communiqué de presse - pour diffusion immédiate

Délégation québécoise au sommet des peuples de RIO+20

Par Mis en ligne le 26 juin 2012

Rio de Janeiro, Brésil, 25 juin 2012 – De larges pans de la société civile mon­diale réunis en marge de la Conférence des Nations Unies sur le déve­lop­pe­ment durable (Rio+20) ont fait valoir des alter­na­tives popu­laires et des solu­tions ori­gi­nales face à la crise sociale et envi­ron­ne­men­tale qui affecte l’humanité. Le Sommet des peuples pour la jus­tice sociale et envi­ron­ne­men­tale, contre la mar­chan­di­sa­tion de la vie et pour la défense des biens com­muns, un pro­ces­sus ouvert et par­ti­ci­pa­tif qui s’est tenu du 15 au 22 juin, a permis à des dizaines de mil­liers de per­sonnes d’exprimer leurs convic­tions et leur solu­tions dans des termes qui sortent du cadre res­treint des négo­cia­tions inter­gou­ver­ne­men­tales de l’ONU.

Plus de 1600 acti­vi­tés auto­gé­rées ont permis aux par­ti­ci­pants d’échanger et de par­ta­ger leurs com­pré­hen­sions des causes struc­tu­relles des crises en cours et les fausses solu­tions mises de l’avant, d’élaborer col­lec­ti­ve­ment des solu­tions réelles fon­dées sur de nou­veaux para­digmes et de conver­ger vers des actions com­munes et des cam­pagnes de mobi­li­sa­tions qui don­ne­ront son unité au pro­ces­sus lancé à Rio+20.

Un pro­ces­sus ori­gi­nal qui invite au consen­sus. Suite à ces ate­liers, des plé­nières de conver­gence ont été orga­ni­sées dans le but de déga­ger des posi­tions com­munes sur cinq grands thèmes : les droits pour la jus­tice sociale et envi­ron­ne­men­tale, la défense des biens com­muns contre la mar­chan­di­sa­tion, la sou­ve­rai­neté ali­men­taire, l’énergie et les indus­tries extrac­tives, le tra­vail pour une autre éco­no­mie et de nou­veaux para­digmes de société. Les posi­tions consen­suelles qui ont émer­gées des plé­nières ont été dévoi­lées lors de trois ses­sions de l’Assemblée des peuples qui ont eu lieu les 19, 21 et 22 juin, et qui ont débou­chées sur la rédac­tion de la Déclaration finale du Sommet des peuples.

Large consen­sus sur les causes des crises. La pre­mière Assemblée des Peuples por­tait sur les causes struc­tu­relles des crises et injus­tices sociales et envi­ron­ne­men­tales. Le capi­ta­lisme a été dénoncé avec force, ainsi que le mili­ta­risme, les mul­ti­na­tio­nales et les trai­tés éco­no­miques inter­na­tio­naux. Une repré­sen­tante de la Via Campesina, le mou­ve­ment inter­na­tio­nal des pay­sans, a été ova­tion­née après avoir men­tionné que l’économie verte n’est pas une solu­tion, mais une façon de conti­nuer la course aux pro­fits en s’appropriant les terres et l’eau et en expro­priant les peuples. « Le sys­tème capi­ta­liste, qui cause les pro­blèmes, ne peut pas faire partie de la solu­tion, même s’il se pré­tend plus vert. Il nous faut un autre modèle ».

Des solu­tions qui convergent. La deuxième Assemblée a fait conver­ger les solu­tions réelles por­tées par les mou­ve­ments sociaux. Il importe de ren­for­cer la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive et la ges­tion démo­cra­tique des milieux de vie (qu’il s’agisse de villes, régions ou cam­pagnes) de même qu’un déve­lop­pe­ment qui convienne aux besoins des popu­la­tions, ajusté aux diver­si­tés locales et cultu­relles. Il est pri­mor­dial de pro­mou­voir l’agriculture pay­sanne et fami­liale en réponse au droit fon­da­men­tal des humains à la terre et au ter­ri­toire. Il est apparu essen­tiel d’accorder for­mel­le­ment des droits à la nature et de s’inspirer du buen vivir pro­posé par les popu­la­tions autoch­tones andines comme voie menant à une rela­tion har­mo­nieuse et res­pec­tueuse de la nature. Plus encore, il faut recon­naître les peuples fon­da­teurs et pré­ser­ver les savoirs tra­di­tion­nels des peuples indi­gènes. Il convient d’exiger la trans­pa­rence dans la ges­tion et l’usage des res­sources finan­cières col­lec­tives, notam­ment pour les grands pro­jets pou­vant causer des injus­tices envi­ron­ne­men­tales et sociales. En toile de fond de ces élé­ments semble se des­si­ner une volonté com­mune de reprise de contrôle des citoyens sur les biens com­muns acca­pa­rés par les inté­rêts finan­ciers et les grandes entre­prises (la terre et le ter­ri­toire, les res­sources natu­relles comme l’eau, les savoirs…).

L’après-Rio. La troi­sième Assemblée avait pour fonc­tion d’assurer l’unité et la conti­nua­tion des luttes popu­laires suite à Rio+20. Le Sommet des Peuples a été qua­li­fié « d’événement his­to­rique » par de nom­breux par­ti­ci­pants. L’assistance a été invi­tée à inves­tir dif­fé­rentes cam­pagnes pour les droits de la Terre, pour l’éducation com­prise comme un bien public, pour les tra­vailleurs et la pro­tec­tion sociale, contre la mili­ta­ri­sa­tion, contre la défo­res­ta­tion et sur­tout, contre le concept d’économie verte. L’idée d’un Tribunal des peuples pour la jus­tice cli­ma­tique et envi­ron­ne­men­tale a éga­le­ment été évo­quée. La cri­mi­na­li­sa­tion des mou­ve­ments sociaux, qui consti­tue une menace à la mise sur pied des mobi­li­sa­tions popu­laires ulté­rieures, a été for­te­ment dénon­cée. Le Canada est l’un des seuls pays qui a été nom­mé­ment dénoncé, en lien avec les pra­tiques de son indus­trie extrac­tive. Le fémi­nisme a occupé une place impor­tante durant cette Assemblée : « la révo­lu­tion sera éco­lo­gique et fémi­niste ou elle ne sera pas » a sou­tenu l’un des porte-paroles, sus­ci­tant l’approbation de la foule.

L’économie verte au cœur de la contro­verse. Alors que la Conférence de l’ONU appa­raît comme un échec pour de nom­breux groupes sociaux et envi­ron­ne­men­taux, le Sommet des peuples fut l’occasion d’un ras­sem­ble­ment inédit pour cata­ly­ser les éner­gies, éla­bo­rer des alter­na­tives et orga­ni­ser les mobi­li­sa­tions à venir. L’économie verte est décriée comme une nou­velle façon de faire des pro­fits en exploi­tant la nature et la vie, en les sou­met­tant aux règles du marché, notam­ment, en s’appropriant les terres, les savoirs tra­di­tion­nels, en ouvrant des nou­veaux champs spé­cu­la­tifs, tel les mar­chés du car­bone.

Suite à cet évé­ne­ment qui pas­sera à l’histoire malgré la faible cou­ver­ture média­tique, les détrac­teurs de l’économie verte sont main­te­nant plus forts pour faire entendre leur voix tandis que la jus­tice sociale et envi­ron­ne­men­tale sera for­cé­ment à l’ordre du jour des grandes ren­contres inter­na­tio­nales des pro­chaines décen­nies.

Contacts :

Marie-Eve Arbour : rioplus20@​ymcaquebec.​org
Raphael Canet : (+55-21) 7405-1645

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Marie-Eve Arbour

Chargée de projet – Initiatives inter­na­tio­nales des YMCA du Québec Délégation qué­bé­coise Sommet des peuples Rio+20

RioPlus20@​ymcaquebec.​org

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