Derrière les contrats pour la Davie : tout un monde à changer

Mis en ligne le 06 juin 2010

Guy Roy, mili­tant syn­di­cal à la FTQ

Premier constat : le privé a échoué, les contrats viennent de l’État cana­dien. Alors que le député Conservateur de la Beauce, l’ancien ministre de la guerre déchu, M. Maxime Bernier, clame sur toutes les tri­bunes que l’État qué­bé­cois est trop inter­ven­tion­niste et qu’il fau­drait exo­né­rer les entre­prises de tout impôt, son col­lègue de Lévis. M. Blaney, se targue de four­nir du tra­vail aux Chantiers grâce aux leviers de l’État. Faudrait vous entendre.

Deuxième constat : Madame Verreault, des Chantiers des Méchins, n’est pas très enthou­siaste. Il faudra se battre. La concur­rence sera vive pour les obte­nir ces contrats. La tac­tique : mettre les tra­vailleur-euse-s en concur­rence les uns avec les autres pour leur faire approu­ver des conces­sions et ainsi faire jouer les inexo­rables lois du marché en faveur des entre­pre­neurs. Pour ce qui est de four­nir du tra­vail, on repas­sera. L’objectif étant, non de construire des bateaux, mais de favo­ri­ser des pro­fits privés. Et pour­quoi construire des bateaux ? Peut-être pour aller faire la guerre dans de loin­taines contrées au nom du « lourd far­deau de l’homme blanc » d’apporter la civi­li­sa­tion aux peuples bar­bares. Et qui fera ces guerres contre d’autres gens misé­reux qui ne demandent qu’à tra­vailler pour vivre ? Des fils d’ouvièr-e-s qu’on « envoie au casse pipe » comme disent les Français.

Troisième constat : avant d’en entre­prendre d’autres dont les pre­mières sou­dures ne devraient se faire qu’au bout des deux ans de concep­tion, pour­quoi ne pas finir ce qui est com­mencé et qui semble se conclure par la faillite du capi­tal étran­ger ? Pourquoi ne sommes-nous pas capables de pro­duire sur nos propres bases ? Tout sim­ple­ment parce le libre marché mon­dial, impé­ra­ti­ve­ment dévoué à la pro­duc­tion d’une rente pour action­naires, ne cède rien au tra­vailleur-euse-s qu’ils-elles n’aient gagné par la lutte, y com­pris le tra­vail lui-même qui assure la sub­sis­tance de l’ouvrièr-e-s et de leur famille.

Quatrième constat : chez les Conservateurs on est convaincu, et on le fait savoir, que les exi­gences de l’OTAN sont plus impor­tantes pour la « paix » (nous serons pour­tant encore en guerre en Afghanistan jusqu’en 2011) que les moyens civils d’assurer la sou­ve­rai­neté du Canada et la survie de la bio­di­ver­sité dans l’Arctique paci­fi­que­ment par une flotte exclu­sive de brise-glace. La pré­ten­tion de faire faire « la guerre pour la paix » en Afghanistan et de jouer les gros bras dans l’Arctique ren­contre de nom­breuses objec­tions même au Canada anglais. De sorte que l’on com­mence à peine à négo­cier avec les États cir­cum­po­laires (quand c’est l’Anglais qui le dit …) tout en pla­ni­fiant des exer­cices mili­taires entre l’Armée et la Garde Côtière dans une esca­lade mili­ta­riste dont on ne sait pas où elle va s’arrêter. On jure par tous les saints que nous sor­ti­rons d’Afghanistan en 2011. Mais qui sait quel tour de passe-passe nous réservent les Conservateurs. Plus per­sonne ne les croit !

Cinquième constat : nous ne sommes pas des imbé­ciles : le chan­tage au tra­vail qui nous soumet au gou­ver­ne­ment fédé­ral ne ren­contre aucune sym­pa­thie réelle chez les diri­geants Libéraux, PQiste, ADQiste ou indé­pen­dants à l’Assemblée natio­nale. Ils n’ont que faire de reprendre au Fédéral un bien patri­mo­nial qué­bé­cois, les Chantiers Davie. Depuis le Sommet des Peuples, où nous avons affirmé col­lec­ti­ve­ment notre volonté d’indépendance face aux mar­chés finan­ciers, on ne nous sert que le dis­cours du libre-échange qui inter­di­rait la natio­na­li­sa­tion pour que les retom­bées soient qué­bé­coises. Foutaises ! C’est la mol­lesse des dif­fé­rents gou­ver­ne­ments qui les a amenés à forcer le libre-échange contre la volonté popu­laire, sous pres­sion éta­su­nienne, et qui per­pé­tue le manque de cou­rage pour nous offrir du tra­vail qui mette à l’abri les ouvrièr-e-s qué­bé­cois-e-s d’une par­ti­ci­pa­tion forcée à la bou­che­rie mon­diale pour la conquête de mar­chés à laquelle se consacre l’Armé cana­dienne.

Première leçon des constats : ils ne font pas de cadeaux. Ils règnent et com­mandent. Leur pré­oc­cu­pa­tion pour les classes subal­ternes s’associe plus à une volonté d’hégémonie sur le Travail qu’à un sou­hait de se sou­cier de nos condi­tions de vie.

Deuxième leçon : la logique du capi­ta­lisme est simple : mettre les tra­vailleur-euse-s en concur­rence les uns avec les autres à l’échelle de la pla­nète, les accu­ler ainsi à la misère pour fina­le­ment les invi­ter à se tuer entre eux pour cette per­pé­tuelle conquête de mar­chés nou­veaux. Une fois le pro­ces­sus achevé, en conclure que les tra­vailleur-euse-s sont trop « mineur-e-s », « enfants » ou « inca­pables en poli­tique » pour exer­cer eux-elles-mêmes un pou­voir alter­na­tif et nou­veau fondé sur la soli­da­rité et la coopé­ra­tion plutôt que sur cette concur­rence atroce et meur­trière.

Mais peut-on vrai­ment faire pire ?

Guy Roy, mili­tant syn­di­cal à la FTQ

Une réponse à “Derrière les contrats pour la Davie : tout un monde à changer”

  1. Phil dit :

    Que fait ,Madame Verreault, des Chantiers des Méchins,on parle plus de ver­reault ca petite bine­rie ,c quoi quelle viens faire la dedans,les gens de Quebec font tout les effort pour la relan­cer et donner la vie dans levis 1,600 per­sonnes et tout son acti­vi­ter dans Quebec,et tout ce qu’on entent c Verreault matane les cre­vettes !!… elle a pas fait grand chose dans son trou depuis la faillite de Davie.