Echec des marchands à Copenhague – Le futur est entre les mains des mouvements sociaux

Par Mis en ligne le 22 décembre 2009

(Copenhague, le 19 décembre 2009) Cette semaine les négo­cia­tions sur le climat se sont sol­dées par un échec. Les gou­ver­ne­ments du monde n’ont pas pu ou pas voulu prendre les mesures qui auraient apporté une solu­tion équi­table au chaos cli­ma­tique actuel. Les négo­cia­tions ont été domi­nées par l’intérêt per­son­nel et les “solu­tions” du marché qui, jusqu’à pré­sent se sont avé­rées inutiles.

Josie Riffaud, l’une des diri­geantes du mou­ve­ment de La Via Campesina a dit : “L’argent et les solu­tions du marché ne vont pas résoudre la crise actuelle. Nous avons besoin d’un chan­ge­ment radi­cal dans notre mode de pro­duc­tion et de consom­ma­tion et c’est jus­te­ment ce qui n’a pas été dis­cuté à Copenhague”.

Les gou­ver­ne­ments des pays indus­tria­li­sés et des pays en voie d’industrialisation ont refusé de dis­cu­ter le modèle de déve­lop­pe­ment qui a créé ce désastre éco­no­mique et envi­ron­ne­men­tal.

Ils ont été inca­pables de consi­dé­rer de réelles solu­tions et de se rendre compte que le marché du car­bone ne résou­dra pas la crise cli­ma­tique.

Des réduc­tions d’émissions dra­co­niennes (avec un accord contrai­gnant), une réorien­ta­tion des éco­no­mies agro- expor­ta­trices, une réforme agraire ainsi que d’autres mesures qui pour­raient réel­le­ment contri­buer à ralen­tir le réchauf­fe­ment de la pla­nète n’ont même pas été dis­cu­tées ou consi­dé­rées.

Encore une fois, les gou­ver­ne­ments pous­sés par des inté­rêts per­son­nels ont refusé de consi­dé­rer les alter­na­tives bien réelles offertes par les mou­ve­ments sociaux inter­na­tio­naux, les groupes envi­ron­ne­men­taux, les peuples autoch­tones, et autres groupes pour créer une société plus juste et plus équi­table.

Bien que l’agriculture ne soit pas men­tion­née expli­ci­te­ment dans “ l’Accord de Copenhague”, il sem­ble­rait que durant les deux semaines de négo­cia­tions, le CNUCC ait voulu inclure les sols parmi les méthodes de cap­ture du car­bone, inclure l’agriculture dans les trans­ferts thech­no­lo­giques – cela ouvri­rait un espace pour que les com­pa­nies trans­na­tio­nales reçoivent des sub­sides pour intro­duire des semences trans­gé­niques et des méthodes d’agriculture indus­trielle telle que l’agriculture en semis direct. C’est exac­te­ment le modèle de déve­lop­pe­ment agri­cole qui nous a conduit aux crises envi­ron­ne­men­tale et sociale actuelles.

Le vrai pou­voir à Copenhague s’est exprimé dans les rues et dans le foyer du Bella centre le 16 décembre, quand les acti­vistes, les asso­cia­tions, les mou­ve­ments sociaux locaux et inter­na­tio­naux et les ONG du Nord et du Sud ont insisté pour se retrou­ver et créer un “3e” espace sym­bo­lique en dehors du Bella centre.

La répres­sion bru­tale de la police et l’arrêt pré­ven­tif de nom­breux porte-parole du mou­ve­ment “Climat Justice Now” ont montré que les gou­ver­ne­ments étaient prêts à tout pour que la voix des solu­tions réelles ne soient pas enten­due.

Nous ne pou­vons pas comp­ter sur les gou­ver­ne­ments pour obte­nir des solu­tions magiques à la crise cli­ma­tique. Ils suivent les conseils des mul­ti­na­tio­nales, et ne font que pré­pa­rer un autre round de spé­cu­la­tion du capi­tal, uti­li­sant cette fois le car­bone – élé­ment vital – pour spé­cu­ler en bourse.

Devant l’échec du COP 15, les mou­ve­ments sociaux inter­na­tio­naux sont plus que jamais prêts à abor­der les pro­blèmes du monde et vont se mobi­li­ser pour la pro­chaine confé­rence sur le climat au Mexique à la fin de 2010 – leur heure est arri­vée et les gou­ver­ne­ments n’auront pas d’autre choix que de les écou­ter.

Interviews :

Josie Riffaud : + 33556236509

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