Loi de retour au travail punitive

Droits bafoués : Le STTP a besoin d’appuis

Par Mis en ligne le 24 juin 2011

Le 23 juin, nous célé­brons la Journée des Nations Unies pour la fonc­tion publique. Cette année, le Conseil des Syndicats mon­diaux lan­cera la cam­pagne « Services publics de qua­lité : pas­sons à l’action ! », dont l’objectif est de créer un mou­ve­ment de soli­da­rité inter­na­tio­nale pour faire pro­gres­ser les ser­vices publics de qua­lité.

Et les mani­fes­ta­tions de soli­da­rité sont plus urgentes que jamais. La loi for­çant le retour au tra­vail consti­tue une attaque directe contre les tra­vailleuses et tra­vailleurs. En s’ingérant dans les négo­cia­tions entre les TCA et Air Canada, d’une part, et le STTP et Postes Canada, d’autre part, le gou­ver­ne­ment conser­va­teur s’en prend au droit à la libre négo­cia­tion, un droit pour­tant reconnu par la Cour suprême du Canada et plu­sieurs conven­tions inter­na­tio­nales.

Ce projet de loi, déposé à la demande de la direc­tion de Postes Canada, est rétro­grade et péna­lise lour­de­ment nos consœurs et confrères du STTP. Jugez-en par vous-même :

  • Le projet de loi impose des hausses sala­riales consi­dé­ra­ble­ment infé­rieures à celles pro­po­sées par Postes Canada dans sa der­nière offre. Il retire 875,50 $ des poches des employés à plein temps durant les quatre années de l’entente. En tout, il s’agit d’un vol de 35 mil­lions de dol­lars per­pé­tré contre les tra­vailleuses et tra­vailleurs des postes et leurs familles.
  • Le projet de loi C-6 donne à un arbitre, nommé par le gou­ver­ne­ment, la tâche de choi­sir et d’imposer une offre finale glo­bale, celle du syn­di­cat ou celle de l’employeur. Cette démarche favo­rise net­te­ment l’employeur.
  • Aux termes du projet de loi, l’arbitre doit voir à ce que les condi­tions de tra­vail :
    • soient com­pa­tibles avec celles de sec­teurs pos­taux com­pa­rables. La plu­part des ser­vices pos­taux ont été pri­va­ti­sés.
    • four­nissent à Postes Canada la sou­plesse néces­saire à sa via­bi­lité éco­no­mique et sa com­pé­ti­ti­vité à court et à long terme. Souplesse, façon détour­née de dire tra­vail tem­po­raire et faible rému­né­ra­tion.
    • contri­buent au main­tien de la santé et de la sécu­rité des tra­vailleurs. Quel défi, compte tenu de l’impact des chan­ge­ments tech­no­lo­giques majeurs sur la sécu­rité en milieu postal !
    • et assurent la via­bi­lité du régime de pen­sion, compte tenu du ratio de sol­va­bi­lité du régime. Comme il l’a fait avec Air Canada et les TCA, le gou­ver­ne­ment cherche à rendre les employés res­pon­sables de la via­bi­lité du régime de pen­sion.
    • L’arbitre doit aussi tenir compte de l’obligation pour Postes Canada d’être effi­cace, d’accroître sa pro­duc­ti­vité et de res­pec­ter des normes de ser­vice accep­tables, sans recours à des hausses indues de tarifs pos­taux. Autrement dit, tra­vailler plus fort, gagner moins d’argent, perdre des avan­tages, ris­quer sa santé et sa sécu­rité. Méchant contrat !

Le C-6 est l’une des lois de retour au tra­vail les plus rétro­grades. Le gou­ver­ne­ment fait avaler des conces­sions aux tra­vailleurs des postes plutôt que d’aider les par­ties à conclure une entente rai­son­nable.

En tant que syn­di­ca­listes, il nous incombe de dénon­cer cette loi. Empêchons les conser­va­teurs de pri­va­ti­ser les ser­vices pos­taux. Veillons à ce que le ser­vice postal demeure un ser­vice public de qua­lité. Défendons le droit à la négo­cia­tion col­lec­tive. Unissons nos efforts à ceux d’autres syn­di­cats des sec­teurs public et privé pour appuyer le STTP dans sa lutte.

En cette jour­née mon­diale des ser­vices publics, mobi­li­sons-nous pour récla­mer des ser­vices publics de qua­lité et pro­té­ger le droit à la libre négo­cia­tion col­lec­tive. Nous vous encou­ra­geons à :

Il faut signi­fier au gou­ver­ne­ment que les ser­vices publics de qua­lité et les gens qui offrent ces ser­vices sont essen­tiels à l’économie et à la société cana­diennes. Montrons-lui ce qu’est la soli­da­rité syn­di­cale. Défendons ardem­ment les ser­vices publics et les droits syn­di­caux au Canada.

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