Thème

Conjonctures et actualités

PENSER LA GRANDE TRANSITION
Syndicats et mouvements dans la lutte
Reconstruire nos mouvements
jeudi 24 octobre 2019
Conjonctures et actualités

Les luttes qui ont mené à la mise sur pied des centres de la petite enfance (CPE) consti­tuent un exemple pro­bant de luttes qui ont conduit à de grandes tran­si­tions, celles de l’accession des femmes au marché du tra­vail et, aussi, celle de la recon­nais­sance de la valeur de leur tra­vail. L’histoire de cette lutte illustre les liens tissés entre les femmes, les com­mu­nau­tés et les orga­ni­sa­tions syn­di­cales, et ren­seigne sur les pos­si­bi­li­tés de réa­li­ser des chan­ge­ments en pro­fon­deur lorsque les forces pro­gres­sistes font conver­ger leurs efforts. Ce n’est pas un hasard si les ser­vices de garde en géné­ral, et les CPE en par­ti­cu­lier, sont la cible des gou­ver­ne­ments de droite. En dimi­nuant et en pri­va­ti­sant ces ser­vices, l’objectif est de les trans­for­mer en des mar­chan­dises que les « consom­ma­teurs » peuvent ache­ter selon ladite « loi du marché »[2]. C’est la même logique que celle mise en place par les poli­tiques aus­té­ri­taires et les attaques contre les ser­vices publics depuis les années 1990.

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Élections fédérales 2019 - Enjeu climatique
Pensée magique : la droite canadienne et le climatonégationnisme
mardi 15 octobre 2019
Conjonctures et actualités

Alors que le rap­port de 2019 d’Environnement et chan­ge­ment cli­ma­tique Canada révèle que le Canada devance de loin le reste du monde en ce qui a trait au rythme du réchauf­fe­ment de la pla­nète[1], on aurait pu espé­rer que la nou­velle don­ne­rait du fil à retordre aux auteurs du déni du chan­ge­ment cli­ma­tique. Cependant, comme on pou­vait mal­heu­reu­se­ment s’y attendre, à peine le rap­port a-t-il été publié que l’économiste Ross McKitrick, cher­cheur prin­ci­pal à l’Institut Fraser, un bas­tion du néga­tion­nisme, a publié un article dans le Financial Post (10 avril 2019), fai­sant écho à l’approche « tout le monde prend un valium » du météo­ro­logue et cli­mato-scep­tique sué­dois Lennart Bengtssom, qui met en doute la vali­dité des modèles uti­li­sés par les cli­ma­to­logues pour cal­cu­ler et pré­voir les ten­dances au réchauf­fe­ment – un stra­ta­gème habi­tuel dans l’arsenal néga­tion­niste.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Le projet socialiste peut-il passer à côté du féminisme ?
Reconstruire nos mouvements

Ceux et celles qui luttent pour la jus­tice sociale, pour un monde fondé sur la liberté, l’égalité et la soli­da­rité, font face à un monde dont la com­plexité est mal rendue par l’idée d’une oppo­si­tion entre le 1 % et les 99 %, ou encore par celle entre la bour­geoi­sie et le pro­lé­ta­riat. Si l’image des 99 % du mou­ve­ment Occupy opère sur le plan média­tique et donne une idée de l’ampleur de celles et ceux qui sont néga­ti­ve­ment affec­tés par les poli­tiques néo­li­bé­rales racistes et sexistes de ceux (et celles) qui nous gou­vernent, il n’en reste pas moins qu’il n’y a plus de nos jours (si jamais il y a eu) de classe éman­ci­pa­trice dont la mise en action permet à elle seule l’émancipation de l’ensemble de l’humanité.

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Raju J. Das, Marxist Class Theory for a Skeptical World, Boston, Brill, 2017
vendredi 11 octobre 2019
Conjonctures et actualités

Dans cet ouvrage impo­sant, Raju J. Das entend répondre au scep­ti­cisme des mondes uni­ver­si­taire et poli­tique rela­tif aux classes sociales. Selon lui, les uni­ver­si­taires évitent de dis­cu­ter de la ques­tion des classes, soit en l’ignorant com­plè­te­ment, soit en l’abordant seule­ment sous l’angle des caté­go­ries de reve­nus ou des styles de vie, soit en sou­te­nant l’idée de dis­so­lu­tion des classes. L’analyse de classe n’apporterait rien à l’étude des nou­veaux groupes sociaux. Les mar­xistes ana­ly­tiques et les post­struc­tu­ra­listes font excep­tion ; pour eux, l’analyse de classe conserve sa per­ti­nence. Cependant, Raju Das estime que leur ana­lyse est insuf­fi­sante et qu’un retour aux fon­da­men­taux s’impose. Pour lui, cela signi­fie réac­tua­li­ser la théo­rie mar­xiste des classes en tenant compte des ana­lyses de Lénine et de Trotski.

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L’université populaire des NCS
En attendant la révolution numérique pour les 99 %
Axe 2 – La révolution numérique et les enjeux pour les 99 %
mercredi 25 septembre 2019
Conjonctures et actualités

On com­mence à peine à prendre la mesure des chan­ge­ments liés à cette révo­lu­tion numé­rique dans un grand nombre de sec­teurs d’activités et on ima­gine encore moins les liens qui se tissent entre la trans­for­ma­tion des médias, l’ubérisation de l’économie, les prouesses tech­no­lo­giques ren­dues pos­sibles dans les milieux de tra­vail grâce à l’utilisation syner­gé­tique de la robo­ti­sa­tion, de la numé­ri­sa­tion géné­ra­li­sée des conte­nus et leur accès par Internet et de l’intelligence arti­fi­cielle. Force est de consta­ter qu’actuellement s’opère une trans­for­ma­tion en pro­fon­deur de plu­sieurs fonc­tions et de grands pans de l’économie.

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Les États-Unis de tous les dangers
lundi 23 septembre 2019
Conjonctures et actualités

Il est par­fois dif­fi­cile de dépas­ser les cli­chés et les impres­sions super­fi­cielles qu’on peut avoir sur le pays que l’on connaît le plus et en même temps le moins, les États-Unis. C’est pour cela que la soirée orga­ni­sée par les Amis du Monde diplo­ma­tique[1] avec Andrew Cockburn à Montréal (19 sep­tembre der­nier) était impor­tante. Ce jour­na­liste d’origine irlan­daise par­court la société amé­ri­caine de part en part depuis 35 ans. Il a pro­duit une énorme quan­tité de docu­men­taires[2] et a écrit plu­sieurs ouvrages[3]. Journaliste à l’œuvre pen­dant des années au New York Times, au Los Angeles Times, au London Review of Books et plu­sieurs autres, il est main­te­nant le cor­res­pon­dant du Harper’s Magazine à Washington[4], où il a ses entrées par­tout dans les entrailles du « monstre » dont les impacts sur nos vies sont énormes.

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Bilan des luttes
La campagne 5-10-15 : un chapitre de plus à une longue lutte pour un salaire minimum décent

Un peu d’histoire

L’année 2015 mar­quait le 90e anni­ver­saire de l’entrée en vigueur de la pre­mière loi fixant un niveau de salaire mini­mum au Québec, la Loi sur le salaire mini­mum des femmes. L’objectif de cette loi était de pro­té­ger les femmes et les enfants de l’exploitation et de frei­ner un nivel­le­ment à la baisse des salaires. Cette loi consti­tue un des pre­miers filets de sécu­rité dont le Québec s’est doté.

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Les groupes populaires face à l’État
À bout de souffle L’action communautaire en 2018
Enjeux contemporains
jeudi 8 novembre 2018
Conjonctures et actualités

Les orga­nismes com­mu­nau­taires ont la cote au Québec. Un son­dage réa­lisé à l’automne 2017 montre que le rôle de ces orga­nismes est lar­ge­ment connu et appré­cié par la popu­la­tion[1]. Il démontre même une connais­sance assez fine des Québécoises et des Québécois des dif­fé­rents rôles joués par les orga­nismes : 83 % y voient un lieu d’appartenance pour briser l’isolement, 82 %, une aide pour l’amélioration des condi­tions de vie et de pau­vreté, 75 %, une aide pour défendre les droits et 71 %, un lieu de par­ti­ci­pa­tion citoyenne. Cette recon­nais­sance est concor­dante avec celle de la poli­tique gou­ver­ne­men­tale en action com­mu­nau­taire, adop­tée en 2001, qui fait état de leur « contri­bu­tion essen­tielle à l’exercice de la citoyen­neté et au déve­lop­pe­ment social du Québec[2] ».

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Introduction au dossier
Les groupes populaires face à l’État[1]
No. 20 - Automne 2018

Aujourd’hui, les groupes s’inscrivant dans les mou­ve­ments popu­laires au Québec se retrouvent dans une situa­tion com­plexe et dif­fi­cile. Parmi les plus impor­tants de ces groupes, on compte ceux de l’action com­mu­nau­taire auto­nome, du mou­ve­ment popu­laire et du mou­ve­ment fémi­niste. Il faut éga­le­ment signa­ler la pré­sence de nom­breux autres col­lec­tifs de reven­di­ca­tion autour d’enjeux spé­ci­fiques, s’inscrivant sou­vent dans une dyna­mique para­syn­di­cale et por­tant une cri­tique des cou­rants poli­tiques et éco­no­miques domi­nants. Assaillis par les poli­tiques res­tric­tives et ins­tru­men­ta­li­santes de l’État, épui­sés par le manque de res­sources, ces groupes sont amenés à se ques­tion­ner sur leur mis­sion fon­da­men­tale, au moment où la restruc­tu­ra­tion néo­li­bé­rale pri­va­tise, indi­vi­dua­lise et frag­mente la société. Ainsi, en par­lant des groupes d’action com­mu­nau­taire auto­nome, Céline Métivier explique dans ce dos­sier qu’ils sont lit­té­ra­le­ment « à bout de souffle ». Cette situa­tion dété­rio­rée, par ailleurs, pèse lourd sur l’ensemble des com­po­santes qui cherchent à chan­ger la société, que ce soit au niveau social ou poli­tique. Cependant, l’histoire n’est pas ter­mi­née. Face aux défis, de nou­velles pistes sont iden­ti­fiées pour à la fois défendre les groupes popu­laires et relan­cer les luttes. Dans ce dos­sier des Nouveaux Cahiers du socia­lisme, nous explo­re­rons les aspects sys­té­miques et conjonc­tu­rels de la situa­tion cri­tique des groupes des mou­ve­ments popu­laires.

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Bilan des luttes
Soutien ou animation : quel rôle pour une association de circonscription d’un parti politique comme Québec solidaire ?
mardi 25 septembre 2018
Conjonctures et actualités

De nos jours, la joute poli­tique se joue beau­coup autour de la per­son­na­lité des chefs de parti et de leur capa­cité de placer quelques « lignes » dans les médias. L’information en continu et les réseaux sociaux ne font qu’accentuer cette ten­dance. Or, dans cer­taines cir­cons­crip­tions où les résul­tats sont serrés, la force d’une asso­cia­tion de cir­cons­crip­tion peut peser suf­fi­sam­ment lourd pour faire pen­cher la balance lors d’un scru­tin géné­ral. Pour un parti en émer­gence ne béné­fi­ciant pas du sou­tien de l’élite média­tique ou finan­cière, la base mili­tante est sou­vent la seule res­source sur laquelle comp­ter. Ce fut et c’est encore le cas pour Québec soli­daire (QS), un parti qui se réclame des urnes et de la rue. Dans le pré­sent texte, nous ana­ly­se­rons le cas de l’association de QS dans Hochelaga-Maisonneuve (QSHM) à Montréal pour com­prendre à l’intérieur de quelles balises elle situe son action poli­tique en dehors d’une cam­pagne élec­to­rale.

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