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Conjonctures et actualités

Le Forum social mondial après Montréal
samedi 17 septembre 2016
Conjonctures et actualités

FSM 2016 sigleLe Forum social mon­dial s’est ter­miné à Montréal le 13 août der­nier après quatre jours de déli­bé­ra­tions et de ren­contres. Le bilan est en train de se faire. Et il faut en dis­cu­ter ample­ment, car ce FSM appar­tient à un grand « nous » qui inclut les mou­ve­ments popu­laires de plu­sieurs pays, pas seule­ment au Québec. Il y a cer­tai­ne­ment des aspects posi­tifs qui ont été atteints à Montréal, en même temps que des côtés plus sombres. Cette situa­tion ouvre un débat com­plexe qui s’amorce au FSM où doit se déci­der dans les pro­chains mois com­ment conti­nuer cette grande aven­ture.

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Forum Social Mondial Édition de Montréal
Bilan officiel
samedi 17 septembre 2016
Conjonctures et actualités

bilan_officiel_fsmLe Forum Social Mondial (FSM) est très fier de cette 12e édi­tion du FSM, la pre­mière à se tenir dans un pays dit du nord. « Le FSM est le fruit du tra­vail d’un comité qui a mené ses acti­vi­tés pen­dant 3 ans, soit depuis mai 2013 au retour d’un pre­mier FSM en Tunisie » a expli­qué la co-coor­di­na­trice Carminda Mac Lorin. L’évènement a enre­gis­tré 35 000 participantEs dont 15 000 présentEs à la marche d’ouverture où 125 pays ont été repré­sen­tés. Rappelons qu’au pre­mier Forum social mon­dial à Porto Allegre au Brésil en 2001, 20 000 per­sonnes avaient pris part à l’évènement, alors pour un pre­mier forum social mon­dial au nord, les orga­ni­sa­teurs sont plus que satis­faits.
Le Forum social mon­dial n’aurait pas été pos­sible sans les 1000 béné­voles qui ont donné de leur temps pour faire en sorte que tout se déroule le mieux pos­sible. On peut comp­ter plus de 15 000 heures de béné­vo­lat de leur part tout au long de cette semaine.

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Face è la crise
Dix propositions pour prospérer sans croissance
Pour un programme de gauche, radicale et écologiste
vendredi 16 septembre 2016
Conjonctures et actualités

giorgos-kallis-300x174On assiste à l’avènement en Europe, de l’Espagne à la Catalogne, de la Grèce à la Slovénie et à la Croatie, d’une gauche nou­velle dont la nou­veauté tient non seule­ment aux idées mais aussi au jeune âge de ses membres. Cette gauche sera-t-elle aussi une gauche verte et pro­po­sera-t-elle un modèle coopé­ra­tif alter­na­tif pour l’économie ins­pi­rée des idées de la décrois­sance ?
Ou, à l’instar de la nou­velle gauche d’Amérique latine, condi­tion­née par les exi­gences du capi­ta­lisme global, cette nou­velle gauche repro­duira-t-elle la logique expan­sion­niste du capi­ta­lisme en se bor­nant à sub­sti­tuer les socié­tés mul­ti­na­tio­nales par des socié­tés natio­nales, répar­tis­sant un peu mieux les miettes entre la popu­lace ?
Comme contri­bu­tion à ce débat, nous pré­sen­tons ci-après dix pro­po­si­tions, ins­pi­rées par la décrois­sance, que nous avons rédi­gées pour le contexte espa­gnol. Néanmoins, moyen­nant cer­taines modi­fi­ca­tions et adap­ta­tions, elles sont appli­cables à d’autres contextes et per­ti­nentes pour les partis de la gauche radi­cale, ainsi que les for­ma­tions éco­lo­gistes par­tout en Europe.

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Un certain 11 septembre
jeudi 15 septembre 2016
Conjonctures et actualités


golpe_de_estado_1973Quand arrive cette date fati­dique, je suis, comme plu­sieurs, inter­pellé, choqué, un peu désta­bi­lisé. En 2001, les attaques contre les États-Unis ont lit­té­ra­le­ment créé un « autre monde », marqué par la « guerre sans fin » annon­cée par le pré­sident Bush, dont les consé­quences ne cessent de s’amplifier aujourd’hui, dans une sorte de « crise des crises » qui semble avoir de belles années devant elle.

Mais cette his­toire, qu’il faut mieux com­prendre, tout en com­pa­tis­sant avec les vic­times, ce n’est pas ce dont je veux parler aujourd’hui.

Je pense que la plu­part des lec­teurs de PTAG savent qu’il y a eu un autre 11 sep­tembre, en 1973, aux consé­quences éga­le­ment gra­vis­simes. À Santiago, dans les autres grandes villes chi­liennes, il y a eu un mas­sacre qui a duré pen­dant plu­sieurs mois, voire quelques années. L’armée chi­lienne, avec l’appui des diverses classes domi­nantes, au Chili, aux États-Unis et ailleurs, a éra­di­qué le projet d’un pou­voir popu­laire qui pre­nait forme dans ce pays, porté par un gou­ver­ne­ment pro­gres­siste d’autre part, et par une incroyable mobi­li­sa­tion par en bas d’autre part. À l’époque où le capi­ta­lisme com­men­çait à se mon­dia­li­ser, ce projet était insup­por­table. Il fal­lait le casser, à tout prix et tout de suite. C’est ce que raconte le mer­veilleux docu­men­taire de Patricio Guzman, « La bataille du Chili ». C’est un témoi­gnage incroyable, que vous pouvez regar­der tran­quille­ment chez vous, car il est, inté­gra­le­ment, sur Youtube.

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Invitation
L’accès à la justice, quelle Justice ?
jeudi 15 septembre 2016
Conjonctures et actualités

Nouveaux Cahiers du socia­lisme

Numéro 16

L’accès à la justice, quelle Justice ?

En mémoire du cama­rade François Cyr (1952-2012), avocat, chargé de cours uni­ver­si­taire, pro­fes­seur de cégep, mili­tant poli­tique et syn­di­cal et membre du Collectif d’analyse poli­tique, édi­teur des Nouveaux Cahiers du socia­lisme. François avait pour projet de pro­duire un dos­sier sur la jus­tice au sein des NCS pour dénon­cer la dété­rio­ra­tion des droits des tra­vailleurs et des tra­vailleuses au cours des der­nières décen­nies et le rôle com­plice – inhé­rent pour lui – du pou­voir judi­ciaire dans ce pro­ces­sus.

Afin d’amorcer la réflexion sur l’accès à la jus­tice, le Comité sur l’accès à la jus­tice de l’Association des juristes pro­gres­sistes a dans un pre­mier temps orga­nisé un col­loque d’une jour­née, le 7 novembre 2015 à l’UQAM, auquel ont par­ti­cipé 130 per­sonnes de dif­fé­rents milieux sociaux. Les Nouveaux Cahiers du socia­lisme ont géné­reu­se­ment accepté de publier les actes du col­loque, tout en nous offrant d’enrichir les thèmes abor­dés. Le Comité pour­sui­vra cette réflexion lors du Forum social mon­dial du mois d’août pro­chain à Montréal où l’un des ate­liers por­tera sur le thème de « La jus­tice, l’État et la démo­cra­tie ».

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Stratégies des mouvements d’émancipation
Janvier 2016
lundi 22 août 2016
Conjonctures et actualités

Stratégies_ÉmancipationNous sommes dans une période de grands bou­le­ver­se­ments et de très fortes incer­ti­tudes. Nous vivons pro­ba­ble­ment un chan­ge­ment de période dans lequel se crispent les anciennes ten­dances et s’amorcent de nou­velles. La cita­tion de Gramsci est d’une grande actua­lité « le vieux monde se meurt ; le nou­veau monde tarde à appa­raître, et dans ce clair-obscur sur­gissent les monstres ». Il faut à la fois lutter contre les monstres et construire le nou­veau monde. Il n’y a pas de fata­lité, ni dans le succès, ni dans l’échec.

La situation mondiale semble désespérante

De 2008 à 2015 s’ouvre une nou­velle séquence dans l’histoire longue de la situa­tion mon­diale. Depuis 2011, des mou­ve­ments mas­sifs, quasi insur­rec­tion­nels, témoignent de l’exaspération des peuples. Les révoltes des peuples répondent à la crise struc­tu­relle offi­ciel­le­ment admise depuis 2008. Elles confirment l’épuisement de cette phase de la mon­dia­li­sa­tion capi­ta­liste. Les inéga­li­tés sociales, le chô­mage, la pré­ca­ri­sa­tion ont fait bais­ser la consom­ma­tion popu­laire et ouvert une crise de « sur­pro­duc­tion ». Le recours au sur­en­det­te­ment a trouvé ses limites ; par l’extension des mar­chés finan­ciers déri­vés, il a conta­miné tous les mar­chés de valeurs. L’explosion des « sub­primes » a marqué le pas­sage de la dette des ménages à la dette des entre­prises ban­caires. Le sau­ve­tage des banques par les Etats a ouvert la crise des dettes publiques. La réduc­tion des défi­cits par les plans d’austérité est sup­po­sée per­mettre une sortie de crise qui sau­ve­gar­de­rait les pro­fits et main­tien­drait la pré­émi­nence du marché mon­dial des capi­taux et les pri­vi­lèges des action­naires.

A partir de 2013, la situa­tion semble s’être retour­née. Les poli­tiques domi­nantes, d’austérité et d’ajustement struc­tu­rel, sont réaf­fir­mées. L’arrogance néo­li­bé­rale reprend le dessus. La désta­bi­li­sa­tion, les guerres, les répres­sions vio­lentes et l’instrumentalisation du ter­ro­risme s’imposent dans toutes les régions. Des cou­rants idéo­lo­giques réac­tion­naires et des popu­lismes d’extrême-droite sont de plus en plus actifs. Ils prennent des formes spé­ci­fiques comme le néo-conser­va­tisme liber­ta­rien aux Etats-Unis, les extrêmes-droites et les diverses formes de natio­nal-socia­lisme en Europe, l’extrémisme jiha­diste armé, les dic­ta­tures et les monar­chies pétro­lières, l’hindouisme extrême, etc. Mais, dans le moyen terme, rien n’est joué.

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Lutter tout à la fois contre l’islamophobie et contre l’islamisme ?
Réponse à Denis Collin, président de l’Université populaire d’Evreux
dimanche 21 août 2016
Conjonctures et actualités

Muhamed AliIl est sou­vent affirmé que la dénon­cia­tion de l’islamophobie et la lutte contre son déve­lop­pe­ment, en par­ti­cu­lier au cours des quinze der­nières années en France (comme l’a rap­pelé, en ce mois d’août, ce qui est devenu « l’affaire du bur­kini »), mène­rait néces­sai­re­ment à une com­pli­cité avec les cou­rants sala­fistes. Pour nombre d’hommes poli­tiques et d’idéologues, de droite comme de gauche, cette thèse est deve­nue un lieu commun et consti­tue l’un des axes cen­traux du consen­sus isla­mo­phobe. Jean Batou montre dans cet article qu’elle ne repose sur rien et que « la lutte contre l’islam sec­taire et l’islam poli­tique réac­tion­naire ne passe pas par la mul­ti­pli­ca­tion des inter­dits » mais par une poli­tique anti­ra­ciste consé­quente et l’émergence d’une alter­na­tive anti­ca­pi­ta­liste.

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UNIVERSITÉ POPULAIRE DES NCS – 2016
Convergences
FSM 2016 : Espace Émancipation

Le mouvement est populaire, la lutte est politique

Vendredi 12 août 2016 à 16 h, à l’UQAM, R-M120

Le pou­voir popu­laire n’aspire pas à la domi­na­tion. Il se donne pour objec­tif de déve­lop­per, à tra­vers de nou­velles ins­ti­tu­tions, autant l’exercice démo­cra­tique de l’autorité que la construc­tion de sujets auto­nomes. Ses actions prin­ci­pales visent la construc­tion d’espaces où le pou­voir des ins­ti­tu­tions de la société capi­ta­liste ne puisse s’exercer et capable de contrer l’action des appa­reils idéo­lo­giques des­ti­nés à pro­duire les sujets du sys­tème. Pour cela, il se pro­pose de construire une contre-culture dif­fé­rente et oppo­sée à celle domi­nante

Hector Mendez[1]

ConvergenceAu Québec comme dans plu­sieurs pays, les mou­ve­ments popu­laires et les partis pro­gres­sistes cherchent à faire conver­ger leurs efforts. Pour faire échec à la droite et au néo­li­bé­ra­lisme, il faut en effet élar­gir l’impact des luttes poli­tiques et sociales et sortir du « péri­mètre », un peu comme ce qu’on a vu en Espagne avec l’expérience de Podemos. Mouvements et partis par ailleurs doivent trou­ver des manières de tra­vailler ensemble tout en res­pec­tant leur auto­no­mie et leurs capa­ci­tés res­pec­tives. Nous vou­lons donc lancer une réflexion, avec des mili­tants et des mili­tantes de mou­ve­ments et partis et explo­rer ces ques­tions :

  • Quelles sont les pla­te­formes élec­to­rales sus­cep­tibles de ras­sem­bler la gauche ?
  • Comment faire échec aux contraintes juri­diques et poli­tiques qui nous contraignent sur la scène poli­tique ?
  • Comment sur­mon­ter les obs­tacles entra­vant la conver­gence ?

Par
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Organisé par les NCS et l’Association des juristes progressistes
L’État, les droits et la démocratie sont-ils réconciliables ?
FSM 2016 : Espace Émancipation

Vendredi 12 août 2016 à 13 h, à l’UQAM, DS-4375

JusticeDans les pays occi­den­taux qui pré­tendent être des États de droit, nous sommes témoins de deux ten­dances contraires entre les­quelles il existe un dés­équi­libre crois­sant et inquié­tant : d’une part, un désen­ga­ge­ment, voire une démis­sion de l’État là où il devrait agir pour garan­tir à toutes et à tous l’accès à la jus­tice et, d’autre part, l’engagement de l’État et de son appa­reil répres­sif dans une poli­tique pénale mena­çant les droits et les liber­tés de l’humain.
Le diag­nos­tic est impor­tant à éta­blir, de même que le vaste ter­ri­toire des alter­na­tives : com­ment redé­fi­nir les termes de droit et de démo­cra­tie et leur redon­ner un sens réel, inclu­sif, ras­sem­bleur ?

Les intervenants et l’intervenante

• Peter Leuprecht (pro­fes­seur de droit inter­na­tio­nal public à l’UQAM)
• Boaventura de Sousa Santos (socio­logue à l’Université de Coimbra au Portugal et à Madison, É.-U.)
• Lucie Lamarche (pro­fes­seure au Département des sciences juri­diques de l’UQAM

Par
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UNIVERSITÉ POPULAIRE DES NCS 2016
Décoloniser le savoir
Du 9 au 14 août 2016 à l'UQAM

Vendredi 12 août 2016 à 9 h, à l’UQAM, DS-2520

C’est pour­quoi l’on pour­rait dire que tous les hommes sont des intel­lec­tuels ; mais tous les hommes n’exercent pas dans la société la fonc­tion d’intellectuel.

Gramsci *

Dans une époque pas si loin­taine, la science et la tech­nique « modernes » étaient des reli­gions : crois­sance éco­no­mique, indi­vi­dua­lisme pos­ses­sif, ins­tru­men­ta­li­sa­tion des humains et de la nature. Des experts pro­cla­maient alors la « fin de l’histoire » et le « triomphe défi­ni­tif du capi­ta­lisme ». Mais il ne suffit pas, explique Boaventura de Sousa Santos, de cri­ti­quer les impacts dévas­ta­teurs du capi­ta­lisme glo­ba­lisé. Il faut aussi remettre en ques­tion les idées à la base de ce sys­tème. Il faut décons­truire le « mono­sa­voir » qui domine et qui ne recon­naît qu’une sorte d’appropriation du réel, en niant la science des domi­nés, des pre­miers peuples, des femmes. Dans les forêts d’Amazonie, les popu­la­tions ont des connais­sances ances­trales sur la flore et la faune, que les entre­prises comme Monsanto cherchent à leur arra­cher. À la base, il y a une autre concep­tion du temps, qui n’est pas linéaire comme dans la pensée issue du capi­ta­lisme. Le rap­port à la nature n’est pas com­pris par ces pre­miers peuples comme un lien de « pro­priété » impo­sant une domi­na­tion humaine totale. Au contraire, tout ce qui se trouve sur la terre, humains et non-humains, élé­ments natu­rels y com­pris, forment une tota­lité, comme un ensemble de com­po­santes qui est indis­pen­sable pour la survie de tout un chacun. L’écologie com­mence à nous rap­pro­cher de cette vision du monde qui résiste dans les marges du sys­tème.

Boaventura de Sousa Santos

Boaventura de Sousa Santos

Mireille Fanon-Mendès-France

Mireille FanonMendès-France

* Gramsci, « Problèmes de civi­li­sa­tion et de culture », Cahiers de prison (1930-35), < https://​www​.mar​xists​.org/​f​r​a​n​c​a​i​s​/​g​r​a​m​s​c​i​/​i​n​t​e​l​l​/​i​n​t​e​l​l​1​.​h​t​m​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e7sym >

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