Thème

Conjonctures et actualités

Des élections présidentielles en France
Quelques réflexions à propos d’un premier tour
Des perspectives pour la gauche radicale
samedi 29 avril 2017
Conjonctures et actualités

Les résul­tats du pre­mier tour achèvent pro­vi­soi­re­ment une cam­pagne élec­to­rale éton­nante mar­quée par des rebon­dis­se­ments inat­ten­dus. Il n’est pas inin­té­res­sant d’en tirer quelques leçons. En tenant compte du contexte sur la situa­tion poli­tique en France, la crise euro­péenne accen­tuée par le Brexit, la situa­tion inter­na­tio­nale mar­quée par l’élection de Trump.

La colère et le « ras-le-bol » tra­duisent en fait un pro­fond désir de renou­vel­le­ment. Le rejet des partis de gou­ver­ne­ment, par­ti­cu­liè­re­ment le PS et les Républicains, s’est tra­duit par un véri­table jeu de quilles qui a fait tomber suc­ces­si­ve­ment : Hollande, Sarkozy, Juppé, Valls, Fillon.

Pour beau­coup, il s’agissait avec un bul­le­tin de vote, abs­ten­tion com­prise, de répondre à trois ques­tions : quel serait le moins mau­vais pré­sident ou le moins mau­vais pro­gramme ? com­ment faire bar­rage au Front natio­nal ? com­ment le mieux pré­pa­rer la suite pour une recom­po­si­tion de la gauche ? Les voix de gauche se sont répar­ties en fonc­tion de la prio­rité donnée à une des ques­tions. Aucune de ces ques­tions n’est hors de propos.

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Révision de la carte électorale: pour éviter les psychodrames
Seul le scrutin proportionnel peut assurer la ‘représentation effective des électeurs’
dimanche 12 mars 2017
Conjonctures et actualités

Même si elle était confiée à un orga­nisme indé­pen­dant des partis poli­tiques, la Commission de la repré­sen­ta­tion élec­to­rale (CRE), le pro­ces­sus de révi­sion de la carte élec­to­rale qué­bé­coise qui vient de se ter­mi­ner, a pro­vo­qué de nou­veau un psy­cho­drame col­lec­tif. Cette fois-ci, c’est la sup­pres­sion d’une cir­cons­crip­tion sur l’île de Montréal et d’une autre en Mauricie -au profit de la cou­ronne nord de la région métro­po­li­taine- qui en a été la cause. La dis­pa­ri­tion appré­hen­dée de la cir­cons­crip­tion de Sainte-Marie-Saint-Jacques, sans que ses élec­teurs aient été consul­tés, a pro­vo­qué, en l’espace de quelques jours, une impres­sion­nante levée de bou­cliers et a donné lieu à une mobi­li­sa­tion citoyenne exem­plaire. Le CRE a d’ailleurs reconnu son erreur en reve­nant à sa pro­po­si­tion ini­tiale de fusion­ner plutôt les cir­cons­crip­tions de Mont-Royal et d’Outremont.

La fois pré­cé­dente c’est la sup­pres­sion de deux cir­cons­crip­tions en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent et d’une troi­sième au sud de Québec -au profit de Laval, de Laurentides-Lanaudière et de la Montérégie- qui avait mis le feu aux poudres. Les citoyens de la cir­cons­crip­tion de Beauce Nord s’étaient alors mobi­li­sés pour éviter la fusion avec la cir­cons­crip­tion de Frontenac. Le CRE avait cédé décré­tant plutôt une fusion entre Lotbinière et Frontenac. Les pres­sions avaient aussi été intenses pour éviter la sup­pres­sion des deux cir­cons­crip­tions de l’Est du Québec, mais le CRE a main­tenu sa déci­sion.

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ATTENTAT DE QUÉBEC
Le terreau fertile d’une extrême droite bien de chez nous
mercredi 1 février 2017
Conjonctures et actualités

Sous le choc de l’émotion quant au carac­tère indi­cible de la tra­gé­die, il nous faudra sans doute du temps pour rendre celle-ci intel­li­gible et sur­mon­ter la ten­ta­tion de la réduire trop faci­le­ment à une dérive patho­lo­gique décon­tex­tua­li­sée. Comment un enfant de bonne famille ayant grandi dans un pays dont l’identité fon­da­men­tale repose sur la « diver­sité » et la tolé­rance en vient-il à tirer sur d’innocentes vic­times dont le seul crime est de prier leur Dieu dans un temple censé les pro­té­ger contre l’horreur et la bêtise du monde ?

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Les populismes, la presse et Trump
mercredi 25 janvier 2017
Conjonctures et actualités

Le phé­no­mène popu­liste a été lar­ge­ment décrit et étudié en Amérique latine. On a sou­vent affirmé que les lea­ders popu­listes étaient propres aux cultures et tra­di­tions latines, mais voilà que le monde et les États-Unis en par­ti­cu­lier découvrent qu’ils sont sur­tout le propre d’un contexte, de cer­taines condi­tions sociales qui le favo­risent. C’est la société elle-même qui rend légi­time et accepte le leader popu­liste, ainsi que son excen­tri­cité et son éthique dou­teuse. Les auto­ri­ta­rismes sont une construc­tion sociale.

Une stra­té­gie poli­tique

S’il est vrai que les attaques contre la presse sont appa­rues au cours de la cam­pagne élec­to­rale, le nou­veau pré­sident amé­ri­cain a très tôt mis en évi­dence une approche popu­liste sem­blable à ce que nous connais­sons en Amérique latine. Pour les popu­listes, la prio­rité est l’établissement d’un lien direct avec la popu­la­tion, sans la média­tion des partis poli­tiques, de leurs idéo­lo­gies ou pro­grammes. Seule compte la parole du leader.

Les médias, por­teurs d’une diver­sité d´opinons et d’analyses basées sur les faits, peuvent rapi­de­ment deve­nir un obs­tacle à cette rela­tion. La stra­té­gie est alors de les contour­ner. D’abord, en condam­nant le jour­na­lisme cri­tique, en cher­chant à lui faire perdre sa légi­ti­mité, en l’accusant de par­tia­lité et de manque d’objectivité. Ensuite, en ren­for­çant tous les moyens de com­mu­ni­ca­tion per­met­tant un lien direct avec les « masses ano­nymes ». Pour le moment, Donald Trump pri­vi­lé­gie l’usage de Twitter, mais peut-être arri­vera-t-il à mul­ti­plier les moyens de com­mu­ni­ca­tion directe. Par exemple, une chaîne de nou­velles telle que Fox News pour­rait éven­tuel­le­ment relayer ses posi­tions sans filtre cri­tique. En Amérique latine, les pré­si­dents Chavez et Correa (Venezuela et Équateur) ont trans­formé des médias publics en médias « offi­ciels ».

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Appel de Porto Alegre pour la solidarité mondiale des peuples
dimanche 22 janvier 2017
Conjonctures et actualités

Nous, membres du Conseil inter­na­tio­nal du FSM, réunis à Porto Alegre à l’occasion du Forum social des résis­tances, affir­mons notre soli­da­rité avec les mil­lions de per­sonnes qui ont répondu, à Washington et dans plus 600 villes du monde, à l’appel de la marche des femmes contre Trump et le trum­pisme.

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Article 2
Octobre 1917 à l’épreuve de l’histoire
1917-2017 Centième anniversaire de la révolution soviétique en Russie


2017 marque le cen­tième anni­ver­saire de la révo­lu­tion sovié­tique en Russie. Pendant plu­sieurs années et notam­ment pen­dant la longue période durant laquelle a dominé la « pensée unique » néo­li­bé­rale et conser­va­trice, cet évè­ne­ment mar­quant dans l’histoire a été « évacué » des débats et même de l’enseignement de l’histoire. Parallèlement, selon les intel­lec­tuels de ser­vice de ce grand virage, la révo­lu­tion sovié­tique est deve­nue le point de départ du « tota­li­ta­risme », d‘une « guerre des civi­li­sa­tions » entre l’« Occident » moderne et les peuples « bar­bares ». Depuis, la situa­tion a quelque peu changé. Devant l’impulsion des grands mou­ve­ments popu­laires des 15 der­nières années, la flamme de l’émancipation renaît. Et aussi, de plus en plus, on regarde der­rière avec un autre œil : qu’est-ce qui s’est réel­le­ment passé en 1917 ? Pourquoi cette révo­lu­tion qui a « ébranlé le monde », selon l’expression consa­crée de John Reed, s’est trans­for­mée ? Quelles sont les leçons qui s’en dégagent ? Qu’est-ce qu’en ont dit les prin­ci­paux pro­ta­go­nistes ?


La révo­lu­tion d’Octobre a pro­fon­dé­ment marqué l’histoire du XXe siècle (1). Elle a sus­cité de nom­breuses polé­miques, des jus­ti­fi­ca­tions et des pro­cla­ma­tions idéo­lo­giques, des images d’Épinal et des condam­na­tions sans appel qui se confondent, pour de nom­breux obser­va­teurs, avec la réa­lité. La per­pé­tua­tion de ces repré­sen­ta­tions ancrées dans l’événement fon­da­teur que fut la prise du Palais d’hiver contri­bue à mas­quer, dans l’esprit de beau­coup, la réa­lité. Ainsi, en 1917, ce qui pré­do­mi­nait était le bou­le­ver­se­ment géné­ral (armée, police, appa­reil d’État, milieux éco­no­miques, opi­nions et per­cep­tion de la vie poli­tique) et un chaos qui allait pro­fon­dé­ment peser sur les choix des bol­che­viks. À plu­sieurs reprises d’ailleurs, ce qui se joue sur la scène sovié­tique n’a pas de rap­port avec le décor et les dis­cours. Conséquence : une his­toire pleine de sur­prises car elle a pour cadre un espace por­teur de crises, où les fac­teurs de décom­po­si­tion ont agi avec une vio­lence par­ti­cu­lière et où les fac­teurs de recom­po­si­tion ont pris des formes sur­pre­nantes. Tout sys­tème, pré­sent ou passé, doit être ana­lysé du point de vue de ses forces vives, de sa capa­cité ou non à se réfor­mer, et donc à trou­ver une nou­velle vita­lité en aban­don­nant une orien­ta­tion dan­ge­reuse. Les idéo­lo­gies sont sou­vent aveu­glantes, car elles pra­tiquent l’autocélébration : elles amènent les êtres humains à oublier que le régime sous lequel ils vivent et qu’ils consi­dèrent comme plus sou­hai­table a com­mencé à fonc­tion­ner selon d’autres règles, sous l’action de fac­teurs éco­no­miques et sociaux dis­sol­vants, capables de le vider de sa sub­stance et de n’en lais­ser sub­sis­ter que les appa­rences. Une telle situa­tion peut être com­pa­rée à un théâtre où le décor et l’action n’ont rien à voir. Le décor est celui d’une autre pièce, appar­te­nant à une autre époque ; quant à l’action qui se joue, elle mène tout à fait ailleurs.

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Retour en force de la droite et questions pour la gauche !
vendredi 13 janvier 2017
Conjonctures et actualités

Un peu par­tout en Amérique latine, les gou­ver­ne­ments de gauche élus au cours de la der­nière décen­nie sont en dif­fi­culté, devant une droite qui s’organise. Comment com­prendre ce retour en force dans plu­sieurs pays ?

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Éloge de la manifestation
jeudi 12 janvier 2017
Conjonctures et actualités

Romancier et cri­tique d’art mar­xiste, John Berger est mort tout récem­ment. Ce texte est paru ini­tia­le­ment, en anglais, dans New Society le 23 mai 1968. Il a été repro­duit sur le site de la revue Contre-Temps. La tra­duc­tion est de Sylvestre Jaffard

Il y a 70 ans (le 6 mai 1898) des tra­vailleurs, hommes et femmes, ont mani­festé en masse dans le centre de Milan. Il serait trop long de rela­ter ici les évé­ne­ments qui les y avaient menés. La mani­fes­ta­tion fut atta­quée et dis­per­sée par l’armée com­man­dée par le géné­ral Beccaris. À midi, la cava­le­rie char­gea dans la foule ; les ouvriers sans armes essayèrent de construire des bar­ri­cades ; la loi mar­tiale fut décla­rée et, pen­dant trois jours, l’armée com­bat­tit des gens désar­més. Les chiffres offi­ciels des vic­times indi­quèrent que 100 ouvriers avaient été tués et 450 bles­sés. Un poli­cier avait été tué acci­den­tel­le­ment par un soldat. Il n’y avait pas de vic­times parmi les mili­taires. (Deux ans plus tard Umberto Ier fut assas­siné parce qu’il avait féli­cité publi­que­ment le géné­ral Beccaris, le « bou­cher de Milan », après le mas­sacre). J’ai essayé de com­prendre cer­tains aspects de la mani­fes­ta­tion du Corso Venezia du 6 mai, pour une nou­velle que je suis en train d’écrire. Ce fai­sant, je suis par­venu à cer­taines conclu­sions à propos des mani­fes­ta­tions qui sont peut-être sus­cep­tibles de s’appliquer de façon plus géné­rale.

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Article 1
Relire la révolution russe
1917-2017 : Centième anniversaire de la révolution soviétique en Russie

2017 marque le cen­tième anni­ver­saire de la révo­lu­tion sovié­tique en Russie. Pendant plu­sieurs années et notam­ment pen­dant la longue période durant laquelle a dominé la « pensée unique » néo­li­bé­rale et conser­va­trice, cet évè­ne­ment mar­quant dans l’histoire a été « évacué » des débats et même de l’enseignement de l’histoire. Parallèlement, selon les intel­lec­tuels de ser­vice de ce grand virage, la révo­lu­tion sovié­tique est deve­nue le point de départ du « tota­li­ta­risme », d‘une « guerre des civi­li­sa­tions » entre l’« Occident » moderne et les peuples « bar­bares ». Depuis, la situa­tion a quelque peu changé. Devant l’impulsion des grands mou­ve­ments popu­laires des 15 der­nières années, la flamme de l’émancipation renaît. Et aussi, de plus en plus, on regarde der­rière avec un autre œil : qu’est-ce qui s’est réel­le­ment passé en 1917 ? Pourquoi cette révo­lu­tion qui a « ébranlé le monde », selon l’expression consa­crée de John Reed, s’est trans­for­mée ? Quelles sont les leçons qui s’en dégagent ? Qu’est-ce qu’en ont dit les prin­ci­paux pro­ta­go­nistes ?


En 1917, les grandes puis­sances se dressent les unes contre les autres dans une foire d’empoigne inter impé­ria­liste. Dans les tran­chées, c’est une véri­table bou­che­rie où coulent des flots de sang pro­lé­taire et popu­laire écla­bous­sant un corps social pour­ris­sant. Pourtant presque par­tout, l’opinion popu­laire est pro guerre, empor­tée par une fer­veur natio­na­liste mani­pu­lée par la droite et l’extrême droit. Pire encore, ce patrio­tisme mal placé est endossé par les prin­ci­paux mou­ve­ments socia­listes. Certes, il y a des excep­tions : ici et là, des mou­ve­ments, des intel­lec­tuels, quelques partis de gauche, rechignent, mais sans grand impact. Sauf en Russie.

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L'entente de Vancouver acceptée par les provinces :
Qu’arrivera-t-il au Régime de rentes du Québec ?
L’Organisation des retraité-es de l’entretien du transport de Montréal
mercredi 4 janvier 2017
Conjonctures et actualités

Depuis de très nom­breuses années, le mou­ve­ment syn­di­cal, des asso­cia­tions de per­sonnes âgées et de retrai­tés, des regrou­pe­ments de femmes se sont coa­li­sés pour récla­mer auprès des gou­ver­ne­ments des amé­lio­ra­tions au régime de pen­sion du Canada (RPC) et à son équi­valent ici au Québec, le régime de rentes du Québec (RRQ). Faut savoir que ces deux régimes mis en place au milieu des années 60 versent des pres­ta­tions (pen­sions) équi­va­lentes à envi­ron 25% des reve­nus sur les­quels des coti­sa­tions ont été ver­sées. Bien que les béné­fices du RPC (régime de pen­sion du Canada) et de la RRQ soient assez simi­laires, les coti­sa­tions à la RRQ sont un peu plus éle­vées. Le RPC n’est pas le régime de pen­sion de la sécu­rité de vieillesse, mais bien l’équivalent du Régime de rentes du Québec (RRQ) dans les autres pro­vinces au Canada.

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