé contre les États-Unis et les grands pays émer­gents. Tandis que les pre­miers plai­daient en faveur de méca­nismes col­lec­tifs et d’engagements coor­don­nés, précis et contrai­gnants (pas tou­jours les mêmes d’ailleurs…), les seconds, drapés dans leur défense de la sou­ve­rai­neté des États, mais moins fiers de leur statut actuel de prin­ci­paux pol­lueurs de la pla­nète, pri­vi­lé­giaient la voie natio­nale des ini­tia­tives volon­taires.

Dans deux longues ana­lyses rédi­gées avant et après « Rio+20 » et publiées dans cet Alternatives Sud, Martin Khor, direc­teur du South Centre [8], se fait l’avocat équi­li­briste du « Sud », d’acteurs aussi dif­fé­rents donc que le Niger et la Chine, le Burkina Faso et le Brésil… A ses yeux, la tran­si­tion des « pays en déve­lop­pe­ment » vers un modèle pro­duc­tif res­pec­tueux de l’environnement ne pourra s’opérer que si les « pays déve­lop­pés » n’abusent pas du concept d’« éco­no­mie verte » pour à la fois pro­té­ger leurs mar­chés et péné­trer davan­tage ceux du Sud, ainsi qu’accessoirement condi­tion­ner l’aide, les finan­ce­ments, les trans­ferts de tech­no­lo­gies à de nou­veaux ajus­te­ments.

Dit autre­ment : la crainte est grande au « Sud » que, d’une part, le « Nord » ins­tru­men­ta­lise le concept pour déve­lop­per un nou­veau pro­tec­tion­nisme éco­lo­gique (normes, sub­sides, bar­rières doua­nières…), pré­ju­di­ciable aux pro­duits en pro­ve­nance du « Sud » ; et que, d’autre part, les États-Unis et l’Union euro­péenne imposent, au nom de l’impératif vert, plus de contraintes internes aux pays en déve­lop­pe­ment et, en revanche, moins de freins à la libre cir­cu­la­tion et à la dif­fu­sion, du Nord vers le Sud, des nom­breux biens, ser­vices et nou­velles tech­no­lo­gies « res­pec­tueux du climat et de l’environnement »… Peu de mise en cause donc, dans le chef du South Centre, des fon­da­men­taux du modèle conven­tion­nel de déve­lop­pe­ment tiré par les expor­ta­tions, mais une copie inver­sée du plai­doyer du Nord pour « plus de libé­ra­li­sa­tion chez eux et moins chez nous ».

Pour le jus­ti­fier, l’asymétrie Nord-Sud est mobi­li­sée, à juste titre. Comme à l’OMC, les pays pauvres ne peuvent être soumis aux mêmes règles que les pays riches… Et même, selon Martin Khor, « il n’est pas juste de deman­der aux pays émer­gents de contri­buer autant que les pays déve­lop­pés. (…) Le PNB par habi­tant de l’Inde et de la Chine est bien en deçà de celui des pays riches. » (Folha de Sao Paulo, 13 juin 2012). Les prin­cipes clés du « Sommet de la Terre » de 1992 – le sommet du « déve­lop­pe­ment durable » -, plutôt délais­sés dans le projet ini­tial d’« éco­no­mie verte », sont appe­lés à la res­cousse. Singulièrement celui des « res­pon­sa­bi­li­tés com­munes mais dif­fé­ren­ciées » dans l’état du monde actuel, entre pays riches d’ancienne indus­tria­li­sa­tion et pays du Sud [9] , mais aussi les prin­cipes du « pollueur/​payeur », de « pré­cau­tion », etc.

Globalement donc, dans les débats sur l’économie verte, au nom des pays du Sud, le South Centre plaide pour une réac­tua­li­sa­tion pres­sante des prin­cipes et enga­ge­ments – en souf­france – de « Rio ’92 » ; pour une approche com­plète du « déve­lop­pe­ment durable » incluant son « pilier » social, la lutte contre la pau­vreté et les inéga­li­tés ; pour le res­pect et l’application des finan­ce­ments et des trans­ferts tech­no­lo­giques conve­nus, du Nord vers le Sud, pour résor­ber « les écarts construits his­to­ri­que­ment » ; et enfin, plus vague­ment, pour la régu­la­tion du com­merce et des mar­chés finan­ciers mon­diaux.

En cela, comme l’analyse aussi l’ONG asia­tique Focus on the Global South, plus loin dans cet Alternatives Sud, les négo­cia­tions Nord-Sud autour du concept d’économie verte ren­forcent, davan­tage qu’elles ne ques­tionnent, le modèle de libé­ra­li­sa­tion du com­merce et des inves­tis­se­ments. Bien qu’ils reven­diquent l’idée de « marges de manœuvre natio­nales », en s’opposant au « pro­tec­tion­nisme vert » des « pays déve­lop­pés », les gou­ver­ne­ments du Sud dans leur glo­ba­lité n’échappent pas au consen­sus néo­li­bé­ral ni au para­digme du libre-échange (Purugganan, 2012)… A quelques rares excep­tions près tou­te­fois, dont celle de membres de l’ALBA (Alliance boli­va­rienne des Amériques) comme la Bolivie et l’Équateur, poli­ti­que­ment oppo­sés à ce « modèle mono­cul­tu­rel », à cette « der­nière incar­na­tion du colo­nia­lisme » qu’est l’économie verte, et dis­cur­si­ve­ment enga­gés en faveur d’un chan­ge­ment radi­cal de pers­pec­tive, pour un monde juste et durable.

« Démarchandiser » la pla­nète pour la sauver

A quelles condi­tions dès lors la « Green Economy » pour­rait-elle deve­nir le nou­veau para­digme de déve­lop­pe­ment à même de répondre aux crises cli­ma­tiques, ali­men­taires, finan­cières… que le monde tra­verse ? Quelles seraient les voies d’un modèle de pros­pé­rité éco­lo­gique et équi­table, alter­na­tif au capi­ta­lisme glo­ba­lisé ? D’une sortie par le haut des impasses sociales et envi­ron­ne­men­tales du pro­duc­ti­visme et du consu­mé­risme ? Les tra­vaux très docu­men­tés du PNUE démontrent, preuves à l’appui, que le sys­tème domi­nant d’exploitation des res­sources natu­relles et de l’environnement ne peut plus per­du­rer dans ses formes actuelles. Mais la bat­te­rie de mesures pro­po­sées n’est pas à la hau­teur du ren­ver­se­ment de logique que son diag­nos­tic appelle.

Les condi­tions d’une véri­table « tran­si­tion » sont aujourd’hui étu­diées, reven­di­quées ou déjà expé­ri­men­tées par une mul­ti­tude d’acteurs indi­vi­duels et col­lec­tifs, scien­ti­fiques, sociaux, poli­tiques, éco­no­miques… de par le monde. Théoriques ou pra­tiques, elles passent néces­sai­re­ment tant par une rééla­bo­ra­tion du rap­port à la nature des socié­tés contem­po­raines, que par un ques­tion­ne­ment des ratio­na­li­tés, des rap­ports sociaux et des pra­tiques poli­tiques inti­me­ment liés au modèle éco­no­mique domi­nant à chan­ger.

Les notions de « bien(s) commun(s) », au sin­gu­lier et au plu­riel, mais aussi de « pros­pé­rité sans crois­sance », de « dura­bi­lité », de « tran­si­tion éco­lo­gique et sociale »… struc­turent bon nombre d’entre elles. Il s’agit, par les voies d’un déve­lop­pe­ment res­pec­tueux de l’environnement, qui pri­vi­lé­gie la valeur d’usage à la valeur d’échange, le par­tage public à l’appropriation privée, la redis­tri­bu­tion à l’accumulation, les pro­ces­sus démo­cra­tiques aux rap­ports de domi­na­tions, la diver­sité et l’interculturalité à l’uniformisation, d’assurer l’accès de tous et de chacun au bien commun (Daiber et Houtart, 2012), au bien- être (Stiglitz, 2012), au buen vivir, à la pros­pé­rité (Jackson, 2009).

La « démar­chan­di­sa­tion » des res­sources, du vivant, de la pla­nète, de la vie sociale, de l’éducation, des cultures, des biens com­muns… revient comme un leit­mo­tiv. Reste à se comp­ter, c’est-à-dire à iden­ti­fier – au-delà des théo­ri­sa­tions en chambre, des appels affec­tés à l’action et de la mul­ti­pli­ca­tion des ini­tia­tives alter­na­tives locales – les acteurs sociaux et poli­tiques capables de peser dans les prin­ci­paux rap­ports de force, sur les enjeux fon­da­men­taux et les orien­ta­tions de l’économie mon­diale. Ce n’est pas gagné. « Le sys­tème éco­no­mique et la gou­ver­nance glo­bale actuelle sont fondés sur la coexis­tence d’une sou­ve­rai­neté des États, d’une toute puis­sance des forces du marché et sur un droit inter­na­tio­nal inadapté, créant les condi­tions d’une irres­pon­sa­bi­lité géné­ra­li­sée. Malgré les crises mul­tiples, toute remise en cause struc­tu­relle d’un tel modèle est restée à ce jour dans l’impensé poli­tique » (Collectif Rio+20, juillet 2012).

La mise en œuvre de la décla­ra­tion mini­ma­liste du Sommet « Rio+20 » et la pro­bable for­mu­la­tion par l’ONU de nou­veaux « Objectifs de déve­lop­pe­ment durable » pour l’après-2015 per­met­tront-elles de s’extraire de cet « impensé poli­tique » ? Si ces « Objectifs de déve­lop­pe­ment durable » tirent réel­le­ment les leçons de l’échec des « Objectifs du mil­lé­naire pour le déve­lop­pe­ment », intègrent véri­ta­ble­ment les trois dimen­sions éco­no­mique, sociale et envi­ron­ne­men­tale, visent objec­ti­ve­ment l’universalisation des droits humains, l’équité dans le par­tage des res­sources, le res­pect des limites de la pla­nète, et sont assor­tis d’une ins­tance d’opérationnalisation et de suivi dotée de pou­voirs contrai­gnants, d’un enga­ge­ment ferme des États membres, et, au-delà, d’une refonte de l’organisation du com­merce inter­na­tio­nal, des sys­tèmes finan­ciers public et privé, des modèles de pro­duc­tion et de consom­ma­tion domi­nants…, dans ce cas-là (illu­soire à ce stade, c’est entendu), dans ce cas-là seule­ment, la « tran­si­tion » struc­tu­relle sera bien amor­cée.

Bernard Duterme

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Notes

[1] Fondé en 2010, le Global Green Growth Institute (GGGI) est « un nou­veau type d’organisation inter­na­tio­nale – inter­dis­ci­pli­naire, multi-acteurs et tirée par des pays émer­gents et en déve­lop­pe­ment » (www​.gggi​.org), qui compte parmi ses ini­tia­teurs, bailleurs ou par­te­naires, la Corée du Sud, le Brésil, l’Australie, le Japon, le Vietnam, le Danemark, l’Indonésie, le Qatar, le Paraguay, le Kazakhstan…, mais aussi la Banque asia­tique de déve­lop­pe­ment, la Banque euro­péenne pour la recons­truc­tion et le déve­lop­pe­ment, le Forum éco­no­mique de Davos, etc.

[2] En 2012, PwC (pour « PricewaterhouseCoopers », lire Évasion fis­cale et pau­vreté, CETRI, 2006) a publié l’étude Assurer le déve­lop­pe­ment tout en ména­geant les res­sources : la néces­saire co-construc­tion du déve­lop­pe­ment durable. A cette occa­sion, PwC est allé jusqu’à appe­ler à un « chan­ge­ment radi­cal du fonc­tion­ne­ment de l’économie mon­diale ».

[3] « Les pro­fits d’aujourd’hui font les inves­tis­se­ments de demain qui font les emplois d’après-demain. »

[4] C’est par exemple « le para­doxe du moteur propre » qui, plus sobre et moins pol­luant, n’incite pas à rouler moins… L’effet rebond est défini par François Schneider, membre du Sustainable Europe Research Institute, comme « l’augmentation de consom­ma­tion liée à la réduc­tion des limites à l’utilisation d’une tech­no­lo­gie, ces limites pou­vant être moné­taires, tem­po­relles, sociales, phy­siques, liées à l’effort, au danger, à l’organisation… » (The Ecologist, octobre 2003).

[5] REDD pour « Réduction des émis­sions liées à la défo­res­ta­tion et à la dégra­da­tion des forêts ». Voirwww​.un​-redd​.org : « The UN-REDD Programme is the United Nations col­la­bo­ra­tive ini­tia­tive on Reducing Emissions from Deforestation and forest Degradation (REDD) in deve­lo­ping coun­tries. The Programme was laun­ched in 2008 and builds on the conve­ning role and tech­ni­cal exper­tise of the Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO), the United Nations Development Programme (UNDP) and the United Nations Environment Programme (UNEP). »

[6] Fusion des mots anglais « bio­mass » et « mas­ters » : les maîtres de la bio­masse.

[7] Dont notam­ment les agro­car­bu­rants… aux impacts sociaux et envi­ron­ne­men­taux pour­tant si décriés (cf. CETRI, 2011 ; Polet, 2012).

[8] Think tank inter­gou­ver­ne­men­tal de 51 « pays en déve­lop­pe­ment », conseiller du Groupe des 77 et du Mouvement des non-ali­gnés. Le « Groupe des 77 » est une coa­li­tion, consti­tuée en 1964, qui ras­semble aujourd’hui 132 « pays en déve­lop­pe­ment ».

[9] « Selon ce prin­cipe, les pays déve­lop­pés ont une plus grande res­pon­sa­bi­lité passée et pré­sente dans le sac­cage de l’environnement, détiennent davan­tage de res­sources du fait des dés­équi­libres de l’économie mon­diale et ont un plus grand devoir de réso­lu­tion des pro­blèmes envi­ron­ne­men­taux. » (Khor, 2011).

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