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Conjonctures et actualités

Alain Philoctète (1963-2020)
samedi 30 mai 2020
Conjonctures et actualités
Alain Philoctète

Alain Philoctète

C’est tôt ce matin que notre ami Alain est parti pour le grand voyage. Pendant des mois, il a com­battu la mala­die. Alain ne lâchait pas.

Il laisse der­rière ses quatre fils et sa for­mi­dable com­pagne, Chantal Ismé.

Alain était le genre d’intellectuel formé dans les batailles de rue à l’époque de la dic­ta­ture de « Baby Doc » en Haïti. Il lisait beau­coup, il avait une vaste culture théo­rique, mais au bout de la ligne, les pages obs­cures de Marx et de Gramsci devaient servir à la lutte et non pour faire le fan­fa­ron uni­ver­si­taire. Appelons cela le « mar­xisme » de la bar­ri­cade, qui est pro­ba­ble­ment le seul « mar­xisme » qui compte.

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La santé malade du capitalisme
Biopouvoir et souffrance psychique
Souffrance psychique et capitalisme

Propos recueillis par Marie-Claude Goulet

Miguel Benasayag est phi­lo­sophe, psy­cha­na­lyste et ancien résis­tant gué­va­riste franco-argen­tin. Il a publié de nom­breux ouvrages, dont Du contre-pou­voir, Résister, c’est créer, Le mythe de l’individu. L’entretien réa­lisé avec Miguel Benasayag por­tera plus spé­ci­fi­que­ment sur les deux ouvrages sui­vants : La santé à tout prix : méde­cine et bio­pou­voir[1]et Les pas­sions tristes. Souffrance psy­chique et crise sociale[2].

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Valleyfield, mémoires et résistances
Nick Srnicek – Capitalisme de plateforme. L’hégémonie de l’économie numérique
Notes de lecture

Montréal, Lux, 2018

Voici un livre péda­go­gique qui réper­to­rie et explique quels rôles rem­plissent les dif­fé­rents types de pla­te­formes mon­tées par Google, Apple, Facebook, Amazon (les GAFA) ou par les Netflix, Airbnb, Tesla et Uber (les NATU), tout en situant leur appa­ri­tion et, sur­tout, leur fara­mi­neux déve­lop­pe­ment, dans l’évolution du capi­ta­lisme des qua­rante der­nières années. L’ouvrage fait donc œuvre de vul­ga­ri­sa­tion scien­ti­fique, tant sur les phé­no­mènes récents de muta­tion des formes d’entreprises capi­ta­listes asso­ciées à l’envol de l’économie dite numé­rique, que sur quelques-uns des apports du mar­xisme en termes de grille de lec­ture. Ce petit fas­ci­cule, en outre très bien écrit, ne traite pas de thèses déjà avan­cées, par exemple sur le phé­no­mène d’accumulation par dépos­ses­sion cerné par David Harvey. Ici, l’auteur décrit plutôt les ten­ta­tives, qu’il estime vouées à l’échec, des nou­velles formes d’entreprises sup­por­tant les tech­no­lo­gies numé­riques de sus­ci­ter des pro­ces­sus d’accumulation par repro­duc­tion.

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L'accès à la justice, quelle justice?
Autopsie d’un rendez-vous manqué
Bilan des luttes Front commun 2015
samedi 25 avril 2020
Conjonctures et actualités

Cet article repose sur la convic­tion que le demi-mil­lion de tra­vailleuses et de tra­vailleurs du sec­teur public qué­bé­cois mobi­li­sés au sein du Front commun n’a pas fait tous les gains qu’il aurait pu et dû faire sur les plans sociaux, éco­no­miques et poli­tiques. La der­nière négo­cia­tion débouche sur l’appauvrissement dans les pro­chaines années des tra­vailleuses et des tra­vailleurs du sec­teur public. Pire encore, nous pen­sons que l’offensive de déman­tè­le­ment des ser­vices publics du gou­ver­ne­ment actuel n’a pas été sérieu­se­ment ébran­lée par le Front commun alors qu’elle aurait pu l’être. Le constat est d’autant plus alar­mant que nous avons été témoins, depuis plus d’un an, d’une mobi­li­sa­tion phé­no­mé­nale – à cer­tains égards sans pré­cé­dent – des tra­vailleuses, des tra­vailleurs, des citoyennes et des citoyens du Québec.

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Valleyfield, mémoires et résistances
Réflexions engagées sur le municipalisme au Québec
Débat sur le municipalisme

L’automne mont­réa­lais de 2017 a été marqué, avec l’élection de Projet Montréal (PM) et la créa­tion du col­lec­tif Gauche urbaine de Montréal (GUM), par un regain d’intérêt pour les pers­pec­tives pro­gres­sistes sur le droit à la ville. L’année 2019, pour sa part, consti­tue non seule­ment l’année de mi-mandat de PM, mais com­porte aussi deux anni­ver­saires impor­tants pour la gauche muni­ci­pale qué­bé­coise, soit le cin­quan­te­naire de la fon­da­tion du Front d’action poli­tique (FRAP) et le 45e anni­ver­saire de la fon­da­tion du Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM), ce der­nier ayant été au pou­voir de la métro­pole entre 1986 et 1994.

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Valleyfield, mémoires et résistances
Le mouvement pour 15 dollars l’heure : où en sommes-nous ?
Bilan des luttes

Dans la foulée des mou­ve­ments amé­ri­cains et onta­riens pour un salaire mini­mum à 15 dol­lars l’heure, un mou­ve­ment qué­bé­cois s’est mis en place afin de reven­di­quer à son tour une aug­men­ta­tion sub­stan­tielle du salaire mini­mum. En fai­sant le por­tait du mou­ve­ment pour le 15 dol­lars au Québec, un pre­mier constat s’impose : le mou­ve­ment qué­bé­cois pour l’augmentation du salaire mini­mum n’est pas unifié. Contrairement à l’Ontario et à la cam­pagne 15 and Fairness, nous ne sommes pas devant une seule et unique coa­li­tion regrou­pant l’ensemble des orga­ni­sa­tions sou­hai­tant se mobi­li­ser pour le 15 dol­lars. Les dif­fé­rents acteurs orga­nisent tout de même des actions com­munes.

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Valleyfield, mémoires et résistances
Les enseignantes et enseignants d’Oakland ont gagné leur grève
Bilan des luttes

Bien qu’elle n’ait pas atteint tous ses objec­tifs, la grève des ensei­gnantes et ensei­gnants d’Oakland a trans­formé la ville, permis des gains impor­tants et donné aux édu­ca­teurs un rap­port de force contre les mil­liar­daires qui pour­suivent l’objectif de la pri­va­ti­sa­tion de l’éducation.

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Numéro 23, Hiver 2020
La droite, quelles droites ?
mercredi 15 avril 2020
Conjonctures et actualités
NCS-23 - Couverture et extrait

Feuilleter

Le numéro hiver­nal des Nouveaux Cahiers du socia­lisme s’intéresse aux droites poli­tiques. « Nous entrons à nou­veau dans un cycle marqué par le retour de la droite au pou­voir alors que des dis­cours plus radi­caux enva­hissent l’espace public. La décen­nie 2010 a débuté avec un impor­tant cycle de contes­ta­tion mené par la gauche […]. Nous pou­vons affir­mer que la décen­nie 2020 s’ouvre plutôt sur une divi­sion du monde entre dif­fé­rents blocs réac­tion­naires […]. » Ce retour à la droite invite à déve­lop­per une com­pré­hen­sion plus fine de l’identité des droites — au plu­riel — et des liens qui les opposent ou les unissent au sein d’un espace idéo­lo­gique tissé de conti­nui­tés his­to­riques comme de rup­tures. Aussi au som­maire, une entre­vue avec Alain Philoctète, mili­tant haï­tien et dans la rubrique Bilan des luttes : le conflit de tra­vail des tuteurs et tutrices de la TÉLUQ et les 18 mois de lockout chez ABI à Bécancour.

Par
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Valleyfield, mémoires et résistances
Négociations ardues dans les CPE de Montréal et Laval
Bilan de luttes

Le syn­di­cat des tra­vailleuses en CPE de la région de Montréal et Laval affi­lié à la Confédération des syn­di­cats natio­naux (CSN) existe depuis 1980. Au fil des décen­nies, les condi­tions de tra­vail des édu­ca­trices se sont amé­lio­rées grâce à des luttes épiques pour la recon­nais­sance de leur pro­fes­sion. La pre­mière bataille fut de pou­voir négo­cier au niveau natio­nal les trois points que sont la for­ma­tion, l’assurance col­lec­tive et le congé de mater­nité. Dans les années 1990, tou­jours plus nom­breuses à se syn­di­quer avec la CSN, les tra­vailleuses obtiennent des aug­men­ta­tions de salaire par le biais de sub­ven­tions directes aux gar­de­ries plutôt qu’aux parents, ainsi qu’un congé de mater­nité plus décent. En 1997, Pauline Marois dévoile une poli­tique fami­liale créant le réseau des centres à la petite enfance (CPE). Les gar­de­ries deviennent alors des CPE, ce qui permet de valo­ri­ser la pro­fes­sion des édu­ca­trices.

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Valleyfield, mémoires et résistances
Marie Blais Profession : chargée de cours en urbanisme – Posture syndicale : éternelle battante – Entrevue réalisée par Jean Trudelle
Parcours militant

Quiconque a fré­quenté, entre 2005 et 2012, les ins­tances de la Fédération natio­nale des ensei­gnantes et des ensei­gnants du Québec (FNEEQ) ou de la Confédération des syn­di­cats natio­naux (CSN), se sou­vien­dra des inter­ven­tions enflam­mées de Marie Blais. Brandissant un copieux texte de réfé­rence déjà lu, annoté, com­menté et ana­lysé avant même que d’autres l’aient déni­ché ! elle pré­sen­tait avec fougue des ana­lyses poli­tiques sans conces­sion qui allaient tou­jours direc­te­ment au coeur du pro­blème.

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