Copenhague : les pays riches mènent les négociations, et nos sociétés, dans l’impasse

Par Mis en ligne le 06 décembre 2009

A la veille de l’ouverture du sommet de Copenhague sur le chan­ge­ment cli­ma­tique (7 – 18 décembre), les pays riches ont mené les négo­cia­tions dans l’impasse. Le constat peut appa­raître dur et défi­ni­tif, il est pour­tant fondé.

Au point que les pays en déve­lop­pe­ment, regrou­pés au sein du G77, ont dénoncé à Bangkok, début octobre, le « sabo­tage » des négo­cia­tions par les pays développés(1). Mardi 3 novembre, à Barcelone, lors de la der­nière ren­contre inter­mé­diaire pré­cé­dant Copenhague, les pays afri­cains ont quitté tem­po­rai­re­ment la table des négociations(2). Les pro­po­si­tions des Etats-Unis, de l’Union Européenne et, plus lar­ge­ment, des pays de l’Annexe 1 de la Convention-Cadre, ne sont pas à la hau­teur des enjeux et sus­citent le mécon­ten­te­ment et l’opposition des pays du Sud. Alors qu’il était prévu que le sommet de Copenhague abou­tisse sur un nou­veau pro­to­cole d’engagements pro­lon­geant les pré­cé­dents, il ne devrait pas être pos­sible d’obtenir mieux qu’une décla­ra­tion poli­tique sans véri­table carac­tère contrai­gnant, don­nant mandat aux négo­cia­teurs d’aboutir à un accord en 2010. Pourtant, dans le même temps, sous la pres­sion de puis­sants lobbys indus­triels et éco­no­miques, les pays riches essaient d’étendre les méca­nismes à l’origine de la finance car­bone et de ses dan­gers. Les résul­tats du sommet de Copenhague seraient alors bien éloi­gnés de ce que l’on peut attendre d’un sommet pré­senté par cer­tains comme le plus grand rendez-vous de l’humanité.

Dérèglements climatiques, du constat partagé aux enjeux géopolitiques

Si les pos­si­bi­li­tés d’obtenir un accord juste, contrai­gnant et à la hau­teur des enjeux se sont consi­dé­ra­ble­ment réduites, ce n’est pas par manque de rap­ports scien­ti­fiques alar­mants qui fixent les objec­tifs de réduc­tion d’émission de gaz à effets de serre (GES) à atteindre pour ne pas dépas­ser les 2°C d’augmentation de la tem­pé­ra­ture moyenne à la sur­face du globe au-delà des­quels per­sonne ne sait quelles consé­quences dra­ma­tiques et irré­ver­sibles cela pour­rait avoir. Le der­nier rap­port en date, publié le 24 sep­tembre, est à ce titre extrê­me­ment alar­mant, et beau­coup moins pru­dent que les rap­ports du GIEC(3) de 2007. Selon le PNUE(4), « la rapi­dité et l’ampleur des chan­ge­ments cli­ma­tiques semblent en voie de dépas­ser les pré­vi­sions les plus alar­mantes du der­nier rap­port du GIEC ». En 2008, les émis­sions viennent de battre un nou­veau record(5) avec près de 10 mil­liards de tonnes de car­bone émises dans l’atmosphère dont 8,7 sont dus à la com­bus­tion des res­sources fossiles(6). Le constat de base des tra­vaux des scien­ti­fiques du GIEC selon lequel « le climat se réchauffe et l’activité humaine en est la cause » est aujourd’hui publi­que­ment reconnu par l’ensemble des pays. Jusqu’ici l’administration Bush l’avait nié, jus­ti­fiant ainsi son refus de rati­fier le pro­to­cole de Kyoto. L’arrivée d’Obama valide défi­ni­ti­ve­ment l’engagement du sommet de la Terre de Rio : nos socié­tés doivent agir pour lutter contre le réchauf­fe­ment et le pos­sible embal­le­ment cli­ma­tiques. La mul­ti­pli­ca­tion des rap­ports scien­ti­fiques et films de sen­si­bi­li­sa­tion du grand public ont donc pro­duit leur effet en dépla­çant le débat des constats et ana­lyses scien­ti­fiques aux négo­cia­tions poli­tiques por­tant sur les méca­nismes et leviers à action­ner pour réduire nos émis­sions de GES. Si les négo­cia­tions ont jusqu’ici achoppé, c’est en raison de diver­gences poli­tiques sur les enga­ge­ments et mesures prio­ri­taires à prendre, et sur la répar­ti­tion des efforts entre les pays. Les impli­ca­tions géo­po­li­tiques et géos­tra­té­giques des négo­cia­tions sont donc déci­sives dans l’éventualité d’un pos­sible accord.

Sur ce point, le pro­to­cole de Kyoto avait struc­turé les négo­cia­tions entre les pays développés(7) d’un côté et les pays en développement(8) de l’autre, sur la base d’une « res­pon­sa­bi­lité com­mune mais dif­fé­ren­ciée ». Au titre de cette dif­fé­ren­cia­tion, seuls les pre­miers étaient tenus par des enga­ge­ments de réduc­tion d’émissions de gaz à effets de serre (GES). Le pro­to­cole de Kyoto défi­nit ainsi une res­pon­sa­bi­lité his­to­rique des pays déve­lop­pés dans le réchauf­fe­ment cli­ma­tique. Ayant émis plus des trois quarts des GES depuis la pre­mière révo­lu­tion indus­trielle, les pays déve­lop­pés étaient recon­nus comme ayant contracté une dette cli­ma­tique auprès des pays du Sud(9), jus­ti­fiant qu’ils portent les prin­ci­paux efforts à réa­li­ser pour lutter contre les dérè­gle­ments cli­ma­tiques. Nous avons là le pre­mier point de cli­vage des négo­cia­tions actuelles. Les pays en déve­lop­pe­ment sont très insa­tis­faits des enga­ge­ments de réduc­tion de GES des pays déve­lop­pés, Tant par les enga­ge­ments passés que par les pro­messes d’engagements futurs. Globalement, les enga­ge­ments du pro­to­cole de Kyoto auront bien du mal à être tenus(10). Et pour la période post-2012, les pays du Sud se disent pré­oc­cu­pés de voir que la somme totale(11) des pro­messes de réduc­tion des pays déve­lop­pés est bien éloi­gnée des recom­man­da­tions du GIEC(12). Si le Japon, suite au chan­ge­ment récent de majo­rité, vient de s’engager à réduire ses émis­sions de 25 % en 2020 par rap­port à 1990, les Etats-Unis arrivent à Copenhague sans enga­ge­ment précis(13), pas plus que la Russie Dans le même temps, le paquet climat-éner­gie de l’Union Européenne en reste à une pro­po­si­tion de réduction(14) de 20 %. De leur côté, le Canada consi­dère que ses objec­tifs ne doivent pas dépendre d’un accord inter­na­tio­nal, tandis que la Nouvelle-Zélande se dit inca­pable de pré­voir des objec­tifs précis. Concrètement, ces pro­po­si­tions sont per­çues par les pays du Sud comme remet­tant en cause toute idée de res­pon­sa­bi­lité his­to­rique des pays déve­lop­pés dans le réchauf­fe­ment cli­ma­tique. Les pays regrou­pés dans l’Alliance des petits Etats insu­laires (AOSIS) expriment donc leur grande inquié­tude et consi­dèrent que leur inté­grité ter­ri­to­riale et leur survie sont désor­mais en cause. Les îles Maldives ont réuni le 31 Octobre un Forum des pays vul­né­rables aux dérè­gle­ments cli­ma­tiques pour rap­pe­ler com­bien il était impor­tant d’aboutir à des objec­tifs ambi­tieux et contrai­gnants à Copenhague(15). De leurs côtés, la Chine(16), l’Inde(17), le Mexique(18), le Brésil(19) se disent prêts à s’engager sur des réduc­tions significatives(20), mais, avant de pré­ci­ser et éven­tuel­le­ment quan­ti­fier leurs pro­po­si­tions, ils attendent des pays déve­lop­pés des enga­ge­ments chif­frés démon­trant leur réelle volonté d’aboutir à un accord recon­nais­sant leurs res­pon­sa­bi­li­tés. Le groupe des 77 estime que même les objec­tifs les plus ambi­tieux affi­chés par l’Union euro­péenne sont insuf­fi­sants. « Tout accord sous les 40 pour cent signi­fie­rait que la popu­la­tion afri­caine, la terre afri­caine seraient vouées à la des­truc­tion », a déclaré le délé­gué sou­da­nais Lumumba Sanislaus Di-Aping au nom du G77(21). De son côté, Yvo de Boer(22) a déclaré « qu’arriver à moins 40% serait trop dif­fi­cile » et qu’atteindre un tel objec­tif impli­que­rait selon lui de « tout reprendre depuis le début ». C’est peu dire que les pays en déve­lop­pe­ment sont déçus de ces décla­ra­tions.

Des financements sinon « tout s’écroule »

A partir du moment où une aug­men­ta­tion de la tem­pé­ra­ture à la sur­face de la pla­nète parait inéluctable(23), occa­sion­nant des phé­no­mènes de séche­resse, d’inondation et de catas­trophes en tout genre, il parait évident que les pays prin­ci­pa­le­ment res­pon­sables du réchauf­fe­ment contri­buent finan­ciè­re­ment à assu­rer l’adaptation des socié­tés les plus fra­giles et dis­po­sant de res­sources insuf­fi­santes pour ce faire. Un récent rap­port de la Banque Mondiale indique que les pays en déve­lop­pe­ment vont sup­por­ter 80% des dégâts occa­sion­nés par les dérè­gle­ments cli­ma­tiques alors qu’ils ne sont à l’origine que de 30% des émis­sions de gaz à effet de serre(24). Le 10 Octobre, le ministre bur­ki­nabé de l’environnement, Salifou Sawadogo, se féli­ci­tant de la posi­tion com­mune portée par l’ensemble des pays d’Afrique, a estimé à 65 mil­liards de dol­lars (44 mil­liards d’euros) les finan­ce­ments néces­saires pour que le conti­nent puisse faire face aux dérè­gle­ments climatiques(25). L’Algérie, au nom du groupe des Pays Africains, a par exemple pro­posé que les pays déve­lop­pés mettent 5 % de leur PIB à dis­po­si­tion des pays en déve­lop­pe­ment pour faire face au chan­ge­ment climatique(26). La Chine, sans doute plus réa­liste avait déjà pro­posé 1 point de PIB des pays déve­lop­pés, pro­po­si­tion qui a été refu­sée par les Etats-Unis lors du G20 de Pittsburgh. Alors que l’ONU estime les fonds néces­saires à 230 mil­liards d’euros, la com­mis­sion Européenne évalue à 100 mil­liards d’euros par an les besoins des pays les plus pauvres et pro­pose que les pays riches four­nissent entre 22 et 50 mil­liards d’euros d’aides publiques, le reste pro­ve­nant des pays en déve­lop­pe­ment eux-mêmes et des méca­nismes de flexi­bi­lité. Pour l’instant, les pro­po­si­tions réelles des pays du Nord sont bien éloi­gnées de ces mon­tants. Le G20 a montré son inca­pa­cité à se mettre d’accord sur des enga­ge­ments finan­ciers chiffrés(27). Loin de sa pos­ture usur­pée de loco­mo­tive des négo­cia­tions, l’Union Européenne n’a tou­jours pas réussi à se mettre d’accord sur un mon­tant d’aide et une clef de répar­ti­tion de cet effort entre les pays européens(28). Résultat, l’UE ne peut annon­cer qu’une aide com­prise entre 2 à 15 mil­liards d’euros par an d’ici à 2020, sans garan­tir qu’elle soit addi­tion­nelle à l’aide au développement(29), ce qui est une exi­gence des pays du Sud. D’autre part, les pays déve­lop­pés estiment que les Institutions finan­cières Internationales (IFI), Banque Mondiale (BM) et Fond Monétaire International (FMI), seraient les plus aptes à gérer les fonds récol­tés et finan­cer les pro­jets d’adaptation aux chan­ge­ments cli­ma­tiques. Les pays en déve­lop­pe­ment rejettent cette proposition(30) esti­mant que cela revient à faire des Etats-Unis et de l’UE, majo­ri­taires dans chaque ins­tance, les réels et ultimes décisionnaires(31). Ils exigent donc que la ges­tion de ses res­sources soit confiée à un fond dépen­dant de l’ONU et géré démo­cra­ti­que­ment. En plus de conti­nuer à nuire en pro­po­sant des enga­ge­ments de réduc­tion d’émissions trop faibles, les pays déve­lop­pés, par l’absence de pro­po­si­tions satis­fai­santes, sapent le finan­ce­ment des adap­ta­tions néces­saires aux chan­ge­ments cli­ma­tiques dont ils sont les prin­ci­paux res­pon­sables. C’est bien-entendu inac­cep­table pour les pays en déve­lop­pe­ment et ils l’ont donc fait savoir avec force(32) en rap­pe­lant notam­ment que la Convention-Cadre des Nations-Unies pré­voit que les pays déve­lop­pés doivent four­nir des finan­ce­ments per­met­tant aux pays en déve­lop­pe­ment de faire face aux chan­ge­ments cli­ma­tiques. De la même manière, les pays en déve­lop­pe­ment sou­haitent avoir accès aux tech­no­lo­gies « vertes » sans avoir à payer les brevets(33), ce que les pays déve­lop­pés, appuyés sur le droit com­mer­cial de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), leur refusent pour l’instant. Finalement, comme le recon­naît Yvo de Boer, « si vous n’avez pas d’objectifs ambi­tieux de la part des pays riches, et si vous n’avez pas une offre de finan­ce­ment signi­fi­ca­tive sur la table, l’ensemble de l’édifice s’écroule »(34).

Remise en cause des acquis de Kyoto : les pays du Nord veulent-ils réellement un accord ?

Il est donc pos­sible de s’interroger sur la réelle volonté des pays du Nord de négo­cier dans le cadre du pro­to­cole de Kyoto qui, malgré toutes ses limites(35), avait l’immense mérite de recon­naitre la res­pon­sa­bi­lité his­to­rique des pays du Nord dans le réchauf­fe­ment cli­ma­tique. Le pro­to­cole de Kyoto consis­tait à défi­nir un pla­fond global d’émissions en accord avec la science et à répar­tir ensuite l’effort entre les pays indus­tria­li­sés, his­to­ri­que­ment res­pon­sables du réchauf­fe­ment cli­ma­tique. Le retour dans l’enceinte des négo­cia­tions des Etats-Unis semble remettre en cause cette approche. Tout d’abord parce que l’administration Obama a réitéré le refus des Etats-Unis de signer le pro­to­cole de Kyoto(36). Deuxièmement, parce que les Etats-Unis sont aujourd’hui rétifs à toute idée d’accord contrai­gnant juri­di­que­ment oppo­sable devant une ins­tance inter­na­tio­nale telle que l’ONU. Le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain est prêt à prendre des enga­ge­ments contrai­gnants sur le plan natio­nal mais pas sur le plan inter­na­tio­nal. Ils pro­posent donc un cadre où seraient ins­crits les enga­ge­ments uni­la­té­raux des pays. Ces enga­ge­ments pour­raient rester dif­fé­ren­ciés : réduc­tion abso­lue pour les pays déve­lop­pés, réduc­tion de l’intensité énergétique(37) pour les pays en déve­lop­pe­ment. C’est une approche par le bas, à l’image des trai­tés de non-pro­li­fé­ra­tion nucléaire, là où le pro­to­cole de Kyoto était une approche par le haut. Le cadre inter­na­tio­nal ne serait plus qu’un cadre de coor­di­na­tion, ce qui revient à décons­truire toute idée d’une véri­table régu­la­tion contrai­gnante sous l’égide de l’ONU. Objectifs chif­frés contrai­gnants et échéances de réa­li­sa­tion ne seraient pas oppo­sables aux Etats. En fai­sant ces propositions(38), les Etats-Unis, appuyés par le Canada et l’Australie, essaient d’aboutir à une décla­ra­tion s’appliquant à l’ensemble des pays et pré­sen­tant ce qu’ils appellent une « vision par­ta­gée »(39). Ces pro­po­si­tions ont été reje­tées caté­go­ri­que­ment par qua­si­ment tous les pays en développement(40) et par les mou­ve­ments sociaux, notam­ment du Sud(41). Ainsi l’Inde consi­dère que ces pro­po­si­tions sont contra­dic­toires avec les enga­ge­ments qui cadrent les négociations(42) et qu’elles brouillent, ou effacent, la dis­tinc­tion, déci­sive, entre les pays déve­lop­pés qui doivent d’engager sur des objec­tifs de réduc­tion chif­frés et les pays en déve­lop­pe­ment. Comme si la res­pon­sa­bi­lité his­to­rique des pays du Nord dans le réchauf­fe­ment cli­ma­tique n’était plus un élé­ment essen­tiel, et acquis, des négo­cia­tions. D’autre part, les pays en déve­lop­pe­ment ne cessent de s’alarmer des déclarations(43) des pays déve­lop­pés affir­mant que le pro­to­cole de Kyoto pren­drait fin en 2012. Les pays du Sud, ainsi que les mou­ve­ments sociaux, rap­pellent aux pays déve­lop­pés, qu’en rati­fiant Kyoto, ils se sont enga­gés à défi­nir de nou­veaux objec­tifs contrai­gnants pour l’après 2012, en tenant compte de leurs res­pon­sa­bi­li­tés his­to­riques. Alors que la Chine a alerté les autres pays sur la pos­sible impasse à laquelle mène­raient les pro­po­si­tions des Etats-Unis, l’Union Européenne a affirmé à Bangkok qu’il y avait du temps pour les dis­cu­ter. Certains pays du Nord ont même sug­géré un nou­veau pro­to­cole de négo­cia­tions, placé dans le cadre de la Convention, rem­pla­çant le pro­to­cole de Kyoto, ou même un « nou­veau traité »(44). Ainsi, les pays déve­lop­pés essaient de faire passer les pays en déve­lop­pe­ment pour ceux qui bloquent les négo­cia­tions alors que ce sont eux qui ne res­pectent pas les cadres de négo­cia­tions col­lec­ti­ve­ment éta­blis.

Voyant bien que les pays du Sud n’accepteront pas le chan­ge­ment de cadre de négo­cia­tions pro­posé alors que dans le même temps, les enga­ge­ments de réduc­tion à venir et les finan­ce­ments pro­po­sés par les pays du Nord sont insuf­fi­sants, ces der­niers pro­posent de revoir à la baisse les objec­tifs de Copenhague. La ten­ta­tion des pays du Nord est donc d’essayer de gagner du temps. Alors que le calen­drier défini col­lec­ti­ve­ment devait abou­tir à Copenhague sur un nou­veau pro­to­cole d’accord contrai­gnant pour la période post-2012, il s’agirait désor­mais de se mettre d’accord sur un texte poli­tique de 5 pages qui satis­fasse tout le monde(45). Si Yvo de Boer s’impatientait(46) à l’ouverture des négo­cia­tions inter­mé­diaires de Bangkok, il a plus récem­ment affirmé qu’il ne faut pas s’attendre à « un nou­veau traité à Copenhague »(47). De nou­velles dates de négo­cia­tions sont déjà annon­cées pour 2010. De son côté, le gou­ver­ne­ment danois, hôte du sommet de décembre, a reconnu que le texte qui sera adopté n’aura qu’une portée « poli­tique » géné­rale, incluant les Etats-Unis. Les éven­tuelles obli­ga­tions légales vien­draient, au mieux, l’année prochaine(48). Dès lors, tous les obser­va­teurs s’accordent sur un point : il est illu­soire d’imaginer que Copenhague pour­rait abou­tir sur un accord juri­di­que­ment contrai­gnant, comme l’ont reconnu, le 15 novembre, les diri­geants de l’Apec(49). La conseillère de Barak Obama, Carole Bowner a déclaré le 2 octobre der­nier « Copenhague n’est pas la fin du pro­ces­sus, c’est le début »(50). Nous sommes donc face à un drôle de para­doxe : les pays du Nord tels que la France ne rechignent pas à insis­ter sur le carac­tère his­to­rique du sommet de Copenhague, vu par cer­tains comme le lieu où se jouera « le destin du monde »(51), et en même temps ces pays ne semblent pas pres­sés d’arriver à un accord à la hau­teur des enjeux. Il est pos­sible que leur stra­té­gie consiste à réser­ver les annonces impor­tantes pour le der­nier jour du sommet de Copenhague afin de s’assurer un succès média­tique et, éven­tuel­le­ment, le sou­tien de quelques ONG. Il est plus pro­bable, au regard de la résis­tance que les pays du Sud leur oppose, que les pays déve­lop­pés com­mencent à pré­pa­rer le ter­rain pour sauver la face et faire croire à l’opinion publique mon­diale qu’une décla­ra­tion poli­tique était mieux que rien. Il est donc pour eux vital de faire bais­ser le niveau d’attente du sommet de Copenhague.

De Kyoto à Copenhague, le multilatéralisme onusien sacrifié sur l’autel du leadership mondial ?

Cependant, cette stra­té­gie de sau­ve­tage média­tique de court terme se double de la volonté de long terme d’enfoncer un coin dans l’alliance entre les pays en déve­lop­pe­ment et la Chine. Loin des enjeux cli­ma­tiques, il s’agit pour les pays du Nord d’isoler le danger éco­no­mique et géo­po­li­tique chi­nois en sapant les alliances que la Chine a construites. Ainsi, la Chine ne cesse de ren­voyer les pays déve­lop­pés à leurs res­pon­sa­bi­li­tés historiques(52), pour bien se démar­quer d’eux. D’autre part, elle a récem­ment eu besoin(53) de publier une décla­ra­tion com­mune avec l’Inde rap­pe­lant qu’il n’y avait « pas de dif­fé­rence » entre leurs posi­tions res­pec­tives dans les négo­cia­tions et qu’elles avaient des exi­gences com­munes envers les pays développés(54). Ce qui n’empêche pas les pays du Nord de pour­suivre leur tra­vail de sape. Obama s’est rendu en Chine avec la ferme inten­tion d’arracher un accord bila­té­ral sur le réchauf­fe­ment climatique(55). Sans succès jusqu’à pré­sent mais le risque d’un G2 infor­mel sur le climat, consti­tué des deux prin­ci­paux émetteurs(56) de la pla­nète, existe. De son côté, la France et ses très ges­ti­cu­la­teurs Président de la République et Ministre de l’Environnement, viennent de fina­li­ser un plan dit « Justice Climat »(57) qui a deux objec­tifs diplo­ma­tiques : casser l’alliance Chine-G77(58) en contrai­gnant la Chine à des enga­ge­ments de réduc­tion chif­frés et construire une alliance France-Brésil, et d’autres, afin de dia­bo­li­ser les Etats-Unis et la Chine(59). A ces effets, Sarkozy et Borloo pro­posent des finan­ce­ments pour les pays émet­tant moins de 2 tonnes par habi­tant et par an, dif­fé­ren­ciant ainsi la Chine de l’Inde(60). En insis­tant sur les pays vul­né­rables, notam­ment d’Afrique, et sur les finan­ce­ments pour réduire la défo­res­ta­tion, ils ont obtenu le sou­tien de gou­ver­ne­ments comme celui du Brésil, mon­trant ainsi qu’un pays émergent et un pays indus­tria­lisé peuvent tomber d’accord, essayant en creux de dis­cré­di­ter les deux plus gros émet­teurs que sont les Etats-Unis et la Chine. Au-delà de ces ges­ti­cu­la­tions de lea­der­ship qui ne sont que poudre aux yeux dans un grand cirque média­tique ayant à peine com­mencé, deux ques­tions sont posées : l’avenir de la struc­tu­ra­tion actuelle des négo­cia­tions héri­tées de Kyoto et, plus fon­da­men­ta­le­ment, la place du mul­ti­la­té­ra­lisme et des négo­cia­tions sous l’égide de l’ONU. A force de mul­ti­plier les ini­tia­tives paral­lèles aux négo­cia­tions offi­cielles, et de pro­po­ser des textes alter­na­tifs, se ren­force le risque de démon­trer que le bila­té­ra­lisme est plus « effi­cace », du point de vue des pays riches, que des négo­cia­tions au sein d’un cadre onu­sien ren­dues com­pli­quées par la pré­sence de l’ensemble des pays et d’alliances dif­fi­ciles à contour­ner ? Le texte fran­çais est à ce titre extrê­me­ment ambigu : sans le dire expli­ci­te­ment, Sarkozy Borloo l’utilisent comme une pré­fi­gu­ra­tion pos­sible de la décla­ra­tion poli­tique éven­tuelle de Copenhague(61), en sillon­nant l’Afrique et l’Asie avec. C’est-à-dire à l’extérieur des cadres de négo­cia­tions col­lec­ti­ve­ment défi­nis. Ce plan, qui n’a reçu, à ce jour, que peu d’écho dans les négo­cia­tions inter­na­tio­nales, doit inter­pel­ler toutes celles et tous ceux qui consi­dèrent que le mul­ti­la­té­ra­lisme onu­sien, malgré toutes ces limites, est pré­fé­rable à des négo­cia­tions bila­té­rales ou des cadres de type G20/G8. Dans un cadre onu­sien, compte-tenu des forces en pré­sence, des alliances nouées par les pays en déve­lop­pe­ment et de la pres­sion de l’opinion publique inter­na­tio­nale, il semble envi­sa­geable de créer du droit inter­na­tio­nal envi­ron­ne­men­tal qui puisse à terme s’opposer au droit com­mer­cial et aux logiques busi­ness as usual. A l’inverse, si les négo­cia­tions bila­té­rales et/​ou de type G20/G8 pre­naient le pas sur les négo­cia­tions onu­siennes, cette pers­pec­tive, quelles que soient les mobi­li­sa­tions citoyennes inter­na­tio­nales, s’éloignerait. Raison fon­da­men­tale pour laquelle il parait tou­jours néces­saire de main­te­nir l’exigence d’obtenir, dans le cadre de négo­cia­tion actuel, un accord contrai­gnant, juste et à la hau­teur des enjeux. Tout en cri­ti­quant les stra­té­gies de court-terme et inadap­tées des uns et des autres.

L’Union Européenne n’est plus crédible

Ainsi, les stra­té­gies de négo­cia­tions de l’Union Européenne et de la France ne doivent pas trom­per. Elles sont bien loin de la posi­tion usur­pée de loco­mo­tive des négo­cia­tions dont elles se parent sou­vent. La stra­té­gie fran­çaise de négo­cia­tion est par exemple tota­le­ment dés­équi­li­brée : sans même pro­po­ser un sou­tien finan­cier à la hau­teur, la France menacent de taxer aux fron­tières de l’Europe les pro­duits des pays en déve­lop­pe­ment si ces der­niers ne prennent pas des ini­tia­tives pour réduire leurs gaz à effets de serre(62). Si l’idée de taxe car­bone à l’échelle inter­na­tio­nale peut être inté­res­sante, la pro­po­si­tion fran­çaise, sou­te­nue aujourd’hui de fait par l’Union Européenne(63), est pensée comme un ins­tru­ment de com­pé­ti­tion com­mer­ciale, et non comme per­met­tant de ras­sem­bler les finan­ce­ments néces­saires à la tran­si­tion de l’économie mon­diale, dans un esprit de soli­da­rité et de coopé­ra­tion inter­na­tio­nale. D’autre part, elle ne tient abso­lu­ment pas compte du lieu de consom­ma­tion des pro­duits alors que ces pro­duc­tions ont été délo­ca­li­sées par les mul­ti­na­tio­nales du Nord pour obte­nir des condi­tions sociales et envi­ron­ne­men­tales plus favo­rables du point de vue de leur ren­ta­bi­lité éco­no­mique. Ainsi, si les émis­sions réa­li­sées au Royaume-Uni ont dimi­nué de 5 % entre 1992 et 2004, les émis­sions fon­dées sur les biens consom­més dans ce pays ont aug­menté de 12 %(64). De son côté, l’Union Européenne est de moins en moins cré­dible dans son rôle de leader sup­posé des négo­cia­tions car si elle est tou­jours prompte à for­mu­ler ses exi­gences par rap­port au reste du monde, elle l’est beau­coup moins lorsqu’il s’agit pour elle de concré­ti­ser le finan­ce­ment d’une poli­tique de lutte pour la pro­tec­tion du climat. Sous cou­vert de ne pas abattre toutes ses cartes avant Copenhague, l’UE refuse de s’engager plus avant. Le sort du climat dépend aujourd’hui de stra­té­gie de poker-men­teur de chefs d’Etat en quête d’un lea­der­ship inter­na­tio­nal. Obtenir ce lea­der­ship inter­na­tio­nal sup­po­se­rait de prendre des enga­ge­ments à l’échelle euro­péenne à la hau­teur des enjeux, tant en terme de réduc­tions que de finan­ce­ment. L’ensemble des négo­cia­tions en serait trans­formé et les autres pays devraient bouger. Le lea­der­ship se gagne dans les actes et non dans les ges­ti­cu­la­tions.

Les risques de l’extension de la finance carbone

Finalement, compte-tenu de l’immense pres­sion média­tique pour abou­tir à Copenhague et, en raison des dif­fi­cul­tés ren­con­trées, le risque est grand de se limi­ter à ce qui appa­raît comme l’essentiel, à savoir les objec­tifs de réduc­tion et des finan­ce­ments, en « oubliant » le reste : exten­sion des méca­nismes de com­pen­sa­tion et des mar­chés car­bone, méca­nisme de lutte contre la défo­res­ta­tion, recon­nais­sance des popu­la­tions indi­gènes, tran­si­tions éco­no­miques… Pourtant, ces enjeux sont déci­sifs et, pour cer­tains, direc­te­ment sur la table des négo­cia­tions.

L’un des plus impor­tants concerne les mar­chés car­bone et ce qui les ali­mente, à savoir les méca­nismes de flexi­bi­lité. Ces dis­po­si­tifs, inven­tés dans le cadre du pro­to­cole de Kyoto, ont pour objec­tif d’inciter, en les ren­dant ren­tables, les pro­jets sup­po­sés « propres » dans les pays en déve­lop­pe­ment. Ils per­mettent, prin­ci­pa­le­ment aux mul­ti­na­tio­nales du Nord, de pro­cé­der à des inves­tis­se­ments visant à réduire les émis­sions de gaz à effet de serre en dehors de leur ter­ri­toire natio­nal et de béné­fi­cier des cer­ti­fi­cats d’émission géné­rés par les réduc­tions ainsi obtenues(65). Ces cer­ti­fi­cats d’émissions peuvent ensuite être reven­dus sur les mar­chés car­bone existants(66) auprès d’autres mul­ti­na­tio­nales dési­reuses d’en obte­nir au moins autant que le mon­tant total de leurs émis­sions de GES de l’année en cours. Les mar­chés car­bone et leur exten­sion éven­tuelle pose de nom­breux problèmes(67). Tout d’abord, les méca­nismes de com­pen­sa­tion qui ali­mentent les mar­chés car­bone per­mettent aux mul­ti­na­tio­nales du Nord d’obtenir des cer­ti­fi­cats d’émission sans s’attaquer à une réduc­tion domes­tique de leurs émis­sions. D’autre part, pensés comme devant faci­li­ter la réa­li­sa­tion de pro­jets propres au Sud, ces méca­nismes font confiance au marché et aux choix de ren­ta­bi­lité éco­no­mique des mul­ti­na­tio­nales pour déci­der des inves­tis­se­ments et de leur répar­ti­tion. Au final, outre des pro­blèmes de quan­ti­fi­ca­tion et de contrôle des résul­tats effec­tifs, la quasi-tota­lité des pro­jets ont été réa­li­sés en Asie du Sud-Est et qua­si­ment aucun en Afrique. Ensuite, les mar­chés actuels n’ont pas démon­tré leur effi­ca­cité. L’augmentation pro­gres­sive du prix de la tonne car­bone, unité de compte des droits d’émission, devait inci­ter les mul­ti­na­tio­nales à trans­for­mer leurs pro­ces­sus de pro­duc­tion de façon à les rendre moins car­bo­nés. Avec un prix de la tonne de quelques cen­times d’euros fin 2006 sur le marché européen(68), le moins que l’on puisse dire est qu’ils n’ont en rien incité de tels com­por­te­ments vertueux(69). Même des banques le recon­naissent aujourd’hui(70). En ajou­tant, à une pre­mière allo­ca­tion très géné­reuse des droits d’émission, la créa­tion ex-nihilo des cer­ti­fi­cats d’émission par les méca­nismes de com­pen­sa­tion, on com­prend que les mul­ti­na­tio­nales n’ont eu aucun mal à trou­ver des droits d’émission bon marché, et donc peu inci­ta­tifs. En plus d’être inef­fi­caces, ces mar­chés sont instables par nature et rendent les arbi­trages de long terme, qui sont abso­lu­ment néces­saires pour lutter face au chan­ge­ment cli­ma­tique, dépen­dant d’une vola­ti­lité des cours tout-à-fait inopportune(71). Se dis­cute actuel­le­ment la pos­si­bi­lité de créer un marché mon­dial du car­bone inté­gra­le­ment connecté(72). Une telle pro­po­si­tion, si elle devait voir le jour, ne ferait que ren­for­cer l’instabilité intrin­sèque de ces marchés(73). Les banques et agents finan­ciers ont d’ailleurs bien com­pris tout l’intérêt qu’ils pou­vaient tirer de ces nou­veaux mar­chés puisque l’on voit peu à peu fleu­rir toute l’ingénierie finan­cière traditionnelle(74) : mar­chés déri­vés, fonds spé­cu­la­tifs, titri­sa­tion, etc… La finan­cia­ri­sa­tion du climat est en marche. La spé­cu­la­tion qui en décou­le­rait décon­nec­te­rait un peu plus les arbi­trages finan­ciers des enjeux cli­ma­tiques et envi­ron­ne­men­taux réels.

Enfin, et là est le véri­table enjeu lié au cœur des négo­cia­tions, les vel­léi­tés des pays déve­lop­pés d’étendre les méca­nismes de com­pen­sa­tion, qui sont le car­bu­rant à venir des mar­chés car­bones, sont nombreuses(75). En pre­mier lieu, alors qu’il y a besoin d’un véri­table dis­po­si­tif per­met­tant de finan­cer la non-défo­res­ta­tion des forêts pri­maires, la pro­po­si­tion en dis­cus­sion est de rat­ta­cher le dis­po­si­tif REDD(76) aux méca­nismes de déve­lop­pe­ment propres, sus­ci­tant ainsi la créa­tion de cer­ti­fi­cats d’émission pour les Etats ou mul­ti­na­tio­nales finan­çant des pro­jets de non-défo­res­ta­tion. Pourtant, des alter­na­tives hors mar­chés car­bone, qu’elles soient por­tées par des Etats(77) ou des mou­ve­ments éco­lo­gistes, existent. Elles n’ont pour l’instant pas vrai­ment reçu le sou­tien qu’elles méritent de la part des pays déve­lop­pés. Plus per­ni­cieuses sont les vel­léi­tés de lobbys de l’agro-industrie, comme Monsanto, d’imposer cer­taines tech­niques agri­coles, comme le semis direct qui évite les labours mas­sifs, dans le registre des méca­nismes de déve­lop­pe­ment propre(78). Avec l’intention der­rière de faire recon­naître cer­taines plantes géné­ti­que­ment modi­fiées comme satis­fai­sant ces exi­gences d’agriculture dite de « conser­va­tion ». De manière simi­laire, Areva, EDF et les lobbys nucléaires, bien sou­te­nus par des pays comme la France ou les Etats-Unis, essaient d’intégrer le nucléaire dans les tech­niques propres qui leur per­met­traient d’obtenir des cer­ti­fi­cats d’émission lors de la construc­tion de cen­trales dans les pays en déve­lop­pe­ment. Outre le fait que l’on peut peut s’inquiéter de la pro­li­fé­ra­tion nucléaire dans cer­taines zones géo­po­li­ti­que­ment instables(79), il serait assez déplo­rable de label­li­ser l’industrie nucléaire de « propre », sous pré­texte qu’elle serait moins émet­trice de CO2 que les éner­gies car­bo­nées, alors qu’elle pro­duit des déchets radio­ac­tifs en quan­tité qu’on ne sait pas recycler(80). Nous avons là un des effets per­vers de ce qui pour­rait être appelé le carbocentrisme(81) de Kyoto qui, à trop se concen­trer sur les seules émis­sions de GES, en a oublié les autres enjeux envi­ron­ne­men­taux. Dès lors, sont pro­po­sées ou déve­lop­pées des tech­niques sup­po­sées répondre aux enjeux cli­ma­tiques mais qui sont tout aussi pro­blé­ma­tiques du point de vue d’autres enjeux envi­ron­ne­men­taux et/​ou sociaux. Ainsi en est-il des pro­po­si­tions d’intégrer dans les méca­nismes de flexi­bi­lité les tech­niques visant à sto­cker le CO2 sous terre ou au fond des océans alors que ces tech­niques ne sont pas maî­tri­sées à ce jour(82), pro­ba­ble­ment instables à long terme, ter­ri­ble­ment coû­teuses et insuf­fi­santes face aux enjeux de réduire les émis­sions dès aujourd’hui(83). Finalement, der­rière ses volon­tés d’étendre les mar­chés car­bone et les méca­nismes de com­pen­sa­tion, se joue la pos­si­bi­lité de main­te­nir ou de rame­ner hors marché les biens com­muns de l’humanité et la ges­tion des res­sources natu­relles.

Remise en cause du modèle productiviste de production et de consommation

Cette pos­sible exten­sion de la finance car­bone, avec l’ensemble des risques et inef­fi­ca­ci­tés sociales et éco­lo­giques qu’elle sus­cite, pour­rait de fait trans­for­mer le sommet de Copenhague en sommet des fausses solu­tions au chan­ge­ment climatique(84). Avec les méca­nismes de com­pen­sa­tion, ce ne sont pas les pays riches qui font une faveur aux pays en déve­lop­pe­ment, mais les pays en déve­lop­pe­ment qui en font une aux pays riches en leur per­met­tant d’atteindre leurs objec­tifs de réduc­tion sans chan­ger leur modèle éco­no­mique. Et là est le pro­blème. Atteindre une divi­sion par deux des GES émis sur la pla­nète d’ici 2050, et pour les pays déve­lop­pés 40 % et 80 à 95 % de réduc­tion d’ici 2020 et 2050, exigent de revoir de fond en comble notre modèle éco­no­mique et notre orga­ni­sa­tion sociale. Pour atteindre ces objec­tifs, repeindre en vert le capitalisme(85) et se limi­ter à quelques pro­jets ponc­tuels d’isolation ther­mique ou de trans­ports col­lec­tifs ne suf­fi­ront pas. D’autre part, si l’on exclut de faire de la taille de la popu­la­tion mon­diale le bouc-émis­saire du chan­ge­ment cli­ma­tique, consi­dé­rant que ce n’est pas la taille des popu­la­tions des pays du Sud qui pose pro­blème mais le niveau de consom­ma­tion des popu­la­tions du Nord(86), alors la réa­li­sa­tion de ces objec­tifs quan­ti­fiés pas­sera néces­sai­re­ment par la réduc­tion des res­sources éner­gé­tiques consom­mées par nos socié­tés. Notre modèle de déve­lop­pe­ment pro­duc­ti­viste, construit sur la pré­da­tion des res­sources et la mise en concur­rence des popu­la­tions, des com­mu­nau­tés, des Etats et des col­lec­ti­vi­tés, est la source des dégra­da­tions de l’environnement et des injus­tices sociales que nous connais­sons à l’échelle de la pla­nète et au sein de chaque pays. Face à la concur­rence libre et non faus­sée des mar­chés, il est néces­saire d’imposer la coopé­ra­tion et la soli­da­rité libres et non faus­sées par le marché, comme le prin­cipe de base de la tran­si­tion de nos modèles éco­no­miques et sociaux. Ces transitions(87) néces­si­te­ront de véri­tables régu­la­tions inter­na­tio­nales – taxes glo­bales, régle­men­ta­tions ambi­tieuses, trans­for­ma­tion des ins­ti­tu­tions inter­na­tio­nales – fai­sant des droits de l’homme, des droits sociaux et envi­ron­ne­men­taux des droits supé­rieurs au droit commercial(88). Elles néces­si­te­ront des poli­tiques publiques natio­nales ou conti­nen­tales qui, loin de se limi­ter à quelques ajus­te­ments ponc­tuels et par­tiels, devront créer de véri­tables rup­tures en mesure de répondre conjoin­te­ment aux enjeux climatiques/​environnementaux et sociaux. Enfin ces tran­si­tions néces­si­te­ront de recon­naître la per­ti­nence des savoirs traditionnels(89) et des expé­ri­men­ta­tions sociales et éco­lo­giques qui donnent à voir ce que pour­rait être un autre modèle d’organisation sociale et éco­no­mique res­pec­tueux des éco­sys­tèmes dans les­quels nous vivons. Ce n’est qu’en mêlant ces dif­fé­rentes échelles d’intervention poli­tique qu’il est pos­sible de s’engager sur un sen­tier de trans­for­ma­tion radi­cale, juste socia­le­ment et effi­cace éco­lo­gi­que­ment. Et ce n’est qu’à ce prix que les éco-gestes citoyens aux­quels nous sommes en per­ma­nence invi­tés pour­raient ne plus être culpa­bi­li­sants mais au contraire mobi­li­sa­teurs, parce qu’entrant en réson­nance avec des reven­di­ca­tions glo­bales et des poli­tiques publiques réel­le­ment alter­na­tives. Pour ne prendre qu’un seul exemple, la géné­ra­li­sa­tion des cir­cuits courts agri­coles sup­pose d’intervenir à tous les niveaux, et ce de manière conjointe. Tout d’abord, cette volonté louable est vaine si l’on ne met pas fin aux poli­tiques de libre-échange menées par OMC(90) et l’Union Européenne. Sur le plan natio­nal, il faudra à la fois remettre en cause la pri­mauté donnée à la grande dis­tri­bu­tion et ima­gi­ner des poli­tiques urbaines qui réor­ga­nisent l’utilisation des espaces en stop­pant l’étalement urbain sur les terres agri­coles proches des villes(91). Et, bien évi­dem­ment, un clair sou­tien des col­lec­ti­vi­tés locales et la pour­suite des expé­ri­men­ta­tions citoyennes sans les­quelles ces alter­na­tives ne seraient actuel­le­ment pas dis­cu­tées sont essen­tiels. Généraliser ces approches à l’ensemble des sec­teurs éco­no­miques et sociaux revient à s’engager dura­ble­ment sur des poli­tiques de tran­si­tion sys­té­miques et ambi­tieuses. Elles néces­sitent des moyens consé­quents. Les popu­la­tions les plus pauvres ne peuvent être celles qui paient la tran­si­tion de nos modèles éco­no­miques. Nous avons besoin d’une autre répar­ti­tion des richesses, éga­li­taire, entre les pays, mais aussi à l’intérieur même des pays(92). Seule une fis­ca­lité juste assu­rant une véri­table redis­tri­bu­tion des richesses pro­duites l’autorisera. Finalement, les enjeux cli­ma­tiques, et plus lar­ge­ment, la raré­fac­tion des éner­gies fos­siles nous font entrer dans une nou­velle révo­lu­tion éner­gé­tique. Le chal­lenge pro­posé aux mou­ve­ments lut­tant pour répondre à l’urgence envi­ron­ne­men­tale à tra­vers plus de jus­tice sociale est de contri­buer à l’émergence pla­né­taire d’un véri­table mou­ve­ment d’émancipation indi­vi­duelle et col­lec­tive à la hau­teur des enjeux de ce début de 21ème siècle. Pour cela, il faudra rompre avec quelques-uns des prin­cipes et mythes fon­da­teurs de nos socié­tés actuelles et des mou­ve­ments d’émancipation passés. Dix ans après Seattle, Copenhague pour­rait bien mar­quer la deuxième étape du mou­ve­ment altermondialiste(93) : Climate Justice Now(94) !

Publié par Mouvements, le 4 décembre 2009. http://​www​.mou​ve​ments​.info/​C​o​p​e​n​h​a​g​u​e​-​l​e​s​-​p​a​y​s​-​r​i​c​h​e​s​-​m​e​n​e​n​t​.html

P.-S.

1) http://​www​.guar​dian​.co​.uk/​e​n​v​i​ronme…
2) http://​bas​ta​mag​.net/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​le742
3) http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​G​roupe…
4) Programme des Nations unies pour l’environnement : http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/PNUE 5) Soit 29 % de plus qu’en 2000 et 41 % de plus qu’en 1990. Le taux annuel de crois­sance est passé de 1% dans les années 1990 à 3,4 % depuis le début des années 2000. Source : Rapport 2009 du Global Carbon Prject, publié dans Nature le 17 novembre 2009.
6) Ce n’est qu’en 2009 qu’on devrait obser­ver, selon un récent rap­port de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) une baisse des émis­sions de GES, de l’ordre de 3 %, en raison de la crise éco­no­mique.http://​www​.iea​.org/​T​e​x​t​b​a​s​e​/​p​r​ess/p…
7) Pays dits de l’Annexe B, selon le pro­to­cole de Kyoto, qui regroupe les pays déve­lop­pés aux­quels le pro­to­cole assi­gnait un objec­tif de réduc­tion des émis­sions de GES de 5,2 % d’ici 2012 par rap­port à 1990 et un objec­tif de rené­go­cia­tion d’engagements contrai­gnants pour la période post-2012. 
8) Pays non contraints par des objec­tifs chif­frés de réduc­tion d’émissions, mais pou­vant être l’objet d’actions de réduc­tions d’émissions, notam­ment par l’intermédiaire des dis­po­si­tifs de « flexi­bi­lité » et des pro­jets de déve­lop­pe­ment propre (MDP). 
9) Les 13 et 14 Octobre der­nier, à Cochabamba en Bolivie, s’est tenu un Tribunal pour la jus­tice cli­ma­tique orga­ni­sée par des mou­ve­ments sociaux et éco­lo­gistes met­tant en accu­sa­tion des pays riches peu sou­cieux de lutter réel­le­ment contre les dérè­gle­ments cli­ma­tiques et les désastres envi­ron­ne­men­taux.http://​www​.akti​vism​.info/​s​o​c​i​a​lforu…
10) L’UE va glo­ba­le­ment tenir ces pro­messes, grâce à l’Angleterre, l’Allemagne et les pays de l’Est (à l’inverse de l’Espagne, l’Autriche, le Danemark…) et à un recours massif aux méca­nismes de flexi­bi­lité. Les émis­sions des Etats-Unis, Canada, Australie, Japon ont cru de 9 à 35 % entre 1990 et 2007
11) De 11 à 17 % de réduc­tion en 2020 par rap­port à 1990 selon l’Alliance des Petits Etats Insulaires (AOSIS), en remar­quant que ces enga­ge­ments sont géné­ra­le­ment subor­don­nés à des enga­ge­ments des pays en déve­lop­pe­ment et qu’ils sont non juri­di­que­ment contrai­gnants, sauf dans le cas de l’UE.
12) Pour per­mettre que la concen­tra­tion en GES ne dépasse pas les 350 ppm dans l’atmosphère et que la tem­pé­ra­ture moyenne du globe n’augmente pas de plus de 2° C, les pays déve­lop­pés doivent s’engager, à réduire leurs amis­sions d’au moins 40 % en 2020 et de près de 95 % en 2050.
13) Malgré les récentes décla­ra­tions publiques d’Obama, la pro­po­si­tion de loi votée par la Chambre des repré­sen­tants enga­geant les Etats-Unis à 17 % de réduc­tion d’ici 2020 par rap­port à 2005, soit 4 % par rap­port à 1990, est actuel­le­ment blo­quée au Sénat, malgré le sou­tien de 71 % des Américains. 
14) 30 % si un accord ambi­tieux est signé, ce qui est loin d’être envi­sa­geable à ce stade. 
15) http://www.climatevulnerableforum.g…
16) La Chine pro­pose de réduire de 4 à 5 % par an de son inten­sité éner­gé­tique par rap­port à 2005, soit 85 à 90 % en 2050 – http://​www​.lese​chos​.fr/​d​e​p​e​c​h​e​s/sci…
17) L’Inde a adopté un plan climat en 2008 pré­voyant une baisse de 16 % des émis­sions de l’industrie et de 30 % à 40 % de celles des bâti­ments à l’horizon 2030 par rap­port à la ten­dance au fil de l’eau. 
18) Le Mexique a adopté un plan en 2008 de réduc­tion de 50 % de ses GES en 2050 par rap­port à 2002.
19) Le Brésil devrait voter un plan climat d’ici Copenhague repre­nant l’engagement volon­taire déjà annoncé de réduire jusqu’à 39 % ses GES par rap­port aux pré­vi­sions de 2020, soit un retour en deçà des émis­sions de 2005
20) http://​www​.guar​dian​.co​.uk/​e​n​v​i​ronme…
21) http://​www​.lex​press​.fr/​a​c​t​u​a​l​i​tes/2…
22) Secrétaire exé­cu­tif de la conven­tion cadre des Nations Unies sur les chan­ge­ments cli­ma­tiques.
23) On observe déjà une aug­men­ta­tion de la tem­pé­ra­ture moyenne de 0,7° C par rap­port à l’ère pré-indus­trielle. 
24) http://​www​.libe​ra​tion​.fr/​t​e​r​r​e​/0101…
25) http://​www​.google​.com/​h​o​s​t​e​d​n​e​ws/af…
26) http://​www​.twn​side​.org​.sg/​t​i​t​l​e2/cl…
27) http://​www​.lemonde​.fr/​e​c​o​n​o​m​i​e​/arti…
28) http://​www​.lex​press​.fr/​a​c​t​u​a​l​i​tes/2…
29) Additionnalité que la France refuse caté­go­ri­que­ment. 
30) Les mou­ve­ments sociaux, rejoints en cela par cer­tains pays du Sud, notam­ment sud-amé­ri­cains, cette pro­po­si­tion est inac­cep­table car le FMI et la BM sont accu­sés d’avoir contri­bué à ampli­fier les causes du chan­ge­ment cli­ma­tique par leurs poli­tiques néo-libé­rales des 30 der­nières années.
31) Pour une ana­lyse cri­tique du rôle des Institutions finan­cières inter­na­tio­nales sur le climat, voir le rap­port des Amis de la Terre France, La Grande Hypocrisie, http://​www​.amis​de​la​terre​.org/​I​MG/pd… ;
32) http://​www​.twn​side​.org​.sg/​t​i​t​l​e2/cl…
33) Les pays en déve­lop­pe­ment consi­dèrent que leur popu­la­tions sont en danger et exigent de pou­voir invo­quer les mêmes prin­cipes qui ont permsi de déve­lop­per des médi­ca­ments géné­riques pour lutter contre le sida. 
34) http://​www​.lefi​garo​.fr/​f​l​a​s​h​-​a​ctu/2…
35) Objectifs de réduc­tion très limi­tés et pro­to­cole fai­ble­ment contrai­gnant. 
36) La ques­tion de l’intégration des non-signa­taires du pro­to­cole de Kyoto, et notam­ment des Etats-Unis, est donc un enjeu de taille. 
37) L’intensité éner­gé­tique est cal­cu­lée comme la quan­tité d’énergie uti­li­sée par unité de richesse créée.
38) Comme celle d’ouvrir une négo­cia­tion sous le titre « Mitigation ele­ments common to all Parties » à Bangkok : http://​www​.twn​side​.org​.sg/​t​i​t​l​e2/cl…
39) http://​www​.twn​side​.org​.sg/​t​i​t​l​e2/cl…
40) Seuls le Costa-Rica et la Colombie ont sou­tenu la pro­po­si­tion amé­ri­caine à Bangkok. 
41) http://​www​.twn​side​.org​.sg/​t​i​t​l​e2/cl…
42) A la fois la Convention Cadre de l’ONU sur Changement Climatique (UNFCCC ou « Convention ») et le Plan d’Action de Bali établi en novembre 2007 lors de négo­cia­tions anté­rieures. 
43) Déclaration de la société civile afri­caine durant les négo­cia­tions de Barcelone :http://www.africaclimatesolution.or…
44) http://​www​.twn​side​.org​.sg/​t​i​t​l​e2/cl…
45) http://​www​.libe​ra​tion​.fr/​t​e​r​r​e​/0101…
46) http://​www​.envi​ro2b​.com/​2​0​0​9​/​0​9/29/…
47) http://​www​.libe​ra​tion​.fr/​t​e​r​r​e​/0101…
48) http://​www​.letemps​.ch/​P​a​g​e​/​U​u​i​d/fdc…
49) http://​www​.roman​die​.com/​i​n​f​o​s​/​ats/d…
50) http://​www​.libe​ra​tion​.fr/​t​e​r​r​e​/0101…
51) http://​www​.lepoint​.fr/​a​c​t​u​a​l​i​t​es-so…
52) http://​www​.hebdo​.ch/​c​l​i​m​a​t​_​u​l​t​ime_r…
53) Déclaration com­mune qui vient éga­le­ment répondre aux hési­ta­tions du Ministre Indien de l’Environnement Jairam Ramesh qui avait laissé entendre que l’Inde était prête à remettre en cause le pro­to­cole de Kyoto pour l’après-2012, afin d’intégrer les Etats-Unis dans les négo­cia­tions. 
54) http://​www​.ft​.com/​c​m​s​/​s​/​0​/​6​f​a​4​2428-…
55) http://​www​.roman​die​.com/​i​n​f​o​s​/​news2…
56) Plus de 40 % des émis­sions à tous les deux. 
57) http://​www​.media​part​.fr/​j​o​u​r​n​a​l/fra…
58) http://​www​.lese​chos​.fr/​i​n​f​o​/​i​n​ter/0…
59) Le député UMP Eric Diard a été très clair à ce sujet lors du Forum Copenhague orga­nisé par Europe Ecologie ce samedi 21 mai à Paris. 
60) La Chine émet 4 tonnes par habi­tant et par an, se trou­vant au dessus de la bar­rière, tandis que l’Inde avec 1,6 tonne est au-des­sous ; les dis­so­cier ne se fait pas sans arrière-pen­sées de déve­lop­pe­ment du sec­teur nucléaire en Inde. 
61) http://​www​.google​.com/​h​o​s​t​e​d​n​e​ws/af…
62) http://​www​.lemonde​.fr/​p​o​l​i​t​i​q​u​e/art…
63) Au der­nier Conseil Européen de novembre, les 27 ont reconnu dans leurs conclu­sions la néces­sité d’un méca­nisme aux fron­tières de l’Union – allu­sion à une taxe car­bone – si les autres pays ne pre­naient pas les mêmes enga­ge­ments qu’elle en matière de réduc­tion des émis­sions de GES.
64) Source : Rapport 2009 du Global Carbon Prject, publié dans Nature le 17 novembre 2009.
65) Pour une ana­lyse cri­tique des mar­chés car­bone et méca­nismes de com­pen­sa­tion, on se réfè­rera à l’excellente bro­chure d’Attac France, Pour une jus­tice éco­lo­gique, libé­rons le climat des mar­chés finan­ciershttp://​www​.france​.attac​.org/​s​p​ip.ph…
66) A l’heure actuelle, le prin­ci­pal marché car­bone exis­tant est le marché euro­péen. 
67) Pour une ana­lyse pré­cise, voir l’excellent rap­port d’Attac France, le climat dans la tour­mente des mar­chés : http://​www​.france​.attac​.org/​s​p​ip.ph…
68) http://​www​.foe​.co​.uk/​r​e​s​o​u​r​c​e​/​repor… : ana­lyse du marché euro­péen par les Amis de la Terre Royaume-Uni
69) Il aurait pour­tant été pos­sible de mettre ces droits d’émission aux enchères, d’instaurer un taux plan­cher et d’en limi­ter la dis­tri­bu­tion. 
70) http://​www​.carbon​-finan​ceon​line​.com…
71) Voir le rap­port des Amis de la Terre Etats-Unis : http://​www​.foe​.org/​p​d​f​/​S​u​b​p​r​i​m​eCarb…
72) Voir le rap­port des Amis de la Terre Etats-Unis : http://​www​.foe​.org/​s​i​t​e​s​/​d​e​f​a​u​lt/fi…
73) Alors que la déré­gle­men­ta­tion, la dés­in­ter­mé­dia­tion et le décloi­son­ne­ment des mar­chés finan­ciers et moné­taires inter­na­tio­naux ont pris plu­sieurs dizaines d’années, les libé­raux obtien­draient qua­si­ment d’emblée un marché car­bone mon­dia­lisé fai­ble­ment régle­menté. 74) http://​www​.lemonde​.fr/​e​c​o​n​o​m​i​e​/arti…
75) http://​www​.bas​ta​mag​.net/​s​p​i​p​.​p​hp?ar…
76) Réduction des Emissions liées à la Déforestation et la dégra­da­tion des forêts. 
77) Notamment la pro­po­si­tion portée par l’Equateur : http://​www​.cadtm​.org/​L​e​-​p​r​o​j​e​t​-ITT-…
78) http://​www​.amis​de​la​terre​.org/​S​canda… et voir aussi le rap­port Agriculture et chan­ge­ment cli­ma­tique,http://​www​.eco​nexus​.info/​p​d​f​/​a​gricu… ;
79) Ainsi Areva et EDF sou­haite pro­duire une cen­trale nucléaire au Liban. 
80) Voir le docu­ment Déchets, le cau­che­mar du nucléaire, http://​www​.arte​.tv/​f​r​/​2​7​6​6​8​8​8​.html
81) Voir Contre le car­bo­cen­trisme, Hélène Gassin, revue Pachamama, N°1, novembre 2009
82) Ce qui n’empêche pas la Banque Mondiale d’essayer de les finan­cer lar­ge­ment :http://​www​.nytimes​.com/​c​w​i​r​e​/​2​009/1…
83) http://​www​.lemonde​.fr/​p​l​a​n​e​t​e​/​artic…
e-la-maturite-en-2020_1263650_3244.html 84) Pour une pré­sen­tai­ton didac­tique de toutes les fausses solu­tions, du point de vue des popu­la­tions indi­gènes, se repor­ter à cet excellent guide :http://​www​.ear​th​peoples​.org/​C​L​IMATE…
85) http://​www​.bas​ta​mag​.net/​s​p​i​p​.​p​hp?au…
86) http://​contreinfo​.info/​p​r​n​a​r​t​.php3?…, George Monbiot, Ce n’est pas la démo­gra­phie des pauvres mais la consom­ma­tion des super-rcihes qui menace la pla­nète.
87) Même la CSI, en plus d’exiger des objec­tifs léga­le­ment contrai­gnants en matière d’émissions et des finan­ce­ments, insiste sur les besoins d’une « tran­si­tion juste » sur le plan social : http://​cli​mate​.ituc​-csi​.org/​2​0​09-de…
88) A ce titre, la pro­po­si­tion de Nicolas Sarkozy de créer une Organisation Mondiale de l’Environnement « fédé­rant toutes les orga­ni­sa­tions qui traitent de l’environnement » et dont on ne sait par qui elle serait diri­gée ni si elle pré­do­mi­ne­rait sur l’OMC, la BM ou le FMI, ne semble pas satis­faire cette exi­gence. 
89) Aussi bien en matière agri­cole qu’en termes de ges­tion des res­sources natu­relles…
90) http://​www​.huma​nite​.fr/​2​0​0​9​-​1​1​-30_I… et http://​www​.libe​ra​tion​.fr/​e​c​o​n​o​mie/0…
91) A ce titre, le projet de Grand Paris et notam­ment du déve­lop­pe­ment du pla­teau de Saclay vont à l’encontre des impé­ra­tifs éco­lo­giques et sociaux posés par le réchauf­fe­ment cli­ma­tique. 
92) Comme le dit Nicolas Hulot : « Peut-on encore sup­por­ter que le super­flu de quelques-uns soit sans limite alors que le néces­saire de la majo­rité ne soit pas satis­fait » !
93) http://​www​.mou​ve​ments​.info/​L​e​-​passa…
94) Nom de la coa­li­tion inter­na­tio­nale regrou­pant près de 200 orga­ni­sa­tions dont les Amis de la Terre Internationaux, la Via Campesina, Jubilee South, Attac, etc… et qui mêlent les enjeux sociaux et envi­ron­ne­men­taux.

Une réponse à “Copenhague : les pays riches mènent les négociations, et nos sociétés, dans l’impasse”

  1. David C. dit :

    Copenhague : Annulons le sommet de la dépo­pu­la­tion !

    Par Helga Zepp LaRouche (www​.soli​da​ri​teet​progres​.org)

    Le sommet de l’ONU sur le climat, qui se tien­dra à Copenhague du 6 au 18 décembre, avec la par­ti­ci­pa­tion de 193 nations, 65 chefs d’Etats et de gou­ver­ne­ment et 20 000 délé­gués, repose sur une fraude gigan­tesque et doit être immé­dia­te­ment annulé. Il ne s’agit pas uni­que­ment d’économiser les frais d’un évè­ne­ment dont le seul but est de pro­mou­voir le mal­thu­sia­nisme, mais d’empêcher l’instauration de facto d’un gou­ver­ne­ment mon­dial.

    Alors que plus de mille scien­ti­fiques ont pris leurs dis­tances avec la thèse du GIEC (Groupe d’experts inter­gou­ver­ne­men­tal sur l’évolution du climat) sur un réchauf­fe­ment global causé par l’activité humaine, les mani­pu­la­tions incroyables, récem­ment révé­lées par des pirates infor­ma­tiques qui ont inter­cepté les cour­riels de cer­tains cher­cheurs de l’Unité de recherche sur le climat (CRU) de l’université d’East Anglia, en Angleterre, four­nissent la preuve ultime du carac­tère frau­du­leux de cette affaire.

    En réa­lité, les don­nées sta­tis­tiques brutes, non cor­ri­gées, pro­ve­nant des sta­tions météo­ro­lo­giques, indiquent peu ou pas de chan­ge­ment au cours des 150 der­nières années. La moitié des obser­va­toires décèlent même un léger refroi­dis­se­ment et constatent au contraire que depuis envi­ron dix ans, nous assis­tons à un refroi­dis­se­ment global ! A quoi bon donc, une cam­pagne aussi oné­reuse pour prou­ver le contraire ?

    La réponse est claire : à part toute une armée de spé­cu­la­teurs, qui voient dans le com­merce des émis­sions de CO2 une nou­velle oppor­tu­nité pour faire les poches de la popu­la­tion, il s’agit essen­tiel­le­ment d’une poli­tique de l’Empire bri­tan­nique, ou, plus pré­ci­sé­ment, du prince Philip d’Edimbourg. Ce der­nier a exprimé à plu­sieurs reprises son sou­hait expli­cite de se réin­car­ner en virus mortel, afin de contri­buer plus effi­ca­ce­ment à réduire la popu­la­tion. Le 12 novembre, le patron amé­ri­cain du Fonds mon­dial de la nature (WWF), orga­nisme cofondé par le prince Philip, déclara à la presse : « Nous esti­mons fon­da­men­tal pour le Président Obama de se rendre à Copenhague, afin de regar­der les autres diri­geants dans les yeux, de leur com­mu­ni­quer notre enga­ge­ment en tant que pays et d’obtenir le leur. » Et Obama d’annoncer promp­te­ment, reve­nant ainsi sur ses décla­ra­tions anté­rieures, qu’il ira à Copenhague le 9 décembre.

    De plus, il est mons­trueux qu’une orga­ni­sa­tion offi­cielle de l’ONU, en l’occurrence le Fonds des Nations unies pour la popu­la­tion (UNFPA), et le gou­ver­ne­ment danois veuillent mettre offi­ciel­le­ment la ques­tion de la réduc­tion de la popu­la­tion à l’ordre du jour du sommet sur le climat. Selon le jour­nal danois Berlinske Tidende, la ministre danoise du Développement, Ulla Toerness, a admis le carac­tère contro­versé de cette pro­po­si­tion qui, dans plu­sieurs pays, demeure tabou. Mais puisqu’il y a un lien entre crois­sance démo­gra­phique et chan­ge­ment cli­ma­tique, cette pro­po­si­tion rem­porte aussi le sou­tien com­plet du Premier ministre danois.

    L’organisation bri­tan­nique Optimum Population Trust (OPT), qui mène une croi­sade ouverte en faveur d’une réduc­tion démo­gra­phique glo­bale, affirme dans une étude que l’une des meilleures façons de com­battre le pré­tendu « réchauf­fe­ment global » consiste à empê­cher les nais­sances, parce qu’éviter la nais­sance de nou­veaux « pol­lueurs » est un moyen bien moins coû­teux d’endiguer la « catas­trophe cli­ma­tique » que d’acquérir des sources d’énergie renou­ve­lable. Selon l’étude, on pour­rait empê­cher un demi-mil­liard de nais­sances, et donc 24 mil­liards de tonnes de CO2 sur les 40 pro­chaines années, ainsi qu’une dépense de 200 000 mil­liards de livres ster­ling.

    Tout aussi révé­la­teur est le fait que, selon le maga­zine Forbes, les « 14 per­sonnes les plus riches du monde », qui ne sont pas les moins étran­gères à l’économie de casino que nous subis­sons aujourd’hui, se sont déjà réunies le 5 mai de cette année chez le pré­sident de l’université privée Rockefeller. Pour Bill Gates, Warren Buffett, Michael Bloomberg, George Soros, Peter Petersen, David Rockefeller Jr. et d’autres par­ti­ci­pants à ce cénacle, la crois­sance démo­gra­phique repré­sente assu­ré­ment la pire menace envi­ron­ne­men­tale, sociale et indus­trielle de notre époque.

    Par ailleurs, le 5 juin, se dérou­lait à la London School of Economics la confé­rence pré­pa­ra­toire au sommet de Copenhague, orga­ni­sée par le Policy Network, le think-tank de Tony Blair. Celui-ci, dont la pater­nité de la guerre en Irak fait aujourd’hui même l’objet d’une enquête en Grande-Bretagne, y a pro­noncé le dis­cours d’ouverture, sou­li­gnant la néces­sité d’un « chan­ge­ment révo­lu­tion­naire d’attitude ». Pour cela, les Etats-Unis devraient, à eux seuls, réduire leurs émis­sions à un dixième de leur niveau actuel ! Blair a clai­re­ment estimé que le plus gros pro­blème est que la Chine veuille réa­li­ser « la plus grande indus­tria­li­sa­tion que le monde ait jamais vue ».

    Lors d’une confé­rence de trois jours sur le thème de « la grande trans­for­ma­tion », orga­ni­sée à Essen, en Allemagne, par la Fondation Mercator en col­la­bo­ra­tion avec l’Institut du climat de Potsdam et de Wuppertal, on pou­vait lire dans le pros­pec­tus pré­sen­tant le panel du qua­trième groupe de tra­vail : « Les socié­tés démo­cra­tiques peuvent-elles faire face aux effets de pro­fonds chan­ge­ments du climat global, ou des régimes auto­ri­taires seraient-ils plus à même de mettre en oeuvre les mesures néces­saires ? » L’un des par­ti­ci­pants, Hans-Joachim Schellenhuber, qui dirige l’Institut du climat de Potsdam, y avait récem­ment invité le prince Charles à une « dis­cus­sion d’experts sur les thèmes de l’environnement et du climat ». (Schellenhuber est par ailleurs digni­taire de l’ordre bri­tan­nique le plus pres­ti­gieux, l’Ordre de la Jarretière.)

    On ne peut qu’être d’accord avec Lord Christopher Monckton dans son ana­lyse de l’imposture cli­ma­tique et de la confé­rence de Copenhague : il s’agit bien, en effet, d’une ten­ta­tive d’établir un gou­ver­ne­ment mon­dial non élu, jouis­sant de pou­voirs consi­dé­rables et sans pré­cé­dent. Pris en fla­grant délit de men­songe, un petit groupe de « scien­ti­fiques » est désor­mais reconnu cou­pable d’un acte frau­du­leux et cri­mi­nel. L’ex-ministre des Finances bri­tan­nique, Lord Nigel Lawson, rejoint par tout un groupe d’autres Lords, auteurs et jour­na­listes, vient de lancer un nou­veau site inter­net, ainsi qu’une Fondation de poli­tique du réchauf­fe­ment cli­ma­tique (GWPF), voués à com­battre cette impos­ture.

    Hélas, il ne fait aucun doute qu’un consen­sus existe dans le camp pro-bri­tan­nique de l’Establishment inter­na­tio­nal pour répondre à la crise sys­té­mique finan­cière mon­diale par un nou­veau fas­cisme, sous lequel les pauvres, faibles et malades seront sacri­fiés aux inté­rêts spé­cu­la­tifs.

    Une telle poli­tique tombe sous le coup des Lois de Nuremberg de 1946. Quiconque entend par­ti­ci­per à la confé­rence de Copenhague devrait y réflé­chir. Après tout ce que le grand public vient de décou­vrir, il n’y a qu’une solu­tion rai­son­nable : annu­ler au plus vite ce sommet.

    Appel envoyé par David C. – david​.cabas​.over​-blog​.fr