Des éléments pertinents mais des mesures qui ne sont pas à la hauteur des enjeux

La CSN tient tout d’abord à saluer l’annonce d’un deuxième plan d’action gouvernemental sur l’égalité entre les femmes et les hommes, faite aujourd’hui à Montréal, et la volonté du gouvernement de poursuivre cet objectif en injectant de nouvelles sommes d’argent.

« Si le plan d’action comporte des éléments dont il faut signaler la pertinence, il demeure cependant qu’il manque d’ambition sur des enjeux qui nous apparaissent majeurs », indique Denise Boucher, vice-présidente de la CSN responsable du dossier de la condition féminine.

Des éléments positifs
Denise Boucher convient que l’extension du réseau des organismes FEMMESSOR constitue une excellente nouvelle. « Ce forum a déjà démontré son efficacité et nous ne pouvons que nous réjouir du fait que les femmes entrepreneures de toutes les régions bénéficieront dorénavant d’un tel réseau ».

En outre, l’annonce de la relance du Programme d’accès à l’égalité des femmes dans l’industrie de la construction est très positive. Celui-ci représente un moyen efficace pour permettre aux femmes d’occuper des métiers non traditionnels et la CSN s’inscrira comme un partenaire afin de contribuer à intégrer et à maintenir en emploi les femmes dans ce secteur d’activité.

De même, la CSN salue les mesures entourant l’analyse différenciée que les ministères devront produire et qui s’accompagneront d’un système de reddition de comptes.

Quelques bémols
Par ailleurs, en ce qui concerne la conciliation famille-travail, il y a lieu d’avouer que le plan gouvernemental est décevant. « Le gouvernement persiste à tabler sur des mesures incitatives, alors que cette approche ne donne pas beaucoup de résultats. Nous aurions souhaité des mesures plus contraignantes. La CSN revendique depuis des années l’adoption d’une loi-cadre pour obliger les employeurs à évaluer les besoins et à mettre en place des mesures adaptées à leur milieu de travail », souligne Mme Boucher.

La CSN est fort déçue que le gouvernement n’accorde pas une attention particulière à la question des emplois atypiques et précaires. En effet, majoritairement occupés par les femmes, ces emplois sont mal protégés et hypothèquent leur autonomie financière. « Nous aurions souhaité qu’il s’engage à interdire les disparités de traitement sur la base des statuts d’emploi et à encadrer les agences de placement de personnel », déplore Denise Boucher.

Enfin, beaucoup de mesures touchent les femmes de façon individuelle et tiennent peu compte des organisations dédiées à la défense des droits et à la promotion des femmes, alors que des coupes budgétaires les affectent grandement et que l’égalité entre les femmes et les hommes est encore loin d’être atteinte, conclut la vice-présidente de la CSN.

La CSN regroupe 300 000 membres, tant dans les secteurs public que privé.