Dette, extractivisme, gâchis, aux racines de l’injustice globale

Par Mis en ligne le 15 septembre 2012

Il faut chan­ger toute l’organisation basée aujourd’hui sur l’extractivisme, le pro­duc­ti­visme, le consu­mé­risme et les pro­fits. C’est en impo­sant un prix aux objets, pre­nant en compte les coûts cachés comme la raré­fac­tion des matières pre­mières, l’augmentation des déchets, des pol­lu­tions, du réchauf­fe­ment, des désastres envi­ron­ne­men­taux causés par l’extraction et de la pau­vreté de plus de la moitié des habi­tants de la pla­nète, que nous pour­rons sortir de ce sys­tème.

La société de consom­ma­tion qui rêve de se trans­for­mer en une société de déve­lop­pe­ment durable est comme un sprin­ter de 100 mètres qui ima­gine pou­voir conser­ver la même vitesse pen­dant les 42 km d’un mara­thon. Cette civi­li­sa­tion euro­péenne, fondée sur l’extraction de res­sources natu­relles, doit son excep­tion­nelle puis­sance à une accé­lé­ra­tion du pillage et du gâchis géné­ra­lisé de toutes les richesses de la pla­nète.

Le pétrole – âge 500 mil­lions d’années – n’est lar­ge­ment uti­lisé par notre monde que depuis 50 ans et le pic de pro­duc­tion est déjà dépassé. La croûte ter­restre trouée de toutes parts est comme une outre percée dont nous sommes en train d’aspirer les der­nières gouttes sans penser à demain. La rareté qui s’annonce ne pourra que pro­vo­quer un effon­dre­ment éco­no­mique et social d’un sys­tème qui s’était construit sur l’abondance pour un petit nombre au détri­ment de la majo­rité des habi­tants. Comment ima­gi­ner, alors que la consom­ma­tion moyenne d’un Occidental est de 100 tonnes par an de matières extraites, que ce sys­tème puisse être durable.

Le rap­port Meadows de 1972, pour le club de Rome, « don­nait soixante ans au sys­tème éco­no­mique mon­dial pour s’effondrer, confronté à la dimi­nu­tion des res­sources et à la dégra­da­tion de l’environnement ». Le Smithsonian Institute dans une nou­velle ana­lyse avec de nou­veaux outils, le confirme 40 ans après, “tout se déroule comme prévu pour que sur­vienne le désastre” vers 2020-2030.

Notre société de gâchis et d’injustice sociale va s’autodétruire. Basée sur la com­pé­ti­tion du chacun contre tous et la pri­va­ti­sa­tion des pro­fits, elle est géné­ti­que­ment inca­pable de répar­tir, éco­no­mi­ser, coopé­rer. Le pillage sans limite des richesses natu­relles, est comme une vie sans rêve. En pri­va­ti­sant les biens com­muns, nous trans­gres­sons les fon­da­tions sociales ances­trales des hommes, « donner, rece­voir, rendre », qui leurs per­met­taient de vivre les uns avec les autres. La base de notre vie en société est l’échange entre tous et avec la nature, la « terre mère » des indiens d’Amérique du sud. Car, comme le dit Albert Jacquard, « ce sont les autres qui me font ».

Ce ne sont pas les réa­li­sa­tions les plus magni­fiques de l’architecture, les tours infi­nies ou les décou­vertes de la science, les fusées et les smart­phones qu’apprécieront nos loin­tains suc­ces­seurs comme nous sommes ébahis par les pyra­mides d’Egypte, les ruines d’Angkor ou la cap­sule Apollo. Confrontés au réchauf­fe­ment cli­ma­tique, aux mers vides, aux déserts galo­pants, aux terres agri­coles rui­nées par le pro­duc­ti­visme, aux res­sources fos­siles et métal­liques dis­pa­rues, aux déchets nucléaires ingé­rables, au sep­tième conti­nent fait de bouts de plas­tique qui flottent entre deux eaux au milieu du paci­fique, à la pol­lu­tion géné­ra­li­sée des eaux douces, à l’acidification des océans qui ne peuvent plus absor­ber suf­fi­sam­ment de C02, à l’effondrement de la bio­di­ver­sité, à la fonte rapide des grands gla­ciers qui irri­guaient les terres de mil­liards d’humains en Asie, à la dis­pa­ri­tion des grandes mas­sifs fores­tiers qui régulent les pluies, nos des­cen­dants seront trop en colère pour appré­cier le peu de choses posi­tives que nous leurs lais­se­ront. Pourront-ils sur­vivre mora­le­ment à un tel legs ? Je ne sais, mais j’enrage contre cet aveu­gle­ment volon­taire, cet égoïsme de ceux qui ima­ginent pou­voir exis­ter sans les autres, sans la nature, abrité par un mur d’argent fait de billets en papier et de bits infor­ma­tiques.

Nos gou­ver­ne­ments qui prônent encore la crois­sance éco­no­mique en 2012 pour sortir de la crise nous chantent de faux rêves. Ils nous poussent encore plus vite vers le grand effon­dre­ment de « l’anthropocène », cette nou­velle période géo­lo­gique com­men­cée il y a moins de trois siècles. La pau­vreté chro­nique de plus de la moitié de l’humanité n’est-elle pas déjà un ter­rible affais­se­ment moral quand d’autres vivent dans la consom­ma­tion et le super­flu maté­riel et ali­men­taire ?

519 ans après l’arrivée de Christophe Colomb dans les Caraïbes, la conquête extrac­ti­viste s’amplifie encore. En ce début du 3ème mil­lé­naire, le pillage des res­sources natu­relles et le pillage du tra­vail des hommes qui sont asser­vis à l’extraction des richesses, n’ont jamais été aussi intenses. Au temps des colo­nies, l’extractivisme se fai­sait à la main, aujourd’hui ce sont des machines énormes, abreu­vées de pétrole, qui font la plus grande part du tra­vail. Cette com­pa­rai­son qui montre la dif­fé­rence d’échelle dans le pillage des res­sources natu­relles, doit être mise en paral­lèle avec l’augmentation des pro­fits capi­ta­listes obte­nus par la finan­cia­ri­sa­tion du monde, un autre moyen d’extraction sur­puis­sant. La dette publique est – comme le bras de ces pel­le­teuses gigan­tesques dans les mines à ciel ouvert – le levier qui permet de capter tou­jours plus de la valeur ajou­tée pro­duite par les sala­riés du nord.

Le gas­pillage géné­ra­lisé abou­tit à ce que 20% des habi­tants consomment 80% des richesses natu­relles, quelles soient miné­rales, fos­siles, ou agri­coles. Et il en va de même pour l’eau et l’air pol­lués, le réchauf­fe­ment et les désastres envi­ron­ne­men­taux dont 1/​5ème de la popu­la­tion est très majo­ri­tai­re­ment res­pon­sable. La vitesse entraîne une immense dépense d’énergie inutile dans les trans­ports comme les aller et retour en avion, sur­tout là où le train existe. Les TGV élec­tro­nu­cléaires sont-ils réel­le­ment un pro­grès quand on sait qu’un train légè­re­ment moins rapide consom­me­rait deux fois moins d’énergie ? Comment com­prendre que 90% des voi­tures, pesant plus d’une tonne de fer­raille et de plas­tique, roulent avec une seule per­sonne à bord, alors que le pétrole se raré­fie et qu’elles pro­duisent beau­coup de CO2 ? Quant aux camions ! On connaît le gas­pillage incroyable que repré­sentent les divers élé­ments d’un yaourt qui par­courent sou­vent 10.000 kms. Mais n’est-il pas encore plus effa­rant de voir l’immense gâchis d’énergie, de bitumes, de caou­tchouc, de maté­riels de trans­port qu’entraînent les mil­liers de camions trans­por­tant des auto­mo­biles, neuves et quasi sem­blables, qui se croisent sur les voies mon­tantes et des­cen­dantes des auto­routes, nuit et jour ?

Comment accep­ter que toutes les mai­sons et autres édi­fices soient encore des pas­soires qu’il faut chauf­fer l’hiver – 30% avec des chauf­fages élec­tro­nu­cléaires, une aber­ra­tion – et refroi­dir l’été ! En plus d’être un délire éco­lo­gique c’est une folie finan­cière : l’essentiel du défi­cit com­mer­cial de la France en 2011, 72 mil­liards d’euros, est du à l’importation de pétrole et de gaz, cela sans prendre en compte les consé­quences dra­ma­tiques qu’entraîne le réchauf­fe­ment du climat. Alors qu’il n’y a aucun pro­blème tech­nique pour construire des bâti­ments qui ne néces­sitent qua­si­ment ni chauf­fage, ni refroi­dis­se­ment, et que l’on peut très lar­ge­ment amé­lio­rer l’habitat ancien, tout en créant des cen­taines de mil­liers d’emplois.

Et que penser de l’obsolescence pro­gram­mée qui nous oblige à renou­ve­ler tous les objets, volon­tai­re­ment non répa­rables, que nous uti­li­sons, alors que l’on sait par­fai­te­ment faire autre­ment. Une auto­mo­bile, un télé­phone, un frigo, une machine à laver pour­rait rendre des ser­vices pen­dant 20 ans, voire beau­coup plus en se réser­vant la pos­si­bi­lité de leur gref­fer des amé­lio­ra­tions, sans nou­velles extrac­tions de res­sources natu­relles. Mais dans un sys­tème où la consom­ma­tion de masse fait les pro­fits des déten­teurs de capi­taux et les emplois des sala­riés, c’est évi­dem­ment impos­sible.

Il faut donc chan­ger toute l’organisation basée aujourd’hui sur l’extractivisme, le pro­duc­ti­visme, le consu­mé­risme et les pro­fits. C’est en impo­sant un prix aux objets pre­nant en compte les coûts cachés comme la raré­fac­tion des matières pre­mières, l’augmentation des déchets, des pol­lu­tions, du réchauf­fe­ment, des désastres envi­ron­ne­men­taux causés par l’extraction et de la pau­vreté de plus de la moitié des habi­tants de la pla­nète que nous pour­rons sortir de ce sys­tème. Pour éviter la catas­trophe, nous devons aller vers une société post-extrac­ti­viste qui pro­tège autant les res­sources natu­relles que le climat, l’environnement et qui saura répar­tir les richesses entre tous les humains. Décroissance maté­rielle volon­taire ou effon­dre­ment, un choix indis­pen­sable est à faire pour éviter la grande catas­trophe.

Quant à l’alimentation des 20% les plus riches, deux choses la carac­té­risent : la pre­mière est le gas­pillage colos­sal de nour­ri­ture et d’énergie au détri­ment du scé­na­rio de la faim et de la pau­vreté pour beau­coup d’autres, la seconde est l’augmentation des mala­dies modernes – car­dio­vas­cu­laires, obé­sité, dia­bète, cancer – dont la sur­con­som­ma­tion de mal­bouffe est en grande partie res­pon­sable. L’économie libé­rale a réussi à nous convaincre que les pro­téines ani­males étaient meilleures, au goût et pour la santé, que les pro­téines végé­tales. Elle a fait cela en vio­lant l’imaginaire de sobriété de nos parents et grands parents, au nom d’un pseudo moder­nisme, grâce à des publi­ci­tés décer­ve­lantes mar­te­lées sans arrêt.

Il y a un demi-siècle, la plu­part des gens man­geaient en majo­rité des pro­téines végé­tales, aujourd’hui le modèle ali­men­taire carné a été imposé. Or comme, il faut huit pro­téines végé­tales pour en faire une d’origine ani­male, 70% des terres de la pla­nète sont consa­crées à cette pro­duc­tion. Il suffit de penser aux mas­sives impor­ta­tions de soja OGM qui servent à nour­rir le bétail euro­péen pour s’en convaincre. Mais là où on atteint le délire c’est que 50% de la nour­ri­ture mon­diale est gâchée du champ à la bouche. Pour cou­ron­ner le désastre, ce modèle ali­men­taire à domi­nante de pro­téines ani­males des occi­den­taux est res­pon­sable de 50% des GES émis dans le monde.

Il y a 5 siècles, les forces armées ont permis le pillage des res­sources d’Amérique du sud, des mon­tagnes de richesses sont arri­vées dans les royaumes d’Espagne et du Portugal. Ensuite l’esclavage et le com­merce trans­at­lan­tique ont élargi l’extractivisme, le pillage des matières pre­mières et du tra­vail des hommes. Ce qui a pro­fité à l’ensemble de l’Europe. Les armées ont été employées ensuite pour étendre la pré­da­tion en asser­vis­sant les peuples de tous les conti­nents jusqu’à la fin de la deuxième guerre mon­diale.

Malgré la perte pro­gres­sive des colo­nies par les euro­péens et les décla­ra­tions d’indépendance, extrac­ti­visme et pillages, pol­lu­tions et asser­vis­se­ment des peuples n’ont pas cessé. La cor­rup­tion orga­ni­sée des nou­veaux gou­ver­nants du sud et les assas­si­nats poli­tiques des récal­ci­trants ont permis aux pays de la Triade et à leurs entre­prises trans­na­tio­nales d’assurer la conti­nuité du trans­fert des richesses natu­relles vers leurs usines. Mais c’est la créa­tion du grand sys­tème des dettes publiques qui a rem­placé, dans les années 1980, les armées d’occupation colo­niales. Ces dettes, des­ti­nées à enri­chir les nou­velles bour­geoi­sies du sud, ont permis un double enri­chis­se­ment des pays du nord.

Les gou­ver­ne­ments cor­rom­pus par le détour­ne­ment des emprunts ont accepté des rem­bour­se­ments infi­nis de dettes illé­gi­times. Ensuite ils ont uti­li­sés le fruit du tra­vail de leurs peuples en pré­le­vant des impôts pour payer les inté­rêts en dol­lars expor­tés vers les pays riches. Cette lourde ponc­tion sur les bud­gets a entraîné de nou­veaux prêts illé­gi­times du FMI et de la BM. Ces der­niers les ont uti­li­sés pour pous­ser les gou­ver­ne­ments à accroître encore les extrac­tions-expor­ta­tions de matières pre­mières au nom des indis­pen­sables rem­bour­se­ments. Ces res­sources étaient sur­tout néces­saires au déve­lop­pe­ment de la nou­velle société consu­mé­riste et gâcheuse du nord, et à la crois­sance des pro­fits de l’oligarchie.

Ce sys­tème dette a tel­le­ment bien fonc­tionné, d’un point de vue extrac­ti­viste, que les gou­ver­ne­ments du nord l’utilisent aussi dans leur propre pays. Les dettes publiques ont été accu­mu­lées par des gou­ver­ne­ments contraints d’emprunter aux banques pri­vées. Ainsi, par une déci­sion de Pompidou en 1973, confir­mée par le traité de Maastricht en 1992, l’Etat, pour com­bler les trous du budget, ne peut plus emprun­ter à la Banque cen­trale publique. Or ces défi­cits étaient creu­sés plus pro­fon­dé­ment chaque année par les cadeaux fis­caux faits aux plus riches. On retrouve le même sys­tème d’extraction adapté aux réa­li­tés du nord. Là ce ne sont plus des matières pre­mières mais une plus grande part des plus values issues du tra­vail des sala­riés qui sont en jeu.

Sauver les banques, sauver l’économie capi­ta­liste de la crise en aug­men­tant très for­te­ment le stock de la dette – en France sous l’ère Sarkozy il aug­mente de 50% – c’est à coup sûr faire croître les impôts payés par les tra­vailleurs. Payer les inté­rêts sup­plé­men­taires va dépos­sé­der encore un peu plus les citoyens de leurs ser­vices publiques de santé, et de retraite, et finir par une pri­va­ti­sa­tion au nom de la soi-disant bonne gou­ver­nance. Les capi­taux étant prêtés par des ins­ti­tu­tions pri­vées, on retrouve le même trans­fert de richesses des peuples vers les déten­teurs de capi­taux, ou pour le dire autre­ment des plus pauvres aux plus riches, au nord comme au sud. Une dette publique n’a pas à être rem­bour­sée si elle n’a pas pro­fité à la popu­la­tion. Ces dettes sont donc illé­gi­times. Elles ont été accu­mu­lées dans le but de dépos­sé­der les popu­la­tions de leurs conquêtes sociales et de ren­for­cer l’exploitation des tra­vailleurs. Au nom de ces rem­bour­se­ments qui prennent chaque année une part plus grande du budget de l’Etat, « les caisses sont vides » les Etats jus­ti­fient ces dépos­ses­sions.

La pre­mière chose à faire consiste à impo­ser aux res­pon­sables de la crise des sub­primes et de toutes les spé­cu­la­tions, de toutes les banques et autres déten­teurs de capi­taux qui pro­fitent de l’accroissement de la dette, le paie­ment des dégâts. Comment ? En annu­lant les dettes illé­gi­times. L’audit des dettes publiques est un combat poli­tique, c’est une lutte de nous tous, chacun à sa manière et col­lec­ti­ve­ment qui per­met­tra de sortir de l’asservissement par la finance. De la même manière, nous devons lutter contre l’extractivisme et la dette des pays du sud qui affament et appau­vrissent plus de la moitié des habi­tants de la terre.

Comment pou­vons-nous résis­ter ? L’audit de la dette est un mou­ve­ment citoyen inter­na­tio­nal qui refuse de payer les rem­bour­se­ments des emprunts illé­gi­times faits par les gou­ver­ne­ments. Alors qu’ils n’ont pro­fité qu’à une mino­rité, qui s’est enri­chie de façon injus­ti­fiée depuis que la contre révo­lu­tion conser­va­trice a com­mencé dans les années 80. L’audit repose autant sur une ana­lyse des comptes publics de nos états et col­lec­ti­vi­tés locales, que sur un tra­vail de décons­truc­tion du dis­cours domi­nant nous accu­sant d’avoir vécu dans le luxe et le confort, telles des cigales. Ce qui est faux. Les dépenses publiques en pour­cen­tage du PIB n’ont qua­si­ment pas variées depuis 20 ans. La vérité est que la somme des cadeaux fis­caux faits aux plus riches et aux grandes entre­prises esti­mée à plus de 100 Mds euros, plus l’évasion fis­cale dans les para­dis fis­caux équi­va­lant à l’impôt sur le revenu en France, soit 50 Mds euros, font que chaque année 150 Mds euros manquent au budget de l’Etat. Du coup les inté­rêts de la dette atteignent 50 Mds euros qui le grèvent encore plus. Dire que la dette est illé­gi­time, même si elle est légale, car elle a été votée par le par­le­ment, c’est démon­trer qu’elle est un outil au ser­vice de l’extraction des richesses des 99% vers le 1% qui échappe à l’impôt, le voit réduit par le par­le­ment ou (et) reçoit les inté­rêts des sommes qu’il a prêté à l’Etat.

La dette illé­gi­time au sud contraint les pays et leurs tra­vailleurs à extraire tou­jours plus de matières pre­mières pour la rem­bour­ser, la dette illé­gi­time au nord qui ponc­tionne de plus en plus lour­de­ment les sala­riés, les oblige à tra­vailler plus pour rem­bour­ser plus. Les gâchis, la vitesse, l’obsolescence orga­ni­sée, la sur­ali­men­ta­tion les poussent à consom­mer tou­jours plus d’énergie, de biens maté­riels ou de nour­ri­ture. Faire de la crois­sance, c’est extraire encore plus d’énergie pour pro­duire encore plus d’objets inutiles et de nour­ri­ture gâchée. Ils iront cher­cher les der­nières gouttes de pétrole à 10.000 mètres de pro­fon­deur, tant pis si les eaux sont pol­luées, si le climat se détraque encore plus, les pro­fits n’ont pas de prix. On veut créer des emplois en dété­rio­rant encore plus la pla­nète, quelle courte vue ! Il serait lar­ge­ment pré­fé­rable de répar­tir le tra­vail entre tous, d’annuler les dettes illé­gi­times au sud comme au nord, de dimi­nuer nos besoins, de cesser de faire de la consom­ma­tion un moyen de se réa­li­ser, et ainsi de pou­voir redon­ner au mil­liard d‘humains qui meurent de faim, l’espoir d’une plus juste redis­tri­bu­tion des richesses.

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