Copenhague ou le fardeau légué par les riches

Mis en ligne le 07 février 2010

19 décembre 2009

par Attac France

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Alors que sous la pres­sion des opi­nions publiques, plus de cent chefs d’État ou de gou­ver­ne­ment étaient réunis, aucun accord digne de ce nom n’a pu être conclu. Les pays riches, en refu­sant de prendre des mesures qui recon­naî­traient leur res­pon­sa­bi­lité his­to­rique dans le chan­ge­ment cli­ma­tique, ont pré­ci­pité l’échec.


Soumise aux lob­bies du green busi­ness et enfer­mée dans des logiques diplo­ma­tiques héri­tées des périodes colo­niales, la tribu des pays riches n’a pas su voir que le chaos cli­ma­tique, subi déjà par nombre de pays du Sud, ren­dait déri­soires leurs ten­ta­tives de divi­sion. Les mani­pu­la­tions néo­co­lo­niales de Nicolas Sarkozy en direc­tion de l’Afrique n’ont pas suffi !

Ils n’ont pas su voir, eux qui se pensent tou­jours les maîtres du monde et de la nature, qu’une nou­velle confi­gu­ra­tion des rela­tions entre le Nord, à bout de souffle, et le Sud est en train de se des­si­ner et qu’on ne négo­cie pas avec la nature, comme le scan­daient de nom­breux mani­fes­tants.

Après avoir expulsé des négo­cia­tions les ONG qui contes­taient le fiasco en ges­ta­tion, après avoir concocté des textes dans des salles obs­cures au mépris des règles mul­ti­la­té­rales mini­males, ils s’en prennent désor­mais à l’ONU, où il est vrai, la Bolivie, les pays de l’ALBA , Tuvalu, et tant d’autres peuvent s’exprimer en prin­cipe à éga­lité avec des pays dont la super­puis­sance s’avère déri­soire face aux enjeux. Pourtant le texte final a été concocté, en dehors de toute pro­cé­dure onu­sienne, par le MEF (Major Economies Forum), équi­valent du G20. Un texte qui ne men­tionne pas d’objectif de réduc­tion des émis­sions à court, moyen et long terme, un texte dont le prin­ci­pal motif est de refu­ser tout traité inter­na­tio­nal contrai­gnant pour les pays riches. Un texte qui met à nu la logique des inté­rêts privés.

Après avoir tenté de cri­mi­na­li­ser les mul­tiples mou­ve­ments sociaux pré­sents à Copenhague par des tech­niques poli­cières d’arrestation de masse, ils ne sont pas venus à bout d’un mou­ve­ment paci­fique, déter­miné, massif et ima­gi­na­tif, un mou­ve­ment inter­na­tio­nal, por­teur d’un nouvel espoir et conscient de ses res­pon­sa­bi­li­tés. Desmond Tutu a déclaré : « il est pré­fé­rable de ne pas avoir d’accord plutôt qu’un mau­vais accord. » Nous y sommes. Et Copenhague n’est qu’une étape pour que la décla­ra­tion des peuples, issue du forum alter­na­tif et lue dans l’enceinte de l’ONU, devienne la base d’un accord entre les peuples.

À Copenhague, une conver­gence inédite entre mou­ve­ments sociaux, mou­ve­ments éco­lo­gistes, mou­ve­ments de soli­da­rité inter­na­tio­nale a fait naître un nouvel espoir et consti­tue un tour­nant du mou­ve­ment alter­mon­dia­liste. Plus que jamais, nous avons à pour­suivre par­tout sa construc­tion, à nous enga­ger dans des ini­tia­tives locales, à faire pres­sion sur les élus, et nous serons pré­sents aux pro­chains rendez-vous jusqu’à Mexico, fin 2010. C’est leur échec, ce n’est pas le nôtre !

Attac France, le 19 décembre 2009

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