Assemblée des mouvements sociaux du Forum social mondial

Déclaration de la dynamique femmes internationale

Tunis, mars 2013

Mis en ligne le 16 novembre 2013

Nous nous féli­ci­tons de la pré­sence très impor­tante de femmes, d’associations de femmes et de fémi­nistes qui ont par­ti­cipé au forum social mon­dial à Tunis en mars 2013, et affirmé leur soli­da­rité aux luttes des femmes dans le monde et plus par­ti­cu­liè­re­ment à celles de la région arabe.

La diver­sité des tra­vaux des dif­fé­rentes acti­vi­tés de la semaine ont mis en évi­dence une ana­lyse com­mune :

Les poli­tiques d’austérité et la mon­dia­li­sa­tion néo­li­bé­rale touchent majo­ri­tai­re­ment les femmes et assomment de plus en plus dure­ment les peuples ;

Les guerres fomen­tées de par le monde (Palestine, Syrie, Liban, Mali, Congo…) uti­lisent les corps des femmes comme arme de guerre et accen­tuent leur exploi­ta­tion sexuelle (viols, mariages pré­coces et forcés)

L’emprise accrue des extré­mismes et des pou­voirs reli­gieux sur le poli­tique qui s’inscrivent dans le cadre d’une restruc­tu­ra­tion du marché mon­dial, consti­tue une menace pour l’émancipation des femmes.

Leur fina­lité vise à ins­tau­rer une société post révo­lu­tion­naire basée sur un nou­veau pou­voir théo­cra­tique en exer­çant des atteintes aux fon­de­ments de l’état de droit et en don­nant au patriar­cat une empreinte de reli­gio­sité.

Le statut des femmes devient un enjeu poli­tique majeur pour les socié­tés et les ins­ti­tu­tions par l’instauration d’une vio­lence quo­ti­dienne pour exclure les femmes de l’espace public ; ces poli­tiques rétro­grades s’inscrivent dans les mêmes poli­tiques éco­no­miques néo­li­bé­rales qui ins­taurent l’austérité par­tout dans le monde.

Actuellement, les femmes sont les pre­mières tou­chées par le recul des droits éco­no­miques et sociaux et par la pré­ca­rité géné­ra­li­sée.

Nous femmes, femmes d’associations et fémi­nistes, nous décla­rons :

Notre atta­che­ment indé­fec­tible à l’uni­ver­sa­lité des droits fon­da­men­taux des femmes ;

Notre volonté que la CEDAW rati­fiée soit la base de la consti­tu­tion­na­li­sa­tion des droits des femmes, en par­ti­cu­lier dans les pays arabes

Notre droit à béné­fi­cier des richesses mon­diales (l’eau, la pos­ses­sion de la terre, les richesses minières….)

Notre déter­mi­na­tion à lutter contre toutes les formes de vio­lence faites aux femmes (viols, har­cè­le­ments sexuels…)

Notre exi­gence à la pro­tec­tion des femmes réfu­giées dans les zones de conflits, vic­times de la traite et de l’exploitation sexuelle

Nous femmes, nous deman­dons au Conseil inter­na­tio­nal des FSM,

L’inclu­sion de l’assemblée des femmes dans le pro­gramme offi­ciel des FSM ;

Le ren­for­ce­ment de la pré­sence d’associations fémi­nistes dans la com­po­si­tion du conseil inter­na­tio­nal en diver­si­fiant leur repré­sen­ta­tion ;

La mise en œuvre d’une réelle volonté et des moyens per­met­tant d’impulser une véri­table parité, tant dans la com­po­si­tion du conseil inter­na­tio­nal que dans l’organisation trans­ver­sale des débats ;

Que l’attribution des fonds de soli­da­rité prennent en compte la com­po­sante femmes ;

La mise en place effec­tive d’un réseau inter­na­tio­nal de soli­da­rité avec les femmes tuni­siennes en lutte pour leurs droits fon­da­men­taux

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