Echec des marchands à Copenhague – Le futur est entre les mains des mouvements sociaux

(Copenhague, le 19 décembre 2009) Cette semaine les négociations sur le climat se sont soldées par un échec. Les gouvernements du monde n’ont pas pu ou pas voulu prendre les mesures qui auraient apporté une solution équitable au chaos climatique actuel. Les négociations ont été dominées par l’intérêt personnel et les “solutions” du marché qui, jusqu’à présent se sont avérées inutiles.

Josie Riffaud, l’une des dirigeantes du mouvement de La Via Campesina a dit : “L’argent et les solutions du marché ne vont pas résoudre la crise actuelle. Nous avons besoin d’un changement radical dans notre mode de production et de consommation et c’est justement ce qui n’a pas été discuté à Copenhague”.

Les gouvernements des pays industrialisés et des pays en voie d’industrialisation ont refusé de discuter le modèle de développement qui a créé ce désastre économique et environnemental.

Ils ont été incapables de considérer de réelles solutions et de se rendre compte que le marché du carbone ne résoudra pas la crise climatique.

Des réductions d’émissions draconiennes (avec un accord contraignant), une réorientation des économies agro- exportatrices, une réforme agraire ainsi que d’autres mesures qui pourraient réellement contribuer à ralentir le réchauffement de la planète n’ont même pas été discutées ou considérées.

Encore une fois, les gouvernements poussés par des intérêts personnels ont refusé de considérer les alternatives bien réelles offertes par les mouvements sociaux internationaux, les groupes environnementaux, les peuples autochtones, et autres groupes pour créer une société plus juste et plus équitable.

Bien que l’agriculture ne soit pas mentionnée explicitement dans “ l’Accord de Copenhague”, il semblerait que durant les deux semaines de négociations, le CNUCC ait voulu inclure les sols parmi les méthodes de capture du carbone, inclure l’agriculture dans les transferts thechnologiques – cela ouvrirait un espace pour que les companies transnationales reçoivent des subsides pour introduire des semences transgéniques et des méthodes d’agriculture industrielle telle que l’agriculture en semis direct. C’est exactement le modèle de développement agricole qui nous a conduit aux crises environnementale et sociale actuelles.

Le vrai pouvoir à Copenhague s’est exprimé dans les rues et dans le foyer du Bella centre le 16 décembre, quand les activistes, les associations, les mouvements sociaux locaux et internationaux et les ONG du Nord et du Sud ont insisté pour se retrouver et créer un “3e” espace symbolique en dehors du Bella centre.

La répression brutale de la police et l’arrêt préventif de nombreux porte-parole du mouvement “Climat Justice Now” ont montré que les gouvernements étaient prêts à tout pour que la voix des solutions réelles ne soient pas entendue.

Nous ne pouvons pas compter sur les gouvernements pour obtenir des solutions magiques à la crise climatique. Ils suivent les conseils des multinationales, et ne font que préparer un autre round de spéculation du capital, utilisant cette fois le carbone – élément vital – pour spéculer en bourse.

Devant l’échec du COP 15, les mouvements sociaux internationaux sont plus que jamais prêts à aborder les problèmes du monde et vont se mobiliser pour la prochaine conférence sur le climat au Mexique à la fin de 2010 – leur heure est arrivée et les gouvernements n’auront pas d’autre choix que de les écouter.

Interviews :

Josie Riffaud : + 33556236509