Crise systémique : la vérité sur la bourse

Par Mis en ligne le 27 novembre 2009

Personne ne com­prend pour­quoi la bourse, alors que tous les indi­ca­teurs sont dans le rouge (dont le plus impor­tant est le chô­mage) conti­nue de pro­gres­ser, ce que les médias nomment « la reprise ». La Banque mon­diale avait d’ailleurs estimé la baisse du PIB mon­dial à 3% pour 2009. Source : Baisse de 3% du PIB mon­dial en 2009 – – le JDD​.fr

Or Le Dow Jones est passé de 8577 points le 15 octobre à 10 000 points le 14 octobre 2009 soit plus de 16% en pleine crise. Nous avons donc -3% pour l’économie réelle et + 16% pour la bourse, bizarre, non ?

Une petite expli­ca­tion (un peu tech­nique) s’impose donc.

I. Les rats quittent le navire

Les Insiders, c’est à dire les res­pon­sables des entre­prises US quittent le navire. Ils vendent à tour de bras leurs actions !

Pour mas­quer cela, Goldman Sachs qui repré­sente à elle seule plus du tiers des volumes des titre négo­ciés du NYSE truque les mar­chés à l’aide du tra­ding « quan­tique » ou algo­rith­mique. Ces échanges s’effectuent à fré­quence élevée sur de petit blocs négo­ciés en per­ma­nence entre un nombre res­treint de fonds quan­tiques et de pro­grammes de tra­ding.

Laurent Useldinger, pré­sident d’Ullink, une société four­nis­sant des solu­tions de tra­ding et de connec­ti­vité FIX (Financial Informations Xchange) explique le tra­ding quan­tique ainsi : « On estime qu’un trader équipé d’outils algo­rith­miques traite dix fois plus d’ordres que manuel­le­ment »

Tout ceci est du vent, bien sûr, décon­necté de toute réa­lité éco­no­mique !

II. La vérité sur la bourse

Le NYSE, New York Stock Exchange que l’on nomme « Wall Street » ou Bourse de New York », est la plus grande bourse mon­diale. En juillet 2009, Goldman Sachs repré­sen­tait un tiers des volumes d’échanges (pro­gram tra­ding) et les 3 acteurs prin­ci­paux (Goldman Sachs, Credit Suisse et Morgan Stanley) repré­sen­taient quant à eux 63,6 %. La preuve (le gra­phique « la vérité sur la bourse ») sur mon blog : http://​gil​les​bo​nafi​.sky​rock​.com/.

Bien sûr, tout ceci est du tra­ding « quan­tique »une aber­ra­tion de marché. Philippe Béchade dans la chro­nique Agora donne une excel­lente ana­lyse. Source : Programmes de tra­ding et mani­pu­la­tion de cours

« Pour ceux qui nour­ris­saient encore quelques doutes, le com­por­te­ment robo­tique du marché prouve de façon écla­tante qu’il n’existe plus aucun contre-pou­voir réel face aux machines. Les pro­grammes de tra­ding auto­ma­ti­sés règlent avec une pré­ci­sion de géo­mètre l’angle de pro­gres­sion du canal ascen­dant. Une fois ver­rouillé le rythme de la hausse du sous-jacent (actions, indices, matières pre­mières), un champ d’opportunités infi­nies s’ouvre aux opé­ra­teurs. Ils peuvent arbi­trer en temps réel sur l’ensemble des caté­go­ries de déri­vés : options, war­rants, CFD, contrats sur indices.L’effondrement de la vola­ti­lité consé­cu­tif à la dis­pa­ri­tion de toute cor­rec­tion tech­nique — là encore, un phé­no­mène qui démontre que toute trace de psy­cho­lo­gie humaine est impi­toya­ble­ment gommée par les ordi­na­teurs — ten­drait à démon­trer que les opé­ra­teurs affichent une confiance abso­lue dans un contexte où cours de Bourse et conjonc­ture sont tota­le­ment décon­nec­tés. »

De plus, le 30 juin 2008 , l’OCC (Comptroller of the Currency, l’autorité gou­ver­ne­men­tale de tutelle des banques) décla­rait que les USA pos­sé­daient 182 100 mil­liards de dol­lars de pro­duits déri­vés (des méta­stases), or, il y a quelques mois, le der­nier rap­port fait état de 200 000 mil­liards de dol­lars (contrô­lés par 5 banques). A l’heure où l’on parle de régu­ler la finance, 20 000 mil­liards de dol­lars ont donc été créés en 1 an, soit 1,5 fois le PIB des USA. Source :http://​www​.occ​.gov/​f​t​p​/​r​e​l​e​a​s​e​/​2​0​0​9​-​1​1​4​a.pdf (tableau page 12).

La crise sys­té­mique actuelle, qui est le chant du cygne de notre sys­tème éco­no­mique, nous démontre que les théo­ries éco­no­miques sont obso­lètes.

Paul Krugman qui a un métro de retard se demande encore com­ment les éco­no­mistes ont fait pour se trom­per à ce point ?

C’est pour­tant simple, les théo­ries éco­no­miques n’ont pas évo­luées au rythme de la finance. Celle-ci, à l’aide des mathé­ma­tiques et de pres­sions poli­tiques a su créer un gigan­tesque casino pla­né­taire avec des mon­tants dépas­sant 10 fois le PIB mon­dial. Pire que tout, la plu­part de ces dizaines de mil­liers de mil­liards de dol­lars sont direc­te­ment liés à des dettes.

Toutes les théo­ries éco­no­miques volent donc en éclat : celles sur la valeur, la rela­tion capital/​travail, etc, etc.

« Il était inévi­table que des choses très graves se pro­duisent » décla­rait Benoît Mandelbrot, mathé­ma­ti­cien et inven­teur des frac­tales car ce sys­tème est mathé­ma­ti­que­ment condamné. Il est en train de mourir en ce moment même et le temps d’un nou­veau para­digme est venu, une nou­velle vision du monde en effet qui doit exclure les « sei­gneurs féo­daux » qui tentent de ver­rouiller défi­ni­ti­ve­ment le sys­tème à leur profit.

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