David Harvey : le retour du marxisme

Par Mis en ligne le 09 décembre 2011

Il y a un para­doxe David Harvey, qui nous ren­seigne à la fois sur l’œuvre de Harvey, et sur la situa­tion de la cri­tique théo­rique et poli­tique contem­po­raine[1]. David Harvey est à l’heure actuelle l’un des théo­ri­ciens cri­tiques – il est géo­graphe à l’origine – les plus connus. Ses ouvrages sont tra­duits en de mul­tiples langues, ses théo­ries sont dis­cu­tées aux quatre coins du monde, outre la géo­gra­phie, l’influence de ses tra­vaux s’est fait res­sen­tir dans de nom­breuses dis­ci­plines, comme la socio­lo­gie urbaine, l’histoire sociale, ou encore l’économie politique.

Pourtant, Harvey appar­tient à un cou­rant aujourd’hui mino­ri­taire dans les pen­sées cri­tiques contem­po­raines, à savoir le mar­xisme. Après son pre­mier ouvrage consa­cré à l’épistémologie de la géo­gra­phie (Explanation in Geography, 1969), dans lequel il défend une pers­pec­tive « posi­ti­viste », Harvey n’a cessé d’affirmer sa volonté de pour­suivre en l’actualisant la « cri­tique de l’économie poli­tique » de Marx. En témoigne de la manière la plus écla­tante l’imposant livre inti­tulé Limits to Capital, paru en 1982 (non tra­duit en fran­çais). On peut d’ailleurs remar­quer au pas­sage que Harvey dia­logue pour l’essentiel dans son œuvre avec Marx lui-même, avec le Friedrich Engels de La situa­tion de la classe labo­rieuse en Angleterre, mais non avec la tra­di­tion mar­xiste qui a suivi. Lénine, Gramsci, Boukharine, Trotski… sont rela­ti­ve­ment peu pré­sents dans son œuvre. À cet égard, la réfé­rence à Rosa Luxembourg et à sa concep­tion de l’accumulation du capi­tal dans Le nouvel impé­ria­lisme (2003), lorsque Harvey éla­bore sa théo­rie de l’« accu­mu­la­tion par dépos­ses­sion », fait figure d’exception.

Le constat dont on peut partir est donc le sui­vant : l’un des pen­seurs cri­tiques les plus dis­cu­tés et célé­brés à l’heure actuelle appar­tient à un cou­rant mino­ri­taire des pen­sées cri­tiques contem­po­raines. Comment com­prendre ce fait ?

Pendant près d’un siècle, disons de la fin du XIXe siècle au der­nier tiers du XIXe, le mar­xisme a été le prin­ci­pal lan­gage dans lequel s’est énoncé la contes­ta­tion poli­tique. Il a été la « colonne ver­té­brale » des pen­sées cri­tiques, pré­sent dans tous les sec­teurs, de l’économie au fémi­nisme, en pas­sant par la théo­rie de la culture ou les approches cri­tiques de la ques­tion raciale. Bien entendu, l’influence du mar­xisme n’a pas été la même par­tout, sa pro­fon­deur a été variable selon les pays et les mou­ve­ments. Le mar­xisme s’est par ailleurs tou­jours carac­té­risé par une grande diver­sité, si bien que les types de mar­xisme domi­nant selon les régions et les époques n’ont pas été les mêmes. Mais pour autant, ce cou­rant a été hégé­mo­nique pen­dant près d’un siècle, et ceci non seule­ment dans le mou­ve­ment com­mu­niste (au sens large), mais aussi par exemple dans la social-démo­cra­tie, qui n’a cessé d’employer les caté­go­ries du mar­xisme, en les com­bi­nant avec celles du keynésianisme.

Aujourd’hui, le mar­xisme conti­nue natu­rel­le­ment à exis­ter. On peut même défendre l’idée que sur le plan de la sophis­ti­ca­tion théo­rique, jamais il n’a été aussi inté­res­sant qu’à l’heure actuelle. Dans le domaine de l’analyse éco­no­mique, les tra­vaux de pen­seurs comme Robert Brenner ou Giovanni Arrighi – avec qui Harvey a col­la­boré étroi­te­ment, et avec qui il a publié un pas­sion­nant entre­tien dans la New Left Review en 2009, peu avant le décès de Arrighi[2] – n’ont pas d’équivalents. En matière d’histoire des idées, rares sont les auteurs qui peuvent riva­li­ser avec l’érudition et le sens des pro­blèmes d’un Perry Anderson. Dans le domaine de l’histoire sociale et de la géo­gra­phie, des auteurs comme Mike Davis et Harvey lui-même, sont très sti­mu­lants. En sciences poli­tiques et en théo­rie des rela­tions inter­na­tio­nales, Benedict Anderson, Robert Cox et Leo Panitch, dans des styles dif­fé­rents, écrivent des choses pas­sion­nantes. Il fau­drait aussi évo­quer, pour être com­plet, tout le conti­nent des auteurs « post-mar­xistes » et « para-mar­xistes » : Étienne Balibar, Alain Badiou, Ernesto Laclau, Jacques Rancière, qui tout en pre­nant des dis­tances plus ou moins grandes avec le mar­xisme, conti­nuent à être tra­vaillés par lui.

Seulement, s’il est plus pas­sion­nant que jamais, le mar­xisme a perdu l’hégémonie intel­lec­tuelle dont il dis­po­sait autre­fois sur la gauche. Il n’est plus le lan­gage domi­nant dans lequel s’énonce la contes­ta­tion. Pour la pre­mière fois de son his­toire, il s’inscrit sur un mode mino­ri­taire dans un ensemble plus vaste de théo­ries qu’il faut bien appe­ler, faute de mieux pour l’instant, les « pen­sées cri­tiques », une expres­sion vague s’il en est. Ce qui domine au sein de ces der­nières (en France comme ailleurs), c’est une forme de syn­cré­tisme « post­struc­tu­ra­liste », com­posé de concepts pro­ve­nant des œuvres de Foucault, Deleuze, Lacan, Baudrillard et quelques autres, et qui est depuis les années 1980 la nou­velle lingua franca théo­rique des pen­sées cri­tiques à l’échelle mon­diale. L’ouvrage de François Cusset French Theory pro­pose de cette lingua franca une péné­trante des­crip­tion. Ce post­struc­tu­ra­lisme est par exemple domi­nant aujourd’hui au sein de cou­rants comme les études post­co­lo­niales ou les études cultu­relles, deux cou­rants à l’origine mar­xistes, mais qui ont évolué avec le temps.

Alors, com­ment expli­quer que dans un contexte dominé par ce syn­cré­tisme post­struc­tu­ra­liste, l’œuvre de Harvey compte malgré tout parmi l’une des plus recon­nues et débat­tues ? Comment com­prendre qu’une œuvre si éloi­gnée de ce syn­cré­tisme ait autant cir­culé ? On peut for­mu­ler deux hypo­thèses à ce propos. La pre­mière est que, tout en ancrant fer­me­ment son tra­vail dans le sillage de Marx, Harvey s’est aven­turé sur le ter­rain de pro­blé­ma­tiques typi­que­ment post­struc­tu­ra­listes ou « post­mo­dernes ». C’est par­ti­cu­liè­re­ment le cas dans l’un de ses livres les plus impor­tants, The Condition of Postmodernity (1990, non tra­duit). À la lec­ture de ce livre, on est frappé à la fois par la proxi­mité thé­ma­tique avec d’autres théo­ries de la post­mo­der­nité (celle de Jean-François Lyotard par exemple), mais aussi par le fait que Harvey ne laisse pas ces pro­blé­ma­tiques intactes, il les recon­fi­gure de sorte à les adap­ter à ses options théo­riques mar­xistes. L’idée de « com­pres­sions spatio-tem­po­relles » (« space-time com­pres­sions ») qu’il éla­bore cherche ainsi à saisir cer­tains des traits essen­tiels de la culture post­mo­derne. Harvey ne manque cepen­dant pas de mettre ces traits en rap­port avec une carac­té­ris­tique fon­da­men­tale du sys­tème pro­duc­tif capi­ta­liste, à savoir l’accélération constante de la « vitesse de cir­cu­la­tion des mar­chan­dises » (l’expression est de Marx) qu’il nécessite.

Une seconde hypo­thèse est que l’attrait pour les tra­vaux de Harvey pré­fi­gure une évo­lu­tion à venir dans les pen­sées cri­tiques, qui est le retour au mar­xisme. Quels que soient les mérites de Foucault, Deleuze, Derrida, et de leurs héri­tiers post­struc­tu­ra­listes contem­po­raines, la fai­blesse de ces auteurs se trouve dans le fait qu’ils ne disent rien, ou pas grand-chose, sur le capi­ta­lisme comme tel. Plus pré­ci­sé­ment, ils ne disent rien ou pas grand-chose sur une carac­té­ris­tique du capi­ta­lisme qui nous concerne au pre­mier chef, qui est sa pro­pen­sion récur­rente à tra­ver­ser de vio­lentes crises. Depuis la crise des sub­primes de 2007-2008, nous sommes entrés dans une crise pro­fonde du sys­tème, qui est la mani­fes­ta­tion d’une crise larvée de longue durée appa­rue dans les années 1970, et dont on peut dire que le néo­li­bé­ra­lisme a été une ten­ta­tive infruc­tueuse de la résoudre. La crise finan­cière s’est trans­mise dans un pre­mier temps à l’économie dite « réelle », et cette crise éco­no­mique est elle-même en passe aujourd’hui de conta­mi­ner le champ poli­tique dans son ensemble, comme on le constate par exemple avec la crise euro­péenne. Nous sommes clai­re­ment entrés dans ce que Gramsci aurait appelé une « crise orga­nique », ou « crise de l’État dans son ensemble ».

Or Harvey n’a jus­te­ment cessé, depuis les années 1970, avec d’autres mar­xistes contem­po­rains, de s’interroger sur les crises du capi­ta­lisme. Son concept de « spa­tial fix », déve­loppé notam­ment dans Spaces of Capital (2001) n’est autre qu’une façon d’essayer de com­prendre com­ment le capi­ta­lisme dépasse pro­vi­soi­re­ment ses crises. Le capi­ta­lisme, dit Harvey, ne peut jamais véri­ta­ble­ment résoudre ses crises. Il peut seule­ment les dépla­cer dans l’espace, en relan­çant l’accumulation du capi­tal dans des régions où les rap­ports capi­ta­listes sont encore à l’état embryon­naire – jusqu’à l’arrivée de la pro­chaine crise. On serait d’ailleurs tenté de deman­der à Harvey ce qu’il pense de la crise de ce « spa­tial fix » très par­ti­cu­lier – parce qu’il s’accompagne d’une construc­tion poli­tique his­to­ri­que­ment inédite – qu’est la crise de l’Union Européenne. Quoi qu’il en soit, que l’œuvre de Harvey ren­ferme une théo­rie des crises sophis­ti­quée est ce qui la rend plus actuelle que jamais, et on peut faire l’hypothèse que les débats qui l’entourent iront en s’approfondissant dans les années qui viennent, à mesure que s’approfondira la crise du capitalisme.

Dans ce qui suit, je vou­drais signa­ler trois carac­té­ris­tiques (parmi d’autres) du mar­xisme de Harvey, afin de poin­ter sa spé­ci­fi­cité par rap­port à d’autres formes – pas­sées et actuelles – de mar­xisme. D’abord, l’importance de Harvey dans la car­to­gra­phie du mar­xisme contem­po­rain témoigne du bas­cu­le­ment du centre de gra­vité des pen­sées cri­tiques dans le monde anglo-saxon. À partir des années 1980 envi­ron, les pen­sées cri­tiques deviennent une affaire prin­ci­pa­le­ment anglo-saxonne, et par­ti­cu­liè­re­ment éta­su­nienne, pour des rai­sons qui tiennent à la fois à la puis­sance finan­cière et cultu­relle des uni­ver­si­tés amé­ri­caines, aux défaites suc­ces­sives du mou­ve­ment ouvrier en Europe, et à des évo­lu­tions internes au mar­xisme. Ceci ne signi­fie bien entendu pas que le mar­xisme dis­pa­raît d’Europe, et pas non plus que tous les mar­xistes en poste aux États-Unis sont d’origine éta­su­nienne. L’une des carac­té­ris­tiques des uni­ver­si­tés amé­ri­caines est d’avoir absorbé, au cours de la seconde moitié du XXe siècle, des pen­seurs – notam­ment cri­tiques – issus des quatre coins du monde. C’est par­ti­cu­liè­re­ment le cas dans le domaine des études post­co­lo­niales, mais pas seule­ment. Le fait que la car­rière uni­ver­si­taire de Harvey, qui est d’origine bri­tan­nique, se soit essen­tiel­le­ment dérou­lée sur la côte est des États-Unis témoigne de ce fait.

Un deuxième trait dis­tinc­tif des tra­vaux de Harvey est leur forte teneur empi­rique. L’une des carac­té­ris­tiques du mar­xisme « occi­den­tal » de la seconde moitié du XXe siècle (1924-1968) est son carac­tère rela­ti­ve­ment abs­trait. Cette abs­trac­tion est la consé­quence des rap­ports de plus en plus dis­ten­dus que les mar­xistes de cette époque entre­tiennent avec les orga­ni­sa­tions ouvrières de leur temps. Les prin­ci­paux repré­sen­tants du mar­xisme occi­den­tal que sont notam­ment Adorno, Sartre, Colletti, Marcuse, ou encore Althusser sont tous des phi­lo­sophes, et sou­vent des spé­cia­listes d’épistémologie ou d’esthétique. Les théo­ries post­struc­tu­ra­listes évo­quées à l’instant, qui sont la plu­part du temps le fait de phi­lo­sophes ou même de pen­seurs qui reven­diquent l’appellation de « théo­ri­ciens », viennent redou­bler ce « théo­ri­cisme » ambiant dans les pen­sées cri­tiques contemporaines.

Harvey n’est certes pas hos­tile à la théo­rie. Ses rai­son­ne­ments se carac­té­risent par­fois par des mon­tées en géné­ra­lité ver­ti­gi­neuses. Pour autant, ses ana­lyses sont tou­jours fer­me­ment ancrées dans l’empirique, qu’il soit his­to­rique comme dans Paris, capi­tale de la moder­nité (2003, tra­duc­tion fran­çaise à paraître aux Prairies ordi­naires), éco­no­mique, géo­gra­phique ou socio­lo­gique. Cet atta­che­ment à l’empirique est sans doute en partie un héri­tage de son appar­te­nance ori­gi­nelle au champ des sciences sociales, et par­ti­cu­liè­re­ment à la géo­gra­phie. En tout cas, ce point rap­proche Harvey de la géné­ra­tion des fon­da­teurs du mar­xisme, de Marx à Gramsci, en pas­sant par Engels, Lénine, Rosa Luxembourg ou Trotski, qui étaient pour la plu­part, contrai­re­ment aux mar­xistes « occi­den­taux », des pra­ti­ciens de sciences empi­riques. C’est un élé­ment sup­plé­men­taire qui rend sin­gu­lière sa posi­tion dans le champ des théo­ries cri­tiques contemporaines.

Une troi­sième spé­ci­fi­cité de l’œuvre de Harvey est la cri­tique de la spé­cia­li­sa­tion ou de la divi­sion du tra­vail intel­lec­tuel qui la sous-tend. Ce qui est frap­pant dans cette œuvre, et qui la rap­proche là encore des clas­siques du mar­xisme, c’est qu’aucun sec­teur de la vie sociale ne lui échappe. L’œuvre de Harvey inclut, entre autres choses, une théo­rie du capi­ta­lisme et de ses crises, une théo­rie de la culture post­mo­derne, une théo­rie des classes sociales dans leur rap­port avec les com­mu­nau­tés ter­ri­to­riales, une théo­rie de l’impérialisme, des dis­cus­sions plus « nor­ma­tives » sur la jus­tice et le droit à la ville – j’en passe. À mon sens, le seul autre mar­xiste contem­po­rain qui fasse coexis­ter les registres et les domaines de cette façon, mais sur un mode très dif­fé­rent de Harvey, est Perry Anderson, on s’en aper­ce­vra par exemple en lisant son der­nier ouvrage tra­duit par Agone consa­cré à l’Union Européenne. Il y a donc chez Harvey un refus très net de la spé­cia­li­sa­tion sur un unique objet.

Ce refus de la spé­cia­li­sa­tion n’est pas une coquet­te­rie d’intellectuels qui aspi­re­raient à for­mu­ler un avis sur tout. Du point de vue mar­xiste, il a un fon­de­ment précis. Le capi­ta­lisme est une tota­lité (contra­dic­toire), dont la logique s’impose à tous les sec­teurs de la vie sociale. Afin de le com­prendre et de le com­battre, il est indis­pen­sable de situer la cri­tique au niveau même où opère le capi­tal, c’est-à-dire jus­te­ment celui de la tota­lité. La lutte contre la frag­men­ta­tion des savoirs est de ce fait un enjeu poli­tique de pre­mière impor­tance, qui est tou­te­fois d’autant plus dif­fi­cile à mener à bien que la divi­sion du tra­vail intel­lec­tuel s’accentue avec le temps, comme le montre l’histoire de toutes les dis­ci­plines scien­ti­fiques modernes, sciences sociales incluses. L’un des apports déci­sifs de Harvey est ainsi de nous mon­trer une façon de sub­ver­tir cette spé­cia­li­sa­tion. La géo­gra­phie, comme le répète sou­vent l’auteur du Capitalisme contre le droit à la ville (tra­duit en 2011 par les édi­tions Amsterdam), est quelque chose de bien trop impor­tant pour être laissé aux seuls géo­graphes. La même chose pour­rait être dite de toutes les formes de connaissance.


[1] Ce texte est la ver­sion écrite de l’introduction à une confé­rence de David Harvey à l’université de Nanterre orga­ni­sée le 21 novembre 2011 par la revue Justice sociale/​Social Justice et le pôle inter­dis­ci­pli­naire sur la ville de cette université.

[2] Voir Giovanni Arrighi, « The Winding Paths of Capital. Interview by David Harvey », New Left Review, n° 56, mars-avril 2009.

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date :

06/12/2011 – 15:04

Razmig Keucheyan [4]


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