Thème

Conjonctures et actualités

NOTES DE LECTURE
Être, agir, enseigner en tant qu’anarchiste à l’école secondaire
Sylvain Larose, Saint-Joseph-du-Lac, M Éditeur, 2018

Est-il pos­sible, lorsqu’on est anar­chiste, d’enseigner dans une école secon­daire dans le res­pect de ses convic­tions poli­tiques et valeurs per­son­nelles, tout en répon­dant à des pro­grammes et à des règles offi­cielles édic­tées par l’État ? C’est le défi que Sylvain Larose, ensei­gnant des sciences humaines au secon­daire, relève depuis une ving­taine d’années. Il livre dans cet essai les leçons de son expé­rience, et pro­pose des orien­ta­tions et outils pour ini­tier ses col­lègues, actuels et futurs, à sa démarche.

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NOTES DE LECTURE
Les luttes fécondes. Libérer le désir en amour et en politique
Catherine Dorion

Montréal, Atelier 10, 2017

Le vibrant plai­doyer pour la liberté en amour comme en poli­tique de Catherine Dorion, ex-can­di­date d’Option natio­nale, puis can­di­date élue de Québec soli­daire aux élec­tions d’octobre 2018, s’ouvre avec une cita­tion d’Arthur Koestler qui témoigne du lien ténu entre « l’instinct poli­tique » des indi­vi­dus et les lois psy­cho­lo­giques gou­ver­nant leur libido sexuelle. Sur les ailes du désir, Catherine Dorion déploie dans ce bref ouvrage des plus ins­pi­rants quelques pro­po­si­tions qui, bien qu’elles ne soient pas expli­ci­te­ment défen­dues d’un point de vue théo­rique, se veulent incon­tes­ta­ble­ment d’enivrantes ins­pi­ra­tions pour une ima­gi­na­tion poli­tique à construire. À tra­vers une plume sen­sible, vive et char­nelle, le lien entre la soif d’engagement poli­tique et le désir amou­reux se pré­sente par de courts cha­pitres nar­rant situa­tions vécues et inté­res­santes réflexions. Notons au pas­sage les illus­tra­tions mono­chromes de l’artiste Martin Bureau qui se glissent au sein de Luttes fécondes, notam­ment celle repré­sen­tant le Parlement du Québec en ruines pour que le nou­veau advienne « là où tout peut com­men­cer ».

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Démocratie, entre dérives et recomposition
De l’institution au conflit : démocratie et pensée émancipatrice
Histoire et théorie

Au début du XXe siècle, la pensée qui s’intéresse à la trans­for­ma­tion sociale dans le but de l’émancipation – selon divers noms et formes et que je regroupe ici sous le terme « pensée éman­ci­pa­trice » – s’est beau­coup concen­trée sur les ques­tions entou­rant le pro­ces­sus révo­lu­tion­naire. Quel est le sujet de la révo­lu­tion ? Comment cette révo­lu­tion devra-t-elle se faire ? Faut-il opter pour la révo­lu­tion ou pour la réforme ?

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Démocratie, entre dérives et recomposition
Au-delà de la Commune imaginaire
Histoire et théorie

Pendant plu­sieurs années, une partie de la gauche contem­po­raine, au Québec comme ailleurs, a pensé que le moment était venu d’entreprendre la longue marche vers ce qu’on appe­lait la révo­lu­tion, qui consis­tait à dépas­ser la démo­cra­tie bour­geoise et à éta­blir un réel pou­voir popu­laire. Quelles leçons avons-nous apprises des expé­riences pré­cé­dentes ? Dans quelle mesure l’utopie de la grande trans­for­ma­tion s’est-elle méta­mor­pho­sée ?

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BILAN DES ÉLECTIONS 2018
Bilan de campagne dans Chicoutimi

La Coalition Avenir Québec (CAQ) l’a emporté dans Chicoutimi avec 12 123 voix, soit 4 416 de majo­rité et 6 432 de plus qu’en 2014. Une vague, à l’instar de celle du Québec, que les son­dages lui pré­di­saient. Le Parti qué­bé­cois (PQ), qui avait gagné en 2014 avec 1 605 voix de majo­rité, est arrivé second avec 3 538 voix de moins qu’en 2014. Le Parti libé­ral (PLQ) a lui aussi perdu 3 546 voix. Quant à Québec soli­daire (QS), il est passé de 2 105 voix en 2014 à 3 977 en 2018, un gain de 1 872. Au total, 7 084 voix sont pas­sées du PLQ et du PQ vers la CAQ prin­ci­pa­le­ment, et, dans une moindre mesure, vers QS. Si cer­tains avaient sou­haité addi­tion­ner les votes de QS et du PQ, en admet­tant qu’ils puissent être trans­fé­rables, cela n’aurait pas suffi à battre la CAQ qui aurait main­tenu une majo­rité de 439 voix. Fait non négli­geable, 937 élec­trices et élec­teurs de moins ont exercé cette année leur droit de vote, le taux de par­ti­ci­pa­tion s’étant abaissé de 70,57 à 68,53 %. En fait, une partie des élec­teurs péquistes et libé­raux n’ont pas vu l’utilité de se dépla­cer, tandis que les sup­por­teurs de QS ont com­pris l’importance de le faire pour mar­quer leur dif­fé­rence.

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BILAN DES ÉLECTIONS 2018
L’avancée électorale de Québec solidaire
Nouveaux défis, nouveaux débats, nouvelles pratiques
dimanche 29 décembre 2019
Conjonctures et actualités, No. 21 - Hiver 2019

L’avancée élec­to­rale de Québec soli­daire (QS), sa nou­velle dépu­ta­tion et sa recon­nais­sance comme un parti poli­tique dans le jeu ins­ti­tu­tion­nel redé­fi­ni­ront le cadre de son action et lui pose­ront de nou­veaux défis, tant dans les orien­ta­tions qu’il aura à défi­nir, les alliances qu’il devra nouer, que les nou­velles pra­tiques qu’il devra déve­lop­per.

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Démocratie, entre dérives et recomposition
La longue bataille pour la réforme du mode de scrutin
Enjeux contemporains
dimanche 29 décembre 2019
Conjonctures et actualités, No. 17 - Hiver 2017

On le sait, les élec­tions consti­tuent la pierre angu­laire de la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive. Ainsi, le méca­nisme appelé mode de scru­tin, qui permet de tra­duire les suf­frages popu­laires en sièges dans les assem­blées élues, se trouve au cœur du sys­tème poli­tique. Au Canada, aussi bien au niveau fédé­ral que pro­vin­cial, le mode de scru­tin uni­no­mi­nal majo­ri­taire à un tour (légué par l’Angleterre à sa colo­nie cana­dienne en 1792) engendre un énorme défi­cit démo­cra­tique, qui conti­nue 225 ans plus tard, en dépit de cam­pagnes répé­tées pour le chan­ger. Au Québec, l’idée d’une réforme a fait long feu depuis 50 ans à cause des ater­moie­ments et les volte-face du Parti libé­ral (PLQ) et du Parti qué­bé­cois (PQ). À Ottawa, un pro­ces­sus de réforme a débuté avec le retour au pou­voir des libé­raux de Justin Trudeau, lequel a promis un nou­veau mode de scru­tin qui serait en vigueur lors des pro­chaines élec­tions en 2019. Mais rien n’est moins cer­tain, malgré les cam­pagnes inten­sives menées par des asso­cia­tions citoyennes comme le Mouvement pour une démo­cra­tie nou­velle (MDN)[2].

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Démocratie, entre dérives et recomposition
Introduction au dossier

Démocratie : demos et kratos

La démo­cra­tie est une vieille idée qui s’est déve­lop­pée à tra­vers les luttes et les résis­tances des peuples. L’étymologie du mot (demos : peuple et kratos : pou­voir) réfère à la cité grecque, à l’agora des citoyens (sans les femmes et sans les esclaves, qui sont la majo­rité des habi­tants), où les déci­sions sont prises sur les prio­ri­tés et l’allocation des rôles et des res­pon­sa­bi­li­tés par tout un chacun. Mais l’expérience démo­cra­tique dépasse de loin le péri­mètre athé­nien. Elle découle éga­le­ment de peuples et de com­mu­nau­tés qui s’inventent des pro­ces­sus et des struc­tures par­ti­ci­pa­tives, par­fois même sans État ni struc­ture impo­sée sur et au-dessus de la société[1].

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PARCOURS MILITANT
Gilles Bourque et la question nationale
vendredi 20 décembre 2019
Conjonctures et actualités, No. 21 - Hiver 2019

Gilles Bourque a reçu les NCS au fond de sa cam­pagne, dans les Cantons de l’Est, où il habite une magni­fique maison ancienne entou­rée de champs et de boisés. Survol de l’évolution de la ques­tion natio­nale par un socio­logue et his­to­rien réputé qui l’a suivie (et vécue !) de près[1].

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Tuerie de Polytechnique, 30 ans plus tard : dire les mots qui avaient été tus
vendredi 6 décembre 2019
Conjonctures et actualités

Comment nommer l’innommable ? Pendant des années, la dimen­sion anti­fé­mi­niste de la tuerie de l’École poly­tech­nique a été dif­fi­cile à assu­mer dans la société qué­bé­coise. Le temps qui a passé a permis de rap­pro­cher des camps autre­fois éloi­gnés, en appa­rence du moins.

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