Démolition contrôlée de l’économie mondiale

Par Mis en ligne le 30 janvier 2011

Voilà venu 2011. Bonne année. Et bonne chance ! Car selon tous les indi­ca­tifs finan­ciers et éco­no­miques, les choses ne vont pas s’améliorer cette année. En fait, elles risquent de deve­nir encore plus glauques.

La classe moyenne est en passe d’appartenir à la classe pauvre, pen­dant que les riches en empilent davan­tage pour ainsi agran­dir le fossé entre ces deux classes qui res­te­ront : les extrê­me­ment pauvres et les ultra riches. C’est la tiers mon­dia­li­sa­tion des pays riches… qui ne le sont déjà plus vrai­ment. Tous les pays occi­den­taux croulent sous les dettes qui disons-le clai­re­ment, sont sim­ple­ment impos­sibles à rem­bour­ser. Certains peuvent croire que cela n’est qu’un cycle normal ou un acci­dent de l’économie, mais plus ça va, plus cela a l’air d’un ter­ro­risme éco­no­mique bien orga­nisé. Assistons-nous à la démo­li­tion contrô­lée de l’économie mon­diale ? À vous d’en juger.

Et si ce chaos était causé volon­tai­re­ment et par ava­rice ? En créant un pro­blème, on force une réac­tion qui demande alors une solu­tion qui est en fait déjà pré­pa­rée d’avance pour servir les inté­rêts de ceux qui s’enrichissent tou­jours de ces crises éco­no­miques. Une éco­no­mie pla­ni­fiée pour un nouvel ordre mon­dial qui passe par les sys­tèmes finan­ciers, dans le but d’asservir la popu­la­tion mon­diale par la dette et le contrôle de la créa­tion de la mon­naie.

Portrait de l’économie

Aux États-Unis, pour la pre­mière fois depuis 2008, l’inflation frappe les consom­ma­teurs de plein fouet. Les prix de la nour­ri­ture ont aug­menté 50% plus rapi­de­ment que l’inflation géné­rale en 2010, sur­pas­sés seule­ment par les couts de trans­port et des soins de santé, selon les chiffres publiés der­niè­re­ment par le U.S. Bureau of Labor Statistics. Des éco­no­mistes pré­disent que cela n’est que le début. Alimenté par les couts plus élevés du blé, maïs, sucre, soja et de l’énergie, les consom­ma­teurs pour­raient voir leur prix d’épicerie aug­men­ter de 4% d’ici la fin de l’année. Toutes les évi­dences pointent en direc­tion d’une aug­men­ta­tion dra­ma­tique des prix de la nour­ri­ture à l’échelle pla­né­taire, incluant la pos­si­bi­lité de connaitre des pénu­ries. Ces pénu­ries pour­raient être cau­sées par un mélange de tem­pé­ra­tures froides et d’actes man­qués de la part du gou­ver­ne­ment.
Le prix du pétrole vient d’atteindre des som­mets pas vus depuis plus de deux ans, à $92,58 le baril, avant de redes­cendre momen­ta­né­ment sur le NYMEX. Cela n’avait pas été vu depuis octobre 2008. Joe Petrowski, direc­teur géné­ral de Gulf Oil et du Cumberland Gulf Group, a déclaré sur CNBC que le prix du pétrole pour­rait monter jusqu’à $150 le baril d’ici cet été. De plus, l’Inde est en train de consi­dé­rer l’abandon du dollar amé­ri­cain dans ses tran­sac­tions de pétrole avec l’Iran. La mon­naie de rem­pla­ce­ment serait le yen japo­nais et le dirham émi­rati. Les États du Golfe per­sique ont tenu des dis­cus­sions pri­vées avec la Russie, la Chine, le Japon et la France pour rem­pla­cer le dollar amé­ri­cain par un panier de mon­naies pour effec­tuer les échanges de pétrole, selon ce qu’a révélé le jour­nal bri­tan­nique The Independent.
Selon le Centre for Economic and Business Research, l’euro a seule­ment 20% de chance de sur­vivre sous sa pré­sente forme au cours des dix pro­chaines années. Il se pour­rait même que la zone euro­péenne ne sur­vive pas l’année. Le direc­teur Douglas McWilliams pense que le niveau de vie des euro­péens devrait dimi­nuer de 15% dans les plus faibles éco­no­mies et que les dépenses gou­ver­ne­men­tales soient cou­pées pour pré­ser­ver une mon­naie unique. Le CEBR averti que les pro­blèmes finan­ciers qui ont amputé la Grèce et l’Irlande vont se pro­pa­ger aux autres pays euro­péens aux prises avec des dettes fara­mi­neuses. Selon le rap­port, il pour­rait y avoir une crise de la zone euro­péenne au prin­temps, « si ce n’est pas avant », avec l’Espagne et l’Italie dans la mire de tir. M. McWilliams opine que pour sauver la mon­naie unique euro­péenne, il fau­drait couper dras­ti­que­ment dans le niveau de vie en Irlande, Grèce, Espagne, Portugal, et en Italie en plus de réduire leurs dépenses gou­ver­ne­men­tales de l’équivalent de 10% de leur PIB.
Aux États-Unis, la liste des villes majeures qui vont man­quer d’argent pour les fonds de pen­sion s’allonge. Plusieurs villes sont dans le trouble. Voici une liste des dix prin­ci­pales villes qui sont mena­cées par ce manque de fonds de l’ordre de 1 à 122 mil­liards de dol­lars d’ici une dizaine d’années : Philadelphie, Chicago, Boston, Cincinnati, St Paul, Jacksonville, New York City, Baltimore, Détroit et Fort Worth. Une étude indé­pen­dante de Standford fait état d’un manque de plus de $500 mil­liards pour le sys­tème des fonds de pen­sion de la Californie. De nou­velles lois sur les fonds de pen­sion sont pro­po­sées pour forcer les muni­ci­pa­li­tés à aug­men­ter les taxes fon­cières de 60%. Ajoutez à cela un fait inquié­tant : com­men­çant le 1er jan­vier 2011, plus de 10 000 Baby Boomers vont atteindre l’âge de la retraite, soit 65 ans. Cela conti­nuera de se pro­duire à chaque jour pour les pro­chaines 19 années. Les sta­tis­tiques pointent en direc­tion d’une sévère crise des fonds de pen­sion.
En réa­lité, c’est une cen­taine de villes amé­ri­caines qui font face à la ban­que­route en 2011, fai­sant défaut sur leur dette cumu­lée qui atteint les 2 tril­lions de dol­lars ($2000 mil­liards), ce qui risque de faire dérailler davan­tage l’économie des États-Unis. Les villes euro­péennes sont aussi en danger : Florence, Barcelone, Madrid, Venise sont toutes dans le trouble. 2011 sera l’année des faillites muni­ci­pales, selon plu­sieurs ana­lystes comme Meredith Whitney. Cette ten­dance risque de s’accélérer sau­va­ge­ment cette année.


Le déclin du pou­voir d’achat du dollar US de 1920 à 2009

Ce qui est a été fait aux futures géné­ra­tions durant les 3 der­nières décen­nies est abso­lu­ment cri­mi­nel. Il y a 30 ans, la dette natio­nale des États-Unis était tout juste sous la barre d’un tril­lion de dol­lars. Aujourd’hui, la dette offi­cielle est 14 fois plus élevée et les années à venir ont l’air abso­lu­ment apo­ca­lyp­tiques à ce point-ci. Les enfants et les géné­ra­tions sui­vantes ont été rendus esclaves de dettes per­pé­tuelles. Cet article donne 17 sta­tis­tiques concer­nant la dette natio­nale amé­ri­caine. En voici quelques-unes :
#1 En date du 28 décembre, la dette natio­nale était de $13,877,230,355,933.00.
#2 Si le gou­ver­ne­ment fédé­ral com­men­çait à ce moment même à rem­bour­ser la dette natio­nale à un taux d’un dollar par seconde, cela pren­drait plus de 440 000 ans pour rem­bour­ser la dette natio­nale.
#3 Si le gou­ver­ne­ment fédé­ral com­men­çait à rem­bour­ser la dette natio­nale à un taux de 10 mil­lions de dol­lars par jour, il fau­drait approxi­ma­ti­ve­ment 3800 ans pour rem­bour­ser la dette natio­nale.
#4 La dette natio­nale amé­ri­caine aug­mente d’environ $4 mil­liards quo­ti­dien­ne­ment.
#5 Le gou­ver­ne­ment US emprunte envi­ron 2,63 mil­lions de dol­lars chaque minute.
#6 Il est prévu que le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain devra payer 900 mil­liards de dol­lars seule­ment en inté­rêts sur la dette natio­nale d’ici 2019.
#7 Un tril­lion de billets de $10 collés ensemble, ferait le tour de la pla­nète plus de 380 fois. Ce mon­tant d’argent ne serait pas encore suf­fi­sant pour rem­bour­ser la dette natio­nale amé­ri­caine.
#8 Le Congrès amé­ri­cain a aug­menté la limite de la dette fédé­rale six fois en tout juste trois ans.
#9 Le 111ième Congrès a ajouté plus à la dette natio­nale que les 100 pre­miers Congrès com­bi­nés.
Si c’est chiffres semblent impres­sion­nants, com­pa­rons-les avec ceux du Dr. Kotlikoff, pro­fes­seur en éco­no­mie à l’Université de Boston, qui lui pos­sède les chiffres offi­ciels pour 2010 pro­ve­nant direc­te­ment du Congressional Budget Office qui a publié son rap­port offi­ciel en juin der­nier – Long-Term Budget Outlook. Selon ce qu’a cal­culé Kotlikoff, la dette natio­nale se chiffre en vérité à $202 tril­lions, ce qui est 15 fois le mon­tant de la dette offi­cielle.


Évolution des valeurs des obli­ga­tions d’État US de 2004 à 2009

Qu’est-ce qui sera fait pour contrô­ler cette dette mon­tante ? Rien. Au contraire, le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain songe plutôt à aug­men­ter encore une fois la limite maxi­male d’endettement à $14,3 tril­lions. Si le Congrès amé­ri­cain refu­sait d’entériner cette déci­sion, le pays risque de faire défaut sur ses obli­ga­tions.
Au Canada, la crise éco­no­mique menace de limi­ter la crois­sance future du PIB, à moins que, nous dit-on, le gou­ver­ne­ment éli­mine les bar­rières empê­chant les finan­ciers étran­gers de prendre pos­ses­sion de tout ainsi que celles blo­quant les per­sonnes âgées de tra­vailler, selon un rap­port publié la semaine passée, par le Centre for Study of Living Standards, qui regroupent des éco­no­mistes liés au Fond Monétaire International (FMI).
La deuxième moitié de 2011 mar­quera le moment où tous les opé­ra­teurs finan­ciers mon­diaux vont enfin com­prendre que l’Occident ne va pas repayer en tota­lité une partie signi­fi­ca­tive des emprunts consen­tis au cours des deux der­nières décen­nies. Selon LEAP/E2020, ce sera autour d’octobre 2011 que cette situa­tion explo­sive sera révé­lée au grand jour, en raison de la chute d’un grand nombre de villes et d’États des États-Unis, pris dans une situa­tion finan­cières inex­tri­cable décou­lant de la fin du finan­ce­ment fédé­ral de leurs défi­cits, tandis que l’Europe fera face à un très impor­tant besoin de refi­nan­ce­ment de la dette.
Des hommes d’affaires ont laissé entendre dans un article du jour­nal The Telegraph , que les taux d’intérêts devront être mul­ti­pliés par six au cours des deux pro­chaines années pour conte­nir l’inflation mon­tante. Cela amè­nera une dou­leur finan­cière à plus de sept mil­lions de pro­prié­taires de mai­sons qui pos­sèdent des prêts hypo­thé­caires à inté­rêts variables.
En 2010 aux États-Unis, la Federal Deposit Insurance Corp. (FDIC) a enre­gis­tré un nombre record de 157 faillites ban­caires, du jamais vu depuis 1992. 860 ins­ti­tu­tions ban­caires en pro­blème étaient sur la liste de la FDIC en date du 30 sep­tembre 2010.

Bref, la classe moyenne est sys­té­ma­ti­que­ment effa­cée et réduite à néant, autant en Amérique qu’en Europe. Voici 22 sta­tis­tiques qui prouvent sans l’ombre d’un doute que la classe moyenne est sys­té­ma­ti­que­ment éli­mi­née de l’existence en Amérique. Les riches deviennent plus riches et les pauvres s’appauvrissent à un rythme effa­rant. Dans le passé, les États-Unis avaient la plus grande classe moyenne et la plus pros­père de l’histoire mon­diale, mais main­te­nant les choses changent à un rythme aveu­glant.


Merci à Les 7 du Québec
Source : http://​les7​du​que​bec​.word​press​.com/​2​0​1​1​/​0​1​/​0​5​/​d​e​m​o​l​i​t​i​o​n​-​c​o​n​t​r​o​l​e​e​-​d​e​-​l​e​c​o​n​o​m​i​e​-​m​o​n​d​iale/
Date de paru­tion de l’article ori­gi­nal : 05/01/2011
URL de cette page : http://​www​.tlax​cala​-int​.org/​a​r​t​i​c​l​e​.​a​s​p​?​r​e​f​e​r​e​n​c​e​=3563

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