Conjoncture économique – automne 2009

Par Mis en ligne le 06 novembre 2009

Section 1. – L’économie : entre récession et reprise

Actuellement, tous les signes indiquent que la réces­sion mon­diale s’estompe, mais la reprise éco­no­mique tarde à s’enclencher.

Plusieurs rai­sons expliquent cela. Les banques étran­gères sont encore fra­giles, si bien que le crédit demeure res­treint ; le chô­mage conti­nue à croître, même si c’est à un rythme plus faible ; les ménages sont lour­de­ment endet­tés et n’ont plus les moyens de se lancer dans de folles dépenses. En outre, les res­sorts de l’expansion dans la période anté­rieure, à savoir l’endettement amé­ri­cain qui atti­sait la pro­duc­tion indus­trielle asia­tique et sti­mu­lait le com­merce inter­na­tio­nal, se sont détra­qués.

L’ordre mon­dial est contesté, mais il n’a pas encore été rem­placé. Certains en appellent à une « refon­da­tion du capi­ta­lisme », à un « nou­veau Bretton Woods », à une régle­men­ta­tion plus pous­sée du sys­tème finan­cier, à la créa­tion d’une nou­velle mon­naie de réserve. Mais, en pra­tique, rien n’avance ou si peu.

La finance à la fête

Après les émois sus­ci­tés par la crise ban­caire, un climat de retour au busi­ness as usual semble s’installer à mesure que se dis­sipe le spectre de la dépres­sion. Les ban­quiers, finan­ciers et spé­cu­la­teurs de tout acabit reprennent leurs habi­tudes per­tur­bées un temps par le quasi-effon­dre­ment du capi­ta­lisme, il y a de cela à peine un an. Le Dow Jones a retrouvé la hau­teur des 10 000 points, niveau où il se trou­vait avant le crash d’octobre 2008. Les grandes banques amé­ri­caines renouent avec les pro­fits. Selon une enquête du Wall Street Journal du 14 octobre, les 23 plus grandes banques engran­ge­ront cette année 437 mil­liards de dol­lars de béné­fices, sur­pas­sant de loin le sommet de 345 mil­liards enre­gis­tré en 2007. Et c’est tou­jours en spé­cu­lant sur des pro­duits ris­qués qu’elles le font. [1] La rému­né­ra­tion dans les 23 plus grandes ins­ti­tu­tions finan­cières amé­ri­caines est en passe de dépas­ser les 140 mil­liards dol­lars amé­ri­cains, un record, com­pa­ra­ti­ve­ment à 117 mil­liards en 2008 et à 129 mil­liards en 2007. Goldman Sachs, une des ins­ti­tu­tions finan­cières les plus secouées par la crise, s’apprête à verser en 2009 plus de 20 mil­liards de dol­lars à ses employés, soit davan­tage qu’en 2007. Comme le signa­lait un article récent du jour­nal La Presse, les ban­quiers n’ont rien appris. [2]

Dans les faits, les gou­ver­ne­ments conti­nuent à gérer « à la petite semaine », sans pers­pec­tive, ni vision, ni aucune volonté réelle de mettre en place les réformes néces­saires, que ce soit en matière de régu­la­tion des banques, de régle­men­ta­tion, de pro­tec­tion de l’environnement et de redis­tri­bu­tion de la richesse.

L’économie américaine se relève péniblement

Il est vrai que les gou­ver­ne­ments sont inter­ve­nus éner­gi­que­ment à la fin de 2008 et au début de 2009 pour main­te­nir à flot le sys­tème ban­caire et sou­te­nir l’activité éco­no­mique défaillante avec des plans de dépenses publiques mas­sives. Cela a évité que la réces­sion ne dégé­nère en dépres­sion, comme l’a sou­li­gné à juste titre l’économiste Paul Krugman.

Aux États-Unis, l’évolution récente de l’économie semble plus encou­ra­geante. Selon les membres du comité de la poli­tique moné­taire de la Réserve fédé­rale (FOMC), lors de leur ren­contre des 22 et 23 sep­tembre der­niers, le rythme de l’activité éco­no­mique s’est accé­léré, les condi­tions des mar­chés finan­ciers se sont amé­lio­rées, l’activité dans le sec­teur de l’habitation s’est accrue. Les dépenses des ménages se sta­bi­lisent, mais demeurent plom­bées par les pertes d’emplois, la faible pro­gres­sion du revenu, la valeur dépré­ciée des mai­sons et le crédit plus res­treint. Les entre­prises conti­nuent à couper dans les inves­tis­se­ments et le per­son­nel, mais à un rythme plus faible. En revanche, les plans de relance et de sti­mu­la­tion sou­tiennent aussi l’activité éco­no­mique. Voilà pour­quoi le comité a exprimé l’avis que l’économie amé­ri­caine devrait « croître sur la fin de 2009 et en 2010, mais à un rythme qui ne devrait pas faire bais­ser sen­si­ble­ment le taux de chô­mage ». Au cours de cette même réunion, les membres du FOMC ont enterré la réces­sion débu­tée en décembre 2007, tout en pré­ve­nant que la reprise serait lente et longue.

Des nuages planent sur la reprise

Mais que fera-t-on quand les plans de sti­mu­la­tion éco­no­mique auront épuisé leurs effets, si l’activité éco­no­mique ne reprend pas ? Quelle sortie de crise peut-on entre­voir quand les causes à la racine de cette crise n’ont pas été cor­ri­gées ?

En théo­rie, les éco­no­mies devraient reprendre le sen­tier de la crois­sance, après avoir tra­versé le creux de 2008 et 2009. Dès lors, les banques cen­trales se pré­oc­cu­pe­ront davan­tage de contrer les pres­sions infla­tion­nistes, ce qui entraî­nera un relè­ve­ment des taux d’intérêt. Déjà, la banque cen­trale d’Australie a com­mencé à rele­ver ses taux d’intérêt. Au Canada, la Banque cen­trale s’est enga­gée à main­te­nir ses taux à un faible niveau jusqu’au milieu de 2010. Aux États-Unis, les auto­ri­tés moné­taires gardent le doigt sur la gâchette et n’attendent qu’un signe d’accélération de l’inflation pour amor­cer un mou­ve­ment de relè­ve­ment des taux d’intérêt. Cela pour­rait donc affec­ter néga­ti­ve­ment la reprise.

Par ailleurs, aux États-Unis, les auto­ri­tés moné­taires sou­haitent voir les banques aug­men­ter leur capi­ta­li­sa­tion par un appel plus grand à l’épargne privée. La Réserve fédé­rale veut que les banques aug­mentent leurs pro­vi­sions avant d’accroître leurs prêts, afin qu’elles soient mieux équi­pées pour faire face à des défauts de rem­bour­se­ment tou­jours pos­sibles. En atten­dant, le volume de prêts se contracte, ce qui risque de frei­ner la reprise.

En Chine, le plan de relance de 586 mil­liards est centré sur les inves­tis­se­ments dans les infra­struc­tures, dans le but de mieux des­ser­vir les indus­tries d’exportation et de pro­fi­ter encore plus de la recette qui a fait le succès des der­nières années. Mais les Américains ne l’entendent plus ainsi. Ils estiment que l’époque où l’Asie et l’Allemagne ven­daient tout chez eux, pen­dant que leurs indus­tries s’effondraient, est révo­lue. C’est dans cette optique qu’ils sou­haitent que les flux com­mer­ciaux soient « plus équi­li­brés ». Ainsi, l’ancien schéma d’accumulation est devenu pro­blé­ma­tique, mais aucun autre ne se pré­sente d’emblée pour le rem­pla­cer. Le déve­lop­pe­ment de la consom­ma­tion inté­rieure dans les pays émer­gents appa­raît comme l’alternative la plus pro­met­teuse. Mais les gou­ver­ne­ments de ces pays n’ont pas de plan de sti­mu­la­tion à pro­po­ser à cette fin. La relance éco­no­mique dans ces régions risque de man­quer de car­bu­rant.

En outre, il faut craindre les mou­ve­ments spé­cu­la­tifs sur les pro­duits de base, à com­men­cer par le pétrole, dès que le rythme de l’activité indus­trielle s’accélérera. Une telle éven­tua­lité mena­ce­rait aussi la reprise. Comme on peut le voir ces jours-ci, l’appréciation rapide du dollar cana­dien n’est pas étran­gère à ce phé­no­mène.

Enfin, comme le consom­ma­teur amé­ri­cain est exsangue, il fau­drait un autre moteur pour tirer la reprise, soit de nou­veaux pro­duits décou­lant de pro­grès tech­no­lo­giques, de nou­veaux débou­chés, ou autre chose. Rien ne semble poindre de ce côté.

C’est ce qui fait dire à la majo­rité des obser­va­teurs et des ana­lystes que la reprise sera longue et labo­rieuse.

G-20 : la montagne a accouché d’une souris

C’est dans ce contexte que se tenait la troi­sième ren­contre du G-20 à Pittsburgh le 24 sep­tembre der­nier, après celles de novembre 2008 et de juillet 2009. Cette ren­contre s’est soldée par une décla­ra­tion de bonnes inten­tions, les par­ti­ci­pants s’engageant à pour­suivre leurs efforts de relance et de régu­la­tion pour sortir de la réces­sion.

De modestes avan­cées ont été enre­gis­trées. La Chine a obtenu une aug­men­ta­tion de 5 % des quotes-parts, reflé­tant son poids éco­no­mique crois­sant, sans que cela affecte les droits de veto des grandes puis­sances occi­den­tales. La France a obtenu que les bonus des ban­quiers et des opé­ra­teurs finan­ciers soient limi­tés, mais non pla­fon­nés, et que le prin­cipe du bonus-malus soit ins­ti­tué. Des mesures de régle­men­ta­tion ont été prises concer­nant les normes comp­tables ou l’accroissement des fonds propres des banques vis-à-vis des acti­vi­tés à risques.

Mais comme le signa­lait l’économiste Bernard Élie, ce sommet n’a pas entre­pris une vraie régu­la­tion de la finance mon­diale [3] :

  • Rien sur les pro­duits déri­vés, ou si peu. Ils seront « nor­ma­li­sés » ;
  • Rien sur la titri­sa­tion (sauf plus de trans­pa­rence) et le rôle des agences de nota­tion ;
  • Rien sur les mon­naies (mar­chés des changes) ;
  • Rien sur le cloi­son­ne­ment des acti­vi­tés finan­cières.

Les grandes ques­tions sont res­tées sans réponses :

  • La régu­la­tion finan­cière mon­diale n’a pas avancé. On s’occupe de régu­la­tions micro­pru­den­tielles (au niveau de l’établissement), mais non macro­pru­den­tielles (au niveau du sys­tème finan­cier dans son ensemble) ;
  • Les ques­tions des mon­naies n’ont pas avancé, notam­ment le rap­port entre le dollar amé­ri­cain et le yuan chi­nois ;
  • L’économie de casino conti­nue à désta­bi­li­ser l’économie pro­duc­tive ;
  • Les enjeux demeurent ceux de la répar­ti­tion des reve­nus au niveau mon­dial et des chan­ge­ments des modes de consom­ma­tion et de pro­duc­tion moins éner­gi­vores et plus res­pec­tueux d’une crois­sance sou­te­nable [4]

La bou­tade de Jacques Attali, qui se deman­dait si le G-20 ne serait pas plutôt devenu le « G-vain », semble tout à fait à propos.

Au Canada

L’économie cana­dienne est entrée en réces­sion à l’automne 2008. Le PIB réel a reculé de 0,9% au der­nier tri­mestre de 2008 et a été suivi d’un recul de 1,6 % au pre­mier tri­mestre de 2009. Au deuxième tri­mestre de 2009, le repli éco­no­mique s’est pour­suivi, mais à un rythme plus modeste de 0,9 %. Pour le der­nier mois de ce tri­mestre, en juin, on a même enre­gis­tré une légère remon­tée de 0,1 % du PIB. Les don­nées sur le troi­sième tri­mestre de l’année res­tent à venir. En juillet l’économie a fait du sur­place. On peut s’attendre à un tri­mestre plutôt atone, mais légè­re­ment posi­tif, ce qui signa­le­rait la fin tech­nique de la réces­sion.

De manière géné­rale, la demande inté­rieure au Canada pro­gresse quelque peu, mais le com­merce exté­rieur tire la per­for­mance éco­no­mique glo­bale vers le bas, sur­tout à cause du ralen­tis­se­ment aux États-Unis. Les indus­tries de ser­vices, notam­ment les ser­vices publics, contri­buent à sou­te­nir l’économie, alors que les indus­tries pro­duc­trices de biens éprouvent encore des dif­fi­cul­tés.

Pour 2010, les pré­vi­sions les plus récentes pro­viennent du Conference Board [5]. L’organisme s’attend à ce que les mesures fédé­rales et pro­vin­ciales de relance bud­gé­taire com­pensent la fai­blesse de l’investissement privé, favo­ri­sant une crois­sance de 2,9 % (La Banque du Canada pré­voyait 3,0 % en juillet der­nier). Pour cette année, on pré­voit un recul éco­no­mique de 2,1 %. L’investissement privé stag­ne­rait en 2010, tandis que l’investissement public dans les infra­struc­tures aug­men­te­rait d’environ 60 mil­liards. De ce fait, les défi­cits fédé­ral et pro­vin­cial devraient s’élever à 75 mil­liards en 2009 et à 83 mil­liards en 2010. Une étude plus récente de la Banque TD voit même les défi­cits publics frôler les 100 mil­liards en 2010.

Pour ce qui est du marché du tra­vail, l’emploi a aug­menté en sep­tembre pour un deuxième mois consé­cu­tif, tandis que le taux de chô­mage bais­sait à 8,4 %. On est encore loin des taux de chô­mage de l’ordre de 6,0 % qui pré­va­laient avant la réces­sion. Depuis le sommet d’octobre 2008, l’économie cana­dienne a perdu 357 000 emplois. Le gros de la baisse est inter­venu entre octobre 2008 et mars 2009. Une cer­taine sta­bi­li­sa­tion s’est mani­fes­tée par la suite, et une modeste reprise est obser­vée actuel­le­ment.

Au Québec

L’économie qué­bé­coise a été moins dure­ment tou­chée par la réces­sion que celle des voi­sins, en raison de l’importance du sec­teur public, des inves­tis­se­ments dans les infra­struc­tures, de la pré­sence plus faible d’industries comme la finance et l’automobile, de la sta­bi­lité du marché immo­bi­lier, mais aussi du fait que les indus­tries manu­fac­tu­rières et fores­tières ont déjà été sai­gnées à blanc au cours des années anté­rieures.

Le pro­duit inté­rieur brut réel (PIB réel) a reculé de 0,2 % au qua­trième tri­mestre de 2008. Il a reculé de 1,3 % au pre­mier tri­mestre de 2009 et de 0,7 % au deuxième tri­mestre.

Pour ce qui est de l’emploi, le Québec a perdu 65 000 emplois entre le sommet de novembre 2008 et sep­tembre 2009, soit 1,7 % de l’emploi total. Pour l’année 2009 dans son ensemble, par rap­port à 2008, on s’achemine vers une perte d’emplois de l’ordre de 40 000. Le taux de chô­mage en sep­tembre der­nier s’établissait à 8,8 %.

Une com­pa­rai­son avec les réces­sions pré­cé­dentes montre que la pré­sente réces­sion s’apparente davan­tage à celle du début des années 1990, plutôt qu’à celle de 1982 (gra­phique 2).

Les régions sont affec­tées à des degrés divers. La plu­part subissent des pertes d’emplois cette année, mais cer­taines enre­gistrent une crois­sance de l’emploi, notam­ment Chaudière-Appalaches, Estrie, Lanaudière, Laurentides.

L’inflation

En sep­tembre, l’indice des prix à la consom­ma­tion pour le Québec a reculé de 0,3 %, sur­tout en raison de la baisse des prix de l’énergie. En extra­po­lant une pro­gres­sion au rythme annuel de 2,0 % pour le reste de l’année, on obtien­drait une pro­gres­sion moyenne pour 2009 de 0,6 %.

Section 2 – Finances publiques

Quelques constats

Dans l’ensemble, l’économie du Québec a mieux résisté à la réces­sion qu’ailleurs. Cela se reflète sur la situa­tion finan­cière du gou­ver­ne­ment qui, elle aussi, s’est moins dégra­dée qu’ailleurs. Cette année, le défi­cit du Québec serait de l’ordre de 1,3 % du PIB, com­pa­ra­ti­ve­ment à 3,5 % au fédé­ral et 9,9 % aux États-Unis. Il n’en reste pas moins que, pour pré­ser­ver les ser­vices publics et les pro­grammes sociaux, le gou­ver­ne­ment devra se mettre en mode rat­tra­page en ce qui concerne ses reve­nus.

Certains pré­co­nisent plutôt un res­ser­re­ment des dépenses. Ce serait une erreur. Le Québec se classe au deuxième rang cana­dien pour ce qui est du contrôle des dépenses. Au cours des cinq der­nières années, la crois­sance annuelle moyenne des dépenses au Québec a été de 4,6 %, com­pa­ra­ti­ve­ment à 6,6 % pour l’ensemble du Canada [6].On ne peut pas dire qu’il y a eu exa­gé­ra­tion de ce côté. Faut-il rap­pe­ler éga­le­ment que le Québec pâtit encore des suites des com­pres­sions sau­vages appli­quées aux grandes mis­sions à la fin des années 1990 ?

À l’opposé, le gou­ver­ne­ment est confronté à un pro­blème de reve­nus. Le défi­cit prévu découle à la fois des inci­dences du ralen­tis­se­ment éco­no­mique, qui fait perdre au gou­ver­ne­ment 2,5 mil­liards par an, et d’un écart plus struc­tu­rel qui s’est creusé entre les reve­nus et les dépenses. Cet écart s’explique par la mul­ti­pli­ca­tion des allè­ge­ments fis­caux consen­tis. Le der­nier Plan bud­gé­taire évalue à 1,5 mil­liard le manque à gagner pour 2010 décou­lant des réduc­tions de l’impôt des par­ti­cu­liers et à 1 mil­liard celui qui résulte des réduc­tions des impôts des socié­tés [7].

Certains estiment que la dette du Québec est trop élevée. Qu’en est-il vrai­ment ? La dette nette du Québec atteint 45,2 % du PIB. Selon les indi­ca­tions du Fonds moné­taire inter­na­tio­nal (FMI), la dette nette de l’ensemble des admi­nis­tra­tions repré­sente 47,9 % du PIB aux États-Unis, 45,6 % au Royaume-Uni, 88 % au Japon, 60,5 % en Allemagne et 104 % en Italie. Quant aux inté­rêts à payer sur la dette, ils demeurent stables, autour de 7,5 mil­liards par an, ce qui repré­sente 11 cents dans le dollar de reve­nus gou­ver­ne­men­taux. En 1997, les inté­rêts sur la dette repré­sen­taient 17,7 cents dans le dollar de reve­nus [8]. Il ne s’agit pas de jouer à l’autruche, mais il faut quand même garder un sens des pro­por­tions dans notre appré­cia­tion des dif­fi­cul­tés finan­cières du Québec.

En Ontario, le réta­blis­se­ment de l’équilibre bud­gé­taire n’est pas prévu avant 7 ans et au fédé­ral avant 5 ou 6 ans. Au Québec, le gou­ver­ne­ment sou­haite y par­ve­nir en 4 ans. Pourquoi une telle pré­ci­pi­ta­tion ? Et que dire de la trans­pa­rence des comptes publics ? Il faut fouiller dans d’obscures annexes des docu­ments bud­gé­taires pour retrou­ver le solde bud­gé­taire conso­lidé, le véri­table bottom line du gou­ver­ne­ment, celui qui tient compte des reve­nus annuels de quelque 600 mil­lions qui vont au Fonds des géné­ra­tions [9].

Pierre Beaulne, Économiste CSQ

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Notes

[1] « L’exubérance retrou­vée de la finance amé­ri­caine », Le Devoir, 19 octobre 2009. [2] « Les ban­quiers n’ont rien appris », La Presse, 15 octobre 2009. [3] Bernard Élie, « Le G-20 est-il devenu le G-vain ? », [Économie autre​ment​.org]. [4] Philippe Hugon, IRIS, [Affaires stratégiques.info], sep­tembre 2009 [5] Le Devoir, 17 octobre 2009 [6] Conseil du Trésor, Budget de dépenses 2009-2010, p. V. [7] Finances Québec, Plan bud­gé­taire 2009-2010, Tableau C.8. [8] Finances Québec, Plan bud­gé­taire 2009-2010, Tableau J.15. [9] Finances Québec, Plan bud­gé­taire 2009-2010, Tableau J.1.

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