David Camfield : La crise du syndicalisme au Canada et au Québec. Réinventer le mouvement ouvrier

Mis en ligne le 15 avril 2014

« Il s’agit d’un excellent livre tant pour les militantEs du mou­ve­ment syn­di­cal que pour les jeunes militantEs de la gauche qui sont sou­vent assez éloi­gnées des réa­li­tés syn­di­cales. », David Mandel, Nouveaux Cahiers du socia­lisme

« David Camfield va au-delà des études de cas et arti­culent une vision sociale plus large, tout en évi­tant l’opacité. », Stephanie Ross, Labour/​Le Travail.

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La crise des mou­ve­ments syn­di­caux qué­bé­cois et cana­dien est pro­fonde. Le taux de syn­di­ca­li­sa­tion dans le sec­teur privé est tombé à 16,1 %. Les droits syn­di­caux dans le sec­teur public sont deve­nus plus for­mels que réels. Le patro­nat et les gou­ver­ne­ments sont par­tout à l’offensive, exi­geant des conces­sions et les obte­nant sou­vent sans trop ren­con­trer de résis­tance. La survie des orga­ni­sa­tions syn­di­cales est deve­nue plus impor­tante aux yeux de leurs dirigeantEs que la défense des inté­rêts des membres. Les liens entre l’entreprise et les syn­di­cats sont désor­mais étroits, par­ti­cu­liè­re­ment depuis la créa­tion de dif­fé­rents fonds syn­di­caux d’investissement. La démo­cra­tie dans les syn­di­cats laisse beau­coup à dési­rer ; la base syn­di­cale est démo­bi­li­sée et démo­ti­vée. La soli­da­rité entre syn­di­cats est faible, tout comme celle entre le mou­ve­ment syn­di­cal, les autres mou­ve­ments sociaux et la masse des salariéEs non syndiquéEs. L’action poli­tique des syn­di­cats se limite géné­ra­le­ment à des gestes sym­bo­liques d’appui à des partis ou des can­di­dates qui, en pra­tique, acceptent et même pro­meuvent le néo­li­bé­ra­lisme. Il y a, bien sûr, des excep­tions dans ce sombre tableau, mais elles sont rares. D’où la ques­tion posée par David Camfield : existe-t-il encore aujourd’hui au Canada et au Québec un mou­ve­ment ouvrier ?

À partir d’une ana­lyse du mou­ve­ment de la classe des salariéEs et de son déve­lop­pe­ment his­to­rique, David Camfield aus­culte son état actuel, carac­té­risé par sa fai­blesse et son inca­pa­cité à amé­lio­rer de façon impor­tante les condi­tions de vie et de tra­vail des salariéEs. De la struc­ture de ses orga­ni­sa­tions à ses acti­vi­tés et à son idéo­lo­gie, le mou­ve­ment a besoin d’être réin­venté. Il ne s’agit donc plus de réfor­mer le mou­ve­ment syn­di­cal, il faut aller plus loin. David Camfield pro­pose une façon nova­trice d’atteindre cet objec­tif, offrant ainsi aux salariéEs, plus par­ti­cu­liè­re­ment aux syn­di­ca­listes, une réflexion salu­taire.

David Camfield, La crise du syn­di­ca­lisme au Canada et au Québec. Réinventer le mou­ve­ment ouvrier, M Éditeur, « Collection Mouvements », mars 2014

Sommaire

Introduction

Première partie : le mou­ve­ment ouvrier aujourd’hui
• Les syn­di­cats et le milieu de tra­vail • Les acti­vi­tés du syn­di­cat au-delà de la conven­tion col­lec­tive • La vie interne des syn­di­cats : leur orga­ni­sa­tion • Les autres orga­ni­sa­tions de la classe ouvrière • Une éva­lua­tion du mou­ve­ment ouvrier d’aujourd’hui • Les racines des pro­blèmes d’aujourd’hui

Deuxième partie : Regarder vers l’avenir
• Pourquoi réin­ven­ter le mou­ve­ment ouvrier ? • Comment réin­ven­ter le mou­ve­ment ouvrier ?

Lectures et biblio­gra­phie
Concepts
Remerciements

David Camfield est pro­fes­seur agrégé en « Labour Studies » à l’Université du Manitoba.

Traduit de l’anglais par Catherine Browne

Entre les lignes et les mots, 17 mars 2014

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