Consultations prébudgétaires

D’autres choix sont possibles selon l’Alliance sociale

Par Mis en ligne le 13 février 2011

MONTRÉAL, le 11 févr. /CNW Telbec/​– L’Alliance sociale ren­contre aujourd’hui le ministre des Finances, Raymond Bachand, dans le cadre de ses consul­ta­tions pré­bud­gé­taires. Ses repré­sen­tants espèrent inflé­chir la posi­tion du ministre sur plu­sieurs mesures adop­tées lors du der­nier budget, par­ti­cu­liè­re­ment sur la ques­tion de l’échéance du retour à l’équilibre bud­gé­taire et sur celle des droits de sco­la­rité. Ils se disent en désac­cord à l’effet de viser l’atteinte de l’équilibre bud­gé­taire en 2013-2014 et concer­nant la volonté de haus­ser les droits de sco­la­rité à comp­ter de 2012. Ces objec­tifs sont témé­raires et mettent en péril l’avenir du Québec. « Avec qui le Québec est-il en com­pé­ti­tion, sinon avec lui-même ? Aucun autre pays ne s’est fixé un échéan­cier aussi serré. Le gou­ver­ne­ment s’est pris à son propre piège ! Et lorsqu’on trans­fère la dette qué­bé­coise sur la relève en haus­sant les droits de sco­la­rité, c’est l’avenir du Québec que l’on hypo­thèque », ont déclaré les porte-parole.

L’impact des com­pres­sions dans tous les minis­tères y com­pris dans les réseaux de l’éducation et de la santé, qui devront contri­buer à la réduc­tion des dépenses de 5,2 mil­liards d’ici 2013, aura des consé­quences sociales catas­tro­phiques. Pour ce faire, le gou­ver­ne­ment veut rame­ner la crois­sance des dépenses à 2,2 % alors qu’elle était en moyenne de 4,8 % depuis 2003. « La reprise éco­no­mique demeure fra­gile. Chaque jour, de nou­velles indi­ca­tions démontrent à quel point la partie est loin d’être gagnée. La situa­tion de l’emploi est par­ti­cu­liè­re­ment pré­oc­cu­pante. À cet égard, elle est moins enviable qu’elle y parais­sait il y a un an, quand le gou­ver­ne­ment s’est donné cet échéan­cier trop court. Le gou­ver­ne­ment du Québec doit chan­ger sa posi­tion. Il en va de l’avenir éco­no­mique du Québec. L’entêtement gou­ver­ne­men­tal ne ferait qu’aggraver encore plus la situa­tion », de mar­te­ler les repré­sen­tants de l’Alliance sociale.
Ces der­niers vont donc tenter de convaincre le ministre qu’il fait fausse route, non seule­ment avec ses com­pres­sions de dépenses et son échéan­cier, mais aussi avec son approche orien­tée vers le prin­cipe de l’utilisateur-payeur, de l’augmentation des droits de sco­la­rité, de la tari­fi­ca­tion tous azi­muts, du recours à la pri­va­ti­sa­tion, aux PPP et à la sous-trai­tance. Le 12 mars pro­chain, une grande mani­fes­ta­tion sur le thème : Un budget équi­table : Une ques­tion de choix ! récla­mera éga­le­ment du gou­ver­ne­ment un chan­ge­ment de cap. « D’autres choix sont pos­sibles et c’est ce que nous répé­te­rons au ministre aujourd’hui », de conclure les porte-paroles de l’Alliance.

Voici un rappel des propositions de l’Alliance sociale :

  • Le report de l’échéance du retour à l’équilibre bud­gé­taire ;
  • L’abolition de la taxe santé ;
  • L’arrêt de l’augmentation des droits de sco­la­rité à comp­ter de 2012 ;
  • L’établissement d’un calen­drier visant à déga­ger des éco­no­mies de 400 mil­lions sur le prix des médi­ca­ments ;
  • Un finan­ce­ment adé­quat des réseaux d’éducation et de santé et ser­vices sociaux ;
  • L’abolition du non-rem­pla­ce­ment d’un départ sur deux pour la fonc­tion publique et le per­son­nel admi­nis­tra­tif des réseaux de la santé et de l’éducation ;
  • L’ajout de 22 000 nou­velles places prio­ri­tai­re­ment dans les CPE et en milieu fami­lial ;
  • Une révi­sion à la hausse de l’impôt sur le revenu des par­ti­cu­liers pour les contri­buables gagnant plus de 127 000 $ par l’introduction d’un 4e palier d’imposition de 28 %;
  • L’introduction d’une taxe sur les biens de luxe ;
  • Une hausse des rede­vances minières avec une cible de 250 mil­lions en droits d’exploitation d’ici 2013-2014 ;
  • Un res­ser­re­ment des divers cré­dits et congés fis­caux des entre­prises équi­valent à des reve­nus addi­tion­nels de 250 mil­lions de dol­lars ;
  • Un impôt mini­mum équi­valent à 1,5 % du revenu net des entre­prises qui géné­re­rait des reve­nus addi­tion­nels de 150 mil­lions de dol­lars ;
  • Une révi­sion à la hausse de 300 mil­lions de l’objectif du plan de lutte contre l’évasion fis­cale.

L’Alliance sociale demande éga­le­ment que le gou­ver­ne­ment du Québec fasse pres­sion sur le gou­ver­ne­ment fédé­ral pour récla­mer :

  • Une com­pen­sa­tion pour l’harmonisation de la taxe de vente ;
  • Le main­tien du taux de pro­gres­sion de 6 % du finan­ce­ment fédé­ral de la santé au-delà de 2013-2014 ;
  • La révi­sion à la hausse des paie­ments de péréqua­tion ;
  • La récu­pé­ra­tion des éco­no­mies réa­li­sées grâce à l’existence de gar­de­ries à contri­bu­tion réduite ;
  • Le rehaus­se­ment des trans­ferts fédé­raux au titre de l’enseignement supé­rieur ;
  • L’amélioration du régime d’assurance-emploi et le sou­tien aux tra­vailleurs âgés ayant perdu leur emploi.

L’Alliance sociale demande au gou­ver­ne­ment de mettre en place une stra­té­gie de déve­lop­pe­ment éco­no­mique et social dont l’objectif prio­ri­taire sera le sou­tien et la créa­tion d’emplois de qua­lité, et ce, dans une pers­pec­tive de déve­lop­pe­ment durable. Ainsi, le gou­ver­ne­ment devrait pour­suivre ses inves­tis­se­ments dans :

  • Le sou­tien aux acti­vi­tés manu­fac­tu­rières et de la pro­duc­tion indus­trielle par le main­tien du pro­gramme RENFORT ;
  • Les infra­struc­tures (réfec­tion du trans­port rou­tier, déve­lop­pe­ment du trans­port en commun, équi­pe­ments muni­ci­paux, déve­lop­pe­ment des tech­no­lo­gies vertes et du poten­tiel éner­gé­tique, construc­tion de loge­ment abor­dable, etc.);
  • Les mesures de sou­tien à la main-d’œuvre, notam­ment la recon­duc­tion du pro­gramme SERRÉ.

Transition vers une économie plus verte

Le gou­ver­ne­ment devrait fina­le­ment mettre à profit la dis­po­ni­bi­lité d’énergie renou­ve­lable au Québec pour accé­lé­rer l’électrification des trans­ports col­lec­tifs dans le but de réduire la dépen­dance au pétrole de l’économie qué­bé­coise et sou­te­nir le déve­lop­pe­ment de l’industrie qué­bé­coise de la fabri­ca­tion de trans­port col­lec­tif (train, métro, auto­bus). Afin de déve­lop­per avec succès la filière des véhi­cules élec­triques, le gou­ver­ne­ment devrait en aug­men­ter le finan­ce­ment de façon à s’assurer que le Québec obtienne sa part de ce marché en crois­sance. Il devrait aussi pla­ni­fier une accé­lé­ra­tion du déve­lop­pe­ment de la filière éolienne après 2015. Enfin, il doit faire en sorte que l’exploitation des res­sources natu­relles génère un maxi­mum de retom­bées éco­no­miques.

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