CSN et Plan d'action gouvernemental sur l'égalité entre les femmes et les hommes

Des éléments pertinents mais des mesures qui ne sont pas à la hauteur des enjeux

Par Mis en ligne le 20 juin 2011

La CSN tient tout d’abord à saluer l’annonce d’un deuxième plan d’action gou­ver­ne­men­tal sur l’égalité entre les femmes et les hommes, faite aujourd’hui à Montréal, et la volonté du gou­ver­ne­ment de pour­suivre cet objec­tif en injec­tant de nou­velles sommes d’argent.

« Si le plan d’action com­porte des élé­ments dont il faut signa­ler la per­ti­nence, il demeure cepen­dant qu’il manque d’ambition sur des enjeux qui nous appa­raissent majeurs », indique Denise Boucher, vice-pré­si­dente de la CSN res­pon­sable du dos­sier de la condi­tion féminine.

Des élé­ments positifs 
Denise Boucher convient que l’extension du réseau des orga­nismes FEMMESSOR consti­tue une excel­lente nou­velle. « Ce forum a déjà démon­tré son effi­ca­cité et nous ne pou­vons que nous réjouir du fait que les femmes entre­pre­neures de toutes les régions béné­fi­cie­ront doré­na­vant d’un tel réseau ».

En outre, l’annonce de la relance du Programme d’accès à l’égalité des femmes dans l’industrie de la construc­tion est très posi­tive. Celui-ci repré­sente un moyen effi­cace pour per­mettre aux femmes d’occuper des métiers non tra­di­tion­nels et la CSN s’inscrira comme un par­te­naire afin de contri­buer à inté­grer et à main­te­nir en emploi les femmes dans ce sec­teur d’activité.

De même, la CSN salue les mesures entou­rant l’analyse dif­fé­ren­ciée que les minis­tères devront pro­duire et qui s’accompagneront d’un sys­tème de red­di­tion de comptes.

Quelques bémols
Par ailleurs, en ce qui concerne la conci­lia­tion famille-tra­vail, il y a lieu d’avouer que le plan gou­ver­ne­men­tal est déce­vant. « Le gou­ver­ne­ment per­siste à tabler sur des mesures inci­ta­tives, alors que cette approche ne donne pas beau­coup de résul­tats. Nous aurions sou­haité des mesures plus contrai­gnantes. La CSN reven­dique depuis des années l’adoption d’une loi-cadre pour obli­ger les employeurs à éva­luer les besoins et à mettre en place des mesures adap­tées à leur milieu de tra­vail », sou­ligne Mme Boucher.

La CSN est fort déçue que le gou­ver­ne­ment n’accorde pas une atten­tion par­ti­cu­lière à la ques­tion des emplois aty­piques et pré­caires. En effet, majo­ri­tai­re­ment occu­pés par les femmes, ces emplois sont mal pro­té­gés et hypo­thèquent leur auto­no­mie finan­cière. « Nous aurions sou­haité qu’il s’engage à inter­dire les dis­pa­ri­tés de trai­te­ment sur la base des sta­tuts d’emploi et à enca­drer les agences de pla­ce­ment de per­son­nel », déplore Denise Boucher.

Enfin, beau­coup de mesures touchent les femmes de façon indi­vi­duelle et tiennent peu compte des orga­ni­sa­tions dédiées à la défense des droits et à la pro­mo­tion des femmes, alors que des coupes bud­gé­taires les affectent gran­de­ment et que l’égalité entre les femmes et les hommes est encore loin d’être atteinte, conclut la vice-pré­si­dente de la CSN.

La CSN regroupe 300 000 membres, tant dans les sec­teurs public que privé.

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